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mardi 7 mai 2013

Poirier de Chine, Pyrus calleryana, Callery pear



Le Poirier de Chine
 

C'est la folle chasse aux arbres en fleur. J'ai passé quelques jours sur le dossier des Rosacées qui fleurissent à peu près tous au même moment! Je fais des photos sur les lieux, bien sûr, mais le boulot c'est de prendre des échantillons et de les photographier en studio. Les fleurs sont souvent fragiles… mais le résultat est top! Pour ce livre, vous savez...


Une abeille à miel avec son échantillon de pollen.


Pyrus calleryana (Poirier de Chine, Callery pear) était en fleur magnifiquement fraîche. Cette abeille à miel ne s'y est pas trompé. Il s'agit d'une éclaireuse sans doute: elle était seule! Elle aussi a pris un échantillon: de pollen. Je vais repasser tout à l'heure pour vérifier si elle a convaincu la ruche de venir par ici… Elle viendront probablement du rucher installé dans le jardin de Soeurs Hospitalières à l'Hôtel-Dieu pas loin à vol d'oiseau (ou d'abeille).


Note: l'arbre portait encore quelques poires (minuscules) de l'an passé. 



samedi 23 mars 2013

Lectures du samedi




Voyager dans le temps.

 

Le Châtaignier d'Amérique (Castanea dentata) a dominé de tout temps les forêts de l'Est du Continent (on le trouve en Ontario et au sud de nos frontières). Un champignon parasite (Cryphonectria parasitica) l'a maintenant décimé et l'arbre est en risque sévère de disparition.


Chez Phenomena (National Geographic) un excellent article de Carl Zimmer sur la "dé-extinction" de l'arbre aux prises avec cette maladie venue d'Asie où les châtaigniers sont résistants: Resurrecting a Forest




 Cow Bay, île de Flores. Photo: Adrian Dorst
 

Même les nos cousins homininés l'ont fait: jusqu'à l'île de Flores! Si comme moi vous vous intéressez à la biogéographie, une excellent article sur ces mammifères et autres animaux qui ont voyagé en radeau: Setting sail on unknown seas.





Un autre aspect, moins plaisant, de la biogéographie: les espèces indésirables. Lisez sur La situation sur la lutte à l'Agrile du frêne (Agrilus planipennis).






Pour avoir un point de vue différent sur l'apiculture urbaine et le green-washing:









Photo By Toppan Printing

 

Et en terminant une lecture que vous ne pourrez faire (c'est en japonais pi… c'est une photo…) Le plus petit livre du monde "Shiki no Kusabana". 



Pique-niquer sur le temps...



Bon et beau samedi, demain ce sera encore un peu mieux... un peu de soleil!






mercredi 25 juillet 2012

Miel de Mur




Près de chez moi sur un mur de brique.


Une plante grimpante bien commune, qui fait du vert à grande échelle dans des endroits autrement impossible à verdir: les murs. Par ici on appelle cette vigne lierre de Boston. Ailleurs le Parthenocissus tricuspidata se nomme vigne-vierge japonaise ou vigne-vierge à trois pointes. C'est une espèce de la famille des Vitacées (14 genres et environ 900 espèces), comme les raisins. Cette plante vient d’Asie de l'est (Chine, Corée, Japon, Russie) et est largement cultivée comme plante ornementale en Europe et en Amérique.


Le nom de genre Parthenocissus vient du grec parthenos (vierge) et kissos, (lierre);* l'épithète spécifique tricuspidata veut dire à trois pointes et cela décrit assez bien la feuille. Malgré le nom générique elle ne se reproduit pas par parthénogénèse… elle est pollinisée par des insectes afin de produire ses fruits qui sont non-comestibles (pour les humains mais les oiseaux en raffolent!)



Ce sont les pétales et les étamines caduques qui tombent et couvrent le trottoir. La veille tout cela état bien vert mais je n'avais pas mon appareil photo. Dommage le cliché aurait été bien décoratif.


Elle est communément plantée depuis longtemps afin de végétaliser les murs et elle gagne à nouveau en intérêt afin de réduire la chaleur urbaine. Mais cette plante grimpante n'a pas qu'une valeur esthétique ou une fonction de régulation thermique, elle a aussi une écologie discrète: j'ai noté qu'une bonne dizaine d'espèce d'hyménoptères (guêpe, abeilles et fourmis) différentes la visitaient.



Le site d'étude: mon balcon et le lierre Boston. Sans oublier mon attrape-plantes!


C'est une écologie assez particulière à coup sûr! La plante n'est pas indigène, tout comme une bonne partie des insectes que j'ai observé la visitant… le milieu urbain est en effet une singularité en terme biologique. Ce sont souvent des écologies nouvelles, anthropogénérées, composées d'espèces réunies artificiellement qu'on y observe. Il est par ailleurs intéressant de songer que cette plante et la plupart des insectes mentionnées dans ce billet se retrouvent, tout en groupe, un peu partout dans l'hémisphère Nord puisque tout ce bazar (plante et pollinisateurs) est implanté partout!




Si vous observez attentivement un thrips se cache derrière une étamine.

Un mot sur les fleurs minuscules mais nombreuses du lierre de Boston. Sur la deuxième photo de ce billet vous voyez les pétales qui couvrent le trottoir au pied du mur où pousse la plante. Je disais qu'ils étaient caduques: ils se détachent de la fleur et tombent. Quand la fleur est encore en bouton chaque pétale forme un capuchon parfaitement ajusté sur un étamine. Quand la fleur s'ouvre pensez alors à une banane que l'on ouvre par les lanières que l'on rabaisse. D'ailleurs sur la photo ci-haut vous voyez un peu de pollen dans ce capuchon. La fleur est d'abord mâle un court moment puis les pétales et les étamines se détachent, la fleur devenant alors fonctionnellement femelle, prête à recevoir le pollen des autres autour. Les fleurs s'ouvrent ainsi sur quelques jours et du nectar est disponible tout ce temps.


Rencontre de deux espèces d'abeilles sur le lierre de Boston.


Il y a toujours des insectes qui visitent les fleurs. Sur la photo ci-haut ce sont deux abeilles différentes qui font provision. En haut d'abord c'est une abeille mégachile, une découpeuse de feuilles (probablement Megachile rotundata) qui prend du nectar et du pollen sans toutefois découper les feuilles. Elle utilisera des morceaux de feuilles (bien enroulés en cigare entre ses pattes) d'une autre plante pour tapisser ses nids qu'elle garnira ensuite de pain de pollen et de nectar pour nourrir les larves. Contrairement à l'abeille domestique et aux bourdons qui ont des corbeilles sur les pattes où accumuler le pollen, l'abeille mégachile a une brosse sous l'abdomen où elle stocke le pollen.



Une autre espèce d'abeille (indigène) qui semble s'intéresser au pollen cette fois.


À quelques centaines de mètres de chez moi on a installé des ruches d'abeilles domestiques dans un jardin entouré d'une haute muraille de pierre grise. Depuis l'an dernier j'observe donc des abeilles à miel un peu partout dans le quartier et elles visitent mon lierre de Boston. Il y a quelques semaines c'était ma vigne vierge, le Parthenocissus quinquefolia, qui avait la même attention de tous ces insectes. (Voyez aussi  ce billet du 7 mai)



Il y avait aussi cette fourmi assez pressée.


Je savais que cette plante est mellifère, mais je n'avais pas observé directement la chose. La quantité de nectar n'est même pas visible… mais son apport (la quantité) en nectar est réputé excellent. Je ne sais pas si c'est à cause du grand nombre de fleurs ou peut-être que la petite la production de chaque fleur s'étend sur plusieurs jours. Cela fait néanmoins un excellent miel, "riche, foncé et fruiteux" dit-on. Je n'y ai pas goûté.


Je n'ai pas photographié les bourdons (genre Bombus) qui y prennent du pollen et du nectar et les guêpes (Vespula et autres) qui avaient aussi à faire par ici dans la grande verdure du lierre de Boston.


Les feuilles bien colorées à l'automne signale la disponibilité des fruits.


Outre le simple verdissement ou les services environnementaux de régulation de température et de filtration de l'air le Parthenocissus a donc des fonctions écologiques importantes en milieu urbain. Il représente une ressource pour de nombreux Hyménoptères.


En plus maintenant je sais qu'il fait du miel et celui qui sera produit dans le quartier aura un peu de nectar de mon lierre de Boston. Mais je ne pense pas avoir l'occasion de goûter à ce miel de mur.






La fourmi, toujours pressée, s'en retourne, nous menant vers d'autres aventures, loin de mon balcon cette fois: vers le fleuve Amour.








jeudi 29 septembre 2011

Tard nectar (extension estivale)




Acer saccharum (érable à sucre, Sugar maple)

Nous arrivons à la fin septembre à Montréal (enfin, un peu partout aussi, je crois) mais la température est remarquablement assez délicieusement clémente (c'est dire…). Avant- hier avec la porte arrière grande ouverte une abeille à miel est entré chez moi! Il y a des ruches pas loin, à vol d'oiseau (ou d'abeille), ça fait environ 500m? Il s'agit d'un exercice contrôlé d'apiculture urbaine dans le jardin emmuré des Hospitalières à l'Hôtel-Dieu. C'est au pied de la montagne et je devais justement y aller hier. J'y suis allé.



 Apis mellifera, abeille domestiquement mielleuse, Honey-bee.

Dès que j'arrive une grosse abeille dorée, mielleuse et lente! À pas douter, aucune abeille n'ayant ce vol régulier et assuré, c'est Apis mellifera, l'abeille à miel. Et comme celle d'hier dans ma cuisine, elle vole bas, lentement. Le nectar (et apparemment le pollen aussi) de ce tardif Cornus en fleur est encore disponible. Si tard dans la saison les insectes étaient nombreux à en profiter… et tous étaient lents… il fait beau mais la tiédeur de l'air les ralentit quand même un peu.



Polistes dominula, la guêpe poliste, European paper wasp.


Cette guêpe est intolérante des abeilles et les chassait, ne voulant pas partager la ressource sucrée. Elle aussi était assez lente même dans sa mauvaise humeur…



Placide bourdon (Bombus sp.), il sera actif bien tard dans la saison.


Ce Bombus ne se fait pas embêter par la guêpe toutefois... Ces abeilles récoltent aussi du pollen et du nectar pour la couvée et dans ce cas-ci c'est pour son propre compte. Les colonies de bourdons sont souvent terrestres et bien plus petites que celles de l'abeille à miel. Ces abeilles sont néanmoins d'importantes pollinisatrices travaillant bien tard dans la saison ou tôt le matin quand il fait trop froid pour l'abeille à miel.





J'ai de plus vu cette coccinelle mais j'ai pas réussi à photographier quelques petites abeilles noires et des fourmis… Tout ce monde profite du tard nectar du cornouiller. Que faire d'autre avec si belle extension estivale?




Grande lampée de nectar et pollen plein la patte.


Je n'ai pas vu (ni entendu) de cigales, mortes d'avoir trop chanté sans doute.



Mais tout ça c'était hier et avant-hier… le temps est redevenu 'normal' aujourd'hui…



mardi 10 mai 2011

Dans un terrain vague près de chez vous…










...près de chez moi en tout cas! L'année dernière quelqu'un a planté un pin blanc mais il n'a pas survécu. Faute d'arrosage je crois. Espérons que ce "cèdre" (Thuya occidentalis, Northern Whitecedar) reçoive les soins nécessaires: de l'eau! À cette échelle (un arbre) le Guerilla Gardening devient de l'horticulture. Je ne sais pas qui a planté cet arbre, on verra par la suite s'il survit.







Les abeilles sont de retour au Champ des Possibles. Cette année elles sont à temps pour la floraison des pommiers qui ne vont pas tarder! La ruche est encore dans un enclos de maille de poulet. Une affichette sera installée.



Un des nombreux pommiers féraux au CDP.


L'année dernière c'est Mélanie Pitteloud qui tournait un documentaire ici. Le printemps nous amène encore un étudiant de l'INIS:  Jean-Michel Boré (de Nouvelle-Calédonie) s'intéresse à l'apiculture urbaine.





 L'équipe de Jean-Michel Boré et la ruche installée.



Dans un autre des pommiers... 


Désolé pour cette photo vite faite, sans grand soin, c'était à l'ombre et je l'ai fait avec le flash sans aucun réglage… alors ça donne ca! Et qu'est-ce que c'est? C'est une carcasse d'un pigeon biset (Columba livia, rock pigeon) et tout ce qui reste ce sont les ailes. Quel intérêt? Ben… qui chasse les pigeons? Qui laisse tomber sa carcasse dans les arbres au pied d'un immeuble de dix étages?


Falco peregrinus ?

Un couple de faucon pélerin a été aperçu à quelques occasions ici. Peut-être sont-ils de retour?






On l'aime pas toujours mais son déploiement printanier est magnifique: l'érable de Norvège (Acer platanoides, Norway maple) 





On l'aime à peine plus mais il est le grand marqueur du paysage au Champ des Possibles. Il s'agit d'un groupe de peupliers deltoides (Populus deltoides, eastern cottonwood) 




mercredi 6 octobre 2010

Miel de vipérine


Apparence de la rosette de la vipérine la première année.

Echium vulgare, la vipérine commune, est une plante bisannuelle rudérale originaire d’Europe que l’on trouve maintenant en Australie et Nouvelle-Zélande, partout en Amérique du Nord, en Afrique et Amérique du Sud, au Japon, etc. Assez commune dans des sites au sol caillouteux, secs et ensoleillés, c’est souvent une des premières espèces à coloniser un tout jeune terrain vague ou une friche industrielle. Il lui arrive même d’être une espèce dominante (pour quelques années du moins) dans certaines circonstances favorables. En général elle se contente plutôt de faire une touche de bleu bien appréciée par les insectes et les visiteurs bipèdes dont je suis.




Les couleurs de la vipérine

La couleur de ses fleurs est déjà une bonne indication de la famille à laquelle elle appartient. Avec les bleus myosotis et la bourrache, bleue aussi, elle est de la famille des Boraginacées. Les boutons et la fleur de la vipérine qui vient d’ouvrir sont rouge rosé. Puis la fleur devient bleu-pourpre, passant ensuite au bleu. Il y a aussi des fleurs qui sont véritablement blanches ou roses pâles et pour rendre compte de ces formes ont a nommé: E. vulgare forma albiflorum R. Hoffm. et E. vulgare forma roseum F. Zimm. Ces deux formes se trouvent à Montréal et les ayant vu parmi des colonies de la forme habituelle (bleue) je ne crois pas que le pH du sol ou une autre condition environnementale soient responsables des couleurs différentes.

 Voyez la forme blanche ici dans un autre billet.



C’est une de ces mauvaises herbes dont on a enfin trouvé une “vertu”* dans le Nouveau-Monde. Elle est nectarifère et pollinifère: elle produit du nectar et du pollen. L’expression “mellifère” est probablement à éviter, parce qu’elle ne produit pas de miel...ça c’est le travail des abeilles et des apiculteurs!

*What is a weed? A plant whose virtues have not been discovered. Ralph Waldo Emerson (1803-1882)



L’inflorescence est une cyme scorpioïde, elle est enroulée sur elle-même, un peu comme une queue d'un scorpion et comme chez certains myosotis. Les cinq étamines et le style bifide (divisé en deux parties) projettent au-delà de la corolle. Ce qui fait toute la valeur de la vipérine commune pour les abeilles (l’abeille domestique, abeilles sauvages et papillons!) est sa longue période de production d’abondant nectar dans des fleurs profondes qui empêchent son évaporation par grand soleil ou sa dilution quand il pleut. La plupart des plantes à nectar n’en produisent qu’à certains moments de la journée alors que la vipérine en produit toute la journée.





Le miel de vipérine (que je n’ai ni vu ni goûté) est assez généralement décrit comme étant de couleur ambre clair avec un parfum suave, excellente une saveur des meilleures, une texture épaisse avec une cristallisation lente. L’appelation “vipérine” n’est pas toujours spécifique, de nombreuses espèces appartenant au genre Echium se trouvent en Europe et en Méditerranée. Et plusieurs sont utilisées pour faire du miel dont la vipérine rouge ou vipérine de Ténérife (Echium wildpretii) aux îles Canaries.




 L'apparence au printemps d'une rosette après un hiver sous la neige.

On produit du miel de vipérine un peu partout dans le monde et j’ai une curiosité particulière pour celui produit dans les hautes montagnes de l’Atlas central en Afrique du Nord. Ou celui de la Nouvelle-Zélande où cette mauvaise herbe envahissante qui “couvre les collines centrales de l'île du sud, en mer de couleurs bleues brillantes pendant les mois d'été” est devenu une ressource importante. Au Canada l’espèce est abondante en Ontario où on en fait du miel. Il est intéressant de noter qu’ici de nombreuses mauvaises herbes sont en fait des plantes dont on fait des miels unifloraux en Europe. Il n’est pas difficile d’imaginer le potentiel d’utilisation de ces plantes négligées pour une production de miel dans les espaces résiduels en milieu urbain.




Lotus corniculatus, de la famille du trèfle: les Fabacées.


Il serait même intéressant d’étudier son adaptabilité en vue d’une utilisation pour les toits verts qui semblent souffrir d’un manque cruel d’imagination en fait de choix de végétaux. Je la vois assez facilement faisant des taches bleues dans des tapis jaunes de lotiers corniculés, une autre plante adaptée à des milieux pauvres et secs, et mellifère...euh...nectarifère!

mardi 2 juin 2009

Time is honey

Miel de pays garanti pur géranium de balcon, pur coquelicot de chemin de fer, pur pissenlit de friche urbaine.





C’est Kyra, un lecteur une lectrice (!) de ce blog, qui m’a fait connaitre Olivier Darné, artiste en résidence nomade, apiculteur urbain. Darné installe des ruchers sur les toits et ses miels gagnent des médailles à chaque année dans les concours agricoles!

Son miel de béton est une appellation d’origine et concentre les saveurs des espaces urbains: friches et trottoirs, jardins et balcons, “un butin du ciel”.