dimanche 2 août 2015

Conférence sur J.E. Guilbault




Hier après-midi je suis allé écouter cette conférence de Bernard Vallée de Montréal Explorations sur un personnage qui m'intéresse beaucoup: Joseph-Édouard Guilbault (1802-1882). La conférence a été produite par la Société de développement du Boulevard Saint-Laurent et l'Arrondissement Plateau-Mont-Royal. 



Guilbault a toujours (ou presque) eu autour d'ici (près de la rue Guilbault...) ses nombreuses versions de Jardins botaniques, centre d'horticulture et d'expositions agricoles, animaleries, cirque, feux d'artifice, patinoires, démonstration de gymnastique, etc.

Grand promoteur d'amusements variés, de vulgarisation et de commerce c'est évidemment son rôle d'importateur, producteur et marchand d'arbres et autres végétaux qui retient mon attention.



Ce n'était pas tout à fait l'approche qu'avait l'historien mais il était intéressant de comparer les regards provenant de perspectives différentes.  



La documentation sur Guilbault est assez limitée et parcellaire et il manque beaucoup d'éléments pour en faire une biographie (il n'existe pas de portrait de lui par exemple). Quant à moi j'essaie de voir quelles traces il aurait laissé dans l'archéologie des arbres urbains et des parcs: c'est une intuition assez difficile à vérifier... 



C'est incontournable: le lieu est ludico-décoré: peinture à grande échelle au sol et mobiliers de design plywoodesque minimaliste bien colorés, avec des éléments graphiques (à petite échelle) qui sont des raccourcis didactiques économiques ou qui semblent s'adresser à des enfants. Plutôt que le mot "ménagerie" j'aurais bien aimé une représentation visuelle (grande échelle!) d'une ménagerie. La couleur prend apparemment la place de quelque chose de plus signifiant: il faut que ça swingue... 

Voyez ici pour des détails sur l'installation: Hippozoonomadon.


Je me serais attendu à un plus grand public: le personnage historique est fascinant et l'historien est tout un conteur. Vous seriez bien avisés de consulter la programmation sur le site de son organisme.





samedi 1 août 2015

Sur les arbres (et orchidées) du Parc La Fontaine




L'usage de plus en plus intensif de nos parcs conduit à l'usure. D'où la nécessité de certaines mesures... Depuis quelques années au Parc La Fontaine on essaie de limiter la circulation avec de clôtures basses et de petites affiches. On pense ici aux arbres et à leurs racines. On aurait souhaité la même protection au parc de l'Aréna Saint-Louis où le Marché des possibles amène une circulation excessive...




Les plantations récentes dans la haie au lot Bernard du Champ des Possibles ont entrainé une signalisation qui cherche à réduire les traverses de la haie. Nous verrons plus tard quel sera le succès, quelle modification de la circulation nous pourrons obtenir... Les clôtures donnant accès on été ouverte et offre une entrée qui n'endommagera pas les plantations qui enrichissent les lieux.



Je suis finalement allé voir ces nouvelles plantations au Parc La Fontaine: ci-haut un des nouveaux Tulipier de Virginie (Liriodendron tulipifera, American tulip tree). On aurait pu le croire mort mais quelques nouveaux bourgeons se sont développés. Bonne chance!



Vu de l'écorce du Frêne commun (Fraxinus excelsior, European ash). C'est le seul spécimen du parc. Quelques branches du houppier sont défeuillées... Espérons que ce n'est pas une des nombreuses maladies qui attaquent les frênes...



Le beau feuillage de l'Arbre au liège de l'Amour (Phellodendron amurense, Cork-tree). Bronwyn Chester (son livre ici) m'avait fait découvrir cet arbre ici-même. Nous imaginions une échelle d'appréciation de la qualité de l'ombre que donne le feuillage d'un arbre donné. Le phellodendron avait une très bonne note mais nous convenions que le Noyer noir (Juglans nigra, Black walnut) se méritait encore plus de points.



Tant des Tilleuls à petites feuilles (européen, Tilia cordata, Small-leaved Lime) que des Tilleuls d'Amérique (Tilia americana, American linden) ont attrapé la mort. J'en ignore la cause. Notre espèce indigène fait de nombreux rejets de souches et les feuilles de ces nouvelles tiges sont énormes.



Vue du bassin Sud. Dans le coin gauche des rejets de souche de tilleul dans une zone en naturalisation qui s'y trouve par un heureux mélange de négligence et d'opportunité. Je l'ai souvent dit: passer la tondeuse ici est une inutile épreuve de force, de bruit et de pollution. Comme la pente est trop prononcée pour être invitante et s'y assoir, on laisse aller la nature et ce n'est pas du tout une mauvaise idée.



Voilà le résultat de cette attitude de laisser-faire: l'orchidée urbaine Épipactis petit-hellébore (Epipactis helleborine, Broad-leaved Helleborine) s'est installée et fleurit avec enthousiasme...

La négligence a souvent meilleur goût!








vendredi 31 juillet 2015

Syrphe et frontière




Première photo prise hier matin à Abercorn. La caméra était chaude, l’air frais, et de la condensation s’était formée sur l’objectif. L’insecte n’est resté là que deux secondes et je n’ai pas eu le temps de faire un autre cliché. La photo est ici retravaillée et je vois ce qui ne se voyait pas de cette photo voilée.

Quelle information peut-on en tirer?


C'est un diptère (mouche) de la famille des Syrphidées. Et l’étrange point vert fluo c’est un des deux haltères qui servent de balanciers pour le vol des mouches. L’abdomen est distendu ce qui suggère une femelle gravide. Les motifs très colorés et contrastés sont ordinairement de bons moyens d’identification de ces mouches que l’on confond avec des guêpes. Mais pour cela une vue dorsale est préférable… je n’en ai pas…


Tenant compte de la photo inadéquate (de style Hamilton…) je crois qu’il s’agit de Melanostoma scalare ou Melanostoma mellinum. Nous avons une demi-douzaine d’espèces du genre Melanostoma en Amérique du Nord. Mais ce n’est pas tout ce que nous apprend cette photo. En effet, la flèche indique ce que je crois être un parasite dans l’abdomen de cette mouche. Ce pourrait être une guêpe de la sous-famille Diplazontinae (famille Ichneumonidea) qui sont connues pour parasiter les syrphes, mais je pousse un peu loin la supposition…



En terminant, cette photo prise entre les arbres alors que je marchais vers le Vermont. J'y aurais mis le pied et je l'aurais photographié pour le plaisir de dire que je suis allé aux USA. Mais un malcommode douanier buvait son café derrière ses verres fumés de l'ère spatiale et m'observait en grognant (je crois...). 

À moins d’une pernicieuse illusion d’optique cet arbre au centre de la photo sur la crête de la colline est gigantesque! Voyez le détail:



Comparez-le avec les Ormes d’Amérique à sa droite. On dirait un tilleul (Tilia americana). Il y en a beaucoup par ici. S’il n’est pas aux États-Unis il n’est pas loin de la frontière. Peut-être même marque-t-il la frontière?