dimanche 16 mai 2010

Flore du Mont Royal 1


Arisaema triphyllum, l'arisème petit prêcheur


Vous avez des plantes de maison comme des spathiphyllums ou des philodendrons? Ce sont des plantes tropicales de la famille des Aracées. Nous avons des membres de cette famille dans la région et l’arisème petit prêcheur est l’espèce la plus commune. Bien que Flora Quebeca reconnaisse trois taxons (des sous-espèces) Flora of North America (qui donne néanmoins une clé pour les distinguer...) parle plutôt d’une seule espèce hautement variable. La sympatrie (une répartition géographique identique ou se recoupant) et l’hybridation venant brouiller les distinctions. Je ne vais pas trancher...




Dans la Flore Laurentienne Marie-Victorin utilisait le rang infra-spécifique de “forma, f.” plutôt que “sous-espèce, subsp." pour ces individus vert et blanc (sans pourpre). Alors peut-être dit-on aujourd’hui Arisaema triphyllum subsp. triphyllum f. viride...



Conocephalum salebrosum ou conicum?

Je vous reviendrai sur les billets promis portant sur les Bryophytes. Outre que j’ai confondu la plante ci-haut avec un Marchantia, la phylogénie moléculaire est venu modifier nos connaissances des relations entre les mousses, hépatiques et anthocérotes. Tout cela a  tellement changé depuis que je m’y étais intéressé il y a longtemps que j’en perd mon latin! Je vous laisse en attendant avec cette photo.



vendredi 14 mai 2010

Ma ruelle verte


Je vous montre à l’occasion la vue depuis mon balcon ou sur mon attrape-plante. C’est au tour de ma ruelle maintenant. Elle n’est pas extraordinaire, pas du tout fleurie mais néanmoins totalement verte! Et le fait remarquable est que tous les arbres qu’on y trouve sont arrivés de leur propres chefs. Au pluriel: le vent et les écureuils.



Et une enième photo du mouron du Lotus Bleu. Le mouron est increvable et si les proprios n’ont pas encore eu le temps de fleurir ces petites boîtes au sol, ils n’ont pas encore remarqué que c’était déjà fleuri! Je leur proposerai d’ailleurs de renommer leur resto: “Le mouron blanc”. Le mouron est après tout aussi exotique que le lotus!
 


mercredi 12 mai 2010

Plantation Autocad, géométrie de l’ennui



L’an passé on a coupé tout un groupe de pommetiers (et des ormes et des tilleuls) à la place Alfred-Duquesne à Montréal pour faire place à cette nouvelle piazzetta. La construction du Quartier des Spectacles nous privait ainsi d’un spectacle printannier tout rose, incontournable depuis des décennies. Il y avait eu pas mal de protestations. L’aménagement qui s’achève maintenant mérite à nouveau notre attention. On a bien replanté comme promis des pommetiers et ils sont même en fleurs.  Par contre nous n'avons pas encore assimilé l'idée que les arbres, surtout de beaux arbres à fleurs, sont bien plus que du mobilier urbain ou un prétexte aux extravagances des redessinateurs en plan et élévation.





Un bien curieux design ces fosses d’arbres: on avait le choix de la surface et du volume de la fosse puisqu’on refaisait tout en neuf. On a opté pour des fosses aux dimensions assez médiocres. On nous avait pourtant promis des fosses plus grandes... Peut-être le seul aspect positif (à moins que ce ne soit qu’un accident...) les pierrres dans le sol sont un excellent moyen (largement expérimenté ailleurs) d’empêcher la compaction du sol sur les racines. Mais il y aura une grille... Mais...




... pourquoi n’a-t-on pas tout simplement planté ces arbres en pleine terre tout à côté!? On aurait aussi pu réduire la surface pavée qui n’est après tout qu’une minéralisation supplémentaire au centre-ville. Hélas, on a besoin d’espaces de festivals avec le moins d’ombre possible, les humains n’étant jamais assez bronzés! Et la solution c’est la procédure Autocad... des arbres bien droit, un seul par trou, planté dans une surface idéale et artificielle: une joyeuse plage bétonnée, faite pour donner soif... (vous croyez qu’on pensera à des abreuvoirs... rêvons un peu!) Les grands espaces vides, c’est pour la circulation des humains m’expliquent-on inmanquablement comme si quelque chose échappait à l’observateur... les humains requièrent du dur et du sûr pour se faire bronzer. (et s'acheter des consommations...). Je veux bien, mais les arbres, eux?



Les fausses-fosses ont une surface à 50% de béton. Il doit y avoir des grilles signatures bien intéressantes (valant bien plus cher que les arbres) qui seront installées. Des fosses inutiles recouvertes de grilles inutiles: on avait après tout qu’à planter  les arbres à côté... C'est un aménagement dessiné dans un bureau aseptisé: le logiciel propose tant d’arbres par tant de mètres carrés. Une autre option du logiciel: “je dois planter quinze pommetiers, arrange-moi ça” et le logiciel répartit uniformément la verdure verticale sur la longueur bétonnée. Curieusement, en fait, un aménagement avec un souci premier de la santé et du respect des arbres et de leurs services (beauté, fraicheur, parfum...) aurait été source d’économie. La parcimonie du vivant échappe totalement à nos architectes. L’espace du monde vert doit être un peu plus qu’un résidu budgétaire. On y arrivera peut-être un jour... Je ne toucherai pas la question de la biodiversité, vous comprendrez... ce n'est pas la place!

Pour corriger (avec ennui) le slogan du Quartier des Spectacles: “C’est petit, mais c’est tellement petit...”