vendredi 26 novembre 2010

L’Académie de la Ruine


L’Académie occupe un immeuble abandonné de cinq étages à Taipei. On a retiré toutes les fenêtres pout faire pousser du bambou. Les planchers sont troués pour laisser passer la pluie.



On parle d’une ville de troisième génération, une ville post-industrielle. À Taiwan, à côté du nouvel Empire qui construit, lui...



Comme à Shanghai où on fait des ruines flambant neuves. “Sans ses ruines l’humain n’est qu’un singe ordinaire.”

"Design should not replace reality". Et la réalité est quelquefois pressée...


Architecte: Marco Casagrande, Ruin Academy.
Un article sur le sujet, chez Landezine.


mardi 23 novembre 2010

Encore Meadowbrook

Le segment plus dense et écologiquement fonctionnel de la haie

Encore un mot sur cette haie que l’on trouve au milieu du terrain à Meadowbrook. Je ne connais pas les nécessités sportives (enfin... si le golf est un sport...) ou les goûts paysagers qui sont déterminants ici. Mais il est certain que le fossé et sa haie connaissent un entretien afin de limiter la végétation. Une section est nettement plus dense toutefois. Elle est surtout plus diversifiée en nombre d’espèces d’arbres, d’arbustes et de grimpantes: autant de ressources pour l’avifaune, les petits mammifères et les insectes. En même temps, évidemment, sa morphologie (hauteur, largeur, densité du branchage, etc.) est exactement ce qui est le plus intéressant écologiquement. Une pareille haie est un micro-habitat convenant à  de nombreuses espèces, chacune ayant bien souvent des... micro-habitudes!



 Le vallon du tributaire avec ses aubépines.

Favoriser la biodiversité urbaine par des aménagements est affaire de subtilité et d’échelle. Viser le grand effet, par de grandes allées ou perspectives avec de grands arbres, à notre échelle, quoi, ne peut plus être la norme. Cette façon de penser conduit aux grands parcs urbains qui ne manquent pourtant pas: des arbres sur pelouse. Ces aménagements ne sont pas très loin d’un terrain de golf... avec une biodiversité concomitante!

J’ai passé une bonne partie de l’été à chercher ces vestiges du passé campagnard sur l’île de Montréal. Pourquoi? Je cherchais la forme d’aménagement la plus appropriée pour le Champ des Possibles. Et ces haies hochelaguiennes me semblent toutes indiquées: elles se forment à peu près toutes seules (nous sommes quand même en milieu anthropique) dans les marges des parcelles, le long des terres agricoles ou des chemins. Les espèces qui les composent sont des espèces adaptées au milieu anthropique que ce soit la campagne ou un terrain vague en milieu urbain.



 Le ruisseau Saint-Pierre disparaît ici dans la canalisation sous la voie ferrée.

Si on réussit à sauvegarder du développement cet espace, pour le Meadowbrook on entrevoit son éventuelle transformation par une naturalisation. J’espère pouvoir revenir sur cette question une autre fois. Pour l’instant je me contenterai de souhaiter que l’on s’arrête à la réalité historico-écologique de ces habitats privilégiés du milieu urbain: les haies avec aubépines. Visons le meilleur écotone avec les meilleures espèces et, si possible!, les meilleurs écotypes!




Le billet sur Meadowbrook de la semaine dernière (voyez plus bas) était incomplet (mes billets sont toujours incomplets...) et j’ajoute aujourd’hui cette carte montrant avec plus de précision l’emplacement des différentes vues sur le paysage ou sur certains arbres.

Vous trouverez aussi une carte Google afin de bien situer cet espace vert au destin est incertain sur l’île de Montréal. Cliquez ici.

J’aurais de plus bien aimé publier une liste plus complète des végétaux qu’on y trouve mais mes questions à ce sujet ne reçoivent pas de réponses. Là-dessus aussi j'espère bien y revenir.


vendredi 19 novembre 2010

Pour l’amie de la molène.


En passant sur la rue Bréboeuf je suis tombé sur cette belle colonie de molènes (Verbascum thapsus). La colonie s’allongeait en aléoutienne sur quelques bouts de terrains privés.




J’imagine facilement la cathédrale qui se dressera si on les laissait un peu aller ces cierges de Saint-Jean. Flèches au ciel.




Ce seront des phares jaunes comme des yeux d’hiboux qui nous regardent à hauteur de visage. La molène nous affectionne. 




Flanelle veloutée. L’hiver elle ronronne.

Voici des noms dialectaux (en France) compilés par Michel Desfayes:

Molène, bouillon blanc, aubulon, brandon, brandon, brandelon, blanc de mai, queue d'oueille, bloume, bounhomme, bonhomme, bouillon-blanc, boson, choudane, choudinasse, chou d'âne, dreu, feuille-de-rat, chou d'âne, cierge, herbe de saint-jean, herbe aux mites, etc.




Et pour mémoire la molène dans ses autres saisons...Ce sera long?


mardi 16 novembre 2010

Mémoire, paysage et habitat: Meadowbrook

Nous n’avons même pas songé à chercher les trous... (vue vers la partie nord)

J’ai tardé à pondre ce billet sur Meadowbrook... je le voulais un peu plus complet quant à l’analyse historique du paysage. Mais je ne trouve pas toutes les cartes ou documents dont j’ai besoin et nous devrons tous patienter pour plus de substance. Je partagerai aujourd’hui quand même quelques notes. Je n’ai pas de goût particulier pour les terrains de golf: ce sont des immenses hold-ups paysagers si vous voulez mon avis! Il arrive toutefois, par toutes sortes de hasards, qu’un terrain de golf se trouve avoir conservé un bout de territoire des plus intéressants. Et c’est le cas du Meadowbrook avec ses 57 hectares d’espaces verts. 



Une première aubépine (Crataegus sp.), couverte de vignes vierges.

Le terrain de golf Meadowbrook est à cheval sur deux arrondissements: 31 ha Côte-Saint-Luc–Hampstead–Montréal-Ouest et 26 ha dans l’arrondissement de Lachine. Le club de golf loue le terrain du Canadien Pacifique, propriétaire avec ses filiales depuis 1917. À l’origine c’était un club de loisirs pour les employés du CP (Canadian Pacific Recreation Club) puis le site a été transformé en golf dans les années 1930 ou 40. Par un de ces délicieux aphorismes on songe maintenant à le mettre en valeur par la construction d’immeubles à condos. La disparition c'est toujours une idée payante.



Le diamètre à 1,40m atteint 227 cm. Le plus gros spécimen que je connaisse.

Déjà le spectacle de ces aubépines, même complètement défeuillées, vaut amplement le déplacement. C’était une terre agricole ici il y a une centaine d’années et il ne fait pas de doute que certaines des aubépines soient en fait centenaires. À mon sens aucun arbre, sauf peut-être l’orme d’Amérique, n’arrive à évoquer de façon aussi emblématique un paysage en disparition dans notre région: le passé agricole. Chacun si différents d’évocations, ce sont quand même deux arbres compagnons des humains, marqueurs de campagne.



Encore ce gros cenellier (aubépine, Crataegus, etc...) qui nécessite toutefois des soins d’émondage.

Le terrain de golf ne cache que partiellement la trame de l’espace cultivé auparavant. La topographie variée des lieux a été en bonne partie conservée avec peu de remaniement du sol. Il est extraordinaire que deux bras du ruisseau Saint-Pierre soient toujours présents. C’est miraculeux quand on sait que presque tous les ruisseaux et cours d’eau de l’île sont disparus. Il y a aussi une ligne boisée le long d’un fossé, ponctuée d’aubépines, avec une orientation qui diffère de celle des parcours du golf. C’est en toute probabilité un vestige de la terre agricole achetée en 1917. Il ne faut pas perdre de vue que ces haies campagnardes sont tout aussi rares, sinon plus, que les cours d’eau et qu’il est peut-être temps de d’amorcer une réflexion sur leur protection.



Quelques aubépines indiquent le fossé de drainage agricole: une ancienne haie

L’architecte-paysager (et champion de golf) qui l’a dessiné est apparemment Albert H. Murray (1887-1974). À l’origine de très nombreux terrains au Québec et ailleurs au Canada son travail ici est malheureusement celui qui est le moins documenté. Le terrain s’appelait Wentworth et ne comptait que neuf trou du côté de Lachine (sud, où nous sommes) à l’origine. S’il s’agit bien de ce projet qu’il mentionne dans son journal personnel, Murray écrit qu’il avait en fait dessiné le plan vers 1923 mais ce n’est que dans les années 40 que ses plans furent exécutés sous sa direction. Le club semble s’être appelé le “Montreal West Golf Club”. Tout cela sera à confirmer puisque ça ne concorde pas parfaitement avec les documents produits par Les Amis du Meadowbrook.


De belles aubépines,de part et d’autre du vallon: mémoire retrouvée.

On trouve ici une véritable capsule du 19e siècle avec un rare échantillon topographique intact et vivant portant une haie d’aubépine. Vous voulez que je vous le dise: c’est un monument à préserver! Une rareté biologique et historique sur l’île de Montréal. C’est un élément de paysage patrimonial à restaurer quelque peu surtout avec la présence des écotypes d’aubépines centenaires qui méritent aussi tous les efforts de conservation. On appelle ces arbres des “vétérans” en Angleterre, l’âge, la dimension ou même la présence d’un nid de pic-bois par exemple sont quelques-uns des critères qui suffisent à leur préservation. Quoiqu’il en soit les vieilles aubépines du Meadowbrook rencontrent tous ces critères auxquels on doit ajouter leur valeur paysagère patrimoniale indéniable et l’intérêt biologique de ces arbres: la biodiversité des milieux anthropiques méritent clairement plus d’attention.


Le vallon préservé

La topographie originale conservée du côté sud, les boisés, les milieux humides au printemps, le ruisseau et son tributaire dans un vallon, il y a aussi d’autres éléments intéressants comme l’intrigant mur de pierre qui est aujourd’hui au pied du remblai de la voie ferrée à la limite sud du terrain.



Le mastodonte du Meadowbrook

Je n’ai pas encore parlé de tous les autres espèces intéressantes: un chêne à gros fruits (Quercus macrocarpa, photo ci-haut) lui aussi plus que centenaire avec son tronc au diamètre de 425 cm (mesuré lui aussi par Charles L’Heureux). On semble s’inquiéter de sa santé mais soulignons qu’il a produit quelques rejetons dans le boisé linéaire sud. C’est probablement une bonne illustration de la qualité du sol réputé avoir été très peu remanié depuis le 19e siècle. Outre les érables argentés (Acer saccharinum) et les caryers ovales (Carya ovata), micocoulier occidental (Celtis occidentalis), sureau du Canada (Sambucus canadensis), etc. on trouve aussi des plantes comme l’anémone du Canada (Anemone canadensis) et même le podophylle pelté (Podophyllum peltatum). Cette dernière et certains des arbres sont des indications d’une ancienne présence autochtone.

Vous voulez parler de biodiversité? Ce chêne et ces aubépines ne sont pas que des valeurs patrimoniales esthétiques ou culturelles. Ce sont en plus d’authentiques écotypes montréalais: un patrimoine génétique irremplaçable de la biodiversité locale. C’est aussi ça Meadowbrook.



Un pont entre les cultures?

Nous l’oublions peut-être mais avec Meadowbrook nous avons un élément du bocage que l’on trouve autant en France, en Normandie, qu’en Angleterre dans le Devon. Le terme n’est pas utilisé ici mais cette forme ancienne d’aménagement du territoire agricole est courante en Europe et de même ce côté-ci de l’Atlantique. L’histoire propre de la colonisation et du partage des terres dans la plaine de Montréal a produit un bocage moins dense et plutôt rectiligne, mais les champs et prairies avec les fossés et chemins les délimitant étaient bordés de haies. L’aubépine en était un des caractères les plus remarquables.



C’est maintenant le temps de quitter les lieux


Malgré mon peu d’affinité(!) pour l’hiver, j’irai à Meadowbrook photographier ces silhouettes propres aux milieux anthropiques ouverts qui ont résisté au temps et abrité tant d’oiseaux. J’ai retrouvé ici le souvenir d’une amitié d’enfance: mon cher cenellier, ma belle aubépine du ruisseau. Il y a cinquante ans mais j’ai encore bien en mémoire sa silhouette étalée accompagnée d’une ombre en vague sur la neige: plein soleil au visage  et l’aubépine qui dort dans le vent qui siffle. Retrouver à Meadowbrook un morceau d’enfance? Oui messieurs, dames. Le paysage c’est aussi cela.

Puis il arrivera le mai et les aubépines en fleur pourront commencer à me dire leurs noms. Et de ce moment jusqu’au fruits de l’automne, alors que j’y retournerai, que se passe-t-il? Le feuillage déployé de juillet vaut-il le déplacement? Sûrement. Mais reste à négocier mes passages probablement. C’est un terrain de golf privé...

Joignez les Amis du Meadowbrook



vendredi 12 novembre 2010

Casse-montagne

Je pense déjà au printemps...

Je viens de lire le billet de Sophie Le Berre sur les saxifrages du Japon et je me suis rappellé que j’ai quelques photos d’un saxifrage qui pousse sur le mont Royal. Saxifraga se traduit par casse-pierre et comme il pousse sur la montagne...

Mais voilà la plante que j’ai toujours connu sous le nom de Saxifraga virginiensis (saxifrage de Virginie, early saxifrage) est nommée Micranthes virginiensis par Flora Québeca. Une autre affaire... Je fais alors quelques vérifications et je constate qu’il n’y a pas une complète correspondance taxonomique dans mes références. Un petit billet du vendredi matin qui prend un peu plus de temps que prévu à rédiger...

En général on s’incline devant des résultats d’une phylogénie moléculaire, n’est-ce pas? Une pareille étude montre que le genre Saxifraga est constitué de frères (le vrai “clan” des Saxifraga) et contient en plus des cousins: des “clans” qui se ressemblent mais qui sont différents et qui sont mélangés, on dit alors que le genre est polyphylétique. Il faut  alors donner des noms différents à ces “clans” différents: notre plante ressemble superficiellement aux saxifrages mais elle est en fait  membre du “clan” (du genre) Micranthes. Mais pour que ces distinctions soient utiles sur le terrain (sans laboratoire...) je préfère un caractère assez visible (sans microscope...) Le genre Micranthes compte sept espèces au Québec et se distingue du genre Saxifraga par l’absence de feuille sur la tige florale. Des feuilles à la base seulement, ça c’est un caractère utilisable!


Ma référence de choix est toujours Flora of North America. En passant, le chapitre sur la famille des Saxifragacées est co-rédigé par Luc Brouillet de l'Herbier Marie-Victorin au Jardin Botanique de Montréal. Alors j'apprend le nouveau nom du casse-pierre:

Micranthes virginiensis (Michaux) Small, Fl. S.E. U.S. 501. 1903



ITIS, n’accepte pas ce nom et maintient Saxifraga virginiensis.


 
Comme quoi un casse-montagne peut aussi casser la tête le matin...


Voyez le billet de Sophie Le Berre: Les saxifrages du Japon
 
Voyez aussi cette page sur les saxifrages de Majella Larochelle


jeudi 11 novembre 2010

À Meadowbrook

Vigne sauvagement vierge

Une magnifique journée de novembre (ce qui me semble une contradiction dans les termes) sans doute pour compenser le médiocre octobre qu’on a eu... Aujourd’hui encore le temps est beau mais je n’aurai pas le temps d’aller excursionner et d’entrer dans les paysages.


Perspective golfiennesque

Je n’ai pas le temps maintenant de vous faire un billet non plus! Je vous montre ces quelques photos en espérant vous attirer au Meadowbrook. C’est un terrain... de golf... et un espace vert intéressant, du point de vue paysager bien sûr, mais à bien d’autres égards. J’essaierai de vous en parler dans ces quelques dimensions: histoire, topographie, etc.



Sur un peuplier de Lombardie tombé: des pleurotes.

Et des aubépines (Crataegus spp.) ! On y trouve un spécimen qui est le plus gros que j’ai vu. Et de nombreux autres individus qui méritaient à eux seuls le déplacement dans le West-Island. Mais aussi un géant: le chêne à gros fruit (Quercus macrocarpa) et un lion!


Fruits de saison. Octobre en novembre.

Je pensais qu’il n’y avait qu’un seul ruisseau qui traversait le Meadowbrook (ce qui se traduit d’ailleurs par le ruisseau dans le pré...). Il y a en deux... La récolte a été excellente. J’étais en excellente compagnie aussi: Charles L’Heureux et Arno. mon fils. Le bonheur quoi!

À samedi pour quelques chose de plus substantiel sur le Meadowbrook et les alentours.


mardi 9 novembre 2010

Paysage Habité





Voilà la deuxième partie du clip que je présentais vendredi le 5 novembre. C’est un sommaire présentant à la fois quelques idées sur l’usage et la transformation des espaces urbains résiduels et mes propositions de plantations visant l’enrichissement de l’habitat qu’est le Champ des Possibles. C’est donc l’idée toute simple de réserve de biodiversité urbaine (RéBU) qui est appliquée à cet espace à partager.

Parce que si celui-ci est un paysage... c’est assurément un paysage habité, un habitat de la biodiversité.

Avec l’exemple de l’apocyn (Apocynum cannabinum) je propose des critères différents, strictement écologiques, des espèces végétales à introduire. Il y en a des dizaines d’autres à commencer par un autre espèce d’apocyn: Apocynum androsaemifolium avec de jolies fleurs en clochettes roses...
 
Ce clip ne présente donc pas tous les aspects du projet du Champ des Possibles. Je m’y concentre sur la végétation actuelle et sur son développement futur. Les sentiers ne sont pas figurés et je propose par ailleurs de les réguler quelque peu. Dans l’idée d’une traverse à niveau de la voie ferrée plusieurs deviendront en effet superflus.
 
Il faudrait faire un autre clip qui incorporerait les idées de Marke Ambard sur un étang à  installer ou celles d’Owen McSwiney sur le bassin d’eau et ses croquis de mobiliers urbains utilisant des matériaux liés au Champ: bois, béton et métal. Thierry Martin a aussi des idées visant entre autres l’enrichissement morphologique de l’espace en construisant des buttes qui seront ensuite plantées d’arbustes. Nous y reviendront, c’est certain!


lundi 8 novembre 2010

A-Z, CDP



Vendredi soir avait lieu le lancement de l’organisme Les Amis du Champ des Possibles. La soirée a été un franc succès et à vrai dire, vu le travail et la préparation que nous avions fait,  ce n’est peut-être pas si étonnant... et le projet intéresse bien de monde! Pour que ce soit archivé et le mieux connu possible, voici l’équipe qui a organisé ce lancement:

Marke Ambard, Fred Froument, Emily Rose Michaud, Owen McSwiney, Marie-Ève Julien-Denis, Sophie Rémy, Thierry Martin, Sara Finley et moi.

Nous y présentions tous nos plans et différents documents historiques: un panorama complet du site et du projet. Owen a préparé et imprimé de grands photomontages et un diaporama présentant ces aspects. Était aussi présentés trois films: “The Roerich Garden Project” (2008) d’Emily Rose Michaud et Shereen Soliman; “Jardiniers clandestins” (2010) de Mélanie Pitteloud et la première partie du clip que j'ai fait et je vous montrerai ici en deux parties. Je mettrai la deuxième partie en ligne dans quelques jours.

Notes sur le clip:

A-Z, CDP: une énumération alphabétique des espèces observées et identifiées dans le Champ des Possibles à Montréal. L’inventaire cumule les notes de Bronwyn Chester, Marke Ambard et les miennes. Les photos qui composent ce diaporama n’ont pas toutes été prises au Champ, bien que les espèces y ont toute été observées. Les photos des oiseaux viennent presque toutes de Wikipedia. C’est le cas de la plupart des photos de papillons aussi, certaines étant mes propres photos. Toutes les photos d’espèces végétales sont les miennes.

J’hésite encore à mettre tout ça en ligne vu les droits d’auteur des uns et des autres... Suggérée par Tristan-Stéphane Renaud la trame musicale est un enregistrement non-identifié de compositions de Leonardo de Lorenzo (1875-1962), Suite Mythologique op.38 1. Pan, 2. Marsyas, 3. Apollo. J’ai un peu remonté ces pièces pour les besoins du clip. Que les dieux (et les ayant-droits) me pardonnent! L’intention pédagogique l’emporte: tous n’étaient pas présents au lancement et il me semble important de vous montrer ce film et de constater la biodiversité de ce terrain vague. L’autre partie du clip est intitulée “Un paysage habité” et présentera mes propositions de plantations afin de favoriser la biodiversité urbaine. J'y esquisse aussi une définition minimaliste de ce qu’est une réserve de biodiversité urbaine (RéBU). Bien des aspects n’y sont pas figurés et peut-être qu’un jour tout sera mis en un seul film.

Bon visionnement!


jeudi 4 novembre 2010

Souffle le vërt vend

Même avec des pigments vivants, c’est de la peinture vërte.

Depuis des mois la vitrine d’un espace commercial était dans un caisson de bois empiétant sans gêne sur le trottoir de la rue Saint-Denis. Qu’allait-il donc s’y passer? Que nous préparait-t-on ainsi dans un si grand secret bien bavard? À la mi-septembre (quand j’ai rédigé ce billet) j’ai finalement vu de quoi il s’agissait. C’est au coin de la rue Duluth à deux pas de chez moi. Un nouveau commerce appellé Lolë (comment ça se prononce?). Lolë, avec des trémas, c’est toujours bon les trémas... ça fait vibrer la fibre consommatrice sophistiquée et saliver son porte-monnaie.



Le miroir aux alouettes en fonction.

Ce sont des murs vërts qui ont été installés, un rideau de douce stimulation assurant l’intimité de l’intérieur... Et que s’y passe-t-il? Tout! Il s’y passe tout! On peut y entrer avec son Bixi et commander du sushi sur son IPhone G20 en prenant un douche à l’eau de source (à moins que ce ne soit une douche sonique...). Et tout cela est totalement vërt rassurez-vous... D’accord j’ai peut-être lu un peu rapidement les communiqués et articles sur le sujet... C’est que l’ennui m’a vite gagné...



Sedum, dum... bourgeonnement vërt...


La leçon vërte est bien apprise: ce mur vërt “absorbe les polluants, ajoute de l’oxygène dans l’air, rafraîchit l’air, réduit le smog, remplace l’espace occupé par les édifices, réduit les émissions de gaz à effet de serre” et j’ajoute: attire les oiseaux... On utilise déjà ces plantes grasses, les sédums, sur les toits vërts: elles ne nécessitent que peu de “sol” et résistent bien aux conditions assez extrêmes de l’habitat; sécheresse et soleil max. Alors on les utilise aussi pour les murs végétalisés. Ceux de cette boutique de la rue Saint-Denis ont été fait par NIPpaysage qui se démarque entre autre en peignant diversement l’asphalte des cours d’école en une assez dérisoire tentative de lutter contre les îlots de chaleur.



Consommateur insensible à l’appel sensible.


Imposture du commerce, imposture du vërt: “on a choisi un mur vert (conçu par NIPpaysage) pour exprimer la nature en ville. Je ne veux pas que cet endroit soit racoleur. Si on veut se sentir bien dans un endroit ... on trouve notamment deux grandes tables de cuisine. Je souhaite qu'il y ait une vraie vie dans cet espace.» Il ne nous reste qu’à y déménager la petite famille et le poisson rouge... “je veux que les gens dépensent en faisant du bien”, “La tendance est au bien-être, note Bernard Mariette.”, etc, etc. L’injonction à se faire du bien en s’installant à demeure dans un commerce... 

Vërtige, anyone?


“L’endroit le plus rafraichissant en ville...”

C’est un écran ou un rideau de pudeur vërte sur la secrète consommation féminine. Remarquez: je n’ai pas la moindre idée de ce qu’on trouve dans ce commerce! J’imagine qu’on y entre et qu’on dépense avec le sourire.



L’écran vërt maintenant.

Vërt commerce, vërt institutionnel, vërt publique et vërt billet de banque. En douceur...



Et avec le temps... un peu d’usüre... 

Le petit geste répondant à l’invitation sensuelle: touches-moi, c’est douuuuux..... Le petit geste répété à la centaine devient l’allégorie de la consommation: la colonisation d’un désert mental se répercutant par des comportements de masse en une érosion de la biodiversité. Derrière un pareil écran, ni vue, ni connue, la consommation ça fait du bien, n'est-ce pas?


Vërt utile, vërt consommable, vërt usable, sois vërte, paye et tais-toi!


mardi 2 novembre 2010

A-Z, CDP: la bande-annonce



La bande-annonce du clip “A-Z, CDP” que je présente au lancement des Amis du Champ des Possibles. Vendredi le 5 novembre 2010 au café Falco. C’est pas vraiment un film... c’est un diaporama avec lequel j’ai fait un clip Quicktime... voilà! Le film présentera toutes les espèces observées et identifiées au Champ. Il y a en a beaucoup plus en fait mais l'identification de toutes ces petites abeilles et guêpes, odonates et mouches me demandera un peu plus de temps! La liste combine les observations de Bronwyn Chester, Marke Ambard et les miennes.


Une mouche et une abeille. À identifier!


Si vous êtes aux environs de Montréal, venez vous joindre à nous afin de tout savoir sur le projet du Champ des Possibles: la préservation d’un terrain vague et son enrichissement afin de favoriser la biodiversité urbaine.

Voyez ce billet pour les détails: Lancement