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vendredi 13 décembre 2013

La flore nordique du Québec et du Labrador



Flore nordique du Québec et du Labrador. PUL.

L’ouvrage de référence la Flore Laurentienne de Marie-Victorin ne couvre que le Québec méridional. L’identification des espèces plus au nord reposait bien souvent sur des ouvrages traitant de territoires nordiques voisins, somme toute assez différents au niveau de la flore. Avec ce nouvel ouvrage traitant de 800 espèces des régions nordiques du Québec et du Labrador, un besoin vient d’être admirablement comblé.

En quatre volumes… « La description botanique de chaque taxon est accompagnée de photographies des plants et des organes présentant des caractères diagnostiques, d'une carte de répartition et d’un commentaire sur l’écologie et l’habitat de chacun d’eux. »


Flore nordique du Québec et du Labrador. PUL.

Dans une mise en page un peu maladroite le livre est illustré de nombreuses photographies donnant beaucoup de détails. La plupart des photos semblent (je n’ai pas vu le livre) toutefois prises sur des spécimens d’herbier, secs et pressés donc… Pas toujours réjouissant! Il est quelquefois bien utile de voir le port naturel, vivant, d’une espèce afin d’aider à l’identification. Ou d’intéresser tout le monde. L’ouvrage est assurément pour les « vrais » botanistes. Et avec ses quatre volumes il n’est pas pour tous les sacs à dos… ou les bourses! 90$ pour ce premier volume!

Certains efforts didactiques semblent mieux réussis: les planches montrant les types de feuilles ou d’inflorescences par exemple. Mais ici aussi du point de vue graphique on aurait pu faire mieux…

Je ne veux pas être trop désinvolte devant une somme de travail considérable, partagée par de nombreuses institutions, herbiers, botanistes, etc., je ne parle que de ce que j’ai vu (communiqués, extraits et pages web). De toute façon il n'est pas inutile de traiter des aspects
« d'édition » d'un... livre... Ni de son accessibilité ou du public qui, somme toute, a financé l'opération. Je vérifierai à la bibliothèque si le livre y est arrivé. J’aurai alors une appréciation botanique et scientifique plus juste…

J’attend toutefois avec curiosité:

« un site Internet interactif sera créé afin de faciliter la recherche dans la banque de données électroniques, de générer des cartes de répartition des taxons ou de données relatives aux spécimens qui n’apparaissent pas dans l’ouvrage publié et d’afficher les détails de chaque spécimen d’herbier saisi dans la banque de données. »



Pour vous le procurer: 

Flore nordique du Québec et du Labrador. Tome 1. Sous la direction de Serge Payette. Presses de l’Université Laval. ISBN : 978-2-7637-2079-1 89.95 $ (cliquez ici)

Le livre est aussi disponible en format électronique (un malheureux PDF…) pour le même (!) prix. De plus vous pouvez l'avoir en location. 10$ pour 21 jours… drôle d’affaire… (cliquez ici)


mardi 5 novembre 2013

Un plein rayon dans l'anti-bibliothèque



Projet "Teuscheriana", 2006

Lors d'événements publics, au Champ des Possibles et ailleurs, on me présente comme connaisseur de l’écologie urbaine (ou expert, même si je n'en ai pas cette prétention). Il arrive qu'on me dise spécialiste de la flore urbaine, on fait même l’impair de me dire botaniste (mais pourquoi pas?). Je ne suis pourtant qu'un auteur et essayiste… Et j’utilise en fait par commodité le terme de naturaliste (suivi de "urbain"). Donc, voilà: naturaliste urbain! C’est assez juste et puisqu'avouer qu'on est un artiste vous disqualifie en général pour des sujets plus sérieux...


Projet "Teuscheriana", 2006


Les gens sont étonnés d'apprendre que mon premier livre publié (le Guide la la Flore Urbaine) n’était pas mon premier choix! Non, c'est tout simplement le premier projet qui a été accepté par un éditeur. Je n'ai certainement aucun regret. Le livre s'est bien vendu (pas mal pour le petit marché du Québec) et il se vend encore…

 Projet "Flore du mont Royal", 2006

C’est le hasard qui a fait de moi l'auteur d'un essai sur la flore urbaine. En fait j'avais de nombreux autres projets, assez bien avancés. Je vous ai déjà parlé de ce Guide des Orchidées du Québec. J'avais aussi un projet sur la flore du mont Royal, je vous montre quelques pages aujourd'hui. Enfin il y avait cet autre projet (une simple ébauche cette fois) qui est aussi resté sur les tablettes virtuelles. Il s'agissait d'un album grand format sur les orchidées tropicales avec le titre de Teuscheriana, voulant honorer Henry Teuscher, l’architecte paysager qui a conçu le Jardin Botanique de Montréal, spécialiste méconnu des orchidées justement.


  Projet "Flore du mont Royal", 2006

Si j'ai (ou avais…) quelque expertise que ce soit ce serait du côté des orchidées. J'en ai cultivé des centaines d'espèces (très rarement des hybrides) pendant des décennies. J’ai encore le premier spécimen que je me suis procuré en 1980: Brassavola nodosa. Je lisais aussi avec soif et appétit tout ce qui regardait leur biologie, leur évolution, leur séduction des insectes et des humains, etc. C'est bien l'histoire naturelle des orchidées qui m'intéressait. Pour moi une bonne lecture c'était quelque chose comme Phylogeny and Classification of the Orchid Family de Robert Dressler. Je lisais comme un véritable feuilleton ce qu'écrivait Kenneth M. Cameron sur la biogéographie et la phylogénie moléculaire de la sous-famille Vanilloideae... Les orchidées m'intéressaient un peu...

Le livre aurait été pas mal...

L'anti-bibliothèque de tous les livres inachevés ou non-publiés est immense! Je suis assez fier d'y avoir un plein rayon...





mercredi 28 août 2013

Haie, bocage, etc.




J'utilise ces termes et je sais bien que ça peut sembler abusif... le mot "haie" n'est que peu utilisé par ici alors que "bocage"... presque jamais. Pour moi ce dernier n'est qu'un terme de géographie ou d'écologie du paysage comme rivière, montagne ou plaine et il peut s'appliquer partout en milieu anthropique. Il n'y a pas de dénomination d'origine contrôlée... genre vin de Champagne, méthode champenoise...

Ainsi la haie est simplement une forme linéaire végétalisée. Elle peut être composée seulement d'herbacées ou structurée avec une stratification complexe (strates herbacée, arbustive, grands arbres). Le bocage est lui une organisation du territoire à une échelle plus grande. Il s'agit du réseau végétal interconnecté (ou interconnectable...) de boisés, bosquets, haies, friches, etc.

On peut donc dire "bocage urbain", en parlant peut-être plus du potentiel... C'est de ce côté que se porte mon regard.

Sur l'illustration ci-haut j'ai superposé (en vert foncé) les haies, boisés, vergers (aujourd'hui disparus) de 1949 et l'état des lieux en 2008 (en vert pâle). J'ai justement visité certaines de ces haies en 2011. Si riches en espèces et si denses! C'est un bocage agricole... au potentiel réalisé.



Ci-haut c'est justement une de ces haies, artistiquement représentée vintage... Afin de mieux faire ressortir sa forme j'ai effacé les haies qui étaient soit perpendiculaire ou à l'arrière-plan. Ça ressemble assez au Champ des Possibles...

Le bocage agricole de l'île Bizard est intéressant: il y a des boisés anciens, des plus jeunes, des friches, des ruisseaux, etc. Et encore de l'agriculture. Malgré cela les haies sont en croissance et en enrichissement. Ailleurs on les rase. Je ne sais pas pourquoi ni comment on les laisse croître et ce n'est pas le propos... Le propos est que les haies sont des formes paysagères écologiquement fonctionnelles, utilisables aussi en milieu urbain afin de connecter les boisés, parcs naturels, friches etc. 

La biodiversité urbaine se trouve dans une mosaïque mal connectée. Y remédier me semble possible... On peut se plaindre de la disparition des habitats ou en fabriquer...

De toutes façons, les haies se fabriquent et s'enrichissent, se complexifient et s'étendent toutes seules en ville. Pour peu qu'on les remarque ou les laisse évoluer un temps... Je n'invente rien en parlant de haie et de bocage urbain... je n'ai fait que trouver un nom fancy pour une réalité écologique déjà devant nous. J'ai des exemples de haies urbaines mais c'est pour cet essai que je compte bien publier fin octobre. Faire une application pour iPad est totalement gratuit ce sera peut-être par ce moyen que je le publierai? Une version PDF serait alors aussi disponible pour ceux qui n'ont pas de iPad. Peut-être qu'une version "livre" (imprimée sur des arbres morts...) sera-t-elle disponible, à travers l'impression sur demande?

On verra! Pour l'instant à part mon travail sur les arbres, j'avance le travail sur ce Bocage Urbain, le titre de cet essai si vous ne le saviez pas.




samedi 8 juin 2013

Aubépine inconnue




Je suis tombé sur ces couvertures de livres et d'une partition musicale, réunies par le mot-clé "aubépine". L'arbre est aussi peu connu que tous ces auteurs!

Je n'ai pas trouvé grand chose sur cet auteur de littérature féminine: Françoise Dorys est un pseudonyme de Gabrielle Paris. Mais je ne sais rien de plus!

Quant à Armand Meunier, outre qu'il composait de la musique militaire et publiait des méthodes au 19e siècle, je n'ai rien trouvé rapidement...



Jean Anglade, né en 1915 et apparemment toujours vivant. Il publie encore chaque année!  Des romans, essais, biographies, etc. ce livre a été publié en 1995. Il n'aime pas qu'on le dise auteur régionaliste.

Daniel-Adrien Rol, né à Bourges en 1951. "Il a vécu six ans dans une forêt du Haut-Berry subsistant de petits riens, exerçant son esprit à vivre avec les arbres entre méditation, solitude et travaux d’écriture."

Autant d'auteurs que je ne lirai pas ou n'entendrai jamais. 



En terminant cette photo prise au Rapide du Cheval Blanc. L'aubépine n'est pas identifiée (pas encore, je vais m'y essayer plus tard…). Mais j'adore cette vue sur un geste intime de l'insecte: s'abreuver d'un nectar dont nous (les humains) ne savons rien.

Au fait, les insectes (encore plus une espèce hyper-sociale comme la fourmi) ont-ils une intimité?


mardi 16 avril 2013

Des classiques de retour




Mes copies de ces livres


L'éditeur Fleurbec fait une ré-édition des tomes 1 et 2 de Plantes sauvages des villes et des champs. Je n'ai pas encore vu mais on nous annonce une amélioration ou le remplacement des photographies, couvertures et formats. Dommage qu'ils n'aient pas pensé à en faire qu'un seul ouvrage. Des classiques qui auraient pu en être un!



En librairie ou chez l'éditeur vers le 30 avril. Commandez ici: Fleurbec





Triton vert juvénile, Eastern Newt, Notophthalmus viridescens viridescens



Pour terminer, un rappel de ce site de référence: 


mardi 27 novembre 2012

Radiographie florale




D. Taskera 1937 


La lumière visible et les rayons X font partie du spectre électromagnétique mais chacun a des photons de différentes longueur d'ondes. Les plantes n'utilisent qu'une partie du spectre lumineux (de la lumière visible...) pour la photosynthèse.






Les photographes disposent d'un choix un peu plus grand et les radiologistes ont droit eux à un regard bien différent…  



Steven N. Meyers
 
Visitez ici le site de Steven N. Meyers.


Un autre radiolo-photographe est Albert Koetsier, son site est ici  

Voyez son livre (magnifique et… luxueux…) dans son intégralité (en petit…) chez Blurb.


Albert Richards

 

Plus d'image de Albert Richards ici et ici note bio ici.



Albert Richards


Ces fleurs de cyclamens me rappelle celles-ci (de mon moi-même):







samedi 20 octobre 2012

Encore au Parc Lafontaine






Quelques jours d'automne des plus beaux à Montréal. J'avais quelques spécimens à chercher et comme je passais par le Parc Lafontaine... Mes explorations me mènent souvent au plus proche! Ce doit être à cause du titre de ce blog. Dans un des lieux qui me sont les plus familiers je prends mon temps et je prends des chemins moins habituels. Comme si la lumière de cette saison permettait un renouvellement du regard. Les pieds me tirent. Sous un nouvel éclairage (pourtant régulier, c'est saisonnier!) j'ai fait quelques vues et détails.

Ci-haut, le splendide Euonymus alata. Il serait peut-être plus facile de dire Fusain ailé? L'arbuste repose ses feuilles et prend ces couleurs qui sont aussi étonnantes que celle des fruits.



Comment dit-on 'ouf' en latin? OUV?


Chaque automne je ne manque pas d'aller faire un tour du côté de cette ligne de chêne des marais: Quercus palustris. Notez la progression colorée du feuillage depuis la gauche rouge et orangée puis jaune au centre et finalement vers la droite, où les arbres sont encore verts. On ne voit pas sur la photo, mais tout à gauche les arbres ont déjà perdu leurs feuilles. Quelles conditions du sol ou de micro-climat explique cet avancement de saison différencié?  À moins que ce ne soit que les variations individuelles qui expliquent le phénomène, ces arbres ne sont pas des clones après tout. Il y en a même un dont les feuilles sont assez différentes pour suggérer un hybride.






Orme "découvert"...

Puis je suis passé par l'Institut de Santé Publique où j'ai été surpris de trouver un févier épineux pleureur, jamais vu auparavant. J'avais lu sur cet arbre il y a quelques jours seulement alors c'est une heureuse coïncidence. Je suis ensuite entré à nouveau dans le Parc Lafontaine, dans une zone que je ne fréquente plus depuis longtemps. Je passais par ici quand la défunte Bibliothèque Centrale se trouvait sur la rue Sherbrooke. 




Encore ce nouvel orme...


Caché dans l'ensemble standard des érables argentés et des frênes il y a plus de diversité que je croyais... J'ai d'abord vu un orme rouge (Ulmus rubra) (correction: il s'agit de l'Orme d'Amérique) puis un autre orme dont je vous montre quelques photos. Il ne s'agit pas cette fois d'un orme indigène et je doit réserver son identification. Au printemps j'aurai tout un lot de samares furtives à attraper afin d'identifier positivement tous ces ormes qui occupent beaucoup mes recherches.







Et je vous laisse avec ce rare spécimen de nuage...





...et une suggestion de lecture!


Bon weekend!







samedi 30 juin 2012

Flore des Bryophytes du Québec-Labrador






Bon mon silence radio est et sera relatif… je viens de recevoir cette nouvelle :

Vient de paraître : le volume 1 de la Flore des bryophytes du Québec-Labrador.






"La Flore des bryophytes du Québec-Labrador se veut un recensement, une description et un moyen d’identification de toutes les mousses, hépatiques et anthocérotes qui croissent spontanément sur le territoire du Québec et du Labrador. On y trouve des clés d’identification des genres, des espèces et des taxons infraspécifiques et, pour chaque taxon :

- une description suffisante pour sa reconnaissance, 
- au moyen de traits saillants et caractéristiques;

- une indication de l’habitat et des préférences écologiques;

- une carte de la répartition connue au Québec-Labrador;

- des commentaires additionnels;

- une ou plusieurs illustrations montrant les caractères servant à l’identification;

- des références permettant l’approfondissement 
- des connaissances.

Sont aussi discutés ou décrits plusieurs taxons qui sont encore inconnus sur le territoire considéré mais pourront un jour y être découverts. L’ouvrage inclut également des photographies montrant l’aspect général de chaque genre, des illustrations présentant une interprétation artistique de chaque famille, un glossaire illustré, une bibliographie et une annexe proposant des noms français et anglais."




Faubert, Jean, 2012. Flore des bryophytes du Québec-Labrador. Volume 1 : Anthocérotes et hépatiques. Société québécoise de bryologie, Saint-Valérien, Québec, xvii + 356 p., illus.


Trouvez ici le site de la Société Québécoise de Bryologie
Un aperçu du livre est disponible sur le site.


Un travail colossal, j'ai bien hâte de le voir!




Stabat Arbor, the Procédé




Planche 1. Esquisse : une espèce d'amélanchier.



Il y quelques semaines j'ai publié des billets (4 mai 2012 et 9 mai 2012) parlant de la cuisine d'un livre, plus spécifiquement de la détermination de la couverture. L'intérêt a été grand et ce sont deux des billets qui ont été les plus lus sur Flora Urbana… presqu'autant lu que celui sur Pripyat ou celui sur la forêt rouge de Tchernobyl.


Les catastrophes ont heureusement encore la cote. Nous voilà rassurés sur les humains!




Planche 2. Variation sur la planche de l'amélanchier


Aujourd'hui je vous montre un peu la genèse d'une planche botanique du style que j'utiliserai pour mes livres sur les arbres. (je dis "livres" car le projet comporte un album grand format et une guide de poche). Ce ne sont pour l'instant que des approches et des essais… 


Si les billets parlant de la couverture de mon premier guide avaient le libellé "auctor" celui d'aujourd'hui porte le libellé "illustrator". Peut-être un jour ferais-je aussi des billets sur "documentator" et "editor"?




Capture d'écran (Aperture en mode zoom...) Cliquez afin de voir en plus grand...


Cette capture d'écran vous permet de voir la technique que j'utilise afin d'avoir une bonne profondeur de champ même en macro-photographie. Si vous regardez attentivement, chaque photo a une mise au point différente. Portez votre regard sur la feuille dans le haut de chaque image, ici en vue rapprochée dans Aperture, le logiciel de gestion, d'archivage et de pré-traitement de mes photos. Sur l'image de gauche la feuille est floue et sur celle de droite elle est nette. Les fructifications du fongus (rouille du genévrier, Gymnosporangium clavipes) sur le fruit d'amélanchier sont nettes sur l'image de gauche et complètement floues sur l'image de droite. L'image du centre est intermédiaire dans les deux cas. En fait, vous l'avez compris, je fais le foyer sur le point le plus près puis je m'éloigne en m'enfonçant à chaque cliché. Une série de clichés au foyer différent (quelques fois jusqu'à cinq ou six) est ainsi produite.







Les vignettes 1, 2 et 3 sont les clichés avec foyer différencié. 4 est le résultat du logiciel malaxeur (Helicon Focus) qui ne prend que les éléments au foyer de chaque image et les recomposent en une seule image plus nette. C'est une façon de contourner les limites de la profondeur de champ. Puis en 5 je commence le découpage (contre un fond noir afin de bien voir ce que je fais) et en 6 vous avez le résultat. Voilà pour une des trois images qui composent la planche 1 pour l'instant… 

Ce ne sont que des essais et en fait à chaque étape il y toutes sortes de petits réglages, corrections, contraste et netteté, etc…


C'est la technique que j'ai utilisé pour le Guide de la Flore Urbaine. Même si le format réduit ne permet pas toujours d'en voir l'avantage de précision...


La planche 2 (avec l'écorce du tronc) montre une difficulté que je ne soupçonnait pas : avoir de bonnes photos de l'écorce, avec toute la profondeur de champ nécessaire... sans trépied (je suis déjà assez chargé quand je sors...mais faudra peut-être que je m'y soumette!). L'écorce de cet amélanchier sera à reprendre. Et ce doit être fait soit au printemps ou à l'hiver. L'été c'est presqu'impossible il y a toujours l'ombre des feuilles sur le tronc. C'est souvent joli mais c'est souvent aussi une perte d'information. C'est un guide d'identification, vous voyez.




 Capture d'écran : vue du dossier Amelanchier

Chaque élément d'une planche sera ainsi traité et découpé puis placé sur une grande page vierge. Ce travail de découpage permet de modifier la composition à volonté, déplaçant les images qui sont chacune sur un fond "transparent" (un calque dit-on dans Photoshop). Évidemment je ne fais pas ce découpage de précision avec la souris, je me sers d'une tablette à stylet Wacom. Tout le travail graphique se fait avec cet outil qui permet l'aisance de la main pour dessiner ou effacer...





Capture d'écran : vue du dossier Sorbus



Ce projet sur les arbres exige de jongler avec des centaines de dossiers. Pour l'instant j'ai environ 160 espèces, hybrides et cultivars d'arbres documentés suffisamment pour produire autant de planches. Photographe et illustrateur, je suis aussi auteur. De plus donc, à chaque dossier "images" correspond un dossier de recherche (avec références et bibliographie) et un de rédaction (en anglais et en français). Tous ces dossiers sont classés selon l'espèce, le genre et la famille... Je n'ai rien inventé! Merci Linné...

Un des plus gros dossiers est évidemment celui de la familles des Rosacées (environ 45 espèces et cultivars d'arbres et arbustes et il risque d'y en avoir plus...). Pommiers, poiriers, cerisiers, et, récemment abricotier... beaucoup de spécimens à trouver et à goûter! Les amélanchiers font partie de cette famille ainsi que les sorbiers. Je dois dire que le genre Sorbus m'a pas mal occupé, avec quelques difficultés. On trouve en effet pas mal d'hybrides et de cultivars peu connus ici. Je ne me rend pas au Jardin Botanique où une petite étiquette commode me donnerait le nom… et je ne contacte que rarement les proprios d'un jardin privé (jamais l'horticulteur responsable du parc public par exemple, quoique ça viendra probablement...). Le but de l'exercice est de découvrir et d'apprendre en me cassant la tête, mes publications ayant ensuite plus de chance d'être utile à l'amateur, ayant été fait par un amateur.


Enfin c'est la théorie... ou la façon commode de justifier mon ignorance! Celle-ci recule toutefois...




Capture d'écran : vue du dossier Populus


Le travail est de trouver des spécimens d'arbres et d'arbustes sur le trottoir, dans les parcs et les jardins ou dans les espaces naturels de la grande région montréalaise et les noter, souvent avec par une photo in situ, puis les revisiter trois, quatre ou cinq fois et plus afin de prendre des spécimens de feuilles (souvent de différents types selon la croissance ou la phénologie ou même une pathologie ou un insecte), de fruits et d'écorce.

Pour vous donner une idée d'un sous-dossier photo (dans le dossier de la famille Salicacée) bien avancé voici ci-haut celui du genre Populus, les peupliers, qui est maintenant presque complet, le peuplier noir avec ses deux sortes de feuilles (pré-formées et néo-formées) ayant été trouvé cette semaine en fait. Quelques photos de certains spécimens sont à refaire mais l'essentiel est là. Je commence à bien connaître les peupliers!






Pour les amélanchiers je dois refaire les photos de fleurs en studio (pas toujours facile ça!), elles sont trop abimées. Au prochain printemps j'espère!



Avec ce billet je vous annonce que je vais ralentir la cadence de publication sur Flora Urbana. Ce ne sera pas des vacances. L'été c'est la saison occupée pour moi... je dois avoir les photos de tous les éléments en main afin de travailler l'hiver venue. J'ai donc beaucoup de travail devant moi : ce travail sur les arbres, mes projets de livres en auto-publication (Trois Plumes, Le Bocage Urbain et quelques autres…).


La cour est pleine, le champ est libre, l'été appelle le naturaliste… Travail ou vacance nous en profiterons tous, le goûtant avec appétit!


Bon été!




samedi 9 juin 2012

Oiseaux de proie du Québec


La chance est un oiseau de proie survolant un aveugle aux yeux bandés.

Serge Gainsbourg



Scan de la couverture et de l'identification visuelle du Cooper.


Assis au parc Lahaie, j'observais le vol des nombreux pigeons dans un effort de me représenter celui du pigeon voyageur (Ectopistes migratorius). Une sorte d'exercice d'archéologie visuelle. J'en ai suivi des yeux une bonne douzaine, essayant de distinguer les différents coups d'ailes et de queue selon la navigation et l'intention de l'oiseau. Puis tout à coup, de la gauche, passant rapidement à travers les branches d'un érable de Norvège, en vol glissé d'abord puis balançant ses ailes en alternance avec la queue, un oiseau de proie surgit. En parfaite maîtrise des obstacles de branches l'oiseau émerge de l'arbre, une proie dans les serres. L'angle descendant de sa course le fait passer à trois mètres de moi, à la hauteur de mes yeux. Sur les autres bancs il devait y avoir 7 ou 8 personnes et nul n'a vu l'éclair. Une scène étonnante!


J'ai bondi spontanément, me suis levé et crié Wow! Autour, personne n'a bronché… L'oiseau est passé au nez de tous en criant! Je me trouvais si bête de ne pouvoir être certain de son identité. Si vite passé cet oiseau! Un dernier cri et il traversait le boulevard Saint-Laurent pour plonger dans les arbres de la ruelle derrière.




2 des 7 pages sur le Pygargue dans la section Caractéristiques et Comportements.


Oui, il y a des oiseaux de proie en ville, même en plein centre. Si le faucon pèlerin profite d'un bon capital de sympathie il ne faut pas oublier le Faucon crécerelle, l'Épervier de Cooper ou l'Épervier brun. Ils ne sont pas toujours facile à distinguer toutefois.


Un livre qui vient de paraître m'aidera à l'avenir (m'a déjà aidé en fait voyez ici):


Oiseaux de proie du Québec et de l'est du Canada*, par Marcel Harnois et Roger Turgeon, deux spécialistes bien connus de l'avifaune des rapaces au Québec, tous deux auteurs de nombreux articles dans la revue QuébecOiseaux par exemple. Je dois tout de suite souligner le travail de l'illustrateur Ghislain Caron avec la collaboration de Claude Thivierge. Le livre est riche d'information et plein de visuel!


C'est une monographie complète**, entièrement consacrée à seulement 20 espèces. Cela permet un traitement en profondeur et si les oiseaux de proie diurnes sont souvent difficiles à identifier, avec ce livre vous aurez toutes les chances d'y parvenir. Sans oublier que "leur identification constitue souvent un mélange de science et d'intuition." L'expérience de l'observateur étant souvent le meilleur guide...



Identification visuelle du Faucon gerfaut.


D'abord on nous donne quelques pages d'introduction sur les techniques de vol et le plumage selon l'âge et la mue, la couleur de l'iris et la morphologie qui précèdent des pages doubles comparant toutes les espèces en vol plané ou leurs mensurations. On y apprend l'essentiel de la biologie des rapaces et à elles seules ces dernières planches donnent le ton et toute la valeur de l'ouvrage. On veut nous aider!


Le livre est ensuite divisé en deux parties (Identification visuelle et Caractéristiques et comportements) c'est un choix judicieux et efficace. Lors d'une observation (souvent furtive) on peut se référer rapidement à la première partie synthétique avec l'information visuelle utile sur le champ, quand tout est frais à la mémoire. Ensuite quand l'oiseau est disparu, la deuxième partie nous donnera des suppléments d'information sur son vol. Le style de vol de ces oiseaux, qu'on voit souvent de loin, est aussi important que le plumage. Le vol de chaque espèce est donc généreusement décrit et illustré. On nous parle aussi des espèces semblables, de l'habitat et des techniques de chasse. Voilà qui nous donne des détails encore utiles qui complètent le processus d'élimination/confirmation qui mène à l'identification.


Et il reste encore de la lecture : des notions sur les tendances des populations, la répartition, la migration, le vol nuptial, etc. Le livre est complet et la méthode d'identification efficace. C'est tout l'avantage d'une monographie spécialisée.




Scan de l'identification visuelle de la Crécerelle d'Amérique


Du côté visuel c'est tout simplement superbe (j'inclus quelques scans qui ne rendent pas du tout justice...). Pensez qu'on nous montre l'oiseau en vol plané et glissé, vu d'en dessus et d'en dessous, perché, etc. Et si ce n'est pas suffisant le texte discute beaucoup de la variation du plumage en fonction du sexe, de l'âge ou des variétés des espèces… Tout cela est dit, décrit et de plus illustré. Les auteurs voulaient-ils nous aider à connaître et reconnaître les oiseaux de proie? Ils ont une sacrée belle réussite!


Les illustrateurs ont fait un travail qui mériterait quelques superlatifs… Je me contenterai de dire qu'ils ont fait très bien ce qu'il fallait pour appuyer le propos du livre : avec une multiplicité de points de vue l'oiseau est montré sous toutes ses plumes. En plus de la centaine d'illustrations le livre compte 4 photographies par espèce.


Pour un naturaliste urbain comme moi ce guide est une invitation à sortir de la ville un peu! Où aller? Les auteurs nous donnent une liste de sites d'observation dans l'est du Canada (Ontario, New-York, Québec et les provinces Maritimes). Pour ma paroisse (Montréal) on peut aller observer la Buse à épaulettes à l'Arboretum Morgan. Aller voir des arbres et des rapaces, avec un bon guide? Quelle aubaine!




*Oiseaux de proie du Québec et de l'est du Canada, Éditions Michel Quintin
ISBN : 9782894355770, 223 p., 29,95 $ CAD


**Ou presque, le titre aurait dû préciser Oiseaux de proie diurnes, car il manque les "nocturnes" Strigidés (hiboux, chouettes et nyctales) et notre seule Tytonidée (je crois) l'Effraie des clochers. C'est mon seul regret!




mercredi 9 mai 2012

Découvrir la couverture




Quelques photos proposées en 2008 pour la couverture.


Je crois qu'on aura plus parlé de la couverture de mon livre qu'on aura parlé du livre! Sur ce blog certainement et je vous remercie tous, chers lecteurs, pour vos commentaires.


Par ailleurs sur Twitter, une série d'échanges inattendue a eu lieu entre Luc Prévost, Jean-Basile Boutak (directeur de collection chez Numériklivres) et moi. Suivant un lien tweeté par Luc Prévost vers mon billet de vendredi dernier, JBB y a laissé un commentaire. Ici : Couverture, couvertures. Si vous n'avez pas lu ce billet ou si vous voulez voir le commentaire de JBB allez-y.


Je reviens sur tout cela pour éclairer un peu la situation : les photos publiées la semaine dernière sont celles que j'avais envoyé en réponse à la maquette finale de la couverture, de la tranche et du dos, que je trouvais désespérément surchargée. En deuxième temps et en réaction donc. Celles que je montre aujourd'hui sont mes premières suggestions.


Jasmine était étonnée du travail que tout cela représentait... ce n'était en fait qu'une petite partie. Et encore ce n'était que pour cette foutue couverture! Le livre, lui... bien je vous en donne aujourd'hui une petite idée de sa genèse.




Quelques autres photos proposées en 2008 pour la couverture...



Je trouvais intéressant de faire connaître un peu le processus de fabrication de la couverture d'un livre. Les intérêts des uns (l'éditeur, son équipe commerciale ou artistique) et des autres (l'auteur et les lecteurs) diffèrent à l'évidence. Comment faire au plus juste?

Ma question était : La couverture de mon livre est-elle la meilleure?


Il faut savoir que je n'avais que peu de photos à proposer à l'éditeur pour la couverture. Quoi, un photographe ayant peu de photos??? Oui, c'est comme ça! La plupart des photos que je faisais lors de mes sorties botanisantes n'étaient que des notes de terrain destinées à localiser le spécimen ou à  me rappeler le contexte (in-situ). J'étais alors d'abord le naturaliste. Je ne cherchais pas à faire de belles photos mais de simples documents de travail… Je n'étais pas a priori préoccupé de la qualité de la lumière et je n'avais pas toujours le choix du sujet et de l'emplacement ou le loisir de revenir à un autre moment quand la lumière aurait permis, par exemple, une belle photo. Je travaillais sur la recherche et la préparation du contenu du livre, pas une couverture! Mais quand il y avait par chance quelque chose de pas mal, clic! Comme celle-ci:




Aucune mise en scène ou mise en place, in-situ, le spécimen de la couverture tel quel.



Le vrai travail du livre a été fait en studio puis à l'ordi : les planches botaniques. Croyez-moi c'est beaucoup de boulot. Revenir au studio avec des spécimens encore frais et bon à photographier n'était pas toujours facile et exigeait souvent de chercher un autre spécimen et tout refaire. Il m'arrivait ordinairement de retourner sur les lieux pour découvrir que le spécimen avait été arraché (ce sont des mauvaises herbes, après tout…). Il fallait prendre les feuilles du printemps ou la rosette d'une bisannuelle puis revenir plus tard (ou l'année suivante...) pour les fleurs et plus tard encore pour les fruits et les graines... vous me suivez? Pour 200 espèces (en fait 250, mais c'est une autre histoire...). Ça fait bien du kilométrage (la partie facile : je marchais dehors!) et ça tient son homme occupé! Ensuite : des mois et des mois sur mon cul à l'ordi. Ça s'appelle l'hiver. Les hivers. Bon, passons...

Je n'avais donc que très peu de "bonnes" photos dans la catégories "couverture".



À gauche deux propositions du Directeur artistique et le final "consensuel".


Comme vous le voyez ci-haut le directeur artistique a vite identifié la meilleure photo du lot et propose alors deux maquettes sobres à souhait. Tout allait changer un peu plus tard quand tout le monde chez l'éditeur (éditeur en chef et adjoint, les gens de la mise en marché et représentants, DA/graphiste, etc) et moi nous réunissons. Résultat : l'intérêt, le doute ou le désir de chacun se trouvera représenté sur la couverture. J'étais après tout un auteur inconnu et le propos du livre une valeur incertaine. Résultat : surcharge!


Comme vous pouvez le constater une couverture, c'est important! Ça parle mais ça parle de quoi? Et à qui? Pas de place pour le doute si vous voulez mon avis!




La couverture et le dos alors que livre n'était qu'un projet en 2006.



Évidemment la liberté de choisir la couverture d'un livre n'est pas la seule raison qui explique mon intérêt pour l'édition électronique et l'auto-publication. Le livre sur papier avec son poids, sa texture (sa matérialité rassurante quoi!) et surtout une bonne impression offset, est très difficile à remplacer. J'ai bien des projets dans cette direction. Il y aura toujours des éditeurs "sur arbres morts" comme disent les Américains. Il y aura toujours de beaux livres sur du beau papier, c'est certain. Mais ils seront aussi de plus en plus chers ou de plus en plus des succès assurés : santé, bouffe, etc. Le couple composé d'une part de livres payants pour un éditeur qui compensent d'autre part pour les autres pas ou moins ou lentement payants, vous croyez que ça durera encore longtemps?


Vous comprendrez que je parle surtout ici de livres lourdement illustrés comme ceux que je fais. Pour mon malheur c'est justement ce qui rend difficile la réalisation de mes livres électroniques. Cela change un peu depuis l'arrivé du iPad de Apple par exemple mais en gros les différents formats et standards ont été développés pour le texte... Tout juste peut-on y mettre une couverture illustrée...




Toujours en 2006 alors que la flore du mont Royal faisait partie du projet.



La filière de l'édition traditionnelle a de nombreuses limites. Elle a de grandes capacité de distribution d'une part mais puisqu'imprimer des livres illustrés est coûteux, elle est frileuse. Elle agit alors comme un filtre qui exclut bien des projets, bien des genres, bien des formats, bien des auteurs. Nul malice! Le commerce est calcul… Et le calcul est de plus en plus pressé! S'agissant de livres qui contiennent des idées ou des visions du monde sur des sujets quelquefois marginaux ou offrant un regard innovateur, ce filtre devient alors un mode d'exclusion et peut même s'avérer un appauvrissement culturel.



Encore ici le développement du projet en 2006.




Auteur dans un marché minuscule où les recettes qui font de bonnes recettes semblent la seule mesure de ce qui vaut d'advenir, je vais m'essayer aux essais illustrés sur la nature... J'ai l'habitude de me casser la tête.



J'espère ne pas vous avoir cassé les pieds avec mes histoires d'auteur!



Si vous vous intéressez à l'édition électronique voyez de ce côté :