samedi 30 mai 2015

Question de Peupliers oubliés




Le croisement du Peuplier deltoïde et du Peuplier noir est presque toujours dans le sens où le premier est femelle et le deuxième mâle. En effet le bien connu Peuplier de Lombardie est presque toujours un clone mâle du Peuplier noir. Il fournit donc le pollen au fleurs femelles de notre Peuplier deltoïde. L'hybride produit est ce grand peuplier commun en ville: le Peuplier Carolin aussi connu sous les noms de Peuplier de Caroline et, botaniquement, Populus x canadensis.




Que ce soit l'un ou l'autre des peupliers, je les ai déjà comparé à des baleines bleues: d'abord ils atteignent tous les mêmes dimensions extraordinaires et ensuite ces arbres sont de véritables pompes à CO2 et de méga-filtre à pollution urbaine...



Le plus grand élément paysager du Parc La Fontaine est justement ce grand circuit de Peupliers Carolins. Méconnu, cet ensemble de géants ne semble pas du tout documenté... On coupe depuis quarante ans ces arbres pour toutes sortes d'installations sportives sans même y penser. Dans tous les cas on aurait pu placer ces terrains de tennis ou autres un peu à gauche ou à droite sans couper les grands arbres... On ne pense pas non plus à les remplacer quand on les coupe pour des raisons sanitaires et de sécurité.

Amnésie de l'histoire de nos parcs...


De l'information sur ces arbres dort certainement dans quelques cabinets de l'administration de nos parcs... 


Rappel de quelques billets: 

La voix muette du peuplier


(ajout) voyez ce billet qui donne plus de détails sur les peupliers du parc La Fontaine:

Peupliers oubliés et mort de Dante





22 commentaires:

  1. Dorénavant "Je me souviendrai"...
    des Peupliers qui 'peulpent' nos alentours. (pour dire comme ma fille (13 ans) qui inverse les consonnes volontairement comme pour se prémunir d'une protection pour contrer une entrée trop précoce en le monde des adultes...

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  2. Des peulpiers? Oui ça donne une très bonne protection!

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  3. Ce serait bien de savoir qui est responsable des arbres, à la ville. En général, il me semble que l'on ne s'occupe pas de prévenir la perte d'arbres matures en plantant à l'avance des arbres qui les remplaceraient, éventuellement. Le peuplier est tellement ancré dans ma mémoire de Montréal et de ses alentours. Je ne voudrais pas les perdre.

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    1. Le problème est plus profond: c'est au niveau du paysage d'ensemble. Tous ces peupliers (ceux qui restent sont maintenant géants) avaient tout de même été planté pour une raison culturelle importante, vu l'ampleur de ce théâtre. La forme paysagère inexpliquée est oubliée... pas fort!

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  4. Pourrais-tu détailler davantage sur la question? Pas sûre de tout bien saisir...

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    1. Un immense espace de centaines de mètres de long a été délimité par des peupliers il y a une centaine d'années. À quoi était destiné cet espace? Quelle signification culturelle avait-il? La forme est extraordinairement forte. Ça devait bien signifier quelque chose! Mais quoi? On sait pas... On a coupé à travers et on continue à le faire. On ne remplace pas les arbres. C'est un monument, un grand ensemble paysager délaissé. Comme une cathédrale à travers laquelle on fait passer un autoroute. Et en plus on a oublié le nom de cette "cathédrale"! Je me fais mieux comprendre?

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  5. Veux-tu parler d'une allée, d'un "corridor" de peupliers? Si oui, l'initiative d'une telle plantation pouvait servir une marque de prestige ou encore relever d'une simple fonctionnalité (délimitation de terrain dans un espace public ou privé)... Cela avait cours dans bien des pays... Peut-être une résultant d'une vision grandiloquente d'un maire de l'époque? Quoi qu'il en soit, tu fais bien de nous mettre ces 'peuplades' à l'oreille de façon à ce que nous les ayons à l'oeil!

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  6. Ce n'est pas un corridor... vous connaissez le parc? Il s'agit d'une plantation rectangulaire avec les coins arrondis... une forme de "cartouche". C'est plutôt un place de rassemblement.

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  7. un commentaire paru dans Le Devoir d'aujourd'hui par un certain Yves Côté, en réponse à l'article "Patrimoine à vendre".
    Pour moi, les peupliers et la question de notre "société-autoroute", c'est du pareil au même.
    Voici le commentaire de M. Coté:
    Il y a le feu à la maison...
    Depuis la destruction "par besoin de restructuration urbaine commerciale" du Montréal français, celui-là du Vieux Régime et sous prétexte de danger d'incendie majeur, en passant par l'incendie volontaire du Parlement, allumé par des marchands anglais vengeurs et celui resté "inexpliqué" des faubourgs populaires autour de Radio-Canada, alors qu'il y avait grève des pompiers, la seule véritable politique patrimoniale durable des administrations municipales successives (sauf peut-être celle de Monsieur Doré) me semble être celle dite "de la terre brulée".
    Heureusement que parfois, il soit arrivé qu'une Dame Lambert-Bronfman se lève pour s'opposer aux saccages par des sauvetages d'urgence !
    Alors, merci Monsieur Marsan de refuser de garder le silence, comme d'autres m'apparaissent le faire par souci de "confort professionnel" ! Euphémisme courant à mon avis, pour "lacheté facile"...
    Et merci aussi à Monsieur Fortier et à mon journal de refuser de regarder ailleurs, alors que nous disparaissons en présence visuelle urbaine, à Montréal mais aussi à Québec, au même rythme que nous le faisons aussi, commercialement, culturellement et linguistiquement.
    Le rêve du gumballow a si bien envahi nos esprits individualistes québécois, que le simple et convivial vivre ensemble nous apparaît maintenant comme une punition, réservée à celles et ceux "qui ne peuvent pas faire autrement".
    Perception qui en réalité, ne peut être qu'une aberration anti-sociale.
    A Montréal, selon moi, il y a aujourd'hui "le feu à la maison".
    Mais qui donc de nos élus pensera simplement à ne pas y jeter de l'huile sur le brasier, prétextant ainsi vouloir aider à l'éteindre ?
    Surtout que la seule extinction véritable qui est en jeu, au final, c'est celle de notre propre société. De celle-ci et par extension, des simples traces physiques qu'elle laisse d'une présence urbaine francophone si particulière.

    Merci de m'avoir lu.

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    1. C'est le même processus... Chacun a ses idées sur la "modernisation", mais tous ont des bulldozers... dans le cas du parc La Fontaine (et autres parcs à l'époque) c'était la volonté sanitaire du loisir et du sport organisé. Alors on charcutait sans regarder plus loin...

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  8. oui, nous vivons à la vitesse et à l'aire abrutissante des autoroutes depuis plusieurs générations déjà...
    En tout cas, ton évocation de "rectangle aux coins arrondis" est poétisante, tant bien qu'elle soit triste, elle me rappelle la peinture aux tendre évocations parfois sinistres, parfois gaies, mais la plupart du temps simplement doucement mélancolique du peintre-poète-compositeur David Lafrance, qui sait, avec ses marques de couleurs, nous narrer majestueusement toutes ces choses concernant la mémoire et la collectivité...

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  9. Roger, je n'arrive pas à situer ce rectangle sur Google Earth. J'imagine que plein d'autre plantation on comblées son centre. Si vous m'aider je pourrais demander à ma grand-mère qui a grandit en face du parc. Elle sait peut-être à quoi servait cet espace.
    Elle ma déjà raconté qu'il y avait un statut de Dante dans la parc avant la guerre celle-ci avait été déboulonné à cause des origines Italiennes du poète.

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    1. Je vais mettre de photos en ligne demain... ce sera très clair (avec la statue de Dante...)

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  10. Dante!!... Au parc Lafontaine!!!...

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  11. «En effet le bien connu Peuplier de Lombardie est presque toujours un clone mâle du Peuplier noir.» Donc, le peuplier noir d'Italie et le peuplier de Lombardie , c'est la même chose ??? ou pas ??? même dans Vascan, ça ne m'aide pas : http://data.canadensys.net/vascan/taxon/9051

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  12. J'aurais dû formuler ainsi plutôt: "En effet le bien connu Peuplier de Lombardie (une variété du Peuplier noir) est presque toujours un clone mâle". C'est plus clair?

    peuplier d'Italie, peuplier de Lombardie et peuplier noir d'Italie sont tous des synonymes (des noms différents pour la même chose... dont le nom latin est Populus nigra var. italica) D'après VASCAN peuplier d'Italie est le nom commun (vernaculaire) accepté.

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    1. Oui , c'est plus clair, merci ! Quel est le phénomène qui fait que Populus nigra devient Populus nigra var. italica ??? Il y a une différence génétique dans le clone ???

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    2. Une mutation du Populus nigra produit des arbres de forme fastigiée (étroitement verticale plutôt qu'étalée). C'est un variété et ces arbres ont un nom qui les distingue: Populus nigra var. italica. Ces arbres sont rares, c'est pour ça qu'on les clone. Majoritairement c'était des arbres mâles. Donc le Peuplier de Caroline a toujours pour parent mâle le Peuplier noir d'Italie, et parent femelle le Peuplier deltoïde.

      C'est un peu plus compliqué que ça mais pour l'essentiel ça suffit. On en reparlera.

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  13. Beaucoup de peupliers de Caroline ont été plantés le long du fleuve à Contrecoeur au début du 20e siècle damn le but de retenir le sol contre l'érosion du fleuve.

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    1. Merci de l'info! Je connais plusieurs ensembles de peupliers à Montréal et à l'extérieur le long du fleuve. Je vais essayé de les identifier en distinguant P. deltoïde et P. de Caroline.

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