jeudi 31 mars 2011

Plantes urbaines



Vient de paraître: Plantes urbaines de François Couplan chez Sang de la terre.



La ville est, par définition, le paradis du béton et le summum de l'artificialité. La présence de végétaux, y semble donc incongrue. Pourtant, qui n'a jamais observé une pousse verte entre deux pavés, une tige fleurie jaillissant d'une craquelure de l'asphalte ? Ces manifestations de la nature prennent d'autant plus de force qu'elles sont inattendues dans les lieux urbanisés.

Si vous pensez les villes ennemies de la nature, détrompez-vous : on a dénombré à Paris près d’un millier d’espèces de plantes sauvages et davantage encore à Zurich ! Ce livre vous emmène à la découverte d’une centaine d’entre elles afin de pouvoir les identifier dans le milieu urbain et d’en connaître les utilisations – même si leur cueillette en ville n’est pas forcément recommandée…

Souvent, ces plantes sont mal aimées, car ces sauvageonnes font tache, et sont pourchassées sans répit par les services municipaux. Pourtant, malgré leur aspect souvent un peu négligé, car elles revêtent davantage le treillis de combat que le smoking, ces plantes de la ville ne sont pas dénués d'esthétique. En tout cas, elles apportent, pour qui sait le percevoir, un peu de vie dans la grisaille de notre quotidien. 


Depuis 1983, François Couplan a publié 55 ouvrages différents sur les plantes sauvages comestibles, la cuisine sauvage, la nature et d'autres aspects liés aux relations entre l'homme et les végétaux.
Trouvez son site ici: François Couplan 

Le site des éditions Le Sang de la Terre.


Détourne-sol

Helianthus annuus, sauvagement et anonymement planté au Coteau de la Caserne.

 
Le premier mai est la fête du travail en Europe (elle a lieu en septembre en Amérique du Nord). Le bouquet de muguet en est un symbole bien connu et si c'est un signe du printemps près de Paris, de mon côté du Très Grand Lac Atlantique: hum… je crois qu'il faille encore attendre un peu pour ce doux parfum. Pas septembre, mais...

Le premier mai est aussi le International Sunflower Guerilla Gardening Day depuis 2008. Le londonien (pourquoi ne dit-on pas londriais?) Richard Reynolds, terroriste des grands et petits chemins mène ce site web de référence en la matière de Guerilla Gardening. Joignez aussi le Facebook du International Sunflower Guerrilla Gardening Day 2011.

L'idée est prolifique, il y a aussi le Sunflower Guerilla Days qui aura lieu le 15 avril.


Merci (et salutations) à Sylvie Camusat de me signaler cet événement.


lundi 28 mars 2011

Pauvre Lolë


Faut savoir s'étendre, sans se répandre, pauvre Lola... (un peu de zizique)

La foule touche. Une par une les mains caressent et usent, abusent. Et la disparition s'installe. L'usure, l'érosion et le temps. Le temps passe et les saisons s'enfilent un manteau. L'hiver dur dure et le vent souffle Lolë! Quelle mauvaise lectrice du climat tu fais! Ton mur vert est maintenant mur brun, gris, mort! Dégonflées les grasses feuilles du beau sedum. Disparues les plantes, dans une bourrasque qui déverdirait même Ellesmere!


 
Faut savoir s'étendre, sans se répandre, c'est délicat…

L'érosion c'est invisible. L'usure, elle, fait mal aux yeux sur ce mur. Un temps, un temps seulement, il y a eu un mur vert. Le froid, le grand froid aura raison de toutes plantes choisies sans grande attention. Une des nombreuses personnes derrière ce petit mur vert s'était permise de me rabrouer. Confondant blogueur et journaliste… Je ne faisais pas mon travail comme il convient… Crédit n'était pas donné à la contribution de son entreprise… Bien justement...




Ce que ça va rendre, ça va dépendre, pauvre Lola...


"Notre système innovateur de mur végétal extérieur a su faire ses preuves dans le rigoureux climat Québécois. Avec un aspect uniforme et attirant, hiver comme été, vous serez charmé par le mur toits vertige!"

Brave et charmante affirmation de l'équipe Les Toits Vertige, Oasis urbains, qui semblent aussi faire dans les déserts… Peut-être apprendront-ils à mieux choisir les végétaux, loin des recettes de catalogues venant d'autre climat ou d'autres situations… un toit n'est pas un mur (et l'inverse...). Courez les livres et les champs, savantes personnes, et faites votre travail : quelles plantes peuvent survivre dans ces verticales conditions?

Quand vous aurez trouvé vous aurez droit à une autre chanson. En attendant, dites : on vous a payé pour ça?

Vous voulez un désert chez vous?   Les Toits Vertige

Lisez mon précédent message et les commentaires: Souffle le vërt vend

Accompagnement musical de Serge Gainsbourg et sa chanson Pauvre Lola


dimanche 27 mars 2011

La Grimpette


Nous avons manqué cet événement majeur:




 (cliquez sur cette photo de James Balog. Et voyez les grimpeurs!) 

L'arbre en question est le Stratosphere Giant un Sequoia sempervirens de 133.11 m! 



L'année prochaine nous tâcherons d'être à notre affaire et sur notre arbre! 


Merci à Pruned pour ces liens


samedi 26 mars 2011

Batrachomyomachie



La Batrachomyomachie, du grec: batrachos, grenouille ; mys, souris ou rat ; maché, combat. C'est une parodie de l'Iliade attribuée à Homère:


 
Muses daignez abandonner les hauteurs de l'Hélicon, venez dans mon âme m'inspirer mes vers. Mes tablettes sont placées sur mes genoux, je vais apprendre à tous les hommes une grande querelle, ouvrage terrible du dieu Mars : comment les rats marchèrent contre les grenouilles, comment ils imitèrent dans leurs exploits ces mortels qui passent pour être les géants fils de la Terre.



 
Reproduction: Phil Gates Cabinet of Curiosities


Voici quel fut le principe de la guerre :

Un jour un rat échappé aux poursuites d'un chat, et pressé par la soif, se désaltérait au bord d'un étang. Son menton velu trempait dans l'eau, dont il se gorgeait à plaisir. Une grenouille, heureuse habitante de ces marais, habile à croasser sur plus d'un ton, l'ayant aperçu lui parla ainsi :
"Etranger, qui donc es-tu ?  quel pays as-tu quitté pour venir sur nos bords ? qui t'a donné le jour ? Prends garde à ne pas déguiser la vérité. Si tu me parais mériter mon affection, je te conduirai dans ma demeure, et je te ferai les présents de l'hospitalité.


Pour la suite de l'histoire: avec la traduction d'Ernest Falconnet



jeudi 24 mars 2011

Zabeilles Zotels


Visitez ce site: Urbanbees sur le maintien des abeilles en milieu urbain et péri-urbain. Si vous ne connaissez pas les abeilles sauvages vous découvrirez les différentes familles qui sont les mêmes que nous avons ici même si la plupart des espèces sont différentes.  Ne manquez pas la visite panoramique du Parc de Gerland à Lyon.

mardi 22 mars 2011

Du printemps à la fenêtre


Avec cette dernière chute de neige, pas très convaincante somme toute, c'est l'hiver qui se montre à bout de souffle. Je n'ai pas souligné le printemps de façon officielle encore ici.


Ces quelques photos, vite faites à main levée, montrent le printemps à la fenêtre de ma cuisine. Quelques fleurs et des boutons qui parfumeront l'air bientôt. 


Comme chantait l'autre: c'est le printemps!


Bienvenu!





Et c'est pas trop tôt!!!!!



lundi 21 mars 2011

L'Arbre du Ténéré

Image d'après le Commandant Michel Lesourd, 1939.

Seul repère à des centaines de kilomètres à la ronde l'arbre du Ténéré se méritait d'être indiqué sur les cartes autrefois. Au milieu de nul part dans le désert du Ténéré au Tchad (le "désert au-delà du désert"…) il poussait près d'un des très rares puits sur la route des caravanes de sel des Touaregs.* Ses racines atteignaient l'eau à une profondeur de 36 mètres.



Image d'après Victor Englebert.


C'était depuis fort longtemps sur la route des caravanes de sel. Ensuite c'était la route des camions et autres véhicules motorisés. Un chauffard le heurtât et une branche du tronc se brisât… puis un conducteur Lybien enivré l'achevât en 1973. Une triste structure en métal le remplace maintenant. 



L'espèce est soit Acacia tortilis ou Acacia raddiana et l'arbre était le dernier d'un groupe encore debout depuis des dizaines d'années. Il était l'ultime mémoire du temps où ce n'était pas le désert ici mais un lac qui a troqué son eau pour des vagues de dunes. Plus loin dans le temps encore c'était le plancher d'un océan puis une forêt. Le désert actuel ne s'étant formé qu'il y a 4,500 ans. Les Touaregs le traversent depuis.



Et ce bête accident! Comme se piquer sur une aiguille dans une botte de foin ou trouver un grain de sable à quatre feuilles sur la plage. Enfin! quelle est la probabilité d'un pareil choc, au milieu de nowhere. Au-delà de nul part. Un arbre qui a traversé des décennies finissant de façon aussi pitoyable et improbable! Depuis ce temps on cherchait une bonne raison de frapper la Lybie… Je crois qu'on vient de trouver...


L'histoire (en anglais) de l'arbre du Ténéré: partie 1 et partie 2


* Non pas la bagnole de Volkswagen…. (quel drôle de choix bordel!) je parle hommes-bleus du désert.


samedi 19 mars 2011

La forêt rouge de Tchernobyl

Le tsunami frappe les pins de Natori (Pinus thunbergii, Kuromatsu, pin noir du Japon, Japanese black pine)

Le malheur vient toujours en équipe et après le tremblement de terre les Japonais ont affronté une pire catastrophe: le terrible tsunami. Et ce n'était pas encore assez… les centrales nucléaires laissent encore peser des menaces. On a beau ne pas douter de l'extraordinaire résilience des Nippons cela n'empêche pas de constater l'énormité de la tâche de reconstruction… Dire qu'à Montréal nous nous plaignons des inévitables nids de poules dans la chaussée! À gigantesque et assommante catastrophe, nos malheurs se doivent d'être humbles...


La forêt près de Tchernobyl. Photo chornobyl.in.ua

On peut assez bien se prémunir des tremblements de terre par des normes parasismiques de construction. Il est toutefois difficile de se protéger des tsunamis. Et on ne peut grand-chose contre les risques de contamination sur une grande surface par un réacteur nucléaire qui s'emballe… c'est alors l'évacuation et pour longtemps. La situation de la centrale de Fukushima me ramène à Tchernobyl, lieu du plus sérieux incident nucléaire en 1986. Voyez mon billet sur la ville voisine Pripyat ici.


Les pins rouges de Tchernobyl

Les humains ont évacué Tchernobyl et les environs de toute urgence. Une zone d'exclusion a été mise en place dans un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale. Et le reste du vivant? Les animaux, les arbres et les plantes? Ils n'ont pas tous notre mobilité ou un habitat alternatif. On connaît l'iris marcheur mais on a encore jamais vu de chêne vagabond ou de tremble rouleur... Qu'arrive-t-il aux arbres, enracinés à demeure dans une région irradiée?


Les pins ont pris une forme rabougrie

L'accident de Tchernobyl est survenu au printemps à la reprise de la croissance des végétaux. Cette période de grande activité est celle où les arbres sont les plus radiosensibles. C'est donc une forêt (une plantation, en fait) de 400 hectares de pins sylvestres (Pinus sylvestris) qui a été détruite. Les épines denses des conifères faisant de leurs cimes des filtres qui captaient efficacement les poussières radioactives. Les pins gardant leurs feuilles (et la poussière irradiée...) environ 3 ans, la quantité de la radiation absorbée est grande et des mesures d'urgence se sont imposées. 


Occupation: liquidateur... photo A.P. Yakubchik

Les conifères ont donc souffert plus que les feuillus. Les bouleaux (Betula pendula) et les peupliers trembles (Populus tremula) perdent leurs feuilles à l'automne et leur exposition à la radioactivité a été d'autant diminuée. Il a fallu tout couper ces pins roussis par la radiation.

La camaraderie radieuse... quel courage? photo A.P. Yakubchik


Le reste de l'histoire semble inspiré du film soviétique "Stalker" de Andreï Tarkovski. La plus grande partie de la forêt rouge a ensuite été enfouie dans des tranchées par des équipes de "Liquidators". La radiation contaminant ensuite la nappe phréatique… un tsunami diffus et invisible. Une terreur à retardement.
Le sort de ces hommes? Risques du métier, n'est-ce pas? Who cares...


vendredi 18 mars 2011

FFU: Hier matin je me suis réveillé..

 Aubépine. Dessin de Charles L'Heureux.



Hier matin je me suis réveillé avec un grand désir d'aubépine.

Mystère.

Je déambulais sans pensée tout en contemplant les arbres des arrière-cours des propriétés de la rue Lacombe dans le quartier Côte-des-Neiges lorsque soudain un arbre aux formes insolites attira mon attention .

AUBÉPINE centenaire m'écriai-je , sûrement un vestige d'une ancienne haie délimitant des terres agricoles ... éco-fact, éco-type, mettez-en !

Voilà ti-pas que mon désir me guida vers cette ancienne délimitation où je découvris deux autres spécimens à quelques centaines de mètres l'une de l'autre et toujours dans le même alignement .

De retour à mon campement de base, non loin, je ressortis une photo aérienne de ce bout de territoire en date de 1930. On y aperçoit effectivement la dite délimitation avec un alignement arbustif continu.

Eurêka !

Je pris alors mes carnets et dessina un de ces magnifiques arbres... et dire que je marchai des quantités de fois à cet endroit sans ne rien remarquer de tout cela .

C'était le début d'une nouvelle aventure qui encore une fois me mènerait vers des contrées inconnues .

Pour Roger, grand amant des aubépines .

Charles L'Heureux .

Le blogue de Charles: Dessins d'une âme.

et le Facebook qu'il anime: Arbres remarquables et boisés du Québec


Aux lecteurs: je croyais mon Festival Flora Urbana terminé. Et je viens de recevoir cet envoi. Merci Charles!

Merci à tous ceux qui ont participé au Festival. Jasmine offre à ses lecteurs de publier une photo: je n'y manquerai pas! Cliquez ici.

Les Gens du Possible





le Champion des Champs (quand la neige est partie en vacance…)


Pour un temps, depuis quoi? deux ans? trois?, un groupe s'est réuni afin de faire ouvrage dans le possible. Les personnes que  je vous présente aujourd'hui (portraits par Luc Durocher) ont été au coeur de l'élaboration citoyenne d'un nouvel espace vert dans un quartier qui en a bien besoin. Je parle évidemment du Champ des Possibles à Montréal.


 Emily Rose Michaud et Fred Froument

À l'origine nous formions le sous-comité du Champ des Possibles, une émanation du Comité des Citoyens du Mile-End. Le Mile End est un quartier de l'arrondissement Plateau-Mont-Royal à Montréal. À travers ces années de nombreuses autres personnes sont venues donner un coup de main et une expertise puis sont reparties, Nous étions nombreux lors des "charettes" à l'origine des idées d'aménagements. Mais le fort a été gardé et le jardin entretenu par cette équipe que je présente aujourd'hui.


Thierry Martin et Marke Ambard

Maintenant, après tout ce travail, certains d'entre nous prendront un peu de recul afin de souffler et d'avoir une vie, quoi! Cela a été en effet beaucoup de travail: toutes ces rencontres, courriels, rédactions, etc… Le bénévolat c'est le soir...


 Owen Mc Swiney et Sara Finley

Nous avons maintenant un statut OBNL (sous le nom "Les Amis du Champ des Possibles") et cela a nécessité une Assemblée Générale afin de faire approuver par les membres (recrutés depuis du lancement le 5 novembre dernier) nos règlements, budgets et plan d'action pour l'année qui vient. C'est fait depuis mercredi soir et maintenant nous sommes en route vers de nouveaux travaux généraux, particuliers, discrets ou flamboyants. Vous verrez!



Diane Boyer et votre serviteur

Afin de souligner le grand travail fait par cette équipe pourquoi ne pas vous montrer le visage de ces volontaires verdisseurs et archiver ainsi leur accomplissement avec nos plus sincères remerciements et nos plus grandes félicitations.

Le travail est loin d'être terminé et du sang neuf vient nous aider à promouvoir le projet auprès du public et des représentants politiques. Il faut aussi voir à son animation et à son occupation... en attendant d'obtenir un zonage qui pérennisera son statut de "parc" et de (qui sait?) RéBU. Pour l'instant c'est une simple friche industrielle, un terrain vague qui pourrait bien être minéralisé, par exemple...

Merci à tous les membres des Amis qui sont venus à l'assemblée et qui nous donnerons un coup de main dorénavant. Je vous présenterai tout ce monde dans un prochain billet.



Visitez le site: Le Champ des Possibles et à l'article "Notre proposition…" vous trouverez et pourrez télécharger le document synthèse du projet.

Joignez notre page Facebook: Les Amis du Champ des Possibles

Et sur mon blogue vous pourrez trouver encore de l'info en cliquant (dans la colone de droite) sur les libellés "Maguire-Roerich" ou "Champ des Possibles".

Revoyez le billet Paysage habité et le clip qui présente mes propositions pour le CDP.

La préparation de cette assemblée Générale et ma conférence de mardi matin expliquera mon silence radio sur le blogue depuis quelques jours... vous me pardonnerez!




lundi 14 mars 2011

Champ des Possibles: Assemblée Générale

 
Bien cher Amis du Champ des Possibles,


Par la présente nous vous invitons à la première Assemblée Générale des Amis du Champ des Possibles (ACDP). Celle-ci aura lieu le 16 mars de 19h à 21h au Café le Falco 5605 Avenue de Gaspé. Au cours de la soirée, il y aura des friandises, du café et du thé.

Des élections auront lieu pour former le premier conseil d’administration des ACDP. Vous trouverez plus bas la procédure qui sera utilisée pour élire les membres de ce conseil.

L’ordre du jour est le suivant :

  • Mot de bienvenue, élection à la présidence et au secrétariat de la soirée ;
  • Historique du Champ des Possibles
  • Présentation du document de synthèse, fondement et plan directeur de l’initiative
  • Présentation du plan d’action 2011-2012
  • Période de questions/réponses
  • Adoption de la proposition de règlements généraux, du plan d’action et du budget
  • Mise en nomination des candidatures pour les postes (7 au total, 5 vacants) au conseil d’administration.
  • Élections (s’il y a lieu)
  • Clôture de l’assemblée

samedi 12 mars 2011

Cloner Vincent

Vincent Van Gogh. Branche fleurie d'amandier, 1890. Photo de la toile… prise sur la toile...


Vincent était donc un plasticheur et un prépolycopiste. Un dimanche-plagiste de la réplication. Grâce au WWW il est maintenant découvert. Merci Maître Google, gardien de la mémoire, vigile virtuose du vrai. En tant que l'auteur de cette toile il est retro-responsable de toutes les copies qui ont suivi. C'est assez lourd comme conséquence à rebours.


J'ai publié la photo suivante (ci-bas) pour illustrer le billet "Place à la nature". Lorsque j'avais photographié cette peinture je ne pouvais empêcher un sentiment de familiarité… puis j'avais oublié la chose. Et maintenant, cherchant tout à fait autre chose mais rien de précis, je viens de tomber sur une des nombreuses reproductions de cette toile sur le web. Bien sûr c'était une copie de la toile de Vincent Van Gogh...


 Merci Vincent...
Dire que j'avais pris la peine d'indiquer le nom de l'artiste (l'auteur?) de cette peinture murale en reconnaissance de ses droits… Faites l'essai d'une recherche Google image, cliquez ici et constatez ce qui est arrivé avec l'idée d'oeuvre d'art originale… Dans ces résultats de recherche il y a évidemment des copies authentiques (des toiles)… faites d'après "des photographies des oeuvres originales, issues directement des musées ou d'agences de photographes." J'imagine que l'on doit télécharger un scan d'une photocopie d'un certificat l'attestant. Tout connaisseur d'art n'y manquera pas.

Doit-on alors identifier, donner crédit, l'auteur de la toile copiée d'après une photographie de l'oeuvre originale?

Je me demande par ailleurs ce qu'il arrivera des images de mon billet d'aujourd'hui quand quelqu'un fera à son tour une recherche d'image chez Google. Une mise en abime pour un avenir rapproché.

Cobaea scandens, cobée grimpante. Famille des Polémoniacées et spécimen de mes autres travaux...

Un autre billet portant sur une autre peinture sur Flora Urbana? Qu'arrive-t-il à votre inspecteur des mauvaises herbes? Il s'ennuie de l'art? Oui un peu… je n'ai pas le temps de travailler ces autres dossiers… comme la cobée ci-haut.

Bien entendu il serait répréhensible de cloner MON végétal. On ne pourra plus arrêter le processus.

Mais nous savons maintenant que c'est déjà la faute à Vincent.


jeudi 10 mars 2011

Redon



Odilon Redon. Ciel couvert sur une lande. Vers 1885-1890.



mercredi 9 mars 2011

Corps résonnant


Un autre abeille découpeuse, Megachile relativa, filmée à Toronto. L'abeille est occupée à construire son nid. Elle y laissera plus tard des pains de pollen pour nourrir la larve qui émergera de l'oeuf.


Voyez les autres clips chez Resonating Bodies

mardi 8 mars 2011

Condos pour abeilles solitaires



 Megachile rotundata, une espèce de Mégachile introduite (photos Wiki et Arkive)

Nous avons 70 espèces de la sous-famille des Mégachilines dont une vingtaine d'espèces d'abeilles appartiennent au genre Megachile.* Leur nom commun d'abeille découpeuse ("leaf-cutting bee") est très parlant: il permet d'identifier ces abeilles en leur absence, par les traces de leur travail. Ces abeilles sont en effet les responsables de ces curieux trous circulaires ou ovales mais net et précis que l'on observe sur certaines feuilles.



Nids et boulettes de pollen de Megachile rotundata  (photos Wiki)

L'observation de ce travail est tout simplement fascinant. Je me souviens d'avoir aperçu une abeille qui portait ce qui semblait une chenille bien verte entre ses pattes. En fait il s'agissait d'un morceau de feuille soigneusement roulée en un tube que l'abeille insérait ensuite dans un trou sur une planche de bois. La première photo ci-haut montre bien le comportement. En remontant des yeux son vol dans le jardin je fût étonné de voir de nombreuses feuilles d'un kiwi (Actinidia) découpées tant à la marge qu'au milieu. Il devait y avoir pas mal de ces abeilles habituellement discrètes, toujours occupées à amasser du pollen (et incidemment polliniser…) ou construire des nids. Ce n'est pas cette espèce que j'ai observé sur le kiwi toutefois elle était plus grande que Megachile rotundata et était donc une des espèces indigènes.



Megachile frigida, une espèce indigène. Photographie Jean Brodeur.

L'abeille découpeuse Megachile rotundata a été introduite en Amérique pour la culture de la luzerne et elle est présente à Montréal. Les feuilles de luzerne découpées sont en effet assez communes! Et il y a ailleurs en Amérique du Nord des abeilles mégachiles qui utilisent des pétales (comme les abeilles iraniennes et turques du billet précédent) mais je n'ai jamais observé le phénomène (bien que j'ai vu de nombreuses fleurs découpées!). En terminant je vous laisse avec cette magnifique photo de Jean Brodeur d'une mégachile indigène à l'abdomen couvert de pollen.



Photos Cephas

Rien de plus simple que de faire place à ces abeilles: de simples constructions serviront d'abris. Faites des trous ayant des calibres différents et ce seront des espèces différentes qui y installeront leurs nids. J'espère revenir plus en détail sur ces condos à abeilles sauvages. En attendant gardons à l'esprit qu'il y a aussi, en plus des abeilles qui nous sont directement utiles, des abeilles qui sont utiles d'abord à la biodiversité : Megachile latimanus, Megachile addenda et Anthidium manicatum, et tant d'autres abeilles, quelques centaines, attendent notre attention.

jeudi 3 mars 2011

FFU: En Turquie et en Iran!

Quelques nids de cette abeille. Photo: Jerome G. Rozen. Non je suis pas allé en Iran.

Bien des billets de ce blogue sont des premiers jets de textes pour des livres en préparation. Je partage, souvent à chaud, ces idées ou découvertes avec vous afin de vous inciter à explorer le milieu urbain comme tout autre milieu naturel. Un habitat différent mais un habitat quand même.



Vue rapprochée. Photo: Jerome G. Rozen. Je suis pas allé en Turquie non plus.

Depuis une bonne semaine j'étudie les abeilles en vue de la saison qui vient: je dois préparer par des recherches documentaires des prises de vue à faire et des textes à rédiger. Puis par un message sur son Twitter, Jasmine m'a mis sur la piste de ces abeilles étonnantes qui font de curieuses matrices fleuries pour y pondre leurs oeufs.    

Ce ne sont pas toutes les abeilles qui sont sociales et vivent en colonies. Ce ne sont pas toutes les abeilles non plus qui font des cellules de cire comme l'abeille domestique (Apis mellifera). Des 20,000 espèces d'abeilles les 3/4 sont des espèces solitaires. Chaque femelle doit donc trouver et construire un nid puis le garnir de nourriture pour la larve qui sortira de l'oeuf.


Osmia tergestensis occupée à tailler des pétales. Jerome a fait la photo.


En Turquie et en Iran, deux abeilles solitaires Osmia tergestensis et Osmia avoseta font leurs nids dans le sol. La femelle couvre ensuite les parois du petit tunnel avec des pétales de fleurs. Puis elle mettra une couche de boue: un demi-millimètre d'épais… pas plus... Et finalement une autre couche de pétales colorées. Un sandwich florentin dans le sable. Un très délicat sandwich florentin!

Des boulettes de pollen laissées par la femelle nourriront les larves aveugles et qui ne voient pas les parois colorées de leur chambre. Peut-être en sentent-elles les parfums alors qu'elles grignotent le pain de pollen? C'est peut-être une immersion gustative et olfactive formatrice? Les abeilles repèrent les fleurs d'abord à l'odorat, un sens très développé chez ces insectes.



Mais pourquoi vous parler de ces intéressantes mais lointaines zabeilles ziraniennes? "Zont même pas zurbaines!", me dit Nalice. Ce sont des zabeilles mégachiles. Prononcez le "ch" comme "k". Ces abeilles coupent des pétales et des feuilles afin de faire un nid  pour la ponte. À zyeuter la photo ci-haut à l'évidence nous avons des zabeilles mégachiles au Champ des Possibles.

Za par exemple!


Nests, Petal Usage, Floral Preferences, and Immatures of Osmia (Ozbekosmia) avosetta(Megachilidae: Megachilinae: Osmiini), Including Biological Comparisons with Other Osmiine Bees. Jerome G. Rozen et al. American Museum Novitates, Number 3680, March 4, 2010.

mardi 1 mars 2011

FFU: Ruelle Modigliani

Jeanne Gagnon m'a fait parvenir ses réflexions et l'historique sur l'aménagement d'une ruelle dans l'arrondissement Plateau Mont-Royal à Montréal. J'ai abrégé le texte sous forme d'extraits. Jeanne qui fût l'initiatrice et le promoteur de l'embellissement et du verdissement de cette ruelle de 1998 à 2008 peut être fière: j'ai visité avec grand plaisir cette galerie d'art en plein air l'automne passé. J'ajoute ici mes photos au texte de Jeanne.




C’était l’époque où quelques ruelles vertes surgissaient sous l’appellation  « ruelles soleil ».  Et voilà qu’en l’été 1998, une lecture du Journal ICI me fera découvrir l’existence de ruelles ennoblies par des projets de verdissement. Dès lors, je me surprendrai à rechercher la ruelle  afin d’en évaluer le potentiel.

La ruelle pourrait nous donner tant de bonheurs inédits si le projet «Ruelle Soleil»  aboutissait dans les quartiers du Plateau Mont-Royal. Ainsi, les fleurs de nos jardins pourraient se prolonger dans la ruelle.  Ce qui serait bien plus que ces quelques fleurs qui vont par-delà le treillis de nos jardins. 



À ce jour, personne ne s’aventure dans les ruelles autrement que par nécessité.  Il en devient tout autrement pour la « ruelle soleil »!  Car il s’agit d’un lieu fréquentable, à savoir un lieu d’échanges et de décloisonnement.  Déjà, en brisant l’isolement que veut la cité, la « ruelle soleil » favorise de facto les plus vulnérables (…).  De lieu interdit, la ruelle devient ressource, espace conquis, espace de convivialité. Pourquoi ne pas anticiper que cette ruelle conduise citoyens et citoyennes au politique? 




La ruelle Modigliani doit son nom à un restaurant qui, à l’époque, avait pignon sur rue, angle Gilford et Brébeuf.

De 1998 à 2000, je m’adonnerai aux démarches politiques nécessaires à l’évolution du projet de verdissement, à savoir signature d’une pétition venant affirmer les appuis du parrainage en vue d’une réorientation de la ruelle. Certes, je ne pouvais oublier que les transformations liées au verdissement exigeaient de tenir compte d’un sentier ultra bétonné dont l’un des versants nord-sud alignaient quantité de portes de garages.



 
Lentement s’introduira l’idée de murales afin de s’approprier ce que je voyais « espaces interdits » à cause d’une vocation utilitaire impossible à changer. J’ai voulu passer à l’action. Je ferai commande d’une première murale après autorisation du propriétaire, lequel me donnera carte blanche tant pour la thématique que pour les mensurations. L’immense fresque fut exécutée par France (nom d’artiste). J’avais commandé un lion à crinière mais le sujet renverra à un chat ésotérique imposant et significatif d’une mutation.



















La mue de la ruelle se faisait perceptible par les comportements individuels et collectifs.  La ruelle n’était plus lieu de passage fortuit, car elle invitait maintenant aux partages. De fait,  riverains-riveraines s’appropriaient la ruelle à partir de galeries et terrasses. Au fil du temps, un propriétaire s’adonnera, sans complexe aucun, à l’exploration de son imaginaire cubiste sur les portes de son garage. Cette murale viendra ajouter aux réussites artistiques de la ruelle.



Ainsi, dans la versatilité des palettes, et au fil des ans, les espaces ayant semé le doute sur la faisabilité du projet se couvriront de murales signées par les artistes France, Christine Blanchette, Denis Cardinal, Chloé, Jean-Paul Gobeil, JÉMO alias Jérôme Mousseau  Tremblay, Magalie Paquet et Yves Paradis, MAJ alias Marc-André Jutras.  



 Jeanne dans la ruelle et au Champ des Possibles.


Je vois le projet de la ruelle Modigliani tel un projet  inachevé, tout en le considérant de l’ordre d’une réussite. Ces dix années m’ont prouvé que tout modèle de participation possède une  valeur d’ancrage et d’influences.