Aucun message portant le libellé Juglandacées. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Juglandacées. Afficher tous les messages

vendredi 10 mai 2013

Staphylier à trois folioles





Encore quelques photos de la visite du sommet Westmount du mont Royal. D'abord voici le Staphylier à trois folioles (Staphylea trifolia, American bladdernut). C'est une des quelques 300 espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables au Québec*. On le trouve surtout dans le sud du Québec, particulièrement dans la grande région métropolitaine et dans l'Outaouais. J'espère revenir afin de photographier les fleurs ouvertes...





Et voici le beau feuillage printanier d'un semis de Caryer cordiforme (Carya cordiformis, Bitternut Hickory). Voyez ici des photos de l'écorce de cet arbre. Comme bien d'autres espèces, s'il se reproduit bien ici, ce n'est pas le cas ailleurs sur la montagne! La fréquentation et le piétinement ne sont pas les mêmes dans tous les boisés. Dans bien des endroits cela nous laisse avec une forêt de vieux arbres, sans relève!

Des Aubépines (Crataegus, Hawthorns), Tilleuls d'Amérique (Tilia americana, Basswood) et Cerisiers tardifs (Prunus serotina, Black cherry) de toutes les classes d'âges s'y retrouvent aussi.



*trouvez sur cette page (ici) les listes des espèces floristiques désignées menacées ou vulnérables, vulnérables à la récolte et enfin les espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables.



vendredi 19 avril 2013

Chancre du Caryer cordiforme






Mercredi au parc Angrignon on a vu un Caryer cordiforme (Carya cordiformis, Bitternut hickory) qui portait d'étranges galles. Je crois le sujet peu documenté au Québec alors je vous montre cette photo et vous donne quelques informations.


Il s'agit en fait d'un chancre formé par un fongus du genre Phomopsis. Il y a plusieurs espèces de Phomopsis et les
chancres produits ont une apparence différente selon la plante-hôte. Chênes et Ormes sont aussi atteints de cette pathologie mal connue qui ne semble pas mortelle toutefois. D'autres végétaux sont infectés: Phomopsis viticola sur la vigne, Phomopsis juniperovora sur Thuya et Génévrier, etc.


Il y avait de jeunes Érables rouges au tronc déformés et bosselés. Je regrette de n'avoir fait de photo, il s'agit probablement de la forme initiale de l'infection.


Voyez ce lien pour le fongus Phomopsis sur des érables:

Falling Leaves Reveal Unsightly and Mysterious Galls



lundi 11 mars 2013

Les Caryers du mont Royal




À gauche le Caryer ovale, à droite un caryer atypique



C'était une belle journée d'hiver à ses derniers souffles (...elle peut bien crever…) et une invitation d'aller voir des caryers sur le mont Royal ne se refuse pas. Il y a quelques peuplements de caryers sur la montagne, repérés par les bons soins de Charles L'Heureux. Ce qui est intéressant c'est qu'on y trouve les deux espèces, le Caryer ovale (Carya ovata) et le Caryer cordiforme (Carya cordiformis) en association. Fait très particulier on y trouve aussi ce qui semble l'hybride entre les deux, Carya x laneyi. 


Sur la photo ci-haut la différence quant à l'écorce se voit bien. Les grandes lanières détachées de l'écorce, caractéristiques du Caryer ovale, ne se retrouve pas sur l'arbre à droite qui est du même calibre que le précédent. Cet arbre est peut-être l'hybride en question. La photo suivante vous montre l'écorce de l'autre parent, le Caryer cordiforme. Nous allons suivre le dossier et plus tard quand on aura les feuilles puis les fruits on en aura le coeur net.



Le Caryer cordiforme.
 

Ci-haut c'est le Caryer cordiforme avec ces étranges cicatrices circulaires sur le tronc. À mon étonnement j'avais déjà lu que c'était le produit d'un insecte et je ne trouve plus cette référence. Il est bien plus probable comme le disait Charles que ce soit le travail d'un oiseau, peut-être le Pic maculé (Sphyrapicus varius)? J'ai quelques autres photos de ce phénomène sur la même espèce de caryer. Le Pic semble avoir une attraction pour cet arbre. Si vous connaissez les oiseaux prenez la peine de m'éclairer sur cette question!






Nous étions monté par monts et par vaux, dans la neige épaisse et les sentiers glacé. Un bon exercice! Maintenant c'est le temps de rentrer et j'ai l'estomac dans les talons. Je descend par le grand escalier où il y a toujours des gens occupés à monter et descendre, quelquefois en courant. À répétition! Lieu d'exercice pour urbain en manque d'imagination.

 


samedi 13 octobre 2012

Au pied du Mont Yamaska




Approche du Mont Yamaska : ça ressemble vraiment à un mont!


Je n'aime pas beaucoup qu'on nomme "collines" la chaîne de montagnes majestueuses que sont les Montérégiennes. Tout juste puis-je admettre le mot "mont", en reconnaissance que les Andes ou l'Himalaya sont un peu plus portés vers l'altitude. L'irrespect réducteur par empressement diminutif ne s'arrête pas là, on dit même: un chaînon. Un chaînon, c'est un petit bout de chaîne! Inacceptable. C'est le langage des jaloux qui n'ont pas comme moi la circonstance tellement heureuse d'avoir un de ces Monts (avec majuscule, oh! si!) dans sa cour. Le Mont Royal est à portée de main (ou de Kodak à numéro du moins) depuis mon balcon. Je suis voisin d'un sommet. Et vous? C'est ce que je croyais...




Les dix Montérégiennes:  Source carte



Je ne connaîs personne qui arrive à nommer les dix Montérégiennes. Au plus mieux sept, huit ou neuf. Encore moins à les placer correctement dans la géographie, sur une carte. Ce que nous sommes ignorants! Moi-même (si, si) ce matin je découvre que cette CHAÎNE se poursuit au-delà du continent et décore l'Atlantique (par le fond je crois)! Si ces titanesques pitons ne sont pas des volcans par chez nous sur la plaine du Saint-Laurent, ils en sont de véritables (quoique pris de sommeil apparemment) sous la Grande Mare. J'ai d'ailleurs lu que ceux-là aussi on les appelle collectivement "chaînon". C'est désarmant de miniaturisation mesquine.


Trouvez ici un peu plus d'information sur tout cette géologie: Montérégiennes.
 
Ne manquez pas cette photo satellite d'hiver



Église Saint-Paul, Anglicane. 1822



Nous avons traversé de superbes paysages peints de ces couleurs qui font de l'automne une saison post-estivale idéale. (comment donc renouveler les commentaires sur nos beaux feuillages d'automne?) Partout on trouve des vergers de pommes et on s'est bien régalé de quelques variétés. On trouve maintenant de plus en plus de vignobles aussi.




 Vue de Yamaska depuis le cimetière de l'Église.


Que vient faire l'Inspektor des Mauvaises Herbes par ici? C'est sur les indications indirectes d'une correspondante presqu'anonyme (merci bien) que je suis venu visiter en compagnie d'Hélène Sarrazin le Mont Yamaska à la frontière des Appalaches. Plus précisément c'est le Rang de la Montagne à Saint-Paul d'Abbotsford (village collé au pied du Mont) qui commande notre exploration: sur quelques kilomètres on y trouve en effet une collection originale d'arbres rares.




Quelques tombes sous un grand érable à sucre.


Je suis bien content que la correspondante m'ai rafraîchi la mémoire en m'indiquant le site de la Pépinière Lafeuillée près de Joliette. Bernard Contré, le pépiniériste spécialisé en arbres nucifères, a généreusement (et fort commodément…) mis en ligne sur son site web une carte et des informations sur les différentes espèces de noyers et autres arbres rares que l'on trouve par ici.




Couleurs post-estivales de saison.
 

Mais la saison est bien avancée dans cette terre de pomme et de vin. Les noyers étaient difficiles à distinguer sans les feuilles (souvent déjà absentes) et surtout sans les noix... je n'en ai trouvé que quelques-unes du noyer noir (Juglans nigra) et une seule du noyer de Mandchourie (Juglans mandshurica).

Faudra repasser l'année prochaine!



Un grand spécimen de Caryer cordiforme (Carya cordiformis)


Nous avons fait la pause-sandwich à l'église et une visite du cimetière s'imposait. Un superbe spécimen de Caryer cordiforme imposait le respect: c'est le plus grand que j'ai vu.



Photo Pierre Bona, Wikipedia.


J'ai trouvé cette photo post-automnale du même arbre.   




Photographié ce matin: le Mont Royal. 


Nous avons aperçu bien d'autres arbres intéressants. Je trouverai bientôt j'espère le temps de vous parler plus longuement de ce Rang de la Montagne à Saint-Paul d'Abbotsford.
 

Bon samedi!






samedi 6 octobre 2012

Des arbres (et des hommes!) remarquables.




Orme d'Amérique (Ulmus americana, American Elm). Photo RL


Après avoir vu, apprécié, mesuré et photographié le Noyer noir de Sainte-Philomène (à Mercier...) nous avons pris la route, direction Covey Hill afin de rencontrer David Lemieux-Bibeau et d'aller y voir un grand tilleul à l'érablière l'Hermine.


Déjà à l'arrivée, de chaque côté de l'entrée, nous avons été accueilli par de gros spécimens d'érables à sucre. Vous voulez savoir comment c'est en octobre dans une érablière? C'est aussi beau qu'au temps des sucres! C'est dire...




David et un sacré bel érable à sucre (Acer saccharum, Sugar maple) ! Photo: RL


Avec ses 506 cm de circonférence l'arbre est certainement le plus gros que chacun d'entre nous a jamais vu! Quel âge a-t-il? 300, 350 ans? Et il produit encore! S'il y a une appréciation du vin produit par de vieilles vignes, que penser du sirop produit par de pareils arbres? Ce sentier de l'érablière se nomme des Ancêtres, en référence aux nombreux vieux érables à sucre ici.



Photo: RL

Puis nous sortons de l'érablière et nous nous dirigeons vers le boisé du tilleul.


À Covey Hill, un Tilleul d'Amérique  massif: 562 cm de tour de taille! Photo: RL


C'est sur les indications de Thomas Fortier-Pesant que nous sommes venus ici afin de voir ce fameux tilleul d'Amérique (Tilia americana, Basswood). Une rencontre étonnante et presqu'irréelle. Charles L'Heureux le compare à un baobab avec raison! Sur la photo vous pouvez voir les mecs pas loin de l'arbre et avoir ainsi une idée de sa dimension.



Trémelle mésentérique, Tremella mesenterica. Photo: RL


Vous connaissez cette étrange créature gélatineuse? C'est un fongus, probablement la Trémelle mésentérique, Tremella mesenterica. Le nom commun anglais est Witch's Butter, beurre de sorcière. Cette espèce est parasite sur le mycélium d'un autre genre de champignon (Peniophora) qui décompose le bois mort.




Chenille de Halysidote du pommier?. Photo: RL

Cette chenille est probablement celle de l'Halysidote du pommier (Halysidota tessellaris, banded tussock moth). Elle se nourit des feuilles d'aulnes,  noisetiers, chêne, etc. Elle mange à peu près de tout quoi!



Photo: Wikipedia

 
S'il s'agit bien de cette espèce, en voici le papillon. Je serais pas malheureux de le voir celui-là!




À Havelock: un Caryer cordiforme (Carya cordiformis, Bitternut hickory)


L'apparence est trompeuse, cet arbre est encore vivant... pas pour longtemps à l'évidence. Tout en haut il y a encore quelques branches qui perdaient les dernières feuilles de la saison et peut-être plus... La mesure, par les bons soins de mes compagnons : 383 cm de circonférence! Le champion du répertoire de 1994 des arbres remarquables du Québec avait 291 cm.




Geranium robertianum, Herbe à Robert, Géranium de Robert, Herbe à l'esquinancie...


Finalement j'ai été bien agréablement surpris de voir sur le sentier de petites colonies d'une plante que je n'ai pas croisé depuis longtemps! L'Herbe à Robert! 


Avec cette plante c'était la fin (quelle belle conclusion!) de l'excursion en compagnie de Charles L'Heureux et David Lemieux-Bibeau. Nous avons été comblé de voir autant d'arbres remarquables en si peu de temps. Merci Messieurs...


En fait sur la route je n'ai pu faire autrement que d'aller piquer quelques SUPERBES pommes dans un arbre d'un verger le long du chemin... C'est l'automne, laissez-moi récolter un peu!



Vous pouvez voir d'autres photos de l'excursion sur la page Facebook 



jeudi 4 octobre 2012

Le Noyer noir de Sainte-Philomène




La photo ne rend pas du tout la forte impression que laisse cet arbre.



Un des plus gros noyers noirs (Juglans nigra) au Québec. À allure peut-être inhabituelle: le tronc est parfaitement droit, vertical et massif. Est-ce à cause du sol profond par ici dans la plaine du Saint-Laurent?




Un de ses rejetons sur le même terrain.



La ville s'appelle aujourd'hui Mercier mais se nommait Sainte-Philomène quand cet arbre a été planté, il y a plus de 230 ans. Et il se resème (ou on le replante) un peu partout dans les environs. Personne ne semble plus ramasser les fruits... Ceux-ci sont des noix (fruits à coque). Les fruits du noyer noir, frère du noyer (Juglans regia) donnant les noix de Grenoble, n'ont pas la caractéristique de ce dernier d'avoir la broue qui s'ouvre commodément. Je n'ai aucune idée comment on traitait ces gros fruits qui tachent sérieusement les mains!




Ici à Laval, les fruits du noyer noir dans l'épaisse chair verte (le brou) qui entoure la noix.


Oui je sais qu'on en faisait de la teinture. Mais comment le cueillait-on? Comment était-il conservé, préparé? Comment s'inscrivait-il dans l'économie domestique et l'alimentation de l'époque (l'arbre est ici surtout un vestige du 19e siècle).







samedi 21 juillet 2012

Rapide du Cheval Blanc encore






Voici le billet promis sur les autres espèces aperçues (outre l'orme de Thomas) lors de l'excursion au Rapide du Cheval Blanc. Comme je le disais dans le billet précédent sur ce lieu nous avons surtout marché sur le rivage.

Il y avait une belle colonie de Chêne rouge (Quercus rubra, Red oak), disposée en ruban le long de la rivière. La photo ci-haut.






Parmi les chênes, ici et là, quelques Caryer ovale (Carya ovata, Shagbark hickory)




Un Érable argenté (Acer saccharinum, Silver maple) autrefois brisé par les glaces mais qui a bien repris. La partie couchée à droite est le vieux tronc.




Une loi constitutionnelle devrait protéger les aubépines (Crataegus spp.) et faire retirer les nerpruns (le genre Rhamnus). Ces derniers occupent ordinairement la place des aubépines en milieu ouvert ou à la limite d'un boisé. Un spécimen âgé de nerprun est habituellement une belle décoration et c'est probablement pour des raisons picturesques qu'il a été si largement utilisé au 19e siècle. Les fruits du nerprun sont appréciés des oiseaux mais sa richesse écologique a tout à envier aux aubépines.






Une belle surprise: Charme de Caroline (Carpinus caroliniana, Blue-beech) seulement quelques individus. Petit arbre tolérant de l'ombre dont il faudrait multiplier les plantations.





Le clavalier d'Amérique (Zanthoxylum americanum, Common prickly-ash) est un élément intéressant des haies. Il fait partie des espèces que je vais introduire au Champ des Possibles. Dans notre région nous avons un seul membre de la famille des Rutacées, qui compte les agrumes. Je n'ai pas vu souvent les fruits de cette espèce mais l'odeur en est bien celle d'un d'agrume! Les autres espèces de cette famille sont toutes introduites : le Phellodendron de l'Amour (Phellodendron amurense, Amur cork tree) le Ptéléa trifolié (Ptelea trifoliata, common hoptree) et la rue des jardins (Ruta gravelolens, Common Rue).


Traverser une haie de cet arbuste est peu commode, ses épines très sont coriaces. Avec l'arrivée récente au Québec du papillon grand porte-queue (Papilio cresphontes, Giant Swallowtail) qui pond ses oeufs sur l'arbuste, gageons qu'il gagnera en popularité. Le réchauffement climatique a permis la migration de cette espèce venant du Sud.






Ça c'est pour tous la plante à ne pas perdre de vue lors des randonnées. Il y en avait beaucoup, pleines de fruits et assez hautes. Les colonies de cette plante semblent  toujours bien se porter. Pourquoi? C'est un mystère! Je ne crois pas être sensible à l'herbe à puce (Toxicodendron radicans, Poison ivy), depuis le temps que je traîne partout sur l'île j'aurais bien dû attraper quelques chose! Pour Charles, c'est une autre (sale) histoire!






La glorieuse pontédérie à feuilles cordées (Pontederia cordata, Pickerelweed). Pour moi c'est un bel emblème de l'Archipel d'Hochelaga! Et de ce bel été qui se prolonge avec ses promesses de découvertes, nouveautés et tout, et tout...


 
Je vous laisse là-dessus en vous souhaitant une belle fin de semaine!



samedi 23 juin 2012

Les arbres du parc De Salaberry


Aller où on ne coupe pas l'herbe... étonnant de voir cette herbe haute... dans un parc...

La semaine dernière je suis allé visiter le quartier Nouveau-Bordeaux dans l'Arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville, tout au nord de l'île de Montréal sur la Rivière des Prairies. Dans un billet précédent je vous parlais d'un parc inattendu que l'on a trouvé lors de cette sortie à la recherche de l'agrile du frêne. J'y reviens aujourd'hui en vous présentant quelques arbres qu'on y a vu. Et de l'expérience de gestion différenciée de cet espace vert bien spécial...


Un des frênes du parc, peut-être victime de l'agrile.

Le parc (de détente, selon la classification) De Salaberry a une superficie d'environ 40,000 mètres carrés. Il faisait partie des propriétés de Joseph-Marcellin Wilson, homme d'affaires, philanthrope et sénateur, qui a légué ce lot boisé en même temps qu'un autre plus au sud dans le quartier. Ce dernier, beaucoup plus grand, porte son nom et cache quelques autres boisés plus naturels.

Voyez ici une carte localisant le parc De Salaberry.


Un gros spécimen d'Érable noir, Acer nigrum.

Que trouve-t-on dans ce parc où ne passe plus la tondeuse depuis deux ans? Tout d'abord l'Érable noir (Acer nigrum) avec un spécimen massif sur la rue Frigon et quelques-uns plus jeunes mais de bonnes tailles, ici et là. Notable : en plus on trouve des semis spontanés. Puiqu'on qu'on ne passe pas la tondeuse…

Le feuillage de cette espèce est vert foncé, comparable en cela à l'Érable de Norvège (Acer platanoides) et bien plus sombre que l'Érable à sucre (Acer saccharum) avec qui on le confond. Le revers des feuilles est velouté, les veines et le pétiole sont pubescents.


Une planche vite faite...

Ces derniers caractères sont toutefois variables (et probablement fugaces) et quelquefois absents, peut-être à cause de l'hybridation avec les érables à sucre. Autre fait à noter, les érables noirs du coin n'ont produit aucune samare cette année. La production des fruits est en effet irrégulière chez certaines espèces d'érables. Les seuls fruits que j'ai trouvé sont ceux de l'an passé qui avait été une bonne récolte à en juger par les spécimens que j'ai vu alors.

Il faut savoir que ce parc est en fait le vestige d'une forêt originelle : une bonne partie des arbres qu'on trouve ici sont nés ici. Ils ne viennent pas d'une pépinière! La nursery est ici même... sur les lieux. Ces arbres sont ce qu'on appelle des écotypes, des vrais et authentiques arbres Montréalais, sauvages. Ils sont parfaitement adaptés au climat et à l'écologie générale de l'île. La biodiversité repose sur la diversité génétique et voilà exactement ce qu'on trouve ici! Ce bout de territoire n'a pas connu la hache du déboisement. Étonnant...

Il y a aussi des noyers cendrés (Juglans cinerea) dont la plupart, malheureusement, étaient atteints du chancre du noyer cendré (Ophiognomonia clavigignenti-juglandacearum ou  Sirococcus c. j.). Cette espèce d'arbre est maintenant en voie de disparition à cause de ce champignon. Peut-être trouvera-t-on un jour des arbres qui résistent naturellement à cette maladie. Peut-être que ce sera ici qu'on les trouvera? Sait-on jamais?


Charmes de la Caroline, Carpinus caroliniana.

Où ailleurs peut-on voir tant d'ostryers de Virginie (Ostrya virginiana) ? L'arbre de taille moyenne n'est pas si courant dans les parcs ou sur les propriétés privées. Puisque l'espace est souvent réduit en milieu urbain, c'est assez étonnant. L'ancienne forêt nous réservait bien d'autres arbres intéressants. Il y a aussi des spécimens de Cerisier tardif (Prunus serotina), Caryer cordiforme (Carya cordiformis), Chêne à gros fruits (Quercus macrocarpa), Frêne blanc (Fraxinus americana) et Frêne rouge (Fraxinus pennsylvanica), Tilleul d'Amérique (Tilia americana) et même Thuja occidental (Thuja occidentalis). Une belle et riche forêt!

Le plus étonnant c'est sans doute la présence ici et là de groupes de charmes de la Caroline (Carpinus caroliniana). C'est sans doute la population la plus importante de ce petit arbre sur toute l'île de Montréal. Certains spécimens ont été planté mais d'autres sont des arbres libres, d'origine naturelle, et cette population s'y reproduit librement. Curieusement, ce simple phénomène de la vie des arbres est aussi rare que cette espèce qui prolifère pourtant si facilement! C'est ce qui arrive quand use de la tondeuse avec discernement!

Gestion différenciée des espaces verts, vous connaissez?


Autour du bosquet : deux espèces d'aubépines (Crataegus spp.). Notez la petite tache jaune sur la feuille.

Autre particularité du parc, les aubépines (Crataegus spp.) : ce sont trois ou quatre espèces qu'on y trouve. Pourtant si caractéristiques de la région montréalaise, les aubépines sont sous-représentées dans nos parcs et autres espaces verts. C'est probablement à cause de considérations strictement phyto-sanitaires dont il faudrait peut-être un jour refaire l'analyse coût/bénéfice. Ces arbres sont effectivement souvent des hôtes intermédiaires pour un champignon (rouille du genévrier, Gymnosporangium clavipes) qui attaque ces conifères (le coût). Mais en fait de source de nourriture, l'aubépine est un irremplaçable garde-manger pour quantité d'abeilles, mouches, chenilles et papillons, sans compter de nombreux oiseaux et les petits mammifères (le bénéfice). Cette rouille ne tue pourtant pas les genévriers mais en diminuerait la valeur esthétique. C'est apparemment suffisant pour avoir décrété indésirable l'arbre super-marché de la biodiversité. Tant d'espèces se trouvent exclues pour la protection d'une seule... Quel perte, ce jugement d'une autre époque!


Vue complète du bosquet, petit échantillon du passé et beau trésor!

Les aubépines croissent à la limite des boisés, en pleine lumière. Souvent les prolifiques nerpruns cathartiques (Rhamnus cathartica) prennent exactement cette place. C'est le cas ici dans un petit bosquet conservé dans le parc. Si les aubépines adultes survivent (quel petit arbre fort!) une masse de nerpruns empêchera par contre leur régénération. Bien que les oiseaux ne fasse pas toujours la différence (ces deux arbres produisent des fruits recherchés) la place écologique occupée par les aubépines est incommensurablement plus grande.

Si les oiseaux n'y prêtent pas attention, que dire des humains qui devraient en savoir un peu plus? Le gestion différenciée appelle notre judicieuse intervention.


Croissance naturelle d'un Charme de la Caroline.

Le bosquet est dans la section nord du parc. Malgré sa petite taille, il nous réservait bien d'agréables surprises! C'était une véritable pépinière spontanée, produisant presque toutes les espèces d'arbres et d'arbustes que l'on trouve dans l'ensemble du parc. Des charmes, érable noirs, chêne à gros fruits (Quercus macrocarpa), ostryers et ormes (Ulmus americana) avec à son périmètre les quelques Aubépines.

Quand on sait l'origine des arbres de ce parc toute la valeur génétique de ces quelques mètres carrés ne peut que réjouir. Ou nous réveiller un peu de nos habitudes. Ici comme ailleurs je ne cesserai de m'étonner de la présence dommageable des nerpruns qui limitent la productivité des lieux et du peu d'empressement à intervenir... Il ne s'agit, après tout, que de l'affaire d'une grosse journée de travail à quelques employés afin de les retirer du bosquet et de favoriser la biodiversité des lieux.


Semis spontané de Charme de la Caroline. 

En terme paysager le bosquet offre bien sûr une diversité formelle mais tout son intérêt est au niveau biologique : la biodiversité s'y exerce!


Semis spontané d'Érable noir.

La naturalisation de la nature

L'Arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville fait une expérience de gestion différenciée dans ce parc. L'expérience de naturalisation qui a lieu est judicieuse quand on constate les espèces présentes et la grande valeur écologique du parc. Saluons la vigilance des responsables mais notons l'apparent manque de communication avec les résidents riverains. On ne fait pas un travail de communication suffisant. C'est assez habituellement ainsi qu'il en va. Des experts et des fonctionnaires sont occupés à leur travail et négligent d'expliquer aux résidents. Ils négligent ainsi de signifier et de signaler les nombreux arbres intéressants dans ce parc et d'indiquer que ces espèces s'y reproduisent… C'est pourtant le but de l'opération de naturalisation, permettre (entre autre) la reproduction d'espèces rares!


Semis spontané de Nerprun cathartique...

Tiré de la page "Cohabiter avec la nature" :

"Soucieuse de bien informer la population, la Division des parcs et des installations souhaite sensibiliser les gens sur l’entretien différencié de la végétation. Depuis plusieurs années, l’arrondissement a révisé les méthodes d’entretien de ses parcs et de ses espaces verts au profit d’un entretien différencié (…) Il ne s’agit pas de laisser à l’abandon ces zones, mais bien d’y intervenir différemment. Traditionnellement, l’entretien de ces zones urbaines consistait en la tonte complète et systématique, de façon régulière. Toutefois, cette méthode entraînait un appauvrissement de la flore, favorisait la présence de pissenlits et d’herbe à poux, tout en occasionnant des coûts élevés d’entretien."


Échantillons de feuilles des arbres du parc. Vous les reconnaissez? (Une autre planche rapido...)

Les personnes rencontrées ce jour-là n'étaient à l'évidence pas  parfaitement renseignées… ou d'accord… J'ai eu droit à deux points de vue bien différents, exactement opposés! Mais c'est probablement plus l'attachement de ces deux riveraines à cet espace par qui parlait… Chacune y voit son jardin en quelques sorte… La première que nous avons rencontré est totalement ravie de l'expérience. Devinez si je suis d'accord...


Signore Charles L'Heureux discutant avec Annie Geoffroy, une riveraine fleurie!

Du côté de l'opposition (assez formelle à mon avis) l'argumentation béton que l'on sert est toujours la même : depuis qu'on ne coupe plus l'herbe il y a eu des viols, des meurtres, des chiens se sont blessés sur du verre brisé. C'est connu, un buisson touffu ou de l'herbe haute sont certains de produire les pires monstres. On peut voir les données statistiques sur cette criminalité dans l'herbe folle? Des crimes se produisent dans les stationnements souterrains (ou de surface), des chiens se blessent sur les trottoirs et dans les ruelles. Même dans les maisons!  Il faudrait raser tout ça?

C'est évidemment le syndrome "Pas dans ma cour" contre celui du "Oui dans ma cour."

Le biais qu'induit la vision de chacun sur la question est incontournable : si la première me dit "de mon côté du parc nous sommes tous d'accord avec la naturalisation", la deuxième affirme "de mon côté du parc nous sommes tous contre". Cette distribution symétriquement heureuse des opinions convergents est un véritable miracle. Le hasard a fait s'installer du même côté du parc les gens partageant une même opinion. La nature est bien faite, non?

La conversation (animée!) entre nous quatre a quand même assez rapidement conduit à des compromis intéressants. La communication par l'Arrondissement serait assez efficace si on se donnait la peine...


Un intéressant casse-tondeuse. Mode d'emploi : installer ici et là.

Le discours actuel sur la protection des arbres (ou de la biodiversité) passe habituellement par la valeur des services qu'ils nous rendent : ils nous donnent de l'air frais et la filtrent, font de l'ombre et abaisse la température. Des machines à notre service, quoi! C'est un appauvrissement du regard par l'accessoirisation, la commodification, de la biodiversité. Où sont passé les sons et les odeurs, les formes et l'histoire de nos grands voisins? Oserons-nous prendre en compte leur propre vie et un droit à un peu d'espace! Même parmi nous... Les arbres auraient de plus une fonction assez exotique à mon avis : ils haussent la valeur immobilière de la propriété… Les deux riveraines était en effet très fières de posséder un grand chêne à gros fruits ou un beau grand caryer. 

Avec raison! Et leur valeur excède de loin nos représentations habituelles...

D'où viennent-donc ces grands arbres? Que font-ils là? Il viennent d'en face, dans ce parc qui était autrefois un forêt. Ils en font partie. Ils sont littéralement (génétiquement) de la même famille. Cette forêt est là depuis la fonte des glaces il y a 8-10,000 ans… Vous aimez l'histoire? Intéressez-vous aussi à l'histoire naturelle, faites place et soyez tolérants envers la biodiversité. Vous avez devant chez vous le Yellowstone ou le Serengeti.

Allez-vous vous plaindre de voir de girafes!


À gauche Quercus macrocarpa et à droite Carya cordiformis. Quel couple à couper le souffle!

La journée magnifique de juin magnifique (si, deux fois) n'était pas encore finie et nous nous sommes dirigés vers le parc Marcellin Wilson.

En chemin il y avait ce grand chêne ci-haut (si haut!) qui nous avait attiré de loin et nous avait fait découvrir le parc De Salaberry. Nous sommes maintenant devant et le ravissement est total. De loin nous n'avions pas vu son compagnon un beau Caryer cordiforme.

Que de beauté!