vendredi 2 août 2013

La Pélopée courbée (Sceliphron curvatum) émergence!





À l'ouvrage tôt (à mon habitude) j'entend le buzz plaignard maintenant familier de la Pélopée courbée. Je me tourne vers la bibliothèque pour localiser la source. Je me lève pour mieux entendre... pas clair... Je suis tout de même surpris que ces guêpes soient à l'ouvrage si tôt (c'est frais ce matin).

Je cherche de l'oreille à gauche et à droite, me lève et fais le tour de la pièce, puis finalement je me rends compte que c'est de l'un des deux spécimens d'urnes, posés devant moi sur la tablette au-dessus de l'ordi, que vient le bruit. Je prends le petit contenant (gracieuseté des fournitures scientifiques Dollarama) et des vibrations bien nettes se font sentir...

La guêpe va émerger! Je me mets à penser à un set-up pour filmer l'affaire mais... trop tard! Elle est déjà là! À faire du bruit...



J'ajoute ce clip (3 août), mon deuxième spécimen d'urne ayant produit cette autre guêpe.


On me recommande de déposer un spécimen dans une collection entomologique publique. Question de documenter et de prouver en quelque sorte... Je le ferai plus tard, j'ai réussi à capturer trois spécimens adultes vivants. Au congélateur maintenant... Et  à moins de croire à la génération spontanée, mon petit clip fera bien l'affaire en attendant!

Voyez ces autres billets:







samedi 27 juillet 2013

Verdissement et biodiversité


C'est le temps des mi-vacances de blog, mes billets sont plus rares...


Le vélo c'est vert. Très vert. Mais ce poteau est placé trop près de la plantation.

Dans l'arrondissement où j'habite on procède à toutes sortes d'aménagements visant à sécuriser ou favoriser un tant soit peu la circulation des vélos et des piétons. Ces rétrécissements de la rue par l'élargissement des trottoirs (comment appelle-t-on ces trucs? Des pince-bitume? Des oreilles de trottoir?) sont efficaces afin de ralentir un peu la bagnolitude et de donner un champ de vision idéal aux conducteurs. De plus le piéton aura moins long à marcher sur la chaussée. On grignote un peu de l'espace extravagant que nécessite toutes nos automobiles et on le distribue à d'autres fonctions, d'autre usagers.


Design irréfléchi: de l'autre côté, on a prévu le coup? Ou c'est par hasard?

Ces oreilles de trottoir se multiplient un peu partout, souvent près des écoles, comme c'est le cas ici au coin de la rue Drolet et Roy. À deux pas de chez moi. Les bienfaits de ces micro-aménagements sont assez nombreux il me semble: on en profite aussi pour faire des micro-espaces verts. C'est bon! Côté design par contre, il y a encore un peu d'effort à faire... C'est vite fait et pas cher mais côté attention au détail, faudra repasser! Constatez sur ces photos qui montrent que le seul choix de l'emplacement d'un poteau (truc à accrocher un vélo inévitablement...) devient une cause de dommage à la végétation.


Que dire contre la verte vertu?

Un des bons points soulignés c'est évidemment le "verdissement" de ces micro-aménagements. C'est certainement un des mots les plus détestables tant il s'agit d'un véritable fourre-tout! N'importe quel verdissement est bon, n'est-ce pas? Qu'ai-je à dire? On ne peut être contre la verte vertu… Toutefois puisqu'on utilise aussi le mot "biodiversité" pour mousser l'affaire, ça mérite examen!


L'abeille ne se trompe pas: il y a du nectar dans l'échinacée.

À vue de nez il n'y a pas la moindre espèce indigène ici. Bon je n'ai pas identifié le bout d'herbe (la Graminée), mais pour le reste c'est la biodiversité de quelque part ailleurs qu'il s'agit. Parler de la biodiversité, quand il ne s'agit que de l'emprunt de la biodiversité des autres régions, et, encore plus, quand il s'agit de cultivars monstrueux, c'est du green-washing. C'est ne pas porter grande attention ou, en tout cas, c'est faire au plus vite!

On confond "verdissement", place à la biodiversité et décoration. "Ça prend des belles fleurs!" Alors on met des "belles fleurs" et tout le monde est content.



On plante n'importe quoi mais en rang bien droit.

D'où viennent les végétaux utilisés ici? Du Ma-Ga-Zin Fa-Ci-Le (très grande surface...). Les Hosta sont asiatiques, de même que les hémérocalles hybrides (donc qui ne viennent de nulle part) qui n'attirent pas les abeilles (qui ne s'y se trompent pas). On a mis des arbustes: le fusain d'Asie (Euonymus alatus, sauf erreur). On a mis un petit arbre: que penser de ce cultivar pas très intéressant de l'espèce européenne de Alnus glutinosa 'laciniata'. On en a des Alnus (aulne) par ici, non?

Et l'échinacée pourpre? Mais comment résister? Des grosses "fleurs" qui disent "fleurs". En plus c'est une plante réputée médicinale (ça, c'est toujours gagnant) et nectarifère (pensez zo zabeilles)! Sauf que la plante n'est pas indigène! On la trouve aux États-Unis et par accident c'est une exotique en Ontario… 

Voilà! Ce sont les pires clichés qui conduisent au choix des végétaux. Autant de mot-clés de la stérilité. Ou alors c'est l'inventaire du Ma-Ga-Zin à écouler. On veut plaire aux yeux alors qu'on pourrait faire utile à la biodiversité.

Une occasion ratée de fondre la fosse d'arbre et le nouvel aménagement.


La biodiversité urbaine, surtout l'utilisation d'espèces indigènes, n'est pas une préoccupation secondaire. Ça ne fait tout simplement pas parti du programme! On a un Jardin Botanique et un Insectarium qui se pètent les bretelles d'expertises, fédérés dans cet Espace pour la Vie qui ne pousse pas ses connaissances bien loin… y compris vers les autres services municipaux...

Avant de s'envoyer des fleurs, consultons la Flore Laurentienne... On pourrait peut-être trouver quelque chose...





samedi 20 juillet 2013

Erreur 25 Wattson! C'est une cicadelle!




La semaine dernière dans les Laurentides. J'échantillonnais des rameaux nouveaux de Bouleau jaune ("merisier", Betula alleghaniensis) et sur chacun il y avait cette "bave de grenouille", des bulles produites par des larves de cercopes*. Elles siphonnent d'un bout la sève de la tige et de l'autre elles se… pètent une maison.



Du premier coup d'oeil, vu qu'à chaque rameau (nouveau de bouleau) il y avait de la bave et cet insecte ci-haut, je croyais que c'était un cercope. Erreur 25 Wattson! C'est une cicadelle!

Je n'avais pas encore vu au grand écran de l'ordi… en grand c'était évident
qu'il s'agissait d'autre chose, surtout à cause des grandes cuisses épineuses. Au moins j'avais visé juste en pensant à la l'ordre des Hémiptères (cicadelles, membracides, cigales, etc.)
 


Et le nom de l'espèce? Au choix: il s'agit de la Cicadelle du rhododendron (Graphocephala fennahi) ou de Graphocephala coccinea. Vu que c'est pas un rhododendron c'est peut-être plutôt cette dernière espèce?


*voyez ce site informatif sur les Cercopes: Entomofaune
et ces pages sur les Cicadelles: Entomofaune.


S'il ne pleut pas cet après-midi je donne une visite guidée au Champ des Possibles. Voyez sur le Facebook de l'événement.

Bon weekend!