samedi 15 septembre 2018

Populus, Prunus et Sciurus




Est-ce là le plus grand Prunier du monde? Je vous l'ai déjà montré, c'est un des mes voisins: un fort beau spécimen de peuplier (Populus) je ne me souviens plus s'il s'agit du peuplier deltoïde (fort probablement!) ou (peut-être?) d'un peuplier carolin (Populus x canadensis).




Calocasia (ou est-ce Alocasia, je semble les confondre…) sur les trottoirs de l’avenue McGill College tropicalesque.



Livrés expressément pour mon grand plaisir par un cycliste émérite (merci  Marcel et Michèle…) les prunes (j’ignore la variété précise) n’ont pas fait long feu. Gloup! trois de suite immédiatement alors que je les lavais, puis chop-chop, mettre à cuire.



Et de totalement parfumer la maison…



Quatre pots. À mettre un peu partout ensuite. Sinon à échantillonner à la cuillère quand je passe devant le frigo.


PS: un écureuil a piqué une des nectarines que je laissaient mûrir sur la table de cuisine. Comme d’habitude ce n’est qu’au moment où le fruit (énorme pour la petite bête) a fait boum (ou toc?) sur le plancher que j’ai accouru depuis mon siège d’astronaute. La charmante créature ne semblait pas du tout encline à abandonner le fruit de son larcin. Péniblement elle a sauté sur le garde-fou du balcon et… le fruit a échappé à sa machoire de sans-culotte. Il hésite un instant, regardant la catastrophe sucrée roulant maintenant tout en bas au sol du jardin, me jetant un air paniqué, hésitant, déchiré entre la nécessité de me fuir et de sauter dans l’érable à Giguère ou descendre rescaper son repas… à son péril peut-être?
Il saute alors dans l’arbre, aucune expédition punitive ne viendra le troubler.
Salaud, quand même! Faire un pot de confiture, minuscule, avec les trois nectarines (au frigo maintenant) restantes? Non, ce sera un gâteau. 
Un écureuil veille à mon menu. Charmant!




samedi 8 septembre 2018

Bois-de-Liesse




Le ruisseau Bertrand traverse les lieux.


Oubliez le yoyoga et le spaça, allez au bois! Optez pour un shinrin-yoku, un bain de forêt. En toute saison, surtout belle comme ces jours-ci, aller au Bois-de-Liesse est une idée qui fera montgolfière de votre poitrine. 


Cette élévation de votre body est peut-être aidée par la vue de la forte tension verticale, changeant de quelques degrés sur chaque arbre, variée, traçant la profonde perspective des hauts fûts de cette forêt mature. Un rare trésor! 



L’endroit est absolument à visiter. Vous y rencontrerez des hommes de qualité! (je m'y compte, ma propre valeur étant soudainement élevée par celle de mes compagnons!)




D'importants travaux ont lieu et une passerelle surélevée vous permettra en décembre de marcher à hauteur des fûts! Peut-être que je braverai l'hiver pour aller constater?




Je viens de lire que cette plante a changé de nom: elle se nomme maintenant Hylodesmum glutinosum, (syn. Desmodium glutinosum), desmodie glutineuse, Pointed-leaf Tick-trefoil. Les petites gousses tachetées (la plante est de la famille Fabaceae, celle du pois) sont étrangement collantes. Où avais-je la tête, je ne les ai pas photographiés!




Une mauvaise photo des fleurs...



Addendum: voici les petits fruits (gousses) de l'espèce précédente...




La forêt compte de nombreux Fagus grandifolia, hêtre à grandes feuilles, American beech. 




Menispermum canadense, ménisperme du Canada, Canada moonseed

Peu de différence entre ces deux clichés. Sauf un petit souffle tiède soulevant les feuilles du Menispermum canadense. La plante est assez fréquente dans les boisés de la région métropolitaine mais trop rare dans nos parcs et ruelles (où on la trouve heureusement à l’occasion).



Une colonie de Populus alba, peuplier blanc, white poplar.


Le Bois-de-Liesse est beau en septembre. Mais attendez octobre... Si l’on aime prendre une bain de forêt, que penser d’un bain de forêt dorée? Vous voyez?

Merci à Charles L'Heureux et François Plourde pour ce shinrin-yoku!

PS: François a mis en ligne une pétition visant la préservation de certains boisés au potentiel éco-paysager indéniable, pourquoi ne pas aller lire son texte puis signer le projet? cliquez ici.

Le billet sur la chasse aux Spiranthes de la semaine passée attendra un peu… j'ai besoin de relire certains textes. Mes études de ce genre d'orchidées on été faites entre 2000 et 2005... je dois minimalement rafraîchir ma mémoire!!!


Passez un beau weekend!


samedi 25 août 2018

Prunus padus au Champ des Possibles: un fantôme?


Le Prunus padus au Champ des Possibles (planche tirée de Stabat Arbor)


Ce blog, comme tous les blogs à l’origine d'ailleurs, est un journal de mes observations et découvertes, de mes réflexions, critiques et coups de gueule, de mes études, progrès et erreurs, de mes plaisirs et déplaisirs: un journal de bord (weB-log: blog) publié en direct avec tous les risques que cela comporte! J’apprenais et découvrais sous les yeux de mes lecteurs. 
Un blog, un simple journal de bord, peut-il être considéré comme source scientifique valable, criticable et citable? Ben oui et non…
Ainsi prenons l’exemple du cerisier à grappe (Prunus padus), avec lequel j’avais d’abord connu de la difficulté à identifier et circonscrire. Tout cela s'est passé en direct sur Flora Urbana. 

Le résultat: j’ai publié (ici et dans mon livre Stabat Arbor) une étude complète de l’espèce (et des espèces apparentées) et les mentions que je fais des spécimens trouvés (les occurences, dit-on en botanique) sont apparemment les premières pour le Québec. N'ayant pas moi-même visité l'herbier au Jardin Botanique de Montréal pour vérifier, je me fie à ce que me disait un botaniste.
Ma connaissance de la littérature historique sur le sujet est par contre assez complète pour ne pas être étonné de sa naturalisation (il ne s’agit pas en effet d’un cas « éphémère »): on trouvait ce cerisier naturalisé il y a un siècle aux USA. L’arbre exotique est cultivé depuis longtemps en Amérique du Nord, les oiseaux sont friands de ses fruits et le climat de ses régions d’origine sont comparables au nôtre: ce n’était qu’une question de temps (ou de la bonne paire d’yeux…) qu’on le trouve par ici.
La première fois que je l'ai trouvé c'est au Champ des Possibles. Mais je l'ai trouvé depuis un peu partout sur l'île de Montréal.

Le Prunus virginiana au Champ des Possibles (planche tirée de Stabat Arbor)


Ainsi donc c’est toute ma curiosité qui était satisfaite: un amateur faisant une petite contribution (il y a en a tout de même quelques autres si vous êtes familiers avec ce blog et mes livres…). Prunus padus, est un ajout à la flore du Québec: à défaut d’être remarquable et époustouflant, le fait est certainement au moins notable… publié avec tous les détails nécessaires cela devient tout de même « citable ». N’est-ce pas?
Pour ma paroisse, le fait que tout cela ce soit passé au Champ des Possibles me réconfortait dans ma prétention: tout observateur attentif et curieux peut arriver à découvrir des nouveautés, même dans une friche urbaine aux dimensions réduites… 
Par mes livres et autres publications, ce blog et ses textes et photos, toute mon entreprise en a été une d’invitation à la découverte: et les fruits se sont accumulés! 

Le genre Prunus , planche tirée de Stabat Arbor.


Présent dans la liste d’espèces du Bioblitz de 2014 (entre autres) le Prunus padus était donc dans la première édition (2014) du Catalogue de la biodiversité du Champ des Possibles (mais je publiais déjà depuis quelques années des listes d’espèces végétales et autres). 

Dans la nouvelle édition (2017) qui vient de paraître? 

Non… Ce cerisier est absent! Il est maintenant fantôme comme son découvreur… 

C’est tellement sympatique! Et totalement faux!

Avec une étude de tous les cerisiers à grappe, complètement documentée, vous croyez je me trompe? Vraiment? 




Dans cette publication, ne vous étonnez pas de trouver des notions comme "haie" ou "conservation d'éléments paysagers", "enrichissement de la flore", "favorisation des espèces indigènes", etc... Vous êtes sûrement familiers avec cela si vous me lisez...

Au moins cela a été conservé... 


Quelques billets sur le cerisier à grappe et les haies au CDP: 


4 juin 2011

2 septembre 2013
https://floraurbana.blogspot.com/2013/09/les-haies-du-champ-des-possibles.html 

24 mai 2014