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samedi 23 mars 2013

Lectures du samedi




Voyager dans le temps.

 

Le Châtaignier d'Amérique (Castanea dentata) a dominé de tout temps les forêts de l'Est du Continent (on le trouve en Ontario et au sud de nos frontières). Un champignon parasite (Cryphonectria parasitica) l'a maintenant décimé et l'arbre est en risque sévère de disparition.


Chez Phenomena (National Geographic) un excellent article de Carl Zimmer sur la "dé-extinction" de l'arbre aux prises avec cette maladie venue d'Asie où les châtaigniers sont résistants: Resurrecting a Forest




 Cow Bay, île de Flores. Photo: Adrian Dorst
 

Même les nos cousins homininés l'ont fait: jusqu'à l'île de Flores! Si comme moi vous vous intéressez à la biogéographie, une excellent article sur ces mammifères et autres animaux qui ont voyagé en radeau: Setting sail on unknown seas.





Un autre aspect, moins plaisant, de la biogéographie: les espèces indésirables. Lisez sur La situation sur la lutte à l'Agrile du frêne (Agrilus planipennis).






Pour avoir un point de vue différent sur l'apiculture urbaine et le green-washing:









Photo By Toppan Printing

 

Et en terminant une lecture que vous ne pourrez faire (c'est en japonais pi… c'est une photo…) Le plus petit livre du monde "Shiki no Kusabana". 



Pique-niquer sur le temps...



Bon et beau samedi, demain ce sera encore un peu mieux... un peu de soleil!






mercredi 13 mars 2013

Jardins de Chômeurs





Coupure du quotidien  La Presse, années 30


Faisant suite à mes quelques billets sur l'histoire de l'agriculture urbaine à Montréal une lectrice de Flora Urbana m'a fait parvenir cette coupure de presse du quotidien La Presse. (répétition bien involontaire…)
 

Une pièce bien intéressante à verser dans le dossier! Dès que j'ai reçu ce document je me suis mis à chercher (sur le web) quelques informations à propos de ces "jardins des chômeurs". À vrai dire je n'ai rien trouvé de plus que quelques brèves anecdotes. À l'évidence c'est un sujet qui mérite et a bien besoin d'une recherche historique plus poussée! 
 

Sur la coupure on a quelques noms de personnes et de lieux. C'est un bon début. Peut-être trouverais-je le temps de relever quelques autres informations? C'est le printemps et mes projets me pressent… La balle
(ou le melon) est dans votre camp chers lecteurs, si vous trouvez des documents ou photographies ayez la gentillesse comme Élaine de me les faire parvenir.
 
 

 Pommier sauvage au Champ des Possibles.

 

Je vous cite en partie le courriel d'Élaine:



"Pour faire suite à votre chronique du 27 février et faire avancer la CEAUM, je vous envoie un scan de l'article de La Presse sur les jardins des chômeurs. Année de parution inconnue, mais je présume que ça date du début des années 30.

Sur la photo du haut, 3e personnage à partir de la gauche, on voit un grand sec, Joseph-Edmond Caya (1882-1941) (grand-père de mon conjoint). Il était agronome, très impliqué dans l'organisation de ces jardins. Apparemment, il organisait des rencontres de cuisine pour conseiller les urbainculteurs de l'époque. Il résidait sur la 3e avenue près de Masson. Voilà tout ce que je sais de cette histoire.

L'ampleur de ces jardins démontre que l'agriculture urbaine a été essentielle pour la survie de nombreuses familles et que cette pratique a durée de nombreuses années (la photo aérienne date de 1947).  Puis, la grosse machine économique s'est mis à rouler comme une débile... les jardins ont fait place à rues, trottoirs et bâtiments.

Le contenu de votre blogue est toujours très intéressant, bravo! Je vous souhaite bonne continuité!!!

Elaine Fournelle"


 Vue indirecte et elliptique sur de l'agriculture urbaine au CDP

 

Merci Élaine, c'est sûrement apprécié de tous les lecteurs! De ma part assurément! J'ai quelques autres jardins repérés à vous montrer sur les photo aériennes de 1947-49. J'y reviendrai, mais brièvement... je dois voir à mes arbres bourgeonnants!



Mes billets sur ce sujet:

Jardins, Botanique et autres


PS: Je suis à lire "Une histoire des Jardins du Québec" de Daniel Fortin. Je vous en parle bientôt!



dimanche 3 mars 2013

Jardins, botanique et autres




Photo (kolorifiée par FU): Archives Ville de Montréal, 1947


Je continue mon voyage dans le temps grâce à ces photos aériennes datant de 1947-49 mises en ligne par les Archives de la Ville de Montréal. Je me demande s'il n'y aurait pas d'autres séries, plus anciennes, qui dorment quelque part... La complète disponibilité de ces documents, publics faut-il le rappeler, permet tant d'intéressantes études. 

Ci-haut nous voyons encore quelques potagers installés partout, selon l'opportunité. On devine que certains seront disparus l'année suivante: le quartier est en plein développement. 


Encore ici ce ne sont que des observations préliminaires, en colorant j'ai peut-être manqué ou ajouté des petits bouts. On fera une analyse plus poussée une autre fois. Comme pour Rosemont (le billet ici) il y a peut-être des coïncidences entre la présence d'un potager sauvage d'autrefois et un espace vert présent de nos jours? Un aspect intéressant de la généalogie des espaces verts.


Il y presque 4000 photos aériennes à explorer! J'ai du matériel pour toutes sortes d'études! Agriculture urbaine des petits potagers, bien sûr, mais aussi mon projet sur le Bocage urbain (ici, ici et ici) et la localisation de haies d'origine agricole. Ces dernières aussi ont un étonnant pouvoir de survie et, en plus, de continuité biologique.


Quoiqu'il en soit, avec cette photo datant de plus de 70 ans, vous conviendrez que les montréalais savaient utiliser le territoire!






Angus a été démantelé et il ne reste que des vestiges décoratifs selon un romantisme post-industriel de rigueur. Les ormes du Château sont encore présents sur la rue Sherbrooke et nous avons donc un âge minimal à leur donner.


Pour situer cette photo: le Jardin Botanique est au coin de Sherbrooke et Pie-IX. Voilà!






NB: le petit truc (ci-haut) servant à la recherche sur le site ne semble plus fonctionner. Désolé! je ne vois pas très bien pourquoi et j'essaie d'y voir...




jeudi 28 février 2013

Jardin disparu




Archive VdM, 1947. Google, 2008.

Un autre jardin, disparu! Beaucoup d'institutions religieuses possédaient des jardins, des potagers ou des arboretums. Les potagers ont évidemment tous disparus.


Partie gauche du photomontage: l'Institut des sourdes-muettes, sur la rue Saint-Denis à Montréal.

1- rue Saint-Denis
2- rue Berri (c'est ma rue, j'habite à un coin de là...)
* un potager à l'époque


Partie droite du photomontage: le site tel qu'il apparaît aujourd'hui. Outre qu'on ai grignoté sur trois côtés le terrain de l'Institut on a remplacé le potager par un élevage de bagnoles. L'incubation des bagnolettes exige une chaleur constante. D'où la nécessité de couvrir tout l'espace d'asphalte. Ça fonctionne assez bien.




Photo:  Société d’histoire et de généalogie du Plateau Mont-Royal



Ci-haut le même édifice avant qu'il ne prenne sa forme actuelle par démolition et ajout d'ailes supplémentaires. À droite c'est la rue Berri avec un petit bout de trottoir de bois...










mercredi 27 février 2013

Jardin du désir, agriculture urbaine




1947: JD, jardins désirés. 2008: JC, jardins conservés?

 

Qu'en est-il du désir de verdissement en milieu urbain? Qu'en est-il des questions des friches, de l'agriculture urbaine ou de la biodiversité urbaine?


Comparez les deux photos aériennes ci-haut du même secteur de l'Arrondissement Rosemont-Petite-Patrie à Montréal. À gauche, détail d'une photo datant de 1947 (d'après Archives VdM) et à droite une photos tirée de Google Earth datant de 2008.
La ligne rouge indique la rue D'Iberville. Désolé pour l'imperfection du repérage des deux images. J'ai indiqué par JD (jardins désirés) et les flèches toute une mosaïque de petits potagers aux contours irréguliers. C'est un parallèle intéressant aux lignes de désir (les sentiers spontanés qui traversent en diagonale les terrains vagues). Tous les deux sont en effet des produits spontanés en dehors de toute planification officielle. Dans le coin inférieur gauche, sur les deux images, vous voyez tout juste la courbe de la voie ferrée du Canadien Pacifique. C'est la frontière avec mon arrondissement (Plateau-Mont-Royal).


Un avant/après très intéressant. Et ce constat n'est possible que par l'accès libre (en ligne!) aux données... publiques. Passons... Les jardiniers d'autrefois ont-ils eu une influence sur l'emplacement du parc Rosemont par exemple? C'est ce parc que l'on voit sous mon "JC". D'ailleurs il est aussi intéressant de constater qu'il semble de plus avoir un vestige des anciens potagers (à la flèche verte JC).




Toute une mosaïque du désir. Vue rapprochée des potagers sauvages(?).
 

J'ai été souvent frappé de constater que bon nombre des acteurs verts actuels (professionnels, activistes "communautaires" ou simples citoyens intéressés à ces questions) étaient en fait de nouveaux urbains, de récents expatriés de la campagne ou des régions hors des métropoles, souvent de jeunes étudiants. Pour ces derniers, peut-être est-ce le désir de propriété (faire foyer, famille) qui se cache derrière les pratiques contemporaines d'appropriation de l'espace urbain? 


Peut-être que ce sont tous ces désirs plus ou moins convergeants qui explique la soif de vert? Et la pluralité des points de vues.


Les immigrants (Italiens, Grecs et tant d'autres) ont toujours eu des potagers sur leur propriété à Montréal. Ils étaient bien souvent aussi des jardiniers-squatters s'installant sur des friches, terrains vagues ou le long des voies ferrées. Guerilla-gardening et agriculture urbaine ont en effet une longue histoire...



Les environs de la Falaise Saint-Jacques et de la gare Turcot.


J'avais été ravi de déceler des potagers entre le ballast et l'acier des voies ferrées et le roc de la falaise Saint-Jacques (ci-haut) à la gare de triage ferrovière Turcot d'autrefois. Vous les voyez à gauche sur une photo aérienne datant des années trente. Encore ici JD et les flèches indiquent les potagers polissons. À droite une photo de Google Maps datant de 2008 environ. S'il n'y a plus de potagers on y trouve (accidentellement cette fois) quand même un boisé linéaire.


Sur la photo aérienne de Rosemont on trouve donc des jardins de proximité, probablement installés sauvagement. Dans les années 40. Des groupes de squatters s'accordant à faire de l'endroit désolé, en transition, un bout de campagne? Notons qu'à peine deux ou trois décennies auparavant il y avait vraiment des terres agricoles à cet endroit. Le sol y était probablement très bon. Un paysan italien récemment immigré aura tout de suite deviné quoi en faire... 




Lignes de désir et jardins du désir ont tous deux laissé des traces encore visibles. Des non-activistes(?) d'autrefois ont influencé l'aménagement de leur patelin. L'empreinte sur le nouveau territoire faisant écho à l'empreinte de leur campagne d'origine dans leur coeur. Avec les immigrants d'autrefois les jeunes (et moins jeunes) d'aujourd'hui partagent cette volonté de prise du territoire. L'herbe est toujours plus verte où il y en a!





jeudi 23 août 2012

Ruelles et autres lieux






Récolte dans une ruelle. Pas mal, non? Je ne connais pas les 3 variétés de vignes (les cépages) dont les raisins ne sont pas encore mûrs. Sauf les plus petits à droite, assez bons. La figue, mûrie dans l'arbre, savoureuse comme jamais, est le produit de cette agriculture urbaine de toujours. Les grecs et les italiens ont toujours eu des potagers en ville, poussant la reconstitution de leur bout de terre natale jusqu'à faire dans la figue.


À la goûter on comprend...

 
Sur la photo, une petite partie donc de ce qu'on peut trouver dans une ruelle. En fait les cerises de Virginie, très astringentes mais à portée de mains et aimées des enfants, viennent du Champ des Possibles par où je suis passé en revenant de cette ruelle du Mile End avant-hier.


Je suis toujours en vacance de blog, occupé à quelques autres choses. Bientôt je vous parlerai du Bioblitz de samedi dernier au Champ des Possibles. Et de ruelles vivantes. Et quoi d'autre encore?


Ah, oui! J'attends vos billets et photos pour le Festival Flora Urbana. Vous me direz : l'été a été bon? La récolte, bonne? Quel fruit le temps a-t-il produit? Quel est son goût?


À bientôt!




vendredi 20 juillet 2012

Drummondville, Chou!






Dans une ville de province (Drummondville) un couple se met en tête de transformer le terrain devant leur propriété en potager. Ce n'est pas permis! Dans le conformisme qui nous caractérise ce simple fait devient matière dangereuse. Un conflit qui prend d'assaut la planète!







L'été c'est fait pour qu'il ne se passe rien. Alors pour les médias de la farniente une patate chaude ou une tomate juteuse c'est toujours bienvenue! À Drummondville votre-devant-de maison-qu'on-voit-quand-on-jette-un-oeil-sur-ce-qui-nous-regarde-pas-ne-doit-pas-faire-la- démonstration-de-votre-incivilité.

Pas de potager donnant sur la rue. Ce pourrait être une influence néfaste! L'urbanisme de la réglementite nous entraîne vers des sommets de bêtises. Surpris?





Les armes de Dummondeville se (re-)blasonnent-elles ainsi?


 
Étant normalement râleur, sceptique et de mauvaise foi (tous les goûts se mêlant dans ma tendre nature) je ne ferai pas enquête sur ce couple à l'air louche et probablement payé par l'industrie du divertissement pour nous offrir un beau creux d'été...

...à moins que ce ne soit la Brillantissime Cité de Drummond-sur-Saint-François elle-même qui, lors d'un brain-storming visant la promotion de sa valeur foncière vascillante (et ayant peut-être sniffé un peu trop de Erythroxylum coca) a machiavéliquement décidé de prendre un tournant vert. On a vu pire!


Toute la gloire de la Cité est d'être à mi-chemin entre Québec et Montréal. Maintenant elle est au centre du monde...


 






En guise d'appui aux Jardiniers Offenseurs, Le Vienna Vegetable Orchestra fera un concert bénéfice au parc Woodyatt. N'apportez vos enfants. Ils y prendraient de mauvaises habitudes (surtout à cause des zucchinis...)




Vous trouverez toute l'information sur cette page du blogue Le Potager Urbain :

Ne manquez surtout pas le billet de Laurent Gloaguen :
Terrorisme potager à Drummondville



samedi 4 février 2012

Fraises en février






La saison des fraises locales s'étend des deux côtés : on a maintenant des fraises tard en automne puis au mois de mai l'année dernière arrivait des fraises produites en serre par Olivier Leblanc près de Sainte-Marthe. Mais jeudi j'ai goûté à des fraises de Montréal en février. Aux frais(es) de la princesse.





J'ai traversé la grise gadoue du boulevard l'Acadie et je suis allé visiter les  Fermes Lufa pour un article à publier dans la revue Plaisirs de Vivre. La production en serre se développe un peu partout mais dans le cas de Lufa, c'est en ville. Un modèle d'agriculture urbaine à étudier.






Comme je préparais justement un billet pour ici sur Flora Urbana puis un autre chez Huffington Post… on verra comment tout cela sera répartit un peu plus tard, je dois maintenant goûter aux tomates...


S'il était difficile d'imaginer il y a pas longtemps des fraises en janvier*, celles de févriers, ben… je les aurai goûté!



*Evelyne De la Chenelière (comme une fraise, justement...oups!) a écrit une pièce de théâtre intitulée Les Fraises en Janvier sur l'improbable de l'amour. Je n'ai pu la rejoindre et je ne sais pas si elle ré-écrira sa pièce à la lumière des développements récents.



Je suis aussi allé au Nunavut à l'invitation de Ken Jennings. Pour aller visiter l'île Victoria (au frais de Google Maps). Cette île c'est...




 ... une île ...




... sur un lac …




 ... sur une île …




 ... sur un lac …




... sur une île ...






... loin au nord ...






... du Nord ...





... du Nanavut ...





... où les fraises ...






... ne poussent pas encore!