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jeudi 18 avril 2013

La Forêt D'Angrignon




Il y a encore de la glace sur l'étang.

Nous sommes allé aux arbres au parc Angrignon mercredi. Ce lieu, assez inattendu à vrai dire, est une véritable merveille. On dit bêtement "parc Angrignon" et on pense parc La Fontaine… Mais ça n'a rien à voir tant il y avait de la variété ici. Il faudrait bien plutôt dire: la Forêt D'Angrignon. De nombreuses espèces d'arbres et surtout des individus de tous les âges: des moribonds pour les nombreux pics, de vieux costauds, de grands gaillards vigoureux et des plus jeunes, enfin de nombreux semis. C'est une… forêt! De qualité! 



Un petit bayou printanier

Même le cher mont Royal perd des plumes! Bon, la fréquentation des deux parcs n'est pas comparable. Elle est à l'évidence moins élevée à Angrignon. Cela permet une excellente conservation et une régénération en direct des toutes les espèces d'arbres identifiées. Par exemple on trouve de superbes spécimens de Cerisier tardif (Prunus serotina, Black cherry) sur la montagne. Mais je n'y ai jamais vu un seul semis… La fréquentation... l'écrasante fréquentation...



 Probablement le plus grand peuplement de Fagus grandifolia.


Nous avons vu quelques papillons Morio qui semblaient tout fraîchement sortis pour nous emballer! C'est toujours une rencontre chargée d'allégresse printanesque: il y a quand même encore de la neige par endroit! Des papillons qui ont survécu à la dernière saison glacée, un peu abimés, secouant par des battements d'ailes assez lents les derniers noeuds gelés de leur corps. Hep! L'effet sur mes propres os est assez agréable. Je n'ai pas de photo... Un peu chargé de mes sacs et équipements je n'ai pas toujours l'aisance de photographier ces petites brises vernales si colorées.
 



Hêtre à grandes feuilles (Fagus grandifolia).


Et des arbres, qu'en est-il?

Chênes rouge (Quercus rubra, Red oak) et à gros fruits (Quercus macrocarpa, Bur oak), de nombreux Hêtres à grandes feuilles (Fagus grandifolia, American beech) dont de très grands, Ostryers (Ostrya virginiana, Ironwood) de tous âges, Cornouillers (Cornus spp.) de deux espèces, Érables à sucre (Acer saccharum, Sugar maple) et peut-être aussi l'Érable noir (Acer nigrum, Black maple), Érable rouge (Acer rubrum, Red maple) Érable argenté (Acer saccharinum, Silver maple), de beaux Noyers cendrés (Juglans cinerea, Butternut), Caryers cordiformes (Carya cordiformis, Bitternut hickory) et, curieusement, un seul Caryer ovale (Carya ovata, Shagbark hickory) etc, etc.

Ostryers (Ostrya virginiana, Ironwood)


Et des ormes: d'Amérique, rouge et peut-être un autre… Comme ces arbres fleuriront bientôt ils nous donneront des samares on en aura le coeur net.

Cerisiers tardifs, Peuplier deltoïdes, Frênes douteux (le rouge et???) de bonne taille, Charme de Caroline, et toutes sortes d'arbustes de la famille des Rosacées. 


Ouf!

Quel est le nom de cet arbuste?


Rien n'est plus agréable que d'arriver devant un petit arbuste qu'on ne connaît pas, en fleur! Nous nous sommes cassé la tête à essayer de lui donner un nom, rien à faire!

De pareils bourgeons très poilus et des fleurs qui émergent à l'instant (littéralement…), quelle chance! On peut connaître de nom d'une plante et avoir vu cent fois un dessin au trait dans la Flore Laurentienne, la voir en vrai ici, aujourd'hui, quelle veine. Je l'ai identifié dès mon retour à la maison. C'était la première fois que je voyais cette espèce. On me dira de sortir plus souvent... Enfin... à ma décharge je sors assez souvent mais sur l'île de Montréal! Et ce mystérieux sujet y est assurément rare!


Faites un effort et dites-moi son nom.



Carouge à épaulettes (Agelaius phoeniceus, Red-winged Blackbird)


Notre visite de cette Forêt d'Angrignon? On a aimé? Le bonheur total! Une seule journée de printemps ensoleillée parmi la grisaille et le demi-froid qui l'entoure. Il fait gris encore ce matin. Une seule journée et nos amis les divers printemps sortent nous accueillir. Un rendez-vous réussi! Charles nous avait apporté une tisane d'épinette (c'était mon souhait justement) et il y a ajouté du tilleul. J'avais fait un gâteau carotte-coco-noix-de-grenoble.


Tout ça nous a bien réussi.


La Forêt d'Angrignon. Bel après-midi vous croyez?



jeudi 29 septembre 2011

Tard nectar (extension estivale)




Acer saccharum (érable à sucre, Sugar maple)

Nous arrivons à la fin septembre à Montréal (enfin, un peu partout aussi, je crois) mais la température est remarquablement assez délicieusement clémente (c'est dire…). Avant- hier avec la porte arrière grande ouverte une abeille à miel est entré chez moi! Il y a des ruches pas loin, à vol d'oiseau (ou d'abeille), ça fait environ 500m? Il s'agit d'un exercice contrôlé d'apiculture urbaine dans le jardin emmuré des Hospitalières à l'Hôtel-Dieu. C'est au pied de la montagne et je devais justement y aller hier. J'y suis allé.



 Apis mellifera, abeille domestiquement mielleuse, Honey-bee.

Dès que j'arrive une grosse abeille dorée, mielleuse et lente! À pas douter, aucune abeille n'ayant ce vol régulier et assuré, c'est Apis mellifera, l'abeille à miel. Et comme celle d'hier dans ma cuisine, elle vole bas, lentement. Le nectar (et apparemment le pollen aussi) de ce tardif Cornus en fleur est encore disponible. Si tard dans la saison les insectes étaient nombreux à en profiter… et tous étaient lents… il fait beau mais la tiédeur de l'air les ralentit quand même un peu.



Polistes dominula, la guêpe poliste, European paper wasp.


Cette guêpe est intolérante des abeilles et les chassait, ne voulant pas partager la ressource sucrée. Elle aussi était assez lente même dans sa mauvaise humeur…



Placide bourdon (Bombus sp.), il sera actif bien tard dans la saison.


Ce Bombus ne se fait pas embêter par la guêpe toutefois... Ces abeilles récoltent aussi du pollen et du nectar pour la couvée et dans ce cas-ci c'est pour son propre compte. Les colonies de bourdons sont souvent terrestres et bien plus petites que celles de l'abeille à miel. Ces abeilles sont néanmoins d'importantes pollinisatrices travaillant bien tard dans la saison ou tôt le matin quand il fait trop froid pour l'abeille à miel.





J'ai de plus vu cette coccinelle mais j'ai pas réussi à photographier quelques petites abeilles noires et des fourmis… Tout ce monde profite du tard nectar du cornouiller. Que faire d'autre avec si belle extension estivale?




Grande lampée de nectar et pollen plein la patte.


Je n'ai pas vu (ni entendu) de cigales, mortes d'avoir trop chanté sans doute.



Mais tout ça c'était hier et avant-hier… le temps est redevenu 'normal' aujourd'hui…



lundi 16 août 2010

In Laurentia: Hortus, Ursus


Il y a encore pas mal de framboises (Rubus sp.) dans le jardin boréal: et hop!

Une fin de semaine au camp avancé de Flora Urbana dans les Laurentides. Mission: voler des fruits aux oiseaux qui ne pensent qu’à eux. Si les petits mammifères n’osent pas protester il vaut mieux par contre avoir à l’oreille les ours qui rôdent. Tout garde-manger, où qu’il se trouve, est après tout leur garde-manger... À tout saigneur, tout bonheur de se gaver.




Je suis pro-anti-oxydants

Et des bleuets, encore et encore. (Vaccinium angustifolium et V. myrtilloides). Les deux espèces croissent ensemble et il faut bien que je me décide à apprendre à les distinguer... J’y arriverai bientôt... en attendant: et hop! (miam)




Maintenant je regrette de n’y avoir goûté...

Je n’ai pas goûté aux fruits du quatre-temps (Cornus canadensis): le matagon des Amérindiens est partout dans la forêt. La plante est un véritable couvre-sol et la couleur des fruits assure que les animaux les trouvent. La plante est à croissance lente mais clairement c'est un succès.



Une certaine ressemblance avec les vrais mûres (fruits des mûriers du genre Morus)

Quand j’aurai un peu de temps je ferai une mise à jour de mes (maigres) connaissances du genre Rubus. Ces fruits avec peu de drupéoles (les “grains” de la “framboise”) sont issus d’une petite plante poussant au niveau du sol. Bien savoureux!




Chaque amélanchier rencontré ne portait que de rares fruits, un ou deux ou trois... un plus gros arbuste peut-être cinq ou six. Celui-ci en avait qu’un seul. Les oiseaux se cachent pas pour se nourrir. 




J’ai heureusement eu l’occasion d’échantilloner les fruits de l’aralie hispide (Aralia hispida, une “salsepareille”): les petits fruits noirs ont des saveurs de “root-beer” et de Coca-Cola! Contrairement aux autres espèces elle ne se trouve pas en forêt mais sur le long des sentiers et routes forestières dégagés et bien ensoleillés. À un certain degré c’est une apophyte, une plante indigène s’accomodant des modifications de l’habitat forestier par les humains.



Les fruits de la viorne cassinoïde (Viburnum cassinoides) ne sont pas encore mûrs et leur coloration unique en ce temps de l’année passera bientôt vers le bleu-pourpre.




Tandis qu’en ville les magnolias fleurissent (un peu) une deuxième fois, dans le Nord ce sont les fraisiers qui nous font une surprise. Qui sait? Je goûterai peut-être des fraises à mon prochain séjour à la Raposa!

Les étés se réchauffent et s’allongent avec des effets notables sur la flore. Mais il y a aussi les amplitudes thermiques qui changent. En effet l’écart entre le maximum du jour et le mimimum de la nuit se réduit et les nuits devenant plus chaudes. Cela aura des effets imprévisibles.

Je vous reviens bientôt avec d'autres notes sur les Laurentides.