samedi 2 juillet 2011

Le rivage de Spiranthes lucida





L'orchidée indigène Spiranthes lucida (spiranthe lustrée, shining ladies'-tresses) : comme Calypso elle chante et le marin tourne la barre. Je confond peut-être quelque peu les détails mythologiques… en fait le navire d'Ulysse s'était échoué sur l'île de la belle… Peu importe! Disons simplement que la plante me captive...


C'est autour du premier juillet que fleurit cette plante. En 2005 quand j'ai trouvé ces colonies comptant de nombreuses plantes, ce devait être une bonne année pour l'espèce. Surtout à voir le peu d'individus que je trouve cet été! La plante est installée sur le rivage, formant un chapelet de perles blanches, éclatantes et toutes petites… Mais comme j'étais chargé (photo, vidéo, trépied, dîner…) la tâche de filmer n'était pas totalement compatible avec un inventaire sérieux. Il est toutefois évident que de grandes sections du chapelet se sont évanouies. Il ne reste que la colonie principale qui est, de plus, bien diminuée… 



Peut-être irais-je m'échouer sur ce rivage l'été prochain?


Le nom vernaculaire que j'ai toujours connu est spiranthe brillante, il faut apparemment  maintenant dire spiranthe lustrée*. En effet ses feuilles sont luisantes et la distinguent des autres espèces du genre Spiranthes. Ces dernières ont des feuilles mattes. Ce n'est pas le seul caractère qui la distingue! La tache jaune doré vif sur le labelle est immanquable. Mais surtout c'est l'habitat qui la sépare: elle affectionne les rivages calcaires. C'est le cas de cette magnifique rive du lac des Deux-Montagnes à la pointe ouest de l'île de Montréal.


J'aurais bien des pages à vous écrire sur le sujet de cette orchidée (et des autres Spiranthes). Je dois toujours traduire un article que j'ai publié dans le Native Orchid Conference Journal**. J'y présente entre autre une hypothèse sur un mode de dissémination intéressant : l'hydrochorie, la dissémination par l'eau. Je ferai un effort...



Le rivage est soumis à la forte érosion des glaces, quelques peupliers ont cet aspect particulier. 


J'ai donc fait ce court film. Mardi dernier je suis allé visiter, filmer et photographier et depuis je n'ai guère fait autre chose que de m'essayer à un montage… Quel casse-tête! J'espère ne pas vous casser les pieds avec ce clip… Soyez généreux! Le logiciel (amateur) fourni avec l'ordi est iMovie… excellent pour faire un clip n'importe-quoi… mais pas assez professionnel pour s'essayer à un-peu-plus. Que de limitations! Et un interface obtus et buggé… Enfin la prochaine fois (un coup remis de ma frustration et de mon ignorance) ce sera peut-être mieux?

Quatre jours pour un clip de 8 minutes… Ouf!


Mais je suis assez content du résultat et je souligne l'aide de mon ami Claude-Achille Debussy qui m'a fait une musique pas mal du tout…


*Canadensys

**The Native Orchid Conference Journal 3(4). October - December 2006. An Alternative Mode of Reproduction for Spiranthes lucida (H.H. Eaton) Ames






5 commentaires:

  1. À peine revenu de rivages lointains, je me laisse aller à des rêveries peuplées d'orchidées. Huit minutes appréciées.

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  2. Petra incognita (aux environs de 4:48) : j'aimerais vous aider à la rendre un peu plus cognita, mais il faudrait un gros plan rapproché.

    Vous dites que les rives sont constituées de calcaire. D'après les cartes géologiques, il s'agit en fait de dolomie, ou calcaire magnésien, et d'un peu de grès (silice), du groupe de Beekmantown, Ordovicien inférieur (488-472 millions d'années).

    Du point de vue du végétal qui doit plonger ses racines dans un substrat nourrissant et hospitalier, j'ignore la différence que ça fait de pousser sur du CaCO3 (calcite, minéral constituant du calcaire) plutôt que du CaMg(CO3)2 (dolomite, cristal dont est formé la dolomie). Peut-être pourrez-vous m'éclairer là-dessus ?

    Je trouve que l'Outaouais à son embouchure ressemble beaucoup à l'Outaouais à un point quelconque de son cours. Lien : http://geo-outaouais.blogspot.com/2011/07/lac-deschenes.html

    Votre silhouette en 7:54 ressemble aussi beaucoup à l'icone d'identification de mon blogue. Nous songeons à des recours judiciaires.

    Debussy se fait rare. Tout un exploit que de l'avoir convaincu de collaborer avec vous.

    Ça me fascine toujours de voir comment un terrain de quelques dizaines de m carrés peut devenir inépuisable pour peu que l'on s'y intéresse.

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  3. Belle façon de découvrir les plantes; on visite les lieux, l'eau, l'air, le sol, le voisinage, puis on rencontre chacun et chacune.

    Merci. C'est merveilleux.

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  4. Non,non,non loin et même très loin de me casser les pieds. la musique va bien avec les "émotions" et changement de scène de cette merveille de 8 minutes. de plus je saurai reconnaître cette variété de l’orchidée que je n'ai malheureusement pas eu le temps ni le simple plaisir de voir et fréquenter ! Avec mon appareil photo.

    encore ! et gros merci d'approfondir ma soif de vertes connaissances et culture !

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