mardi 30 juin 2009

Cartographier l'épipactis, ze document



les mille visages de l’orchidée urbaine


Je viens de terminer le document donnant toute l’information afin que vous puissiez participer au projet de cartographie de l’orchidée urbaine. Si vous n’avez pas reçu ce document et en voulez une copie, envoyez-moi un courriel (mon adresse se trouve dans la colonne droite).

Le projet aura lieu entre le 18 et le 25 juillet. Il ne nécessite que quelques heures de votre temps et sera un enrichissement de notre connaissance de la biodiversité urbaine.

Jetez un coup d’oeil sur l’état actuel de la carte:



Je vous invite donc à collaborer à cette première expérience de science citoyenne visant une meilleure connaissance de la flore urbaine.

À gauche la très rare Epipactis helleborine forma monotropoides (une variété sans chlorophylle). Au centre un magnifique spécimen dans un jardin, remarquez le labelle plein de nectar. À droite, une forme verte et blanche sur le Mont Royal.




L’unique linaire

 
beuverie de parking

Y a-t-il plus commun et vulgaire que Linaria vulgaris (linaire vulgaire, yellow toadflax, p.261)?

Le nom anglais “butter and eggs” la décrit parfaitement et révèle un peu l’affection qu’on lui porte. Elle est voyante et on la voit. Quant à la nommer...et quant au nom commun de linaire vulgaire...quelle honte! Pourquoi pas la bonne linaire, la linaire délicieuse ou l’unique linaire?

La plante est vivace par son rhizome rampant sous le sol. Quand elle trouve ces milieux étroits (s’il en est!) d’une fente entre le béton et l’asphalte, béton et béton, pied de mur et marge de stationnement, elle y restera. Fidèlement, année après année, elle nous fera de la décoration brillante dans les lieux les plus ingrats. La linaire délicieuse et vivace!

Je savais qu’elle nous venait d’Europe, mais pas qu’elle se trouvait aussi jusqu’en Corée et en Chine où on la nomme liu chuan yu. Comme on la trouve maintenant en Amérique du Nord jusqu’en Alaska elle est une plante pan-boréale, elle fait le tour de la planète dans l’hémisphère nord. Elle s’est diffusé ainsi au Chili, en Amérique Centrale et en Australie.

Les colons américains l’ont apporté au début du 17e siècle. Elle était cultivée...pour sa beauté. La belle plante se mit en tête d’explorer les alentours, un nouveau continent ne lui semblant pas trop grand. Elle s’adapte dans tous les milieux: fermes, champs, routes, chemin de fer, en sol sec ou humide, dans le sable et les cailloux, sur les trottoirs et ailleurs en milieu urbain. Comment a-elle fait pour voyager autant?

Elle a le meilleur nectar qui soit! L’énergie étonnante avec laquelle les bourdons (abeilles Bombus) plongent en forçant la fleur, ouvrant les lèvres pour atteindre le nectar au fond de l’éperon suggère (entre autre...) la suprême qualité de celui-ci. Est-ce à cause de la couleur des fleurs: j’imagine un bon Sainte-Croix-du-Mont ou un Chateau d’Yquem. Occupée à s'enivrer l’abeille pollinise la fleur...

Une plante produit jusqu’à 30,000 graines qui roulent sur les trottoirs, poussées par le vent. La spécialiste des stationnements, qui s’accomode de fentes et de joints de nos constructions, en a fait un terroir noble mais invisible, pour nous...



dimanche 28 juin 2009

Cartographier l'épipactis: aujourd'hui...




sur le boulevard Saint-Joseph est


sur la rue Christophe-Colomb


Le dimanche n'est pas un jour de repos. Et chercher l'Épipactis helleborine n'est pas un travail trop lourd, ni trop difficile...

Sur ces photos, prises il y une heure, vous pouvez constater dans quel état d'avancement les plantes sont. Les sommets recourbés des tiges portant de grandes bractées et les bourgeons de fleurs rendent les plantes assez visibles.

Sur la photo du bas, un cas bien classique de quelques plantes dans un petit jardin. Elle sont un peu camouflées dans toute cette verdure. Sur le volet à droite: ce n'est pas que la plante soit si petite, ce sont les violettes toutes en feuilles qui sont énormes!

J'ai commencé la carte de répartition de l'espèce sur Google Maps, jetez un coup d'oeil:





samedi 27 juin 2009

Un balcon fleuri

 
vue verticale sur le vert


 
potentille, lupuline et petite brassicacée


Mon attrape-plante sud connaît ses premières floraisons. Tout le quartier prend de la valeur! La ville encourage les citoyens à embellir les balcons. Elle aussi aime ça quand ça prend de la valeur...Comme les citoyens ne sont pas tous obéissants, ou sont trop illettrés pour comprendre le concept, je propose d’automatiser l’opération.

On distribue déjà les bacs de recyclage, pourquoi ne pas distribuer des attrape-plantes? C’est toute l’île qui prendra ainsi de la valeur!

Enfin! On sera sur la carte!




Guerre totale 3

 
dans les ruelles des batailles



Armée de sa binette la dame “nettoie” sa section de la ruelle: “les plantains attirent les chiens qui y font leurs besoins”. Je n’ai pas observé le phénomène des canidés engraissant les plantaginacées mais il y a des myosotis qui semblent s’en accomoder.

Le coeur saignant aperçu ce printemps est toujours là, il semble bien qu’il soit spontané. J’ai souvent vu des abeilles sur les fleurs de cette plante des jardins. Mais je ne me souviens pas d’avoir vu des fruits. Les cultivars sont peut-être stériles (ou quasi...)? Une autre mauvaise herbe qui se fera arroser par les fidos?

La dame m’a fièrement (avec raison) montré son potager et son pommier parfaitement taillé en une série régulière de branches verticales, chargées de jeunes fruits. Impressionnant!




vendredi 26 juin 2009

Trophée du solstice

 
vue d'ensemble


 
chardon (avec araignée...), trophée du solstice et fête champêtre




voir le terrain vague CP-Christophe-Colomb en plus grand



En entrevue mardi je discutais avec Louise-Marie Bouchard de la méthode de localisation des terrains vagues et de comment accéder à la voie ferrée: Google Maps!

Sur les photos ici c’est un jeune et petit terrain vague le long de la voie ferrée à l’angle de Christophe-Colomb. C’est dans l'arrondissement Plateau Mont Royal. Sur la vue d’ensemble en direction de Christophe-Colomb on voit au bas à gauche un sentier pour les passants qui traverseront la voie du CP. Le terrain est clôturé mais la porte est toujours ouverte.

Sur une vue d’ensemble (c’est un photomontage rapido) comme celle-ci on ne peut deviner la richesse des espèces végétales (et autres) qu’on y trouve. Je visite cet endroit régulièrement, il a une bonne colonie de vipérine (Echium vulgare, viper’s bugloss, p.148 ) entre autre. Peut-être qu’un jour quelqu’un nous en fera du miel (très réputé)?

À gauche dans le tryptique: dans ce quartier je ne connaissais qu’un seul endroit où trouver le chardon penché (Carduus nutans, musk thistle, p.109). Cette “station” originale est bien pourvue d’individus avec une population en croissance et l’espèce colonise maintenant les environs. Elle vient tout juste d’arriver ici. Les chardonnerets se nourrissent de ses graines et sont peut-être responsables de cette dissémination.

Au centre “un trophée” montrant un petit échantillon des espèces trouvées. À droite comme c’était la Saint-Jean, Jean et Jeanette fêtent un peu sur un érigéron...




jeudi 25 juin 2009

Entrevue à CIBL

video


L'intégrale, quels chanceux vous êtes, d'un entrevue avec Louise-Marie Bouchard à CIBL (Radio-Montréal, 101,5). Bon, petit détail technique, ce blog ne permet pas de mettre le fichier MP3, gentiment fourni par l'animatrice. Mais il accepte des diaporamas Quicktime...qu'il convertit de toute façon...

Alors j'ai fabriqué un petit diapo minimal pour vous permettre d'entendre l'entrevue qui s'est très bien passé. L'animatrice s'était bien préparée et on a eu le temps de s'étendre sur le sujet. Quel luxe!

En sortant des studios sur Pie IX j'ai vu quelques épervières. On ne voit pas de ces belles oranges dans mon quartier. Une belle visite à Hochelaga quoi!



La voix muette du peuplier




un embrun sur nos trottoirs


 coton et béton




C’est encore cette terrible et effrayante période du début de l’été où l’air est pollué par ces arbres hautains et irrespectueux: le peuplier deltoide et ses comparses.

Contrairement à ce que nous laissent entendre les publicités télé ces graines cotonneuses ne provoquent aucune allergie. Ces pubs désinformantes montrent aussi les graines en parachute des pissenlits dont on doit écraser les plantes... quelle idiotie! Passons...

Les peupliers nous rappellent que l’air n’est qu’un océan moins dense que les autres. Et que nous ne sommes qu’un des poissons qui y nagent... Les perceptions du troupeau de moutons sont comme celles d’un banc de sardines: confortablement installés à l’étroit dans nos conserves, baignant dans l’huile, nous nous imaginons que la mer nous appartient. Et que nous seul avons le droit de polluer l’air!

Il faut dire que notre pollution est bien souvent invisible...on ne voit pas l’air chargé de gaz carbonique émis par nos véhicules. Si seulement cette pollution était visible! Il y a des villes qui interdisent de planter des peupliers. Montréal-Nord n’aiment pas ce comportement délinquant, ce graffiti neigeux qui dérange les pelouses coupées à 15 cm. max. Les arbres à croissance rapide, comme les peupliers et ses cousins, sont pourtant les pompes les plus efficaces de ce CO2.

Les peupliers-colosses aiment lancer des bouteilles à la mer, dans cette mer dans laquelle nous baignons tous, en cherchant un peu de sol où s’installer. Un arbre émet jusqu’à 25 million de ces petites graines enveloppées dans le coton. Une émission bien particulière mais très utile et exigeant un peu de notre tolérance.

Si on rendait visible une autre émission? L’automobiliste moyen émet 5,000 kilos de dioxyde de carbone par année. C’est ce dans quoi nous baignons à l’année longue... Mais les peupliers sont les baleines bleues du milieu urbain. Des baleines vertes verticales. Et ces baleines pompent cette massive pollution invisible qui ne semble pas nous ennuyer.

L’anémochorie, la dissémination des graines par le vent, est le signe tangible qu’une équipe de dépollution est au travail. Il n’y a pas que les camions rouges (et polluants...) des arrondissements qui opèrent... il y a aussi ces indomptables géants verts que sont les peupliers qui compensent, au fur et à mesure... et on répond par une interdiction!

Ces grands arbres sont des phares ponctuant magistralement notre milieu urbain de leur présence généreuse en ombre, fraîcheur, air pur... sans oublier le son frissonnant du feuillage dans le vent... On peut se moquer des humains amis des arbres, mais comment sérieusement se moquer de ces arbres de cent pieds amis des humains, passant derrière nous pour nettoyer discrètement nos invisibles dégâts?






mercredi 24 juin 2009

La luzerne 3




Variété de couleurs, variété de services.



La luzerne donc est un de ces nombreux cas intéressants de la flore spontanée. Un aperçu de ses services: engrais vert pour l’ensemble des plantes, nectar pour les abeilles, réhabilisatrice des sols, rôle éventuel dans la décontamination, etc.


Comme tous les membres de la famille des Fabacées (les “légumineuses”) elle est une excellente colonisatrice de terrains nus suite à des démolitions par exemple. Sur ces sols stériles on trouve souvent parmi les premières plantes arrivées les trèfles, lotier corniculé, luzerne lupuline, mélilots et même l’arbre robinier.


Toutes ces plantes apparentées ont en commun un lien symbiotique avec des bactéries qui s’installent sur les racines. C’est un avantage qui permet aux Fabacées de pousser dans des sols pauvres où peu de plantes le peuvent. Les Fabacées peuvent donc, grâce à cette symbiose, utiliser l’azote atmosphérique. C’est un élément essentiel que les autres plantes ne peuvent assimiler que sous une forme organique. Cette autre forme leur sera éventuellement fournie par le travail des luzernes et cie. De là la qualification d’engrais vert des Fabacées, qui en plus de cet azote améliorent le sol en y laissant de la matière organique, de l’humus.


Les nombreuses qualités de notre plante en feraient une bon choix dans la réhabilitation, et peut-être la décontamination, de terrains post-industriels. Son système racinaire atteint de 2 à 8 mètres de profond. Toute l’activité biologique des microorganismes et des vers de terre est ainsi favorisée. Elle décompacte le sol dont porosité est améliorée, facilitant la croissance des autres plantes. Elle limite aussi de ce fait l’érosion du sol par le vent.


Couvrant le sol, la luzerne est un abri végétal donnant refuge pour de nombreux insectes, oiseaux et animaux. Comme a du nectar elle est une ressource importante pour les abeilles. Une espèce d’abeille découpeuse de feuilles (Megachile rotundata, alfafa leafcutter bee) est même spécialiste de notre alfafa et utilise de plus ses feuilles pour faire ses nids.


Il est intéressant de noter que la plupart des végétaux qui font l’objet d’études et d’essais de phytorémédiation se retrouve spontanément dans bien des terrains vagues. Au Champ des Possibles, en plus des saules plantés par Emily Rose-Michaud et toute l’équipe du Mile End, on retrouve des peupliers, notre luzerne, des Brassicacées et bien d’autres...


Par la flore spontanée les terrains vagues sont en cours d’auto-phytorémédiation spontanée. Nous n’avons qu’à suivre le modèle et à lui donner un coup de main...




mardi 23 juin 2009

Terroriste verte à Verdun

Verdun est menacé d'embellissement

L’utilisation illicite de terrain dont vous n’êtes pas propriétaire est une entreprise néfaste. Vous êtes le pire des exemples et votre longue expérience fait craindre un effet d’entraînement sur votre voisinage. Sont-ils prêts à pareille corruption?

Nous avons perdu, avec regret, l’habitude de se servir des terrains vagues, des fossés ou des zones pas très claires pour y décharger nos appareils ménagers. Nous avons enfin appris à les raser ou d’y dérouler du tapis vert. Et vous? Que faites-vous? Vous en faites des jardins, avec des couleurs et des parfums. Où cela nous mènera-t-il?

On vous a félicité et décoré de toutes sortes de fleurs pour votre longue implication en horticulture et en préservation du patrimoine bâti. Et maintenant vous faites l’enfant!

Nous vivons dans une époque sans sécurité et vous vous occupez à faire de la terreur verte! Il doit y avoir une police pour cela...Pour ma part j’ouvre un dossier...

Je vous recommande de cesser ces travaux immédiatement...et de venir plutôt dans mon quartier faire votre travail depuis longtemps patiemment inspirant...

Bonjour Madame Romer!




lundi 22 juin 2009

Stabat Arbor 7

abri-peuplier

À côté de l'hôpital de Verdun quelqu'un s'est fait un abri au pied d'un colosse. L'utilité de la flore spontanée est toujours plus grande qu'on ne le perçoit. Les grands peupliers ne sont pas tous plantés. La majorité est spontanée et naît de cette neige si particulière qu'on reçoit ces temps-ci.

Quand vous la verrez demain et l'année prochaine dites vous que cette grande pollution cotonneuse est occupée à chercher où se planter et devenir grand colosse qui cherche compagnie.

Les grands peupliers sont les véritables architectes du paysage.


Espace vert

 
Comment faire de la place à la flore urbaine: la quadrature du cercle?


dimanche 21 juin 2009

Dimanche au Champ des Possibles

 
après des mesures sophistiquées: l'herbe pousse ici

 
les boutures de saule aussi

 
et toutes sortes de mauvaises herbes


 
et tous ces gens du Mile End qui en rajoutent





De près, quelques rudérales





nectar du centre-ville


En me rapprochant de ce petit tas de terre récent (voir le message d'hier) j'ai trouvé beaucoup plus d'espèces que je m'y attendais. C'est un milieu désolé, un grand terrain sec couvert de gravier.

À gauche un Erysimum cheiranthoides (vélar fausse-giroflée, warmseed wallflower, p.159). Au centre un agripaume cardiaque (Leonorus cardiaca, motherworth, p.217) que j'ai trouvé un peu partout dans ce coin (Saint-Laurent/Sainte-Catherine). Finalement cette caryophyllacée qui est aussi curieusement commune au centre-ville.

J'ai trouvé cet habitat rudéral en me rendant au Complexe Desjardins, à côté duquel il y a un Epipactis helleborine dans la haie du théâtre. Elle est toujours là, au pied d'un arbre mais elle ne fleurira pas cette année.



samedi 20 juin 2009

Concours: les rudes rudérales

 
cliquez sur la photo pour l'agrandir...


Dans un endroit désolé depuis toujours (au moins vingt-cinq ans...) j’ai trouvé ce tas de terre végétalisé contre un mur. J’en ai fait l’inventaire des espèces végétales. On appelle ces plantes poussant dans des tas de pierres ou de détritus des rudérales.

Je me suis attardé pour assurer un relevé complet, sûr à 98%. Pouvez-vous deviner combien d’espèces j’y ai identifiées?

Les deux premières personnes à me donner une bonne réponse se mérite une planche de mon livre imprimée sur papier 8X10 po. Encadrée de qualité par Dollarama...

1- entre 1 et 10 espèces
2- entre 10 et 20
3- entre 20 et 30
3- entre 30 et 38
4- entre 38 et 52
5 plus que 52

à vos loupes...



jeudi 18 juin 2009

La luzerne 2



La luzerne, ou alfafa, est une plante fourragère largement (peut-être la plus largement) cultivée partout dans le monde. C’est une de ces plantes associées au tout début de l’agriculture et qui a ensuite diffusé sur tous les continents depuis des siècles. Nous partageons 10,000 ans d’histoire.

Origine géographique et description des deux sous-espèces (pas des cultivars ou hybrides!):

Medicago sativa ssp. sativa (luzerne cultivée): fleurs pourpres, racine pivotante, port érigé, fruits (gousses) en spirale, pas de dormance hivernale. Originaire du Caucase, nord-est de la Turquie, nord-ouest de l’Iran et du Turkménistan.

Medicago sativa ssp. falcata (luzerne en faux): fleurs jaunes, racines fasciculées, port prostré, fruits (gousses) en forme de faux, résiste très bien au froid et a une dormance hivernale. Originaire de régions plus froides (Europe du Nord, Russie, Mongolie et Chine)

De sa région d’origine la luzerne cultivée est rapidement adoptée tout le tour de la Méditerranée. C’est de l’Espagne que vient le nom d’alfafa. Partout la luzerne a favorisé le développement de l'élevage des animaux: l’hiver, elle fournissait un aliment de qualité. La plante et les graines nourrissent lapins, volailles, ovins, caprins, bovins laitiers ou de boucherie, les chevaux et, encore une fois, les humains...

Je corrige tout de suite au sujet de la centaine de cultivars de luzerne: aux États-Unis seulement c’est plus de 400 cultivars qui ont été produits entre 1962 et 1992. C’est dire l’importance économique de la plante. Les hybrides entre falcata et sativa sont fertiles (appelé M. media ou M. varia), ils sont largement cultivés en Amérique du Nord à cause de leur résistance au froid.

Pour ma part je considère la luzerne comme un bon exemple de ces plantes spontanées urbaines qui ont un rôle écologique fondamental. Je reviendrai sur cet aspect et sur celui de l’alimentation humaine.




Guerre totale 2

 
le roi est mort, vive le roi!


Le roi des trottoirs, le plantain, s’installe où il lui convient. Champion des trottoirs, les pavés-unis n’ont pas de secret pour lui. Mais il y a la riposte.

Cet homme regrette d’être en retard pour l’entretien des joints de son terrain pavé. Et il a plu beaucoup, alors c’est le bordel végétal. Il a donc fait cet outil, un prototype qu’il met à l’essai. Je suis privilégié d’assister à un tel déploiement d’ingéniosité.

L’outil n’est pas au point encore, on fera des améliorations. Quand au plantain il y a longtemps qu’il s'accommode de la vanité des humains. Il fait avec.



Guerre totale 1

 
Medicago lupulina, luzerne lupuline, black medick, p.201


C’est la saison de la lupuline, la petite soeur de la luzerne. Il y en a partout et quand il y a en a, il y en a beaucoup. La lupuline est grégaire.

Il faut sortir les outils et faire un petit émondage, une récolte pour le compost? Le travail se fait avec plaisir. C’est du “rétro-jardinage” mais du jardinage néanmoins. Arracher les mauvaises herbes c’est bien de l’agriculture. Et l’agriculture c’est ce qui a fait les villes des humains.

Le plaisir de faire du jardinage, ou du “rétro-jardinage”, c’est un atavisme propre à notre espèce. Nous nous sommes installés par et pour nos premiers jardins. Nos cultures viennent de nos cultures. Nos villes viennent de nos champs. Pas d’agriculture, pas de ville.

La ville est une annexe de nos jardins.


mercredi 17 juin 2009

Robert sera tranquille





 Robert avec lui-même



Des précisions au sujet du terrain vague le Champ des Possibles


La ville a bien acheté le terrain pour 4 trente-sous, mais les projets dont j’ai parlé hier semblent être mis de côté. Le plans avaient été mis sur le site de la Ville il y a à peine un mois... curieux gaspi de ressources... (études et plans donnés à contrat).


Donc, il semble que le travail de la vaillante Emily Rose-Michaud et de tout le monde impliqué dans le dossier au Mile End a porté fruit! S’agit-il d’un exemple de démocratie participative qui fonctionne? Les élections prochaines ont-elles un rapport? On verra la suite.


Quoiqu’il en soit, c’est une bonne nouvelle. Même le “garage à trucks” est revu à la baisse. Mon inquiétude est qu’il soit construit à l’endroit où j’ai trouvé la verveine prostrée... la première au Québec... Mais qui se préoccupe d’une plante “étrangère”, d’une mauvaise herbe non-indigène sur le bord de la voie ferrée...


Pour un temps, donc, Robert (et tant d’autres!) pourra aller se ressourcer la tête tranquille, je pense que c’est important.


Protégeons nos terrains vagues! Ils sont précisément ce dont nous avons besoin!





Promenade pour le solstice

black locust, Robinia pseudoacacia, robinier faux-acacia (à droite) Bronwyn Chester


Je vous relaie ce message de Bronwyn Chester:



LES ARBRES DE McGILL AU MOMENT DU SOLSTICE:
Les mythiques, les symboliques et les rares

Venez voir les fleurs du robinier, du tulipier et du magnolia oyama et apprendre l'importance de ces arbres -- et bien d'autres sur le campus McGill -- à la culture des humains.

Quand? : Lundi 22 juin, de 17h30 à 19h30
Où? : Sur les marches du Musée Redpath
TARIF : $12 ou $30 pour trois marches guidées durant la saison 2009
INSCRIPTION : voyez ci-haut ses coordonnées.

PRÉPARATION: Lisez sa colonne ici



Fleurs bleues

 
j'ai vu une belle colonie de fleurs bleues...


Le Consortium Flora Urbana, en continuelle expansion, investi la banlieue. Je suis allé à Longueuil me faire interviewer par Diane Trudel à FM 103,3. L'émission sera diffusée lundi. C'était un pré-enregistrement détendu et bien mené par l'animatrice. Cela laisse assez de temps pour mieux présenter l'idée de la biodiversité urbaine et de l'intérêt à s'y arrêter.

J'ai ainsi pu constater que mon livre (et ce blogue) est utile même hors de Montréal...la bardanette épineuse (Lappula squarrosa, bluebur, p.149) se trouve sur la rue Saint-Charles...


Du point de vue de Robert





Robert, qui se porte à merveille, la vue qu’il avait sur le terrain vague
et le Cynoglossum officinale, tout juste derrière le peuplier. Le Champ des Possibles
est le seul endroit où j’en ai trouvé. Une plante rare, vous dites?



Le  Champ des Possibles est apparemment appelé à disparaître. J’attends des nouvelles à ce sujet. J’y suis allé ce matin, bientôt je ne pourrais plus profiter de cet espace qui m’a donné beaucoup.


J’y ai rencontré Robert assis sous le grand peuplier que j’ai nommé Nicolas. Paisiblement installé avec son crayon et ses cahiers, entièrement absorbé, Robert profitait de l’ombre des peupliers. Comme dans un parc, un jardin ou la nature. Au choix.


Il faisait ses devoirs pour un “Stress management course”. Il a choisi le bon endroit pour ses travaux, non? En paix totale et de conversation agréable. Je devais lui dire que l’endroit va être “arrangé”. Il me dit “you mean sanitized?”


On va faire des masses de condos avec 2 ou 3 “loyer modique”. On va laisser un petit bout pour faire “espace vert”. On va mettre des beaux recouvrements (en diagonale..c’est plus “funky”) planter 8 arbres légaux et indigènes. Le tout selon un plan sans espoir et aucune réflexion ou originalité. On va sécuriser, on va... On a pensé à tout!


La ville est le pire organisme pour voir à la conservation de la biodiversité et des espaces verts. Elle veut les taxes que rapporteront les “développements” de l’endroit. Un conflit d’intérêt, vous dites? C’est tellement 20e siècle!!!


La ville a apparemment payé $1 pour l’endroit. Je téléphone tout de suite au Canadien Pacifique, j’ai bien 7 ou 8 dollars en poche! J’en prends une douzaine de terrains vagues si vous voulez être partenaire avec moi! Je devais les voir de toute façon pour l’idée d’un biocorridor urbain utilisant les voies ferrées.


Mon projet de réserves de biodiversité urbaine prendra son envol!


Il est toujours intéressant de constater que les projets les plus impossibles sont ceux qui ne coûtent rien!



Sandwich-o-thon

 
la forme en coeur est accidentelle


Je vous prépare un texte plus conséquent sur Medicago sativa. En guise d'apéritif je peux vous dire que la luzerne dans mon sandwich au thon/tomate/avocado est un cultivar de la sous-espèce Medicago sativa subsp. sativa. En effet les cultivars de la sous-espèce falcata ont l'hypocotyle rougeâtre. (Partie de la tige située entre le collet et les cotylédons: la "tige" blanche ci-haut).

Bon appétit!


mardi 16 juin 2009

Cartographier l’épipactis: un rappel




botanique urbaine pour tous: simple comme 1, 2, 3...



Sur l’illustration ci-haut vous avez trois plants d’épipactis petit-héllébore (Epipactis helleborine, broadleaf-helleborine, p.234). Les deux à gauche (1et 2) ont été notés à la station de métro Lionel-Groulx dimanche dernier.

Ils ont l’aspect habituel à cette date. Celui à droite (3) est un plant en fleur vers le 20 juillet. Je vous montre cela afin que vous puissiez imprégner vos yeux de l’allure de la plante. Il s’agit d’une technique hypnotique visant votre adhésion au projet...

Voyez la carte que j’ouvre maintenant avec ses deux spécimens (1 et 2) afin de vous inviter à nouveau à participer à la cartographie de l’épipactis:


cliquez ici: carte de répartition de l'orchidée urbaine

Pour voir à nouveau les fleurs voyez ce message précédent:
http://floraurbana.blogspot.com/2009/06/cartographier-lepipactis.html





Le King des attrape-plantes

 
de mon balcon avec vue sur la ruelle

Avec la pluie, l'échantillon de la biodiversité volante est en explosion de croissance. Placé sur mon balcon sud, en face du Mont Royal qu'il défie avec énergie (et espoir...), cet attrape-plante est le premier, l'original, l'Ur-attrape-plante, le king des kings. Dans le bas de la photo le bout des souliers de son humble serviteur.


lundi 15 juin 2009

Bulletin spécial

 
La cicutaire maculée (Cicuta maculata, spotted water hemlock, p.94), en petite colonie, se porte bien!



Les enfants du vent 3

 
on sait pas toujours où on met les pieds...


Apparemment je suis pas le seul à faire l’intéressant! Je tiens à préciser qu’aucune plante n’a été endommagée par mes activités strictement photographiques aujourd’hui!

Je crois quand même reconnaître la calligraphie...

Les enfants du vent 2

 
les anthères jaunes de pollen et la plume blanche du pistil


Ayant affaire dans le coin je me dis que ce serait une bonne idée de m’attarder un peu à quelques herbes. C’est ma chance il y a quelques espèces en fleurs. En fleurs? Dites-vous?

Oui les graminées, les Poacées, sont des plantes à fleurs. Pas très voyantes peut-être mais je pense que c’est notre paresse générale, notre empressement particulier... ou notre goût pour les vrais grosses fleurs!

Pour moi j’ajouterais: c’est pas facile à identifier...depuis le temps... je devrais être capable de reconnaître (si!) et de nommer (euh...non!) ces plantes communes. Ça viendra! En attendant je fais mon boulot en voulant faire l’intéressant. Et ainsi montrer qu’on fait des efforts pour apprécier et faire apprécier une patience du regard pour les enfants du vent.

dimanche 14 juin 2009

La luzerne: grand trèfle, erba medica, yerba de mula, alfafa...

 
la voie ferrée au canal Lachine (Marché Atwater)






Je savais peu de chose de la luzerne (alfafa). C’est une plante commune en milieu urbain et j’avais remarqué la variabilité de la couleur des fleurs et du port général de la plante. La plante est fourragère et beaucoup de cultivars existent. Un cultivar est une variété cultivée, un peu à la façon qu’une pomme Spartan ou Granny Smith sont deux cultivars. Pour la luzerne toutefois...c’est d’au moins une centaine de cultivars différents qu’il s’agit.

Samedi avec un groupe d’amis nous avons donc vu un peuplement de luzerne (avec du trèfle rouge, du mélilot jaune et du blanc). J’étais perplexe devant la variation inouïe de la couleur des fleurs et de bien d’autres caractères. Je n’avais pas vu encore de spécimen à fleur blanche...ni jaune...Je savais qu’il y avait deux sous-espèces présentes au Québec. Que la “mauve” était variable...mais c’était tout.

Alors je suis retourné dimanche matin afin de photographier et de prendre une série de spécimens. Puis j’ai fait une recherche...Comment dire...je pourrais faire un blog seulement sur cette plante!

En gros il y a ces deux sous-espèces:

Medicago sativa subsp. falcata luzerne en faux (la jaune)
Medicago sativa subsp. sativa luzerne cultivée (la mauve)

Chacune de ses deux luzernes est variable, connaît des mutations spontanées et s’hybride avec l’autre. Les humains ont sélectionné et faits encore des hybrides selon l’utilisation qu’on en fera. C’est qu’on fait du sur-mesure selon l’animal à nourrir (lapins, chèvres, vaches, chevaux, humains (!) etc.) et selon la région, le climat, le pluviométrie, etc.

Et toutes ces différentes luzernes s’échappent et colonisent les sols pauvres et continuent leurs jeux d’hybridations et de mutations...pas très simple! Mais pas mal intéressant! D’ailleurs par un pur hasard je mange de la luzerne ces temps-ci...(merci Yannick!)

Je vous assure j’y reviens dans quelques jours!


Lachine est à côté

 
modèle d'attrape-plante à l'épreuve de tout





Tandis que nous faisions une visite à caractère historique et ruisseaulogique dans pointe Saint-Charles au canal Lachine j’en ai profité pour vérifier l’état de ces très anciens attrape-plantes. Je crois bien que je peux affirmer qu’il sont en état parfait de fonctionnement. La solidité de nos modèles en fonte a fait ses preuves. Évidemment tout cet épais métal ne laisse que peu de place pour les plantes: c’est un modèle monoplace.

Image du haut. À gauche un chénopode blanc (Chenopodium album, lamb’s quarters, p. 178 ) puis au centre un échinochloa (barnyardgrass, p.241) et à droite, avec un soucis esthétique évident, Medicago lupulina (luzerne lupuline, black medick, p.201)’est installée.

Image du bas. Vue latérale de notre modèle garanti à vie avec sa fixation anti-vol. Au centre, deux Caryophyllacées (Stellaria graminea, p.174 et Cerastium fontanum, p.168) qui poussaient côte à côte. À droite: la plus grosse fleur de Potentilla stricta (potentille dressée, sulphur cinquefoil, p.256) que j’ai jamais vu. (pour l’échelle ce n’est pas pas mon petit doigt, c’est mon index...)

Allez voir sur le blogue de Charles L'Heureux pour les photos de l'excursion:

Ruisseaux Montréal



vendredi 12 juin 2009

Stabat Arbor 6






 Nicolas, la sentinelle du Champ des Possibles.


Je suis allé voir le Champ des Possibles. J’avais affaire à la voie ferrée (à Flora Urbana nous sommes constamment à mille projets...) et j’ai fait d’une pierre trois coups.


En m’y rendant je pensais à ce message et faisait dans ma tête une amorce de rédaction. Je pensais à Charles et Bronwyn qui utilisent tous deux le mot “sentinelle” pour certains arbres. Je déclinais: Garden Guardian, Sentinelle du Sentier, etc. Je me disais qu’après la vogue puis la re-vogue kitch des nains de jardin il était temps de lancer la vogue des Géants de Jardins.


Car le Champ des Possibles est bien un jardin. Et on y trouve des géants. Je n’ai pas de nouvelles de la jardinière en chef Emily Rose-Michaud, la géante gentille. Mais j’appuie néanmoins son projet sensé et sensible.



Différents point de vues: solitaire, sentinelle, sécurité



La politique de l’arbre de la ville de Montréal est un étrange bestiole. Étrange et tellement commune... Vous ne pouvez couper un arbre chez vous ou sur votre propriété, mais la ville n’est pas dans cette obligation... elle coupera tout ce qu’il convient. C’est sans doute en raison du bien commun... mais cela ressemble pas mal à la raison d’état. Ils sont pas mal affairés eux aussi!


Pour l’instant cette sentinelle au Champ des Possibles (un groupe de peupliers) est protégée. Elle est sur une propriété privée... Ces grands peupliers, et bien d’autres arbres de ce jardin sauvage, se sont installés là tout seul. Les peupliers sont justement parmi ces espèces utilisées pour la décontamination des sols. Alors notre grand peuplier, encore jeune, fait son travail... au noir...


Si on lui donnait un nom à ce peuplier, on oserait alors le couper? Le prénom du peintre russe Roerich était Nicolas. C’est une bonne idée? Les plans du projet de développement de l’endroit laissent croire qu’aucune considération n’a été faite pour conserver Nicolas et les autres résidents. Il font pourtant du travail gratuit à la semaine longue.


Les arbres, même avec un prénom, ne parlent pas (sauf à Charles!) mais nous, oui.


Vox Populus, Vox Populi?




jeudi 11 juin 2009

La femme qui bloguait des arbres...

May Maple for Bronwyn


Bronwyn Chester a publié son livre “A Leafy Legacy: The Trees of McGill University“. La maquette et les illustrations sont de Jean-Luc Trudel. Il est en vente au Musée Redpath ($5).

Je suis bien curieux et j’ai hâte de voir!

Et surtout, enfin!, elle a maintenant son blog:

Les promenades dans la forêt de Montréal.


Le Repos du Renard 2

 
en arrivant hier: cent oiseaux très occupés dans les vinaigriers


 
à gauche le Repos du Renard et, derrière le clocher, le stade olympique


 
le Repos du Renard

 
épervière des prés, grémil et renoncule

J’ai donc été agréablement surpris par ma visite d’hier à ce terrain vague. En quelques minutes j’étais ailleurs et tout autour me le signalait. De nouvelles plantes et de nombreux oiseaux, avec cette impression d’être ailleurs et de mettre le pied sur une nouveau territoire...un de ces lieux où nous ne portons pas suffisamment le regard.

Le petit boisé traversé de chemins et entouré de grand champs me semble un paradoxe topologique: il semblait très grand, plus grand à l’intérieur qu’à l’extérieur! La photo satellite me montrait quelques groupes d’arbres éparses. Rendu sur place l’impression était bien différente. Comme il s’agit surtout de peupliers, des arbres à croissance rapide, ils ont grandi depuis cette photo et ils forment un écran efficace qui isole les lieux.

L’endroit m’a inspiré donc. (si vous ne l’aviez deviné...)

Je me mets à réfléchir à un réseau d’espaces verts interconnectés. La conservation des terrains vagues en tant que réserve de biodiversité urbaine (RéBU) est déjà une idée intéressante, mais que dire de l’interconnection des ces espaces?

La biodiversité urbaine se contente d’un petit boisé ici et d’un terrain vague là et de toute une série de micro-habitats. Ces habitats fragmentés sont souvent trop petits pour permettre la survie de nombreuses espèces. La ville est un archipel de ces petits habitats et chaque quartier compte déjà ses îles. Il faut des traversiers.

C’est le renard résident ici qui m’inspire. Les voies ferrées sont toutes indiquées pour agir en tant que zones de connexion biologique. Elles fonctionnent déjà dans ce sens. Il ne s’agirait que de les améliorer. Et améliorer, en milieu urbain, c’est assez souvent ne rien faire du tout. En tout cas le moins possible...Dans ce “moins possible” les premières choses à faire c’est de modifier sensiblement nos perceptions et nos pratiques d’entretien par exemple.

Et de semer des vinaigriers et des peupliers, des érables à Giguère et des frênes...apparemment les arbres poussent à partir de graines...

Les projets qui ne coûtent rien sont en général reçus avec scepticisme. En effet s’ils ne coûtent rien, ils ne rapportent rien...Pas de grands budgets, pas de grandes annonces, pas de grandes études, pas de contrats de ceci ou cela...

Non, en effet, il n’y a que peu à en tirer pour nous...pour la biodiversité par contre...

Les réseaux de voie ferrées et des nombreux terrains vagues qui les entourent sont une base d'action et de réflexion raisonnable. Ils sont déjà un projet en route. Ils attendent notre attention. Faire avec ces habitats plutôt que défaire ou refaire? Cela aurait le double avantage d’être parcimonieux et économique...

Si nous voulons continuer à parler biodiversité de façon crédible...

Surprenons le renard!


mercredi 10 juin 2009

Le Repos du Renard 1



 
localisation: cliquez pour agrandir la carte (dans Google Maps)


 
renard, rusé ami, je t’ai eu! (ou presque...)


 
Symphytum asperum (consoude âpre, prickly comfrey)


 
carex, où sommes-nous?, jonc?


Le terrain et l’herbe haute étaient bien mouillés, mais la visite valait certainement la peine. C’est une gare de triage du CP au port de Montréal. J’y ai accédé, en sortant du métro Frontenac, par la pointe sud voulant voir la passerelle de la piste cyclable. De là c’est une série de petit ravins denses de vinaigriers et de frênes avec des clôtures: pas très commode! Mais plein d’oiseaux: des carouges, merles d'Amérique, vachers à tête brune. Pleins de petits passereaux à peine aperçus. La prochaine fois j’entrerai simplement par le rue Ontario face à la rue l’Espérance. Mon point de sortie est plus facile!

Je dois bien nommer les lieux que je visite...pour mes dossiers et pour vous en parler. Pourquoi le Repos du Renard? Parce que j’ai eu le plaisir d’y surprendre un renard. Et que lorsque je l’ai aperçu il se reposait! On se dit qu’avec des oreilles comme ça, on peut pas le surprendre!

Il devait se dire que la matinée était fraîche et mouillée et que c’était nuageux...”personne ne viendra m’embêter”. Son pelage roux était franchement visible dans son bivouac. Je pris une photo de loin, craignant qu’en m’approchant encore un peu je le ferai fuir. Mais je n’ai pas de téléphoto et le résultat n’est pas terrible. En m’approchant ensuite j’étais gêné par des petits peupliers et je n’arrivais pas à bien cadrer. Il se réveilla et se dressa en me regardant, l’air vraiment étonné de m’avoir laissé l’approcher autant. Il fit un tour rapide sur lui-même pour me regarder à nouveau: il n’en croyait pas ses yeux. Cette photo ne fût pas prise...L’univers proteste à l’idée de photographier un renard surpris et ainsi désemparé! C’était franchement comique!

Et beau...je réussit une autre photo, peu convaincante hélas!, de la beauté de la scène. Mais ça me donna un titre...

Je vous reviendrai sur cette excursion qui m'a comblé!