samedi 13 juin 2015

Un sénat de peupliers





Voici les feuilles des espèces (et l'hybride) de peupliers qui croissent spontanément dans notre région. Il y a évidemment quelques autres hybrides ici et là, je vous les montrerai à une autre occasion...

Il faudra aussi parler du Peuplier lombard, du Peuplier blanc et de tous les hybrides et cultivars d'horticulture ou de populiculture...

Les peupliers sont des bêtes de somme qui rendent milles services aux humains et aux autres. Ce que je préfère c'est le son qu'ils produisent. Y a-t-il une science du son de peuplier? Une taxonomie du son blanc, gris ou noir (ou encore vert)? Avons-nous des archives sonores de ces artistes éoliens?


Du côté de la poésie, on trouve vite:



Sous ce large peuplier par trois fois trois je tourne
Salomon Certon  (1552-1615)

Sous ce large peuplier par trois fois trois je tourne,
J'y basty un autel de trois fois trois gazons,
J'y apporte du feu de trois fois trois tisons,
Et trois fois trois grillons pour y brusler j'adjourne :

Par trois fois trois encor y verser je retourne
Trois fois trois pots de laict, trois fois trois poils grisons
Je croise tout autour, trois fois trois oraisons
Par trois fois trois encor barboter j'y contourne.

C'est pour vous bas esprits de ces antres bossuz,
C'est pour vous Satyreaux des costeaux de là sus,
C'est pour vostre troupeau Dryades forestieres,

C'est pour vous dieux des eaux aux reluisants talons,
C'est pour vous dieux des bois : cest autel, ces grillons,
Ces pots blanchis de laict, ces poils et ces prieres.


The Poplar Field
William Cowper  (1731 – 1800)

The poplars are felled, farewell to the shade
And the whispering sound of the cool colonnade:
The winds play no longer and sing in the leaves,
Nor Ouse on his bosom their image receives.

Twelve years have elapsed since I first took a view
Of my favourite field, and the bank where they grew,
And now in the grass behold they are laid,
And the tree is my seat that once lent me a shade.

The blackbird has fled to another retreat
Where the hazels afford him a screen from the heat;
And the scene where his melody charmed me before
Resounds with his sweet-flowing ditty no more.

My fugitive years are all hasting away,
And I must ere long lie as lowly as they,
With a turf on my breast and a stone at my head,
Ere another such grove shall arise in its stead.

'Tis a sight to engage me, if anything can,
To muse on the perishing pleasures of man;
Short-lived as we are, our enjoyments, I see,
Have a still shorter date, and die sooner than we.


Je vous laisse et je coure au Champ des Possibles où on trouve justement tous ces peupliers. Il faut maintenant planter toutes sortes d'arbustes et faire une haie riche et diverse qui devrait bien faire l'affaire de nombreux oiseaux: cornouillers, sorbiers, viornes, sureaux et autres fruits...


Bon samedi!






5 commentaires:

  1. Comment ça a été, vos plantations samedi dernier?...

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  2. Gros travail! Les bénévoles démontrant encore une volonté et une énergie étonnante. Dans la bonne humeur: ils ont planté quantité de viornes (trois espèces en spécimens énormes, mature et en fleur/fruits...) des sureaux (deux espèces) des Physocarpes et des Aronias, des Spirées et des Ronces odorantes, etc.

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  3. Les grands peupliers longent le ruisseau
    Et vont d’un air grave
    Reverdis à neuf par le renouveau
    Qui fait l’air suave.

    Un par un, faisant un tremblant rideau
    Au torrent qui bave,
    Les grands peupliers longent le ruisseau
    Et vont d’un air grave.

    Fiers de tout ce qui se passe là-haut
    Et qu’eux seuls ils savent
    Hochant sur le ciel leur léger plumeau
    Avec des airs graves…

    Les grands peupliers longent le ruisseau.


    – Rosemonde Gérard, Les pipeaux (circa 1900)

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