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samedi 7 juillet 2012

Sur le mont Royal








Une virée au mont Royal. Étonnant de trouver cet amélanchier qui avait encore quelques fleurs. Pucerons et fourmis occupés à leurs affaires.






Alors que cette autre espèce est en fruit. Les derniers fruits.





Fruit classiquement colonisé par cette rouille.





Il y avait aussi des sureaux rouges (Sambucus pubens) en fruits rouges.





Et derrière une feuille repliée...





 ...logeait cette araignée.



Bon samedi à tous. Je pars pour mon camp avancé dans les Laurentides.





samedi 28 mai 2011

Laurentiana 2011 suite





Je vous présente de nouvelles photos faites lors de mon séjour au Camp Avancé Laurentien de Flora Urbana. Tout le monde connaît maintenant le CALFU. C'était il y a une semaine déjà! Trois jours là-haut et déjà vers la fin du séjour les amélanchiers montraient un essoufflement et changeait de costume... Faire tant de nuages de blancheur est exigeant!




Je n'ai identifié qu'un seul des nombreux amélanchiers rencontrés, le temps m'a manqué. Faire tant de photos ne laisse que peu de temps au travail d'identification qui peut être bien difficile dans ce genre de la famille des Rosacées. Nous avons treize espèces et hybrides d'amélanchiers. Et je n'ai toujours pas eu le temps d'en faire une étude... Un seul a été identifié mais sa taille le distingue facilement: il faisait plus de 10 m. de haut. Il dominait tous les jeunes arbres et arbustes sur le bord d'une route parfumée par les cerisiers. Je dis "identifier" un peu vite... disons que la liste des candidats est raccourcie: il s'agit de Amelanchier laevis ou de Amelanchier arborea.




Et voilà les fleurs de l'amélanchier sans sa robe blanche. Les fruits semblent déjà se développer...




Avec les amélanchiers voici un autre grand faiseur de lumière dans la forêt sombre, assombrie pas le temps pluvieux: le bois d'orignal (Viburnum alnifolium, mooseberry). Cette espèce possède un feuillage aussi beau et distinctif que ses fleurs. Facile à identifier! Les inflorescences en cymes comportent deux types de fleurs: les grandes fleurs blanches à la périphérie sont stériles et ne servent qu'à faire de belles photos. Accessoirement peut-être cela attire-t-il les insectes qui ne voient pas clairs. On trouve de tout dans la nature. Au centre la masse de petites fleurs fertiles qui donneront des fruits aux couleurs changeantes : verts, jaunes, oranges, rouges, violet puis finalement noirs.




Il pleuvait et ce ruisseau familier qui coule sur du granite était encore bien gros. Il faisait pas mal de bruit mais de ce glou-glou je ne saurais rien dire de mal... Une demi-heure en si bonne compagnie...



Et sur le bord du ruisseau j'ai trouvé un beau grand spécimen de trille (Trillium erectum, ill-scented trillium). Je suis toujours perplexe devant cette plante dont les fleurs varient beaucoup. Sans nectar et avec une odeur un peu fétide ce sont sans doute des mouches qui le pollinisent.



Dans la forêt il y avait cette autre trille (Trillium undulatum, trille ondulé, painted trillium) Les deux autres espèces étaient aussi en fleur: Trillium cernuum et évidemment le plus commun et nombreux Trillium grandiflorum.

Un quatuor de trilles : le comble, quoi!



Cette minuscule violette avait un parfum de fraise. Elle fleurit en même temps d'ailleurs... et de loin on croit que ce sont des fleurs de fraisiers. Il s'agit de la violette pâle (Viola macloskeyi ssp. pallens, smooth white violet). Où ai-je donc classé mes photos de fraises? Je vous l'ai dit j'ai fait plus de 400 photos... classer, indexer par lieu, espèce, famille et je sais plus...

Vous chercher du travail? Je cherche un assistant...




Et le voici le cerisier qui fait suite aux amélanchiers et aux viornes dans la séquence fleurie du printemps laurentien: le cerisier de Pennsylvanie (Prunus pensylvanica, wild red cherry).  Il fleurit bien avant l'espèce suivante. Mais je ne me rappelle pas de l'avoir vu en milieu urbain. Une espèce à introduire au Champ des Possibles où il retrouvera le cerisier tardif et le cerisier de Virginie.

Notez qu'en français on met deux "n" à Pennsylvanie alors qu'en latin il n'y en a qu'un seul. Je ne trouve pas mes photos de fraisiers mais je me rappelle de trucs comme ça... C'est vraiment sans espoir...




Ah! Finalement voici le deuxième à fleurir chez les cerisiers indigènes: le cerisier de Virginie (Prunus virginiana, choke cherry). Notez les petites glandes sur le pétiole en bas à droite... très utiles à l'identification des cerisiers. Dommage! Je ne serai pas ici pour le photographier en fleur malheureusement! Mais ceux du Champ des Possibles sont à la portée... et sont en fleur.

Printemps glorieux, magnifique et mouillé dans les Laurentides au weekend passé. Cette fin de semaine ce sera un printemps glorieux, magnifique et mouillé en ville. Ce n'est pas tout à fait la même chose malgré tout...


Je vous reviens demain ou lundi sur l'orme rouge (Ulmus rubra).


lundi 20 septembre 2010

Saint-Christophe des ruelles


la guêpe germanique, commune en ville et très active à l’automne...

Saint-Christophe est le patron des voyageurs et des mecs qui vont prendre l’air un peu. Saint-Christophe est aussi le nom d’une de ces rues/ruelles de mon quartier. Le temps était magnifique dimanche et il fallait en faire le plein, parce que bientôt... J’étais passé quelques jours auparavent et un plok! avait attiré mon attention. De grosses poires tombaient d’un arbre, aidées par des écureuils qui faisaient clairement des excès: les poires devaient bien faire au moins trois ou quatre fois leurs poids... Les poires sont toujours là et ce sont des guêpes, Vespula germanica, qui en boivent le jus sucré.




 Parthenocissus quinquefolia, la vigne vierge en fruit prend ses bronzés incomparables.

J’ai fait bien des photos des guêpes vu l’ombre profonde qui n’aidait pas le temps d’obturation. Jusqu’à ce que les allemandes remarquent mon intrusion... Reculons quand même un peu... Deux gaillardes me prirent en chasse, heureusement sans grande conviction. Je suis quand même passé à autre chose... Curieux, non, ce manque de gaillardise des guêpes?




Sambucus canadensis, le sureau blanc, lourdement chargé de fruits.

Il y a quelques beaux spécimens de sureau dans le coin. Je suis toujours étonné de voir la quantité de fruits que l’arbuste produit, les lourdes grappes arquant les branches de toutes parts. Quelques fruits tombés au sol fermentaient, l’odeur étant bien perceptible. Et si les guêpes pas trop vaillantes de tantôt s’étaient enivrées en consommant de ces fruits? J’ai déjà vu des guêpes saoules (comme la Pologne cette fois...) du nectar fermenté de l’orchidée urbaine Epipactis helleborine. Les vespides en bacchanales! C’est bien la fin de la saison...




Un vitis sans identité précise

Et j’ai goûté aux très petits fruits du sureau, plusieurs en fait, je voulais m’assurer d’en apprécier la saveur. Mais celle-ci est indétectable. Comme les graines d’ailleurs... je devrai vérifier cela cette absence des graines. À moins qu’elles ne soient extraordinairement petites??? Bronwyn Chester me dit que le goût se révèle à la cuisson. J’en cuirai cette semaine. Tiens, pourquoi pas tout de suite?




Un des nombreux pommetiers de cette ruelle.




Et un bruit dans les branchages au-dessus de la tête..


Dans un billet précédent, L’art de la disparition, je vous parlais de cette espèce d’oiseau disparu, latour (oups! drôle de faute de frappe!), la TOURTE (oui je sais bien qu’ailleurs on dit la TOURTRE). Je me suis toujours interroger (faute de frappe volontaire cette fois) sur les conséquences de la disparition d’un vecteur de propagation des graines ayant certainement une importance écologique majeure. Il y avait des milliards de ces oiseaux consommant les fruits des arbres, semant ensuite dans leurs fientes les graines de nombreuses espèces partout en Amérique du Nord (ou presque). Combien espèces d’arbres ont souffert de la disparition de l’oiseau?

Encore: lisez cet excellent Wiki sur la tourte voyageuse.





Les pigeons urbains sont nombreux mais n'atteignent certainement pas les nombres fantastiques de la tourte. J’avais remarqué ces jours-ci que les fruits du micocoulier (Celtis occidentalis) étaient bien mûrs à en juger par leur couleur noire. Mais je n’avais jamais remarqué avant dimanche que les pigeons s’en nourrissaient! La technique me semble assez approximative, les pigeons se posant avec difficulté sur les petits rameaux flexibles de l’arbre et peinant à garder leur équilibre. Les fruits sont des drupes portés par de grêles pédoncules  avec bien peu de chair mais ils sont assez savoureux et un peu sucré.





Depuis une quinzaine d’années il y a un regain d’intérêt pour les arbres indigènes. On cherche parmi eux ceux qui sont adaptables au milieu urbain exigeant qu’est un trottoir. Sur la rue Duluth à Montréal on a donc planté plusieurs micocouliers, le “bois inconnu”, comme le nommaient les colons français parce qu’il ne ressemblait à rien de connu alors en Europe.

Je trouve des petits micocouliers spontanés dans le quartier depuis quelques années. Je crois que je viens de trouver les semeurs! Un exemple de ce que j’appelle novécologie: une espèce indigène, Celtis occidentalis, en lien écologique avec une espèce introduite: le pigeon biset (Columba livia).

À vos yeux le pigeon gagne-t-il un peu de respect pour son travail de préservation de ce cousin des ormes? Il y a un peu de la tourte dans nos rats volants...





Et pour terminer un tableau vite fait de mes trouvailles de dimanche, dans la ruelle Saint-Christophe. Patron des voyageurs, des promeneurs des ruelles et des tourtes voyageuses, parties pour de bon. La récolte est encore bonne cet automne mais elle a un petit goût amer...


lundi 16 août 2010

In Laurentia: Hortus, Ursus


Il y a encore pas mal de framboises (Rubus sp.) dans le jardin boréal: et hop!

Une fin de semaine au camp avancé de Flora Urbana dans les Laurentides. Mission: voler des fruits aux oiseaux qui ne pensent qu’à eux. Si les petits mammifères n’osent pas protester il vaut mieux par contre avoir à l’oreille les ours qui rôdent. Tout garde-manger, où qu’il se trouve, est après tout leur garde-manger... À tout saigneur, tout bonheur de se gaver.




Je suis pro-anti-oxydants

Et des bleuets, encore et encore. (Vaccinium angustifolium et V. myrtilloides). Les deux espèces croissent ensemble et il faut bien que je me décide à apprendre à les distinguer... J’y arriverai bientôt... en attendant: et hop! (miam)




Maintenant je regrette de n’y avoir goûté...

Je n’ai pas goûté aux fruits du quatre-temps (Cornus canadensis): le matagon des Amérindiens est partout dans la forêt. La plante est un véritable couvre-sol et la couleur des fruits assure que les animaux les trouvent. La plante est à croissance lente mais clairement c'est un succès.



Une certaine ressemblance avec les vrais mûres (fruits des mûriers du genre Morus)

Quand j’aurai un peu de temps je ferai une mise à jour de mes (maigres) connaissances du genre Rubus. Ces fruits avec peu de drupéoles (les “grains” de la “framboise”) sont issus d’une petite plante poussant au niveau du sol. Bien savoureux!




Chaque amélanchier rencontré ne portait que de rares fruits, un ou deux ou trois... un plus gros arbuste peut-être cinq ou six. Celui-ci en avait qu’un seul. Les oiseaux se cachent pas pour se nourrir. 




J’ai heureusement eu l’occasion d’échantilloner les fruits de l’aralie hispide (Aralia hispida, une “salsepareille”): les petits fruits noirs ont des saveurs de “root-beer” et de Coca-Cola! Contrairement aux autres espèces elle ne se trouve pas en forêt mais sur le long des sentiers et routes forestières dégagés et bien ensoleillés. À un certain degré c’est une apophyte, une plante indigène s’accomodant des modifications de l’habitat forestier par les humains.



Les fruits de la viorne cassinoïde (Viburnum cassinoides) ne sont pas encore mûrs et leur coloration unique en ce temps de l’année passera bientôt vers le bleu-pourpre.




Tandis qu’en ville les magnolias fleurissent (un peu) une deuxième fois, dans le Nord ce sont les fraisiers qui nous font une surprise. Qui sait? Je goûterai peut-être des fraises à mon prochain séjour à la Raposa!

Les étés se réchauffent et s’allongent avec des effets notables sur la flore. Mais il y a aussi les amplitudes thermiques qui changent. En effet l’écart entre le maximum du jour et le mimimum de la nuit se réduit et les nuits devenant plus chaudes. Cela aura des effets imprévisibles.

Je vous reviens bientôt avec d'autres notes sur les Laurentides.


lundi 7 juin 2010

In Laurentia: Iris et Orchis


En regardant au-dessus des iris, au-delà de l’étang: nous voici dans les Laurentides. Un étang entouré d’îlots de Carex, d’aulnes rugueux, de viornes et quenouilles.




La raison qui nous amène ici: de nombreux iris versicolores. Normalement ici (près du Mont Tremblant) en fleur à la Saint-Jean (24 juin). Récemment promu emblème floral du Québec on l’utilise néanmoins vulgairement en homéopathie pour traiter des conditions simples comme des brûlures d’estomac (utilisez-donc du bicarbonate de soude... et laissez les iris tranquilles!). Un usage encore plus douteux, il “préconisé dans le cas de migraines ophtalmiques accompagnées de vomissement”. Personnellement si j’avais ces symptômes je me rendrais d’urgence à l’hospi! Notez qu’il y a un relent de la Doctrine des Signatures ici: iris, oeil... mais je n’ai sûrement pas toute l’ouverture d’esprit pour apprécier ces pratiques “alternatives”... et médiévales!




Viburnum cassinoides qui aura de beaux fruits bleu-noirs à l’automne. Arbuste prolifique fournissant de la nourriture à nombres d’oiseaux et de petits mammifères. Résistant et accommodant il sera planté au Champ des Possibles.



Trophées floraux composés par Solo, Michèle et Béatrice.



Béatrice et Solo (Sophie) portant sourires et trophées: les vacances approchent!




Cornus canadensis, les fleurs minuscules sont réunies en faux capitule au centre des quatre grandes bractées blanches. Le quatre-temps est une plante commune et connue qui tapisse le sol de la forêt en bien des endroits. Moins connu est le phénomène des fleurs explosives: voyez ici et surtout ici des vidéos du phénomène. Le sabot de la vierge (Cypripedium acaule) est l’orchidée la plus commune de la forêt. Mais j’ai oublié de photographier la forme à fleur blanche, ce sera l’année prochaine peut-être! Et une Primulacée: Trientalis borealis (trientale boréale).



Il y avait tant de Carex (à gauche et à droite), de Juncus (jonc, au centre), de scirpes   et de graminées que j’aurais pu passer la journée à les photographier et deux semaines à identifier... une autre fois, d’accord?


Bonne semaine!



vendredi 7 mai 2010

Vent, viorne et...


un dernier bourgeon de la viorne mancienne encore clos

... tchic-a-di di-di!! J’adore aller faire de la photo avec des nuages et ce vent! C’est pas facile pourtant, surtout en macro. C’est même un peu étourdissant d’essayer de faire le foyer et les réglages, avec en plus la frustration de manquer quelques clichés! Alors pourquoi j’adore? Parce que les nuages viennent et passent rapidement, m’offrant en quelques secondes toute une gamme de lumières. Tantôt crue et directe puis diffuse et surtout quand le soleil émerge d’un nuage encore partiellement voilé: la meilleure lumière.




la mésange me méduse (quelle assurance elle a!)


En quelques minutes donc j’ai photographié quelques insectes et un oiseau dans un bosquet de viornes manciennes (Viburnum lantana, wayfaring tree) en fleurs au Parc Jeanne-Mance. Je n’étais que de passage, me rendant en fait au pied de la montagne au coin de l’Avenue des Pins. Je me suis alors rappelé que les viornes auraient les fleurs épanouies. En effet et avec un léger parfum en prime!




deux diptères sous une lumière favorable: une syrphide et une rousse inconnue


Tchic-a-di di-di! C’est la mésange à tête noire (Poecile atricapillus, black-capped chickadee) qui m’attend! Ce n’est pas une formule, si vous connaissez un peu les oiseaux vous connaissez sûrement ce passereau, sinon son chant! Elle m’attendait en me regardant droit dans les yeux. Évidemment j’avais mon objectif macro, pas terriblement utile pour la circonstance. La gentille me laissa approcher, di-di! di-di! La mésange se gavait de petits insectes qu’elle attrape avec des déplacements rapides et sûrs. Son acuité visuelle est extraordinaire: je n’ai pas la moindre idée de son repas tellement les insectes qui la nourrissent sont petits! Elle s’envola vers un pommetier en fleurs pour quelques rapides coup de bec puis revint vers moi: tchic-a-di di-di!




une abeille et la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis, asian lady beetle)

Quelques minutes et voilà un aperçu de la biodiversité sur une espèce de viorne. Les deux espèces de mouches que j’ai photographié (une troisième a échappé au photographe) ne visitent pas les fleurs pour la même raison. La syrphide est en fait occupée à manger du pollen. Ces mouches sont communes, avec de nombreuses espèces imitant habituellement des guêpes et je les vois souvent boire du nectar de carotte. Mais j’ignorais qu’elle consommait aussi du pollen. La deuxième espèce est une belle petite rousse poilue avec de grandes jambes. C’est la première fois que j’en vois et elle est pas mal plus farouche et empressée que la fausse-guêpe. Elle n’est pas ici pour le pollen, c’est le nectar qui l’intéresse. Je ne l’ai pas identifié, ce sera pour une autre fois mais il est intéressant de voir deux mouches sur les mêmes fleurs utilisant des ressources différentes.


J’aime le vent! Et la toujours amicale mésange! Tchic-a-di di-di!!