mercredi 11 novembre 2009

Cryptozoologie urbaine: l’oursin des rails


C’est peut-être ma dernière occasion de visiter la voie ferrée. Je suis venu chercher des graines d’Euphorbiacées pour l’étude de la myrmécochorie. Euphorbia davidii et Chamaesyce nutans ne pousse qu’ici et on trouve aussi Chamaesyce maculata. Mais ce sont de bien curieux fruits qui m’attendent... 




De bien curieux appâts qu’on a installé ainsi dans cet arbre. Pomme, poire et prune...à hauteur d’homme...Je n’ai rien apporté à croquer mais il vaut mieux être prudent, ce n’est quand même pas pour moi ces fruits! 



Un cri de faucon attire mon attention: je me tourne et c’est un faucon émerillon (Falco columbarius) qui s’envole. Il est resté un bon moment au-dessus de ce petit terrain vague à côté de la voie ferrée. 




Puis au loin je voyais une drôle de chose qui semblait se déplacer dans le ballast. Me rapprochant cela ressemblait à un oursin mais en mou...tout tremblotant...avançant péniblement. Quelle chance! je crois bien qu’il s’agit de l’oursin des rails (Molliderma canularis), un de ces animaux tellement rares et étranges qu’on a peine à croire qu’ils existent vraiment! Je n’ose pas trop m’approcher.



L’embranchement des Mollidermata ne compte que très peu d’espèces. L’oursin des rails est la seule espèce que l’on trouve en Amérique du Nord. Aussi appelé oursin de ballast, l’animal est très rarement observé. Décrit par Rafinesque en 1828 et comme les spécimens ont été perdu, tout le monde croyait à une mystification. Ce n’est qu’en 1893 que la très rare créature fût à nouveau trouvé. Son histoire naturelle demeure toutefois inconnue. Sur la photo on voit l’oursin mou “courrir” en direction de cette citrouille.



Incroyable! l’oursin des rails semble définitivement intéressé par la cucurbitacée et tourne autour en grognant! Puis il se met à mordre! Scène effrayante que je me dois de documenter. Il se nourrit de citrouilles! Voilà pourquoi toutes les observations sont faites tard à l’automne.




L’animal est vorace! J’imagine que les occasions de se nourrir sont rares (je n’ai en effet pas souvent trouvé des citrouilles sur la voie ferrée). Une bien curieuse adaptation et sa couleur de camouflage explique peut-être qu’on ne le remarque pas sur les trottoirs où les citrouilles pullulent à ce temps de l’année.




Il faut supposer que l’utilisation de la citrouille à la fête de l’Halloween a probablement favorisé sa survie en milieu urbain. Les photos montrent qu’il se nourrit aussi d’autres fruits dont la présence sur la voie ferrée reste à élucider.

Il semble donc que des gens appâtent les oursins. La méthode est en partie douteuse, les oursins ne grimpent jamais aux arbres. Placés sur la voie ferrée les fruits semblent faire l’affaire toutefois. Et cela indique aussi que je ne suis pas le seul à connaître la bestiole. La solitude du naturaliste urbain se trouve tout à coup moins grande.


7 commentaires:

  1. "Quand tout le mesurable aura été exploré, quand tout le monde sera informé des choses qui existent et se mesurent, on pourra peut-être alors croire aux choses du coeur, aux brumes de la pensée, au flou de la foi, au vague de l'âme". Gérald Godin "la renarde et le mal peigné"

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  2. Un bel oursin orange ...à manger autant de citrouille je comprends à c't'heure !!! Il me semblait aussi !

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  3. On aurait presque pu croire à votre histpoire...
    Joli canular.

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  4. "Molliderma canularis" :)
    Molliderma (citrouille décoré)
    Canularis :D (je vous laisse deviner la signification ^^)

    En tout cas, belle histoire d'Halloween à raconter aux enfants.

    Heureusement qu'Halloween existe pour sauver ce genre de créatures :p il faudrait faire en sorte de le fêter plusieurs fois par an. Ou de remplacer les cloches de pâques par des citrouilles en chocolat! Welcome to Harry Potter Land.

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  5. Citrouilles en chocolat? Je veux bien, surtout si elles sont énormes!

    Et des énormes citrouilles en chocolat plusieurs pas année, je n'ai aucun problème avec ça!

    Merci William.

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