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lundi 31 août 2009

Douce amaranthe



 un jardin aux Habitations Jeanne-Mance


J’avais rencontré le propriétaire de ce jardin il y a quelques semaines. D’origine indienne, il est était bien fier de sa culture réussie de ces variétés d’amaranthes. Les asiatiques connaissent bien cette plante qu’ils cultivent dans de nombreux pays depuis des centaines d’années.

Ils semblent avoir perdu la connaissance de l’origine de ces plantes toutefois. Le Mexique! Avec les fèves et le maïs, c’était une source majeure de protéines, de vitamines et de minéraux pour les Aztèques. La plante contient plus de fer que l’épinard. Les graines sont aussi consommées et contiennent de l’acide gras oméga-6. La bonne plante a voyagé de l’Amérique Centrale jusqu’aux Indes! Et elle nous revient.

“Better than spinach!” me dit-il avec un large sourire. Dans ses plates-bandes il y avait bien d’autres plantes intéressantes de la famille de la moutarde (Brassicacées) mais la communication n’était pas facile. Ma connaissance de l’hindi, du sindhi ou même du kashmiri s’approche fortement d’une valeur nulle. Je connais au moins thota kura (l’amaranthe) en télougou, langue officielle de l’Andhra Pradesh.



 une plante américaine... qui revient des Indes


On la nomme aussi “épinard chinois” ou “épinard rouge”, les noms communs sont toujours nombreux pour les plantes largement cultivées.

Les espèces d’amaranthe sont difficiles à distinguer et de plus s’hybrident entre elles. Si j’ajoute qu’il y a eu des siècles de sélection pour la culture de cette pseudo-céréale (et le déplacement d’un continent à l’autre) vous comprendrez que je ne peux qu’affirmer (vu de l’extérieur du jardin clôturé...) qu’il s’agit de cultivars du complexe Amaranthus cruentus et Amaranthus hybridus. On dirait bien le cultivar ‘Asia Red’, et les graines étaient peut-être contaminées d’une autre variété, la 'Green Pointed Leaf'. Mais rien n’interdit de penser que c’est une des espèces spontanées que l’on trouve sur les trottoirs qui s’est logée dans le jardin!

Il n’y a qu’un pas du potager au trottoir et du trottoir au potager!

Je n'oublie pas la conclusion de la série sur le pourpier, j'espère encore trouver une plante en fleur...





lundi 10 août 2009

Les Barricades Merveilleuses

 
la bonne plante au bon endroit


Certaines mauvaises herbes semblent jouir d’une tolérance bienveillante. L’amaranthe hybride, une plante commune, est jugée assez assez acceptable pour faire office de décoration devant l’entrée d’un antiquaire sur la rue Duluth à Montréal. Le commerce s’appelle Les Barricades Mystérieuses et, oui, c’est un mystère ou un miracle qu’elle puisse se répandre ainsi sans être inquiétée par le proprio ou les passants.

L’espèce est capable de former des colonies massives sur des terrains négligés mais c’est une vrai plante des trottoirs. C’est une autre apophyte (une plante indigène adaptée au milieu urbain) qui vient des habitats changeants des bords de rivière de toute l’Amérique du Nord. On la trouve aussi au Mexique et dans les Antilles, en Amérique Centrale et du Sud. Elle a été ensuite introduite dans les régions tropicales et tempérées de toute la planète. Une plante du Nouveau Monde qui est allé voir les “Vieux Continents”.

Elle était cultivée à des fins médicinales, alimentaires et fourragères par bien des peuples autochtones dans les Amériques. Aujourd’hui ces usages ont suivi la plante en Inde et en Afrique où elle est cultivée (avec d’autres espèces apparentées) pour la consommation des feuilles que l’on prépare comme des épinards. Les graines sont aussi consommées comme céréale.

L’espèce est très variable et la distinguer d’une autre espèce comme Amaranthus powellii ou A. retroflexus (elles-mêmes variables) est affaire de spécialiste. À moins d’une bonne loupe et de récolter les graines l’identification est incertaine!

François Couperin lui a peut-être dédié cette musique bienveillante: