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jeudi 27 septembre 2012

Dinde O'Tennis




Dindon sauvage (Meleagris gallopavo, Wild Turkey)


Réchauffement climatique? Ou la nécessité de fuir les chasseurs de la Thanksgiving Day? Le dindon sauvage est de plus en plus commun au Québec.


Celui-ci a été photographié sur un terrain de tennis au Lac à L'Équerre tout près du Mont Tremblant dans les Laurentides. La photographie m'a été envoyé par un certain Marcel Latour. Je le remercie tout en le félicitant de son excellent patronyme. 


Le commentaire suivant accompagnait ce rapport quand même un peu douteux: 


"Sérieux, c'est la première dinde qui tentait de venir jouer au tennis."


Pardonnons l'enthousiasme excessif du correspondant qui ne connaît rien au tennis!


 
La passion aveugle de la dinde pour les canneberges cause sa perte.


  
Que faire quand on rencontre Meleagris gallopavo?


Sachez que les règles du comportement habituel envers la dinde et le dindon ne sont pas les mêmes. Et ça se termine généralement pas bien pour l'oiseau.




vendredi 6 avril 2012

Vendredi Saint



Aucun rapport avec le Vendredi Saint mais deux peintres que j'aime....




Marc-Aurèle Fortin, Paysage des Laurentides, 1919 (ou avant). Huile sur toile, 61 x 97,2 cm. Coll. MNBAQ. SODRAC 2010 Musée national des beaux-arts du Québec




Goodridge Roberts, 
Laurentian Landscape, c. 1957, Musée des beaux-arts du Canada

jeudi 24 novembre 2011

Clic Marie-Vic




Laurentides à l'automne avec l'ombre du botaniste en prime...


Herborisations et paysages du Mont Saint-Pierre en Gaspésie, de la Minganie, du Mont Albert… vue du rocher Percé quand il avait deux arches (cliquici) … mais aussi de la région de Montréal (Laval, Longueuil, Kanawake, etc), du temps où il y avait des Cypripedium reginae sur l'île...

Une partie des archives photographiques de Marie-Victorin est maintenant disponible en ligne. 950  images de toutes sortes :


Collection d'images choisies du fonds de l'Institut Botanique, représentatives des voyages effectués par le frère Marie-Victorin au Québec.


Ce sont des photographies dont se servait Marie-Victorin pour ses cours et ses conférences. Plaques de verre colorées à la main, diapositives, tirages papier : 25 000 documents....



Je vous montre quelques images, rapidement choisies sans que j'ai eu le temps de bien les documenter. Les notes les accompagnant fournies par la bibliothèque de l'Université de Montréal sont assez minimales… Les miennes aussi ce matin. Mon ordi s'amuse à bouffer tout ce que je griffonne rapidement à répétition… Grrr! Désolé!



"Bois décidu au printemps - Mont-Royal". 

Du temps où on trouvait la belle fougère Adiantum pedatum (Adiante du Canada ou Capillaire du Canada) dont les frondes se déploient sur la photo. 



"Jardin Botanique de Montréal, 1885". 

C'est clairement une erreur… La vue est plutôt prise depuis les environs de l'intersection de l'avenue des Pins et l'avenue du Parc. D'ailleurs c'est bien l'Hôpital Royal Victoria à l'arrière-plan tout à gauche. La croix est visible au sommet. Celle-ci fût érigée en 1924. Ce qui n'enlève rien à l'intérêt de la photo! Lors des travaux de réfection de cette intersection j'avais trouvé toute une colonie de jusquiame noire (Hyoscyamus niger) et je supposais qu'un ferme devait s'y être trouvée jadis... avec un jardin de plantes médicinales. Je me demande s'il y a un rapport?





Note perdue... à Lanoraie, je crois. Remarquez les étranges costumes de l'époque.



"Liriodendron tulipifera"

La note indique Tulipier de St-Mards. Pas plus d'indication malheureusement, je n'ai pas retrouvé trace de "St-Mards", c'est où?



Ulmus americana à Longueuil. Marie-Victorin est tout à droite.


Je ne trouve rien à dire sur cette magnifique et poignante photo... Tant de beaux hormes disparus...



vendredi 3 juin 2011

Laurentides anthropiques




C'est un pit de sable et je suis attaché depuis l'enfance à ces lieux et à cet anglicisme (sand pit) qui signifie la sablière. Construction, voirie, abrasif de déglaçage, le sable est une ressource importante. Les Laurentides étaient hautes comme l'Himalaya il y a 900 million d'années. L'érosion aura laissé du sable partout sous la forêt. Beaucoup de sable…

La forêt laurentienne mixte est immense mais il faut chercher longtemps pour en voir un (petit) bout qui n'a pas connu la hache. Au début du 19e siècle «C'étaient les puits de pétrole de cette période» selon André Bouchard et on brulait le meilleur : érable à sucre, merisier, hêtre. Devant le blocus de Napoléon l'Empire Britannique a besoin de bois pour son industrie  et sa flotte navale : et hop les grands chênes et les hauts pins blancs du Canada… Trouver de grands et vieux spécimens de tous ces arbres est donc très rare.




Puis, après la cueillette sélective des pins blancs par exemple, la grande forêt a été essentiellement coupée à blanc. Faut se chauffer. Ce sont donc toujours des forêts anthropiques que nous voyons. Elles sont maintenant ponctuées de pits de sable qui deviennent des éléments paysagers caractéristiques des Laurentides et des habitats riches en biodiversité. Certaines de ces forêts secondaires sont en perpétuelle régénération, comme dans les pits de sable toujours en activité. La forêt laurentienne est y est devenu comme un grand terrain vague massivement colonisé par les arbres pionniers et c'est bien ce que l'on voit quand on y est : un paysage en constante élaboration.

On nomme écotone la rencontre de deux types d'habitats. La zone de rencontre et de transition entre une forêt et une tourbière ou un pré et un ruisseau par exemple. C'est dans les écotopes que l'on trouve la plus grande biodiversité. Hors ces écotones laurentiens sont au point de rencontre de deux milieux anthropiques : les forêts secondaires et les sablières, milieux anthropiques à n'en pas douter. Ce sont non seulement des paysages nouveaux en élaboration instable mais aussi des écologies inouïes qui s'y développent. Pour le meilleur et le pire…


 Un pit de sable au repos, sans activité depuis une décennie.


Ailleurs les nombreux amélanchiers et même les viornes sont favorisés par les ouvertures que nous pratiquons dans les paysages. Ces arbustes affectionnent les ouvertures naturelles le long des cours d'eau. Les routes, chemins et sentiers que nous avons fait semblent bien leur convenir. Quelles espèces végétales et animales sont favorisées par ces écotones des pits de sable? Les orchidées du genre Spiranthes par exemple! Si notre industrie a un coût pour la biodiversité il y aurait aussi certains bénéfices. Un choix se fait. Je ne tiens pas la balance magique qui me permettrait de faire une analyse coûts/bénéfices satisfaisante. Mais l'ensemble de nos comportements industrieux pour satisfaire notre consommation ne semblent pas s'infléchir significativement... et la nature que nous aurons ressemblera à nos comportements.

C'est la faute à Napoléon.


samedi 28 mai 2011

Laurentiana 2011 suite





Je vous présente de nouvelles photos faites lors de mon séjour au Camp Avancé Laurentien de Flora Urbana. Tout le monde connaît maintenant le CALFU. C'était il y a une semaine déjà! Trois jours là-haut et déjà vers la fin du séjour les amélanchiers montraient un essoufflement et changeait de costume... Faire tant de nuages de blancheur est exigeant!




Je n'ai identifié qu'un seul des nombreux amélanchiers rencontrés, le temps m'a manqué. Faire tant de photos ne laisse que peu de temps au travail d'identification qui peut être bien difficile dans ce genre de la famille des Rosacées. Nous avons treize espèces et hybrides d'amélanchiers. Et je n'ai toujours pas eu le temps d'en faire une étude... Un seul a été identifié mais sa taille le distingue facilement: il faisait plus de 10 m. de haut. Il dominait tous les jeunes arbres et arbustes sur le bord d'une route parfumée par les cerisiers. Je dis "identifier" un peu vite... disons que la liste des candidats est raccourcie: il s'agit de Amelanchier laevis ou de Amelanchier arborea.




Et voilà les fleurs de l'amélanchier sans sa robe blanche. Les fruits semblent déjà se développer...




Avec les amélanchiers voici un autre grand faiseur de lumière dans la forêt sombre, assombrie pas le temps pluvieux: le bois d'orignal (Viburnum alnifolium, mooseberry). Cette espèce possède un feuillage aussi beau et distinctif que ses fleurs. Facile à identifier! Les inflorescences en cymes comportent deux types de fleurs: les grandes fleurs blanches à la périphérie sont stériles et ne servent qu'à faire de belles photos. Accessoirement peut-être cela attire-t-il les insectes qui ne voient pas clairs. On trouve de tout dans la nature. Au centre la masse de petites fleurs fertiles qui donneront des fruits aux couleurs changeantes : verts, jaunes, oranges, rouges, violet puis finalement noirs.




Il pleuvait et ce ruisseau familier qui coule sur du granite était encore bien gros. Il faisait pas mal de bruit mais de ce glou-glou je ne saurais rien dire de mal... Une demi-heure en si bonne compagnie...



Et sur le bord du ruisseau j'ai trouvé un beau grand spécimen de trille (Trillium erectum, ill-scented trillium). Je suis toujours perplexe devant cette plante dont les fleurs varient beaucoup. Sans nectar et avec une odeur un peu fétide ce sont sans doute des mouches qui le pollinisent.



Dans la forêt il y avait cette autre trille (Trillium undulatum, trille ondulé, painted trillium) Les deux autres espèces étaient aussi en fleur: Trillium cernuum et évidemment le plus commun et nombreux Trillium grandiflorum.

Un quatuor de trilles : le comble, quoi!



Cette minuscule violette avait un parfum de fraise. Elle fleurit en même temps d'ailleurs... et de loin on croit que ce sont des fleurs de fraisiers. Il s'agit de la violette pâle (Viola macloskeyi ssp. pallens, smooth white violet). Où ai-je donc classé mes photos de fraises? Je vous l'ai dit j'ai fait plus de 400 photos... classer, indexer par lieu, espèce, famille et je sais plus...

Vous chercher du travail? Je cherche un assistant...




Et le voici le cerisier qui fait suite aux amélanchiers et aux viornes dans la séquence fleurie du printemps laurentien: le cerisier de Pennsylvanie (Prunus pensylvanica, wild red cherry).  Il fleurit bien avant l'espèce suivante. Mais je ne me rappelle pas de l'avoir vu en milieu urbain. Une espèce à introduire au Champ des Possibles où il retrouvera le cerisier tardif et le cerisier de Virginie.

Notez qu'en français on met deux "n" à Pennsylvanie alors qu'en latin il n'y en a qu'un seul. Je ne trouve pas mes photos de fraisiers mais je me rappelle de trucs comme ça... C'est vraiment sans espoir...




Ah! Finalement voici le deuxième à fleurir chez les cerisiers indigènes: le cerisier de Virginie (Prunus virginiana, choke cherry). Notez les petites glandes sur le pétiole en bas à droite... très utiles à l'identification des cerisiers. Dommage! Je ne serai pas ici pour le photographier en fleur malheureusement! Mais ceux du Champ des Possibles sont à la portée... et sont en fleur.

Printemps glorieux, magnifique et mouillé dans les Laurentides au weekend passé. Cette fin de semaine ce sera un printemps glorieux, magnifique et mouillé en ville. Ce n'est pas tout à fait la même chose malgré tout...


Je vous reviens demain ou lundi sur l'orme rouge (Ulmus rubra).


mercredi 25 mai 2011

Arbre rêveur (hanami junberi)



Il rêve et exhale du printemps: pouf! un doux souffle.

C'était le bon temps de l'année pour voir la tribu discrète : la floraison des amélanchiers. Quelques jours dans les Laurentides à une période où je ne suis pas souvent allé. Peut-être jamais. Délaisser mes lieux familiers en ville et faire route une bonne heure et demi vers le lac à l'Équerre. Je ne suis pas souvent allé à la mi-mai : je m'en souviendrais...




L'amélanchier de son pinceau ponctue délicatement l'ombre de la forêt. Avec ses prédilections réfléchies de se placer devant les autres, s'arquant vers la lumière. Pourquoi s'obstine-t-il, le malicieux, à rappeler aux conifères la blancheur perdue qui les mettaient bien en valeur? Se prend-il pour neige? Il s'y plaque contre les plus grands: devant il y a la lumière et derrière, après tout, ne trouve-t-il pas protection contre le vent? C'est peut-être le secret confort de son pied-à-terre ici et là en marge de la forêt, le long des ruisseaux et des lacs. Ou des chemins.




Il rêve et exhale du printemps: pouf! un doux souffle. Lumière du bois et comète de la forêt, l'amélanchier est furtif et passager. Ce n'est qu'à ce temps de l'année que son bref moment fleuri révèle son peuple émergeant un temps de l'ombre. Il n'est pas rare mais petit, souvent délicat et quand il n'a plus que sa feuillaison nous le confondons avec les innombrables cerisiers des alentours. Ici et là s'épand l'amélanchier, pas en nombre comme ses cousins qui parfument en bons assistants son entourage. 




S'il fallait qu'il soit parfumé l'amélanchier, ce serait de trop. De trop beau. J'ai bien senti quelques qu'extraordinairement discrets parfums mais ce n'est probablement qu'un accidentel vestige d'attribut de sa famille: les Rosacées. Ou peut-être finalement que mon attente botanique olfactive! Cousin du rosier, du prunier et du pommier et il faut bien qu'il y ait un parfum! Non?




Je suis surpris de constater à quel point l'amélanchier (comme l'aubépine) se montre en milieu ouvert par les humains. Au bord d'un chemin si celui-ci est une percée dans la forêt toutefois, pas un chemin traversant un champ. L'amélanchier se spécialise dans ces endroits où il sera adossé à de grands arbres. Jamais à découvert. Sa brièveté cherchant compensation par la situation avantageuse. Il a quelques chose à dire. Il rêve et il doute dans l'air incertain.

Ouvre-t-il le printemps ou ferme-t-il l'hiver?



Producteur de nuage de blancheur il ne s'arrête pas à l'agrément des toujours-verts conifères. Le long des chemins et sentiers c'est bien, le long des cours d'eau et des lacs c'est mieux.

Dans le vite printemps il est plutôt dernier rappel de l'hiver passé et c'est en reprenant à son compte l'apparence de flocons éphémères qu'il est emblématique du renouveau laurentien. Ainsi une pluie même fine et la moindre brise détachent les pétales qui se pressent au sol. Même à ce moment c'est vite fait: vous repassez et il n'y a même plus ces traces blanches du furtif.



Un peu de vent donc et les fleurs déjà fatiguées laissent aller un puis deux pétales. La pluie finit bientôt le travail. Au sol mouillé dans la mousse, les feuilles et les débris de la végétation les pétales se dissolvent après s'être froissés. Plus vite qu'un dessin à la craie d'un enfant sur le trottoir s'efface sous les pas des passants et les intempéries.  À l'an prochain. Peut-être.



Bientôt vert dans son camouflage de guerrier de l'ombre, un temps petit vainqueur de la noirceur, maintenant petit arbre indistinct, juvénile sans éclat, il fera quand même festin. Loin de nos yeux mais pas de celui des oiseaux il murira lentement ses petites pommes. Après la constellation blanche qui nous fait spectacle foudroyant il en prépare une autre plus lentement : les fruits. Et nous ne serons pas là.

En un séculaire hanami sans regard humain, vite fait en silence le nuage s'évanouit. Parti mon junberi. 




Si vous aimez l'amélanchier je vous en reparlerai. Je vous parlerai aussi de ces compagnons aperçus dans mes excursions laurentiennes. Ça vous dit?



mercredi 18 août 2010

In Laurentia, meso-Augustus



Spiranthes cernua. Une belle colonie parfumée que je retrouve à tous les ans avec plaisir. L’endroit est fauché quelques fois durant l’été. Je ne sais comment l’expliquer, ces orchidées sont ici miniaturisées, les feuilles et les inflorescences étant plus courtes. L’adaptabilité de cette espèce aux milieux anthropiques ne cesse de m’étonner. L’endroit est un dépôt de neige probablement, autour d’un batiment de ferme sur le côté de la route du Lac Supérieur (pas le très grand, ni l’autre. Celui près du Mont Tremblant... un cas de toponymie perplexant!)

Nous sommes, à vrai dire, dans “mes” Laurentides. Et les milieux que j’y préfèrent ne sont pas les milieux dits “naturels”. D’ailleurs croyez-vous vraiment que ça se trouve un milieu naturel? On entend généralement par cette expression un milieu duquel est absente toute trace des humains. Cela ne se trouve pas... parce que les humains sont... partout! Et depuis longtemps. Il y a bien entendu de la “nature”. Surtout de cette nature redéfinie et enrichie que l’on a nommé la biodiversité. Celle-ci inclut maintenant (en plus des espèces) tous les processus écologiques, y compris les phénomènes de colonisation végétale par exemple, et même ceux en réponse aux marques humaines.





Depuis la gauche: Lycopus uniflorus, Spiranthes cernua et une espèce non-identifiée de Euphrasia. On appelle ces dernières “casse lunettes”, traditionnellement elles étaient utilisées pour traiter des conjonctivites par exemple. La plante s’élevait à 7 ou 8 cm dans une assez nombreuse colonie. Ce groupe était curieusement circonscrit à un seul endroit partiellement dénudé et inondé au printemps après la fonte des neiges. En milieu urbain je l’ai déjà rencontré sur un site de dépôt de neige justement et je me demande si la présence de sel de déglaçage n’explique pas (en partie du moins) sa présence. Ne serait-ce que parce que ce sol salé exclus de nombreuses autres espèces, réduisant la compétition. Les euphraises sont hémiparasites (parasites à moitié, drôle d’expression...) et il y a 9 espèces au Québec la plupart habitant plus loin au Nord. Cela réduit mon problème d’identification mais comme je n’ai pas de spécimen avec moi, cela attendra!





Chenille de Lophocampa maculata, le Lophocampe maculé (Spotted Tussock Moth) trouvé sur un aulne. Comme les oiseaux, nous avons un peu de difficulté à distinguer la tête de l’arrière! Et si on l’attrape par un des “pinceaux” blancs ils se détachent! Ce sont des moyens de défense passifs assez efficaces, le papillon de nuit est commun dans les forêts de feuillus. Voyez l’adulte ici.





Clematis virginiana (clématite de Virginie, devil's darning needles) habite des milieux ouverts et au sol humide: rives des cours d’eau, des fossés même un peu secs en bord de chemins forestiers. Nous en avons vu beaucoup: difficile à manquer avec cette profusion de fleurs produites aussi tard dans la saison.

Il est curieusement souvent plus facile de voir la nature dans les milieux anthropisés ou urbains: nous témoignons alors des processus écologiques devant nous. Ils deviennent visibles, traçables et décryptables. Toute la beauté est là! Vous ne croyez pas? La nature est toujours intéressante, sa complexité-même la rend résiliente à notre entendement trop pressé. Il faut s’y piquer et s’y mouiller. Il faut s’y frotter et se salir. En bons petits humains immodestes que nous sommes nous devons aller y faire les figurants et servir de cibles aux mouches à chevreuil.

Peut-être sommes-nous après tout, nous aussi des hémiparasites!


lundi 28 juin 2010

Onde ou particule? Belle barbe!


La haute saison de la petite véronique

Étymologiquement voilà ce que signifie Calo-pogon. Calopogon tuberosus: la belle barbe à tubercule. Comme le printemps a été plus hâtif cette année cette orchidée fleurit plus tôt. C’est ma chance j’y suis presque toujours trop tôt ou trop tard. Je connais bien la date de l’anthèse mais je ne suis pas toujours en mesure d’y aller à ce moment précis. Pas cette année! Et la tourbière ombrotrophe (un bog) que je fréquente depuis des lustres comptait effectivement de nombreux calopogons en fleur.




Encore dans le sol de dans la sablière.

Une autre fin de semaine dans les Laurentides et une intéressante visite au bog avec ses callas, iris, prairie de carex, épinettes, mélèzes, rhododendrons, sarracénies et sphaignes, droséras, kalmias, canneberges, nénuphars, etc. Le Platanthera blephariglottis n’est plus présent toutefois, depuis quelques années les rares individus disparaissent les uns après les autres. 




 Entre deux trophées tenu par mon fils Arno, un curieux hybride fait par Béatrice.

Cette particulière sensation de marcher sur le tapis de sphaigne flottante! Une version ondulatoire de la réalité physique! Photographier en restant un instant accroupi et penché sur place, harassé par les mouches à chevreuil (taons) qui ne mordent pas grâce à la citronelle qui nous parfume (je la sens encore sur mon cou!)... et s'enfoncer doucement jusqu’à ce que l’eau remonte du tapis spongieux. Si je faisais ça à tous les jours je serais un peu plus détendu!




Deux sarracénies (Sarracenia purpurea) étaient en fleur, bien avant les centaines d’autres.



Le roux et le vert de la tourbière avaient deux accents de rose: le calopogon et au centre Kalmia angustifolia.

Je suis donc passé de la pit de sable particulaire au monde instable d’une tourbière. Pour aller voir la colonie de calopogons. Il y en avait plusieurs dizaines en fleur mais certaines années c’est plusieurs centaines et d’autres aucun! Évidemment il ne manquait pas de kalmias fleuris et le synchronisme de la floraison du calopogon n’est sûrement pas un hasard. L’effet coloré de masse attire autant d’abeilles que nécessaire: si le kalmia offre du pollen et du nectar, l’orchidée elle n’offre rien du tout! Il s’agit d’une fleur piège avec un mécanisme qui culbute l’insecte sur ses pollinies. Le labelle barbu est ici en position supérieure mais n’est pas toujours garni de poils aux extrémités jaunes, simulant des étamines. Il n’y a jamais des masses de fruits qui sont produits.



 Il a une belle barbe le calopogon, non?


L’insecte à gauche n’est pas du tout pollinisateur du calopogon. Il ne faisait que m’embêter autrement qu’en m’arrachant un morceau de chair... Il y a 350 espèces de Tabanidées  (des mouches ou Diptères) au Québec, mouches à chevreuil, taons à cheval, frappe-à-bord, choisissez le nom que vous préférez... Un insecte qui confond les fesses d’un cheval avec ma tête ne mérite pas que je l’identifie!





Dans l’étang au centre de la tourbière: l’aérodrome des bleues. D’autres feuilles de nénuphars servaient aussi de lieu de rencontre pour ces Zygoptères ou “demoiselles”.




Le secret du “quality time”: Marcel mon frère et sa compagne Michèle, mon fils Arno et mon neveu Benoît. Randonnées, pêche, tir à l'arc, quelques plantations, du bricolage, etc. Une beau weekend quoi! Et après quelques années j'ai enfin revu brièvement le calopogon. Surtout une bonne nouvelle dont j'attendais la confirmation, mon fils ira finalement prendre une formation en horticulture. Il a tout pour être le meilleur: il est attentionné et réfléchi. Bien plus et bien mieux que son père blogueur.

Ti amo, Arno...


lundi 7 juin 2010

In Laurentia: Iris et Orchis


En regardant au-dessus des iris, au-delà de l’étang: nous voici dans les Laurentides. Un étang entouré d’îlots de Carex, d’aulnes rugueux, de viornes et quenouilles.




La raison qui nous amène ici: de nombreux iris versicolores. Normalement ici (près du Mont Tremblant) en fleur à la Saint-Jean (24 juin). Récemment promu emblème floral du Québec on l’utilise néanmoins vulgairement en homéopathie pour traiter des conditions simples comme des brûlures d’estomac (utilisez-donc du bicarbonate de soude... et laissez les iris tranquilles!). Un usage encore plus douteux, il “préconisé dans le cas de migraines ophtalmiques accompagnées de vomissement”. Personnellement si j’avais ces symptômes je me rendrais d’urgence à l’hospi! Notez qu’il y a un relent de la Doctrine des Signatures ici: iris, oeil... mais je n’ai sûrement pas toute l’ouverture d’esprit pour apprécier ces pratiques “alternatives”... et médiévales!




Viburnum cassinoides qui aura de beaux fruits bleu-noirs à l’automne. Arbuste prolifique fournissant de la nourriture à nombres d’oiseaux et de petits mammifères. Résistant et accommodant il sera planté au Champ des Possibles.



Trophées floraux composés par Solo, Michèle et Béatrice.



Béatrice et Solo (Sophie) portant sourires et trophées: les vacances approchent!




Cornus canadensis, les fleurs minuscules sont réunies en faux capitule au centre des quatre grandes bractées blanches. Le quatre-temps est une plante commune et connue qui tapisse le sol de la forêt en bien des endroits. Moins connu est le phénomène des fleurs explosives: voyez ici et surtout ici des vidéos du phénomène. Le sabot de la vierge (Cypripedium acaule) est l’orchidée la plus commune de la forêt. Mais j’ai oublié de photographier la forme à fleur blanche, ce sera l’année prochaine peut-être! Et une Primulacée: Trientalis borealis (trientale boréale).



Il y avait tant de Carex (à gauche et à droite), de Juncus (jonc, au centre), de scirpes   et de graminées que j’aurais pu passer la journée à les photographier et deux semaines à identifier... une autre fois, d’accord?


Bonne semaine!