mercredi 20 juin 2018

La répartition de Conuropsis



Le spécimen au Musée Redpath à Montréal (McGill)


La Conure de Caroline, le "perroquet de Caroline", est disparu il y a un siècle (bien qu'apparemment on a observé quelques survivants tardifs...)

Lisez ce billet: ici.

Un article portant sur la reconstruction du territoire de l'oiseau, sa répartition naturelle vient d'être publié:







La carte ci-haut (tirée de l'article) a été élaborée à partir d'une large recherche documentaire (publications, correspondances, etc.) et de "peaux": les spécimens dans les collections muséales couvrant les années 1564 à 1944: 861 observations sont ainsi relevées.

On voit bien que l'oiseau se plaisait dans les Carolines et en Floride et fréquentait tout le bassin du Mississippi. Mais son territoire couvrait un peu plus large...

Peut-être l'oiseau a-t-il visité le Canada. Si près du Manitoba et, surtout,  des Grands Lacs: on le trouvait à Détroit et Buffalo, rendant possible la traversée de ces grandes étendues d'eau? 

Cette carte, c'est le grand paysage perdu d'un petit fantôme!














samedi 16 juin 2018

Parc La Fontaine: agrandir de l’intérieur!



J’ai un peu avancé (finalement…) ce plan commencé en 2012… En jaune les peupliers disparus...
Si vous suivez un tant soit peu ce blog vous connaissez tout mon intérêt pour le parc La Fontaine et plus particulièrement pour cet ensemble de peupliers majestueux dans la section médiane du parc.

Dans mon dernier livre (Stabat Arbor) j’ai nommé cela « le plus bel ensemble d’arbres patrimoniaux à Montréal: l’alignement de peupliers de Caroline au Parc La Fontaine. Ce monument historique vivant… »



Planté vers 1915 ce cartouche de peupliers carolins encadrait autrefois une grande pelouse, ouverte et libre. C’était aussi l’espace de grandes rencontres, religieuses ou autres. C’était un aménagement parfaitement (multi) fonctionnel tout en étant parfaitement minimaliste!



L’aménagement n’aurait atteint sa perfection que de nombreuses années après sa création. Les arbres, vous savez. Y poussent jamais assez vite! Je dis «c’était une plaine de rencontre» parce qu’avec le temps la plaine s’est emplie d'un amalgame d'installations pas rapport. À temps partiel!!! 

Pourquoi simplement gâcher quand on peut doublement gâcher...

Avant même la maturité de l'idée d'origine donc: un avortement paysager en quelque sorte! Maintenant les arbres tombent sans être remplacés (oui, je sais on a procédé à la plantation de quasi-remplacement d’au moins un…) et l'aménagement continue d’être rayé de la mémoire avant même d'y avoir fait l'impression voulue...

Remarquez, il reste encore quelques mastodontes feuillus et plusieurs humains connaissent néanmoins une épiphanie insoupçonnée en les fréquentant... Les monuments vivants font ce genre de truc à notre coeur...


Les arbres tombent toutefois sans être remplacés. C’est que ces arbres ne vivent qu’environ cent ans. Ils atteignent 125 ans à l’occasion et c’est ce que nous souhaitons pour ces arbres, non? 

Il est question en Haut-Lieu de Grands Travaux au parc La Fontaine. Un plan directeur doit paraître cet été au sujet d’une réfection et d'une ré-écriture des lieux. J’y vais ici ce matin avec quelques idées (pour ce que ça vaut, mais, vous savez, je n’ai rien d’autre à faire et il faut bien que je m’occupe un peu…).



Donc, en premier lieu, au-delà du remplacement ad hoc d’un ou deux de ces peupliers carolins voici ce qu’il convient de faire dans un parc dont on dit qu’il occupe une position centrale, historique, et tout et tout: louer des bulldozers, faire séance tenante extractions des frostines (les clôtures Frost...), gommer les terrains de chépakoi et refaire la plaine! 

Puis replanter les peupliers carolins disparus… dans la forme d'origine! 

J'ajoute même: il faut déjà planter les intercalaires... tic-tac, tic-tac...




Ce qu'on veut? De l'espace! Libre...

Une visite n’importe quand par ici vous confirmera l’évidence: les gens savent s’amuser sans installations spéciales (ou sectaires, exclusives, privées, clôturées). Sans système d’éclairage à faire bronzer à un kilomètre à la ronde…


Ils viennent prendre de l’ombre et l'air et lire, pique-niquer ou faire pétanquerie, faire de bulles de savon géantes (et récemment patenter des méduses en plasti…).



Ils viennent tricotter des pyjamas, faire du very classik necking derrière les buissons (ou sur les bancs!), surfer sur un slackline, faire du yo-yo bedaine en l'air, photographier les oiseaux avant l’ouverture officielle, faire lire les mondanités sociales à pitou (snif, snif, snif…).




Ils viennent se faire bronzer et s'exhiber, marcher, jogger et vendre des breloques et du suchi-yoga, ils viennent vraiment faire vraiment n’importe quoi… Et ils sont de plus en plus nombreux à le faire!




En matière d’aménagement, au-delà de la réfection des allées, et des affaires d'entretien normal (elles aussi longuement négligées...) un peu plus d’espace libre semble la meilleure approche!



What do people want? Not much... nothing really... just a bit of space!

Ils voyaient loin en 1915. C'est à notre tour de voir loin et large: on peut agrandir le parc de l’intérieur, avec une topologie inventive, quel génial tour de passe-passe!


Bon weekend!




samedi 9 juin 2018

Orme d'Hochelaga




Les saisons alternent tous les cinq jours, l'oscillation donne le tournis! L'été restera? Va-t-il neiger? Une question grave: le Grand Prix sera-t-il on ice

Pour l'instant le beau temps est de retour et il m'amène à Hochelaga où j'ai fait un tour du quartier hier. 

Ci-haut un alignement d'érables argentés (Acer saccharinum, silver maple).



Un alignement d'ormes de Sibérie (Ulmus pumila, Siberian elm). Pour un arbre si commun et si largement naturalisé, il est curieusement rare d'en voir un alignement de sujets droits, réguliers et en santé!



Les cultivars colorés n'ont pas la cote chez Flora Urbana. Un cultivar pourpre de l'hêtre européen (Fagus sylvatica, European beech) n'aide pas à modifier mon jugement. Je connaissais la patente mais je ne savais pas que ce bonbon se trouvait aussi en clone fastigié... pourpre ET fastigié? Trop c'est comme pas assez!



Une maison sans chapeau. À vendre. Acheteur sans capital bienvenu.



Je cherche pas maison, je suis venu ici, sur ce bout de la rue Desjardins, pour confirmer (si besoin était...) une observation faite il y a cinq ans.

En service commandé je devais alors voir un orme (celui ci-haut) qu'on m'avait signalé en 2013. La question était: est-ce l'orme lisse (Ulmus laevis, European white elm)? Regardez-moi toutes ces croissances épicormiques sur les branches principales! On aurait pu croire.



Je connaissais moins bien les distinctions (surtout en hiver!) avec l'orme d'Amérique (Ulmus americana, American white elm) à l'époque et heureusement les bourgeons bien gros (nous sommes en janvier 2013 ci-haut) m'avaient permis de dire: non! Il s'agit de l'orme d'Amérique!



Hier matin donc, je suis revenu le voir, cet orme d'Amérique. Rappelez-vous de l'aspect fréquent de l'orme lisse avec de nombreux gourmands et, à l'occasion, de nombreuses courtes branches faisant un manchon vert sur les grosses branches: c'est bien le cas l'arbre revisité vendredi matin!



Il est un peu tard (déjà!) pour trouver les samares d'ormes et j'ai dû fouiller les débris du carré d'arbre, sur le trottoir et dans la rue. Des tonnes de samares de l'érable argenté et à peine quelques samares d'ormes encore en état de répondre à ma question et de confirmer in ultima: ce sont les samares de l'orme d'Amérique...



À gauche: l'orme d'Amérique. À droite: l'orme lisse. Pour aide-mémoire...


Profitez de ce beau temps... ça dure pas!