samedi 12 janvier 2013

Ptéléologie à Maisonneuve




Le grand orme sur la rue Desjardins.
 

Ptéléologie, comme dans "étude des ormes"... Oui, l'étude des ormes est assez difficile pour se mériter un terme précis. Dans la région nous n'avons que trois espèces d'ormes indigènes. Mais du côté de l'horticulture il y a de nombreux ormes exotiques qui ont été planté à Montréal et autour. Nous connaissons bien l'Orme de Sibérie (Ulmus pumila) massivement planté sur les trottoirs depuis les années 1970. Au tournant du siècle (l'autre tournant, entre 1880 et 1915 environ) on plantait toutefois d'autres espèces, cultivars et hybrides. Pour ceux-ci j'ai bien une centaine de noms disponibles! 


Tout ce que je peux dire pour l'instant c'est que l'identification de ces arbres exotiques tourne autour de l'Orme champêtre et ses infinies déclinaisons... Bien qu'il est beaucoup plus rare, on trouve aussi l'Orme glabre (Ulmus glabra) qui se reconnaît plus facilement, ses rameaux lisses portant de gros bourgeons presque noirs qui sont caractéristiques et stables, toujours présents. Nous utilisons donc le nom d'Orme champêtre pour tout ce qui n'est pas un orme indigène, l'Orme glabre ou l'Orme de Sibérie.


C'est tout simple...



Notre orme se trouve derrière l'édifice de la bibliothèque, sur la rue Desjardins.



Pour trouver ces ormes champêtres, il faut d'abord localiser des édifices publics construits ou des parcs aménagés dans la période mentionnée. Ce qu'on plantait c'était les arbres alors en vogue, appréciés des architectes et des horticulteurs ou culturellement signifiants. À l'évidence les ormes européens avaient la faveur. Il en reste encore ici et là. Ce sont donc habituellement des arbres centenaires que nous trouvons.


Sur le signalement de Charles L'Heureux je suis allé dans le quartier de Maisonneuve (arrondissement d'Hochelaga-Maisonneuve). Il y a trouvé un orme exotique à côté de la bibliothèque. L'édifice était à l'origine l'Hôtel de Ville de l'ancienne Maisonneuve, depuis longtemps fusionné avec Montréal. L'édifice date justement de 1912.



Vues rapprochées de l'orme de la rue Desjardins.
 

Ces nombreux bourgeonnements sur le fût divisé se nomment des croissances épicormiques. Ces croissances sont assez ordinairement présentes sur l'Orme champêtre. Mais il arrive qu'on trouve chez l'Orme d'Amérique! Combinées à la situation "tournant du siècle" et "édifice public" elles sont probablement ce qui a mis la puce à l'oreille de Charles. Mais le détail à droite nous montre une écorce se rapprochant de l'Orme d'Amérique (Ulmus americana), en lanières longues s'entrecroisant quelque peu. Enfin, elles sont plus longues que ce que je connais de l'Orme champêtre... 


Comparez avec cette photo de L'Orme champêtre du Parc Lafontaine: ici


Quel est donc cet arbre relevé par Charles? Tout ça n'est pas très déterminant! Que peut-on apprendre de plus sur ce spécimen?






Il nous faut examiner un rameau et ses bourgeons! Pas de chance, malgré ma super-perche attrape-bourgeon je n'ai pas réussi à prélever un échantillon afin d'examiner et de comparer les bourgeons. Il manquait quelques 30 ou 40 cm pour atteindre les branches retombantes. Grrr! Mais les bourgeons me semblent bien gras, plus près de l'Orme d'Amérique... 


Alors de quel arbre s'agit-il?


Encore une fois ce seront les samares ce printemps qui permettront l'identification. Et comme les samares se jettent volontiers sur les passant et les ptéléologistes en herbe, j'aurais pas besoin de ma super-perche attrape-bourgeon...



Bon weekend!



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