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samedi 30 juin 2012

Flore des Bryophytes du Québec-Labrador






Bon mon silence radio est et sera relatif… je viens de recevoir cette nouvelle :

Vient de paraître : le volume 1 de la Flore des bryophytes du Québec-Labrador.






"La Flore des bryophytes du Québec-Labrador se veut un recensement, une description et un moyen d’identification de toutes les mousses, hépatiques et anthocérotes qui croissent spontanément sur le territoire du Québec et du Labrador. On y trouve des clés d’identification des genres, des espèces et des taxons infraspécifiques et, pour chaque taxon :

- une description suffisante pour sa reconnaissance, 
- au moyen de traits saillants et caractéristiques;

- une indication de l’habitat et des préférences écologiques;

- une carte de la répartition connue au Québec-Labrador;

- des commentaires additionnels;

- une ou plusieurs illustrations montrant les caractères servant à l’identification;

- des références permettant l’approfondissement 
- des connaissances.

Sont aussi discutés ou décrits plusieurs taxons qui sont encore inconnus sur le territoire considéré mais pourront un jour y être découverts. L’ouvrage inclut également des photographies montrant l’aspect général de chaque genre, des illustrations présentant une interprétation artistique de chaque famille, un glossaire illustré, une bibliographie et une annexe proposant des noms français et anglais."




Faubert, Jean, 2012. Flore des bryophytes du Québec-Labrador. Volume 1 : Anthocérotes et hépatiques. Société québécoise de bryologie, Saint-Valérien, Québec, xvii + 356 p., illus.


Trouvez ici le site de la Société Québécoise de Bryologie
Un aperçu du livre est disponible sur le site.


Un travail colossal, j'ai bien hâte de le voir!




vendredi 21 mai 2010

Les bryophytes: tête en cône



Je vous avais annoncé que je parlerais des mousses et compagnie. Mais je n’ai pas eu le temps de faire beaucoup de travail pour le blogue! J’ai une bonne recherche et plein de références et je vous rédigerai quelque chose de plus conséquent sous peu... Un blogue sur le petit le vivant et le fugace est assez périlleux... ainsi la “floraison” du Conocephalum salebrosum est passée depuis longtemps et je n’ai eu que le temps de les photographier sur place au Mont Royal dans une lumière très basse. Il faudra attendre une année avant de refaire ces photos et reprendre un spécimen à photographier en studio. Nous serons tous patients!




Sur le Mont Royal il y a ces bryophytes qui sont les plus anciennes plantes terrestres, les descendantes des algues d’eau douce qui se sont mises à explorer un nouvel univers: le terrestre. Notre espèce est une hépatique distinguée de Conocephalum conicum et décrite en 2005: elle se nomme Conocephalum salebrosum. C’est une plante que l’on trouve partout dans les régions tempérées de l’hémisphère nord : l’holartique. Les thalles (le corps de la plante, dans ce cas ci comme des feuilles à plat sur le substrat) résistent assez bien à un environnement sec. Sur la montagne en effet si son habitat est bien mouillé par du ruissellement au printemps, plus tard dans l’été ce sera plutôt sec.





Conocephalum: littéralement tête en cône, la forme du petit chapeau conique sur les “tiges” qui sont des archégoniophores (l’organe reproducteur femelle). L’épithète spécifique salebrosum vient du latin salebrosus, salebratus: raboteux, rocailleux ou salebritas, salebrae: aspérités du sol. Le mot ne fait pas référence au milieu mais à la texture de la surface de la plante. J’ai fait des macro-photographies en studio mais ce n’est vraiment pas satisfaisant. Je devrai refaire tout ça en trouvant une méthode plus satisfaisante. Si je pouvais monter ma caméra numérique sur mon microscope ce serait génial!



dimanche 16 mai 2010

Flore du Mont Royal 1


Arisaema triphyllum, l'arisème petit prêcheur


Vous avez des plantes de maison comme des spathiphyllums ou des philodendrons? Ce sont des plantes tropicales de la famille des Aracées. Nous avons des membres de cette famille dans la région et l’arisème petit prêcheur est l’espèce la plus commune. Bien que Flora Quebeca reconnaisse trois taxons (des sous-espèces) Flora of North America (qui donne néanmoins une clé pour les distinguer...) parle plutôt d’une seule espèce hautement variable. La sympatrie (une répartition géographique identique ou se recoupant) et l’hybridation venant brouiller les distinctions. Je ne vais pas trancher...




Dans la Flore Laurentienne Marie-Victorin utilisait le rang infra-spécifique de “forma, f.” plutôt que “sous-espèce, subsp." pour ces individus vert et blanc (sans pourpre). Alors peut-être dit-on aujourd’hui Arisaema triphyllum subsp. triphyllum f. viride...



Conocephalum salebrosum ou conicum?

Je vous reviendrai sur les billets promis portant sur les Bryophytes. Outre que j’ai confondu la plante ci-haut avec un Marchantia, la phylogénie moléculaire est venu modifier nos connaissances des relations entre les mousses, hépatiques et anthocérotes. Tout cela a  tellement changé depuis que je m’y étais intéressé il y a longtemps que j’en perd mon latin! Je vous laisse en attendant avec cette photo.



mardi 2 mars 2010

In Laurentia: mousse et lichen


du vert l’hiver

On réunit artificiellement sous le nom de Cryptogames les champignons, les mousses, les algues, les fougères et les lichens. Ce ne sont pas tous des végétaux. Ils cohabitent néanmoins ensemble dans la forêt laurentienne où je suis allé explorer et risquer ma vie (encore) pour ce court reportage. Toutes ces microscopiques forêts sur les arbres sont comme une géographie mouvante sur une écorce en déplacement: les arbres croissent et cette pelure tombera. C’est un parchemin caduque sur lequel les cryptogames font leurs cryptographies.



un lichen épiphyte Usnea diplotypus (?)

Ces habitants de l’écorce (corticoles) ou des branches des arbres (épiphytes) sont des communautés bigarrées, toujours migrantes et passant d’un “pied-pas-exactement-à-terre” à un autre. Très communs en forêt et un peu moins en ville les mousses comme les lichens sont peu remarqués. Mais dimanche c’était un festival de ces funambules de la discrétion. Ils sont partout bien présents et donnent même le caractère des lieux avec les conifères. Je ne m’arrête pas assez souvent pour les reconnaître et les toucher.




carré blanc sur fond blanc

La blancheur de l’écorce du bouleau est bien relative sur cette neige fondante. La coloration rosée, les taches de la mince couche d’algue par endroit et ce qui semble des amorces de colonisations par d’autres espèces épiphytes sont des écritures. Qu’écrivent donc ces Gitans sur le Betula papyrifera?

“Sed fugit interea fugit irreparabile tempus, singula dum capti circumvectamur amore” (Virgile)




 la semaine de relâche induit de curieux comportements chez les humains

En filigrane dans la neige d’une marche en plein air, la peau de l’arbre portait le murmurant message de la mousse:

“Mais en attendant il fuit: le temps fuit irréparablement, tandis que nous errons autour, prisonniers de notre amour de détail"

Une bien curieuse carte de visite sur ce vélin. J’étais venu prendre un peu d’air!




coule ruisseau je reviendrai taquiner la truite

Après avoir goûté la neige et traversé le pont des saisons, ayant lu quelques notes éparses du lichen, il me restera à boire l’eau dans l’écorce du bouleau. Je vis dangereusement.




vendredi 24 avril 2009

Signes du printemps 15


Les “mousses” (bryophytes) sont des plantes mais elles ne sont pas des plantes à fleurs. Ici ce sont des sporanges (capsules contenant des spores) qui sont l’appareil reproductif des bryophytes. Je ne connais rien à la bryologie mais je crois qu’il s’agit de Ceratodon purpureus. Une mousse commune en milieu urbain qui colonise les petits coins humides.

Le chardon, bien fièrement élancé l’été est en fait une plante frileuse. Les poils blancs assez denses la protègent du froid et, surtout, je crois qu’il n’y a pas de plantes croissant aussi littéralement plaquée au sol tôt le printemps...complètement aplatie. Une stratégie contre le vent froid encore.

L’onagre (pas l’âne sauvage) profite du soleil fort et lance ces feuilles rougies. La peau de chagrin de Balzac (fait avec la peau d’un âne) rétrécit avec chaque souhait. Notre plante, elle, prendra de l’expansion tout l’été. Elle atteint plus de 2 mètres. Enfin...je le souhaite!