lundi 15 octobre 2012

Trous d'émergence: les agriles




Agrile du frêne, Agrilus planipennis. Photo: EOL Images


L'insecte l'Agrile du frêne (Agrilus planipennis, Emerald ash borer) est maintenant présent à Montréal. Il m'est arrivé à quelques reprises de chercher les signes de ce coléoptère sur des frênes de différents quartiers à Montréal. Ma recherche a été assez superficielle et peu intensive et je n'ai toujours pas vu la bête ou ses dégâts avec certitude. Le problème, je crois, est que bien des insectes de cette famille ont des comportements similaires.




Photo: Ontario Ministry of Natural Resources


Après s'être nourri sous l'écorce l'insecte adulte émerge et la forme du trou qu'il fait en perçant l'écorce afin de sortir est bien visible avec une forme caractéristique. On nous indique toujours que pour l'Agrile du frêne cette forme est celle de la lettre "D", couchée d'un côté ou de l'autre. (voyez la photo ci-haut). Pour une identification positive il faut toutefois retirer l'écorce et constater les galeries sinueuses (à droite sur la photo ci-haut) qu'on fait la larve. S'il m'est arrivé de voir des trous ressemblant fortement à ceux décrits vous comprendrez que j'ai hésité à arracher un bout de l'écorce d'un arbre public encore sain par ailleurs!




Agrile du bouleau, Agrilus anxius © Steven Katovich


Une chose invite à la prudence avant d'écorcher un arbre pour confirmer la présence de l'insecte. Encore une autre ajoute à la difficulé de trouver un arbre infecté: il y a de nombreuseuse espèces d'agriles ou d'espèces apparentées. La famille des buprestidées qui les réunit comptent pas moins de 80 espèces! Hors les buprestes, agriles ou mélanophile ont tous des trous d'émergence en forme de "D".*

Il est vrai que la plupart sont spécialisées sur un arbre ou une genre d'arbres (Agrile de l'Érable negundo, Bupreste du chêne ou Agrile du bouleau par exemple) mais il peut bien se trouver des agriles généralistes et cela conduirait alors, au pire, à l'abattage d'un arbre sain! Il m'est arrivé de trouver sur un arbre abattu des trous correspondants à la description. Aucune gêne à retirer l'écorce dans ce cas. Mais aucune galerie caractéristique n'a été décelée sous l'écorce retirée. Une autre espèce d'agrile semble se nourrir du frêne...


Si vous possédez des informations à ce sujet, faites-le moi savoir.


Roadside Field Notes a publié ce billet sur l'Agrile du frêne à Ottawa:



Toits verts à Montréal




Photo: Wsiegmund, Wikipedia


Dans bien des villes on procède à des essais sur les plantes pouvant résister à l'environnement difficile qu'est un toit vert. Comment diversifier la flore de ces habitats singuliers? Le défi est d'autant plus grand à Montréal où en plus de la grande chaleur et de la sécheresse l'été il faut encore ajouter les grands froids d'hiver. En Ohio (voir le lien ci-bas) des essais on permis d'ajouter une espèce à l'habituel catalogue de sédums: Allium cernuum, l'Ail penché. La plante n'est pas indigène ici mais on la trouve en Ontario et plus loin au sud (voyez la carte de répartition). Je me demande quelle espèce à bulbe indigène au Québec pourrait venir habiter un toit urbain montréalais?
Une fiche du Missouri Botanical Garden : Allium cernuum


 

samedi 13 octobre 2012

Au pied du Mont Yamaska




Approche du Mont Yamaska : ça ressemble vraiment à un mont!


Je n'aime pas beaucoup qu'on nomme "collines" la chaîne de montagnes majestueuses que sont les Montérégiennes. Tout juste puis-je admettre le mot "mont", en reconnaissance que les Andes ou l'Himalaya sont un peu plus portés vers l'altitude. L'irrespect réducteur par empressement diminutif ne s'arrête pas là, on dit même: un chaînon. Un chaînon, c'est un petit bout de chaîne! Inacceptable. C'est le langage des jaloux qui n'ont pas comme moi la circonstance tellement heureuse d'avoir un de ces Monts (avec majuscule, oh! si!) dans sa cour. Le Mont Royal est à portée de main (ou de Kodak à numéro du moins) depuis mon balcon. Je suis voisin d'un sommet. Et vous? C'est ce que je croyais...




Les dix Montérégiennes:  Source carte



Je ne connaîs personne qui arrive à nommer les dix Montérégiennes. Au plus mieux sept, huit ou neuf. Encore moins à les placer correctement dans la géographie, sur une carte. Ce que nous sommes ignorants! Moi-même (si, si) ce matin je découvre que cette CHAÎNE se poursuit au-delà du continent et décore l'Atlantique (par le fond je crois)! Si ces titanesques pitons ne sont pas des volcans par chez nous sur la plaine du Saint-Laurent, ils en sont de véritables (quoique pris de sommeil apparemment) sous la Grande Mare. J'ai d'ailleurs lu que ceux-là aussi on les appelle collectivement "chaînon". C'est désarmant de miniaturisation mesquine.


Trouvez ici un peu plus d'information sur tout cette géologie: Montérégiennes.
 
Ne manquez pas cette photo satellite d'hiver



Église Saint-Paul, Anglicane. 1822



Nous avons traversé de superbes paysages peints de ces couleurs qui font de l'automne une saison post-estivale idéale. (comment donc renouveler les commentaires sur nos beaux feuillages d'automne?) Partout on trouve des vergers de pommes et on s'est bien régalé de quelques variétés. On trouve maintenant de plus en plus de vignobles aussi.




 Vue de Yamaska depuis le cimetière de l'Église.


Que vient faire l'Inspektor des Mauvaises Herbes par ici? C'est sur les indications indirectes d'une correspondante presqu'anonyme (merci bien) que je suis venu visiter en compagnie d'Hélène Sarrazin le Mont Yamaska à la frontière des Appalaches. Plus précisément c'est le Rang de la Montagne à Saint-Paul d'Abbotsford (village collé au pied du Mont) qui commande notre exploration: sur quelques kilomètres on y trouve en effet une collection originale d'arbres rares.




Quelques tombes sous un grand érable à sucre.


Je suis bien content que la correspondante m'ai rafraîchi la mémoire en m'indiquant le site de la Pépinière Lafeuillée près de Joliette. Bernard Contré, le pépiniériste spécialisé en arbres nucifères, a généreusement (et fort commodément…) mis en ligne sur son site web une carte et des informations sur les différentes espèces de noyers et autres arbres rares que l'on trouve par ici.




Couleurs post-estivales de saison.
 

Mais la saison est bien avancée dans cette terre de pomme et de vin. Les noyers étaient difficiles à distinguer sans les feuilles (souvent déjà absentes) et surtout sans les noix... je n'en ai trouvé que quelques-unes du noyer noir (Juglans nigra) et une seule du noyer de Mandchourie (Juglans mandshurica).

Faudra repasser l'année prochaine!



Un grand spécimen de Caryer cordiforme (Carya cordiformis)


Nous avons fait la pause-sandwich à l'église et une visite du cimetière s'imposait. Un superbe spécimen de Caryer cordiforme imposait le respect: c'est le plus grand que j'ai vu.



Photo Pierre Bona, Wikipedia.


J'ai trouvé cette photo post-automnale du même arbre.   




Photographié ce matin: le Mont Royal. 


Nous avons aperçu bien d'autres arbres intéressants. Je trouverai bientôt j'espère le temps de vous parler plus longuement de ce Rang de la Montagne à Saint-Paul d'Abbotsford.
 

Bon samedi!