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lundi 2 septembre 2013

Les haies du Champ des Possibles



Pour le bénéfice des lecteurs de Flora Urbana, je publie ici une version d'un document que j'ai partagé sur la page Facebook des Amis du Champ des Possibles et ailleurs. Vous pouvez télécharger ce document ici.


Un boisé linéaire accidentel: une haie au parc Rutherford. Je vous en ai parlé ici.

Une proposition visant la conservation et l'enrichissement des haies du  
Champ des Possibles 
suivies d'une 

Liste des espèces ligneuses (arbres, arbustes, etc.) 
présentes ou à y planter.



Une haie dans une friche agricole au Cap Saint-Jacques

Depuis le début du projet du Champ des Possibles, nous parlons d'un aménagement minimaliste pour cet espace de rencontre entre la nature et les humains. On y trouve essentiellement deux éléments: la zone d'activités humaines et la zone naturelle. Tout comme nous conservons les sentiers spontanés déjà en place (les lignes de désir) pour la circulation, nous conservons les éléments paysagers (haies et prés) déjà en place. Ces derniers sont les formes de désir de la nature. La règle clairement énoncée pour l'aménagement est bien de faire avec. Il s'agit d'une coproduction.

Comment maximiser la biodiversité en milieu urbain?

Depuis 2009 je donne la même réponse à cette question: elle se trouve au CDP même, dans les haies et les prés adjacents. Ce couple est un produit spontané familier en milieu humain (anthropisé). Ce sont des processus écologiques plus ou moins autonomes qui l'ont dessiné. La forme paysagère de la haie, tant en milieu agricole qu'urbain, est ce qui résiste aux pressions humaines. Elle est ce qui est possible après que les humains se soient approprié presque tout l'espace. Il n'est pas étonnant que les haies soient riches en espèces, denses et morphologiquement complexes: la nature répond à la pression par une densification et une diversification. Elle aménage ainsi avec un art consommé l'espace qui lui permet de s'épanouir. Elle aussi fait avec...

Dans ce texte il n'est question que de l'enrichissement des haies au CDP. Il s'agit d'amorcer le travail d'enrichissement des haies de la zone naturelle. En écologie c'est toutefois l'interface de deux milieux qui est la plus riche en espèces: cela se nomme un écotone ou effet de lisière. L'interface entre une haie et un pré produit justement un écotone. Nous devrons éventuellement aussi planter des herbacées dans ces prés, par exemple: un jardin à papillon.

Depuis quatre ans j'ai visité de nombreuses haies de la région de Montréal afin de mieux comprendre les processus naturels qui s'y déroulent. En milieu urbain dense, certaines sont des vestiges de l'époque agricole, d'autres sont spontanées comme au CDP. En milieu rural j'ai observé des haies matures et exubérantes. J'ai aussi noté les espèces végétales qui les composent.

Tiré d'un livre en préparation (Le Bocage Urbain), ce document propose formellement un "aménagement" s'inspirant de mes recherches et découlant de l'état actuel du CDP pour la partie Sud. Les idées énoncées s'appliquent toutefois à l'ensemble des haies du CDP.


Une haie en milieu agricole à Ville Saint-Laurent (voyez aussi ici)

L'adoption de la forme paysagère de la haie est une solution écologiquement fonctionnelle. Elle répond au problème de la rareté des espaces disponibles pour la biodiversité urbaine.

En milieu agricole, sous le nom contemporain de brise-vents, les haies ont un rôle utilitaire polyvalent: protection des sols contre l'érosion, amélioration du rendement des cultures, etc. On reconnaît bien sûr la valeur de ces habitats et biocorridors pour la faune et la flore mais ces fonctions écologiques viennent souvent en second plan. Elles sont néanmoins bien réelles.

La haie n'est pas un corps étranger en ville. Au contraire, comme la grille urbaine s'inscrit sur la grille agricole d'autrefois, les haies sont omniprésentes, bien que souvent vestigiales, embryonnaires ou peu remarquées. Elles ont des rôles équivalents à ceux des haies en campagne: amélioration de la qualité de l'air, réduction des îlots de chaleur, absorption des eaux de pluie, etc. Bien des problèmes environnementaux sont atténués grâce aux haies. À cela s'ajoute évidemment les bénéfices d'une nature diversifiée.

Réserver des espaces verts pour la biodiversité en milieu urbain ne devient vraiment utile que lorsqu'on s'assure d'une interconnexion entre ces milieux. Si les espaces résiduels (les friches industrielles, par ex.) peuvent connaître une conversion en habitat enrichi, il peut être plus difficile (vu la rareté de l'espace disponible) d'assurer la connexion entre tous les éléments de la mosaïque verte, le bocage urbain.

Toutefois si ce n'est pas tant la grandeur des superficies que la continuité qui est recherchée, les espaces linéaires disponibles sont abondants. Pensez aux abords des voies ferrées, des autoroutes et des autres voies de circulation ou même autour des stationnements.

Tous ces espaces sont convertibles en boisés linéaires diversifiés qu'on peut aussi appeler: des haies urbaines. C'est une solution paysagère qui s'insère naturellement (ou artificiellement…) dans la trame urbaine et qui permet de connecter les espaces verts.

Tant en ville qu'en campagne, la haie est un élément important afin de diminuer la fragmentation des habitats. Nous avons déjà des haies qui délimitent le Champ des Possibles. Celui-ci peut devenir un modèle de l'utilisation des haies...


Quelques définitions: une haie est un alignement d'arbres (naturel ou artificiel). Le bocage est un paysage (rural ou urbain) où on trouve un réseau interconnecté de haies, de boisés et autres espaces verts. 



Bocage agricole "jeune", Île Bizard, 1949

Bocage agricole "mature", île Bizard, 2008

 Superposition des deux illustrations précédentes.

Les trois cartes ci-haut sont des mêmes parcelles agricoles de l'île Bizard et montrent que la croissance des haies en 60 ans est importante. Les connexions qu'elles établissent entre les boisés et les friches sont bien évidentes. La forme paysagère de la haie est une solution écologiquement fonctionnelle.


Les haies du CDP en 2011. Elles sont en croissance et entourent l'espace.

Le CDP dans le bocage désarticulé du Plateau-Mont-Royal.

On peut imaginer l'effet qu'aurait sur la biodiversité l'enrichissement des haies ou leur établissement, le long de la voie ferrée par exemple (la grande courbe partant au milieu à l'extrême droite et touchant le CDP.



 La partie du Sud du CDP.

L'aménagement proposé des haies rencontre les priorités énoncées dans le document-synthèse du Champ des Possibles rédigé en 2009. Tant le caractère patrimonial, par la conservation des "sentiers progressivement dessinés par les passants" que la place à la nature, en "augmentant la biodiversité et les infrastructures naturelles" sont respectés.

L'aménagement ci-haut (le plan de plantation) est en accord avec les lieux et s'inspire des processus spontanés. La morphologie des haies et du paysage seront essentiellement les mêmes et seule la composition des espèces sera modifiée. Plus il y aura d'espèces indigènes, plus l'impact écologique positif sera grand.

L'empreinte visuelle que laisseront ces plantations sera peu perceptible ou, du moins, ne sera guère différente de ce qu'elle aurait été après quelques années de croissance naturelle des haies. Comparer des photos sur seulement cinq années c'est constater que les haies sont en densification. Les oiseaux en sont les principaux jardiniers...

Cet enrichissement n'est qu'une accélération d'un processus déjà en cours. Des cornouillers rugueux (Cornus rugosa, malheureusement détruits) se sont installés ici et là et, lors du Bioblitz du 17 août, une nouvelle espèce d'arbuste a été trouvée: une viorne (Viburnum sp.), les deux espèces sont très attrayantes pour les oiseaux… La validité écologique du concept de l'enrichissement des haies s'est établie avant même que l'on plante le premier arbre…


Vue en coupe, enrichissement de la haie Henri-Julien, CDP

L'illustration ci-haut schématise les caractéristiques d'une haie en milieu agricole. Morphologiquement elle ne diffère guère des haies qui se trouvent déjà au CDP puisque des processus similaires les ont produites. Ces formes indiquent le mode de plantation dense à l'échelle de chaque haie.

La disposition en strates composées d'espèces de différentes tailles, textures et densités produit un ensemble de micro-habitats. Chaque espèce d'oiseau ou d'insecte y trouvera sa niche. 

Les arbres les plus hauts (érables, chênes, etc.) occupent le centre. Les arbres de moyenne taille (de second étage) ou les grands arbustes fruitiers sont plantés parmi ou devant les premiers, les plus petits arbustes se retrouvent en pleine lumière au pied de la haie. Cette construction étagée est une structure naturelle des haies et assure l'ensoleillement maximal de chaque strate. La productivité de la haie s'en trouve optimisée. Cet étagement de la végétation donne une surface foliaire nettement plus grande que celle de la canopée d'un parc par exemple. Les services environnementaux de la forêt urbaine se trouvent donc démultipliés par des haies denses. 

En écologie du paysage, l'effet de lisière est biologiquement le plus productif. La biodiversité élevée des haies s'explique aussi par le fait qu'une haie compte deux lisières. La vue en coupe ci-haut nous montre du côté gauche de la haie le pré d'herbacées et, à droite, la rue Henri-Julien. Une pareille haie du côté opposé du CDP (haie de Gaspé) aura deux écotones, la haie donnant sur des prés des deux côtés. 


                    L'état actuel de la haie Henri-Julien: il faut la compléter et l'enrichir.

En plus de nous rendre ces fameux "services environnementaux" les haies sont une réponse adéquate aux besoins de la biodiversité. Devant le discours visant la densification du bâti, la densification des espaces verts semble une approche logique.

Optons pour l'innovation et un travail à long terme au Champ des Possibles. Un espace vert différent demande une approche différente. Le maintien et l'enrichissement des haies est ce qui est le plus utile à la biodiversité urbaine.





Liste des espèces présentes ou à planter au CDP

La liste des arbres et arbustes qui suit présente un choix fait en fonction de l'adaptabilité des espèces à un milieu difficile: une friche industrielle en milieu urbain. À peu d'exception près les espèces de cette liste ont été observées dans des milieux anthropiques (friches, haies urbaines et haies agricoles) de la région. Toutes sont des espèces indigènes et offrent du nectar et du pollen, produisent des petits fruits, sont des plantes-hôtes pour les papillons ou servent de couvert ou site de nidification pour les oiseaux. Ce sont des choix faits en fonction de critères écologiques. Ces végétaux seront plantés afin d'enrichir et de compléter les haies déjà présentes au CDP. La haie Henri-Julien est en plein soleil alors que la haie de Gaspé est à mi-ombre. Certaines espèces de sous-étage pouvant être plantées dans une haie ou dans l'autre. Les variétés et les formes horticoles, ainsi que les sujets sur tige sont à proscrire. Des individus d'origine locale (écotypes) seraient souhaitables. Un paillis doit être mis en place et un arrosage régulier sont de mise.

*indique une espèce ligneuse déjà présente au CDP

**indique une espèce dans la pépinière ou en production ailleurs

***indique une espèce présente et nécessitant une gestion

Nom latin puis français suivi des dimensions, "x" pour hauteur puis largeur. "H" pour hauteur seulement.


Famille de la rose (les Rosacées) 
Amelanchier arborea, amélanchier arborescent. H 6-12m
Amelanchier canadensis, amélanchier du Canada. H 8m
Amelanchier laevis, amélanchier glabre. H 5-10m
Aronia melanocarpa, aronie à fruits noirs. 1-2 x 1,5m
Aronia arbutifolia, aronie à feuilles d'arbousier. 2-3 x 1-2m
Crataegus canadensis, aubépine subsoyeuse. H 4-7m
Crataegus crus-galli, aubépine ergot de Coq. H 7-10m
Malus pumila*, pommier cultivé, appletree. H 4-8m
Physocarpus opulifolius, physocarpe à feuilles d'obier. 1 x 3m
Prunus padus*, cerisier à grappes d'Europe. H 10m
Prunus nigra, prunier noir. 4 x 3m
Prunus serotina**, cerisier tardif. H 22m
Prunus virginiana*, cerisier de Virginie. H 5-9m
Rubus canadensis, ronce du Canada. H 2-3m
Rubus idaeus subsp. strigosus, framboisier sauvage. H 1.5m
Rubus occidentalis, framboisier noir, black raspberry. H 1-3m
Rubus odoratus, ronce odorante. 1.5 x 1.5m
Sorbus americana, Sorbier d'Amérique. 8 x 4m
Sorbus decora, sorbier plaisant. 8 x 6m
Spiraea latifolia, spirée à larges feuilles. 1.5 x 1.5m

Famille du bouleau (les Bétulacées) 
Alnus incana, aulne rugueux. 6-10 x 6-10m
Alnus viridis, aulne vert. 3 x 1,5m
Carpinus caroliniana*, charme de Caroline. H 8-12m
Corylus cornuta, noisetier à long bec. 2 x 2m
Ostrya virginiana*, ostryer de Virginie, H 12-20m

Famille du groseillier (les Grossulariacées) 
Ribes lacustre, gadellier lacustre. 1,5 x 1m
Ribes cynosbati, groseillier des chiens. 1,5 x 1m

Famille des Adoxacée (ou Caprifoliacées) 
Sambucus canadensis, sureau blanc. H 2-4m
Sambucus racemosa (pubens), sureau rouge. H 2-4m
Viburnum acerifolium, viorne à feuilles d'érable. H 2m
Viburnum trilobum, viorne trilobée. H 3m
Viburnum lantana* (?), viorne mancienne. H 4m

Famille du saule (les Salicacées) 
Populus balsamifera*, peuplier baumier. H 25 m
Populus deltoides*, peuplier deltoïde. H 30m
Populus xcanadensis*, peuplier de Caroline. H 30m
Salix bebbiana, saule de Bebb. H 8m
Salix discolor, saule discolore. H 8m
Salix petiolaris, saule à long pétiole. H 2-4m

Famille du chêne (les Fagacées) 
Quercus macrocarpa, chêne à gros fruits. H 15-30m
Quercus rubra**, chêne rouge. H 25m

Famille du pois (les Fabacées) 
Caragana arborescens*, caragana arborescent. 5 x 3m

Famille du noyer (les Juglandacées) 
Carya cordiformis, caryer cordiforme. H 25m
Carya ovata, caryer ovale. H 25m
Juglans cinerea, noyer cendré. H 25m
Juglans nigra*, noyer noir. H 30m

Famille de l'érable (les Acéracées) 
Acer ginnala***, érable ginnala. H 6m
Acer negundo***, érable à Giguère. H 20m
Acer nigrum, érable noir. 30-35 m
Acer platanoides***, érable de Norvège. H 15m
Acer rubrum, érable rouge. H 15-25m
Acer saccharum**, érable à sucre. H 30-35m
Acer pensylvanicum, érable de Pennsylvanie. H 5-10m
Acer spicatum, érable à épis. H 5m

Famille du cornouiller (les Cornacées) 
Cornus alternifolia, cornouiller à feuilles alternes. 5 x 5m
Cornus racemosa, cornouiller à grappes. 2 x 2m
Cornus rugosa, cornouiller rugueux. 1.5 x 2m
Cornus stolonifera, cornouiller stolonifère. 2 x 3m

Famille de l'olivier (les Oléacées) 
Fraxinus pennsylvanica var. austini*, frêne rouge. H 25m

Famille de l'orme (les Ulmacées) 
Celtis occidentalis*, micocoulier occidental. H 18-20m

Ulmus americana*, orme d'Amérique. H 35M

Ulmus pumila***, orme de Sibérie
Ulmus rubra**, orme rouge. H 25m

Ulmus thomasii**, orme liège. H 25m

Famille de l'oranger (les Rutacées) 
Zanthoxylum americanum, clavalier d'Amérique. H 2-5 m

Famille de la vigne (les Vitacées) 
Parthenocissus quinquefolia*, vigne vierge à cinq folioles.
Vitis riparia*, vigne des rivages.


Famille de l'acajou (les Anacardiacées) 
Rhus typhina*, sumac vinaigrier. H 6m

Famille du pin (les Pinacées) 
Picea glauca**, épinette blanche.
 
Famille du staphylier (les Staphyléacées) 
Staphylea trifolia**, staphylier à trois folioles.


samedi 31 août 2013

Le coeur de la haie


Je pars en excursion. 



Cette curieuse expérience d'avoir planté des conifères dans des bacs en béton fait le caractère particulier de la rue Duluth. Et on y ajoute chaque été de la décoration: que ferions-nous sans les éternelles impatientes... Je passe par ici à tous les jours et c'est maintenant que les patates douces (Ipomoea batatas, Sweet potato) atteignent tout juste leur débordement, et révèlent leur luxuriante tropicalité.  À la toute fin de la saison... à temps pour les ranger, quoi! Une alternative (je le répète): mettez-y des Vignes du rivage! (Vitis riparia, River Bank Grape). C'est une espèce vivace, résistant à tout et produisant des petits raisins... Côté luxuriance, elle n'a rien à envier à la patate, aussi douce soit cette dernière... La Vigne des rivages est indigène, vivace, non-gélive et utile aux oiseaux. On ferait des économies en plus...  

Avançons...


 
Note: Faut pas que j'oublie d'aller inspecter cette ruelle "verte", volontairement verdie avec effort citoyen et dépense. Qu'en reste-il? La flore spontanée semble avoir remplacé les herbacées qu'on y avait planté. Sans soins assidus c'est inutile.



Coin avenue du Parc. On le plante en masse: le Chêne à gros fruits (Quercus macrocarpa, Bur oak). Espèce magnifique, naturellement présente dans la région, adaptable à tous les sols et supportant l'environnement urbain. Étonnant de voir ces jeunes sujets (plantés il y a un an ou deux sur l'avenue des Pins) qui produisent déjà des glands. Ils sont les plus gros (cela a peut-être inspiré le nom de l'arbre?) et sont très reconnaissables à la frange qui borde la cupule portant le gland.



Explorant les coins et recoins urbains, j'aperçois au loin la belle cime ci-haut (hum... cime ci-haut... est-ce assez euphonique?). Quel est ce grand arbre?

 

Surprise! C'est un très beau Chicot févier (Gymnocladus dioicus, Kentucky coffeetree) au long fût, un peu inhabituel. L'arbre porte des branches basses normalement. Celui-ci non et il fait au-delà de vingt mètres, ce qui est pas mal du tout pour l'espèce. 

Je vous le montre de deux points de vue, également élégant sous toutes les coutures. Quel gracieux feuillage. Les feuilles de l'arbre sont énormes: elles font jusqu'à 60 x 90 cm. Je crois bien en avoir prise une qui faisait un peu plus...



La voici cette feuille géante. Il n'y a qu'un seul point d'attache du pétiole sur la branche: ceci est bien une seule feuille. On dit: feuille doublement composée ou composée-bipennée. À partir du pétiole central, des rachis portent des folioles sur des pétiolules. C'est évident! La feuille ci-haut fait 90 cm justement. Pas facile à photographier! Feuille au plancher, moi perché dans l'escabeau...



Toutes ces déambulations, pourquoi donc? 

Je venais revisiter le réservoir McTavish sous l'actuel Parc Rutherford. La façade rocheuse ci-haut résulte de la coupe du piémont pour creuser le réservoir vers 1850. Vers 1950 on recouvre le réservoir et ça nous a donné ce parc. On y fait actuellement des travaux et on a "régularisé" la "falaise". Bien des arbres y sont passés… Ceux qui restent ont les racines exposées... Disons qu'on en a pas pris grands soins. Il y avait ici entre autres des sorbiers (Sorbus americana, Sorbier d'Amérique) perchés sur le roc. Very romantic. Disparus! Dommage, ces derniers étaient trop bien à leur place. Le nom anglais de cet arbre est Mountain ash, cela lui rend très bien justice. 

Coincés entre le sommet de la falaise et l'avenue des Pins derrière, ces arbres forment un boisé linéaire. C'est une haie urbaine selon ma propre définition. En milieu anthropique sa diversité est d'origine complexe, avec quelques aspects intéressants. Tout d'abord
le lien avec la montagne est évident. Certaines de ses espèces fruitières ont probablement migré ici. 

Mais il y a aussi d'autres fruits...



Malgré le ciel couvert et les nuages menaçant derrière la montagne, il faisait très chaud, je n'étais sorti que pour une heure, une heure et demi croyais-je, je n'avais pas apporté d'eau. Je suis sur la route depuis plus de deux heures maintenant. Alors la soif. La soif et un petit creux. 

Justement, les haies ont habituellement des pommiers,  peut-être est-ce même un élément nécessaire, constitutif... Je suis déjà venu, je savais qu'il y en avait ici. Des pommes? J'en ai trouvé, juteuses et délicieuses en plus! Tout va mieux.

En campagne, comme en ville, le long du chemin (ou du trottoir...), le promeneur croque sa pomme puis sème ainsi le coeur de la haie... 

Merci au promeneur qui m'a précédé!

 



mercredi 28 août 2013

Haie, bocage, etc.




J'utilise ces termes et je sais bien que ça peut sembler abusif... le mot "haie" n'est que peu utilisé par ici alors que "bocage"... presque jamais. Pour moi ce dernier n'est qu'un terme de géographie ou d'écologie du paysage comme rivière, montagne ou plaine et il peut s'appliquer partout en milieu anthropique. Il n'y a pas de dénomination d'origine contrôlée... genre vin de Champagne, méthode champenoise...

Ainsi la haie est simplement une forme linéaire végétalisée. Elle peut être composée seulement d'herbacées ou structurée avec une stratification complexe (strates herbacée, arbustive, grands arbres). Le bocage est lui une organisation du territoire à une échelle plus grande. Il s'agit du réseau végétal interconnecté (ou interconnectable...) de boisés, bosquets, haies, friches, etc.

On peut donc dire "bocage urbain", en parlant peut-être plus du potentiel... C'est de ce côté que se porte mon regard.

Sur l'illustration ci-haut j'ai superposé (en vert foncé) les haies, boisés, vergers (aujourd'hui disparus) de 1949 et l'état des lieux en 2008 (en vert pâle). J'ai justement visité certaines de ces haies en 2011. Si riches en espèces et si denses! C'est un bocage agricole... au potentiel réalisé.



Ci-haut c'est justement une de ces haies, artistiquement représentée vintage... Afin de mieux faire ressortir sa forme j'ai effacé les haies qui étaient soit perpendiculaire ou à l'arrière-plan. Ça ressemble assez au Champ des Possibles...

Le bocage agricole de l'île Bizard est intéressant: il y a des boisés anciens, des plus jeunes, des friches, des ruisseaux, etc. Et encore de l'agriculture. Malgré cela les haies sont en croissance et en enrichissement. Ailleurs on les rase. Je ne sais pas pourquoi ni comment on les laisse croître et ce n'est pas le propos... Le propos est que les haies sont des formes paysagères écologiquement fonctionnelles, utilisables aussi en milieu urbain afin de connecter les boisés, parcs naturels, friches etc. 

La biodiversité urbaine se trouve dans une mosaïque mal connectée. Y remédier me semble possible... On peut se plaindre de la disparition des habitats ou en fabriquer...

De toutes façons, les haies se fabriquent et s'enrichissent, se complexifient et s'étendent toutes seules en ville. Pour peu qu'on les remarque ou les laisse évoluer un temps... Je n'invente rien en parlant de haie et de bocage urbain... je n'ai fait que trouver un nom fancy pour une réalité écologique déjà devant nous. J'ai des exemples de haies urbaines mais c'est pour cet essai que je compte bien publier fin octobre. Faire une application pour iPad est totalement gratuit ce sera peut-être par ce moyen que je le publierai? Une version PDF serait alors aussi disponible pour ceux qui n'ont pas de iPad. Peut-être qu'une version "livre" (imprimée sur des arbres morts...) sera-t-elle disponible, à travers l'impression sur demande?

On verra! Pour l'instant à part mon travail sur les arbres, j'avance le travail sur ce Bocage Urbain, le titre de cet essai si vous ne le saviez pas.




samedi 24 août 2013

En descendant Saint-Dominique




Coin Napoléon.

La rue Saint-Dominique s'entend. Parallèle et tout juste à l'Est du Boulevard Saint-Laurent (la Main, en anglais, pour les Montréalais) cette rue compte toutes sortes de petits trésors.


Coin Prince-Arthur.

C'est l'arrière-cour, le dos délaissé de la grande rue commerciale dans le coin. On y trouve pas mal de stationnements et l'ensemble a un air négligé.


 Dans la côte, au sud de Sherbooke.

Les lieux négligés sont justement la prédilection des mauvais arbres urbains! On trouve alors des petits bosquets ou presque-boisés depuis la rue Duluth jusqu'au Chinatown où j'allais hier.

 
 Au sud de Ontario.

Derrière ce petit boisé sauvage on a planté des conifères. Dans ceux tout à gauche il y avait une vingtaine de moineaux domestiques. Tous bien calmes et à l'abri. Un refuge pour cette espèce qui se fait rare en ville.


Près de Maisonneuve.

Il y avait aussi quelques potagers installés le long des clôtures et des stationnements.







Au sud de René-Lévesque.

J'approche de ma destination. Et je trouve encore des arbres spontanés, régulièrement placés au périmètre de ce stationnement à l'entrée du Chinatown. Un ami m'interroge justement sur l'origine des haies en milieu urbain. En voici un cas, même si la haie est bien minimale... nous sommes au centre-ville après tout... la minéralisation atteint les 95%...

En résumé: les arbres ci-haut font trois des quatre côtés du parking. Aucun n'a été planté. Autour de cet endroit il y avait une clôture basse en bois autrefois. Le vent a poussé les graines de frênes rouges, ormes de Sibérie, érable negundo, peupliers deltoïde ou Carolin (les seules espèces immédiatement présentes dans les environs) contre cet obstacle, parmi les débris ou dans la fente entre le bitume et le béton du trottoir. Les graines germent. L'hiver on déblaie la neige en évitant la clôture ou l'été l'entretien (ou la tondeuse ou l'inattention) évitent aussi la même clôture. Comme ce sont des arbres à croissance rapide, nous avons vite toute une plantation... à peu de frais...


Au sud de René-Lévesque.

 ... à peu de frais mais avec beaucoup de fraîcheur! Service de la flore spontanée, des mauvais arbres urbains. Laissés à eux ces arbres feront tout doucement du sol avec la décomposition des feuilles chaque année. Avec le temps l'asphalte se désagrégera, découvrant encore plus de sol et ce verdissement se complexifiera, d'autres espèces végétales arrivant par le vent et les oiseaux...

Ces bosquets ou ces haies hyper-minimalistes spontanés sont une co-production. Les processus spontanés de la biodiversité ont rencontré nos soins ou absence de soins de nos installations et infrastructures.

Ce n'est guère différent de la génération des haies en milieu agricole! Les espèces seront toutefois différentes puisque la source des graines sera les boisés naturels des environs. Aux limites des soins et besoins de l'agriculteur, le long du chemin ou d'un fossé, les haies s'installent. Avec le temps elles gagnent en densité, seule possibilité de croissance vu le travail ou le passage des humains de chaque côté...


J'ai été absent du blogue à cause de différents projets et surtout de la rédaction d'un document visant l'aménagement minimal du Champ des Possibles. Il s'agissait d'une adaptation de ce livre en préparation: Le Bocage Urbain. Il n'est pas facile de résumer un livre qui n'est pas encore terminé! Mais voilà je crois que c'est pas trop mal. Enfin si jamais vous vouliez une copie de ce document expliquant l'usage de la haie comme forme paysagère pour la biodiversité en milieu urbain, écrivez-moi à l'adresse courriel qui apparaît dans la colonne de droite.


 

mardi 25 juin 2013

Papillon du micocoulier (Asterocampa celtis)


Une courte note afin d'illustrer les espèces et les raisons de leur introduction au Champ des Possibles. Je veux ainsi étayer mon concept de la haie urbaine comme habitat favorisant la biodiversité.


Photos: Wikipedia

Nous avons déjà un Micocoulier occidental (Celtis occidentalis, Hackberry) au Champ des Possibles. Il est arrivé tout seul ou, plus exactement, c'est un pigeon qui l'a semé… Ce serait une bonne idée d'en planter un ou deux de plus. Pourquoi?


Le Micocoulier occidental. Illustration: Flora Urbana

Pour favoriser le Papillon du micocoulier (Asterocampa celtis, Hackberry Emperor)! Ce papillon est confiné aux seules régions où pousse sa plante hôte, le Micocoulier. Ces deux espèces sont indigènes à Montréal et dans la région. Les chenilles se nourrissent de jeunes feuilles de l'arbre. Les arbres, c'est pas juste pour l'appréciation des humains… Pour un bon effet il faudrait planter un petit groupe de l'arbre dans la haie le long de la rue Henri-Julien.



Illustrations: gauche: Wikipedia. Droite: Flora of North America.

Ces cartes de répartition montre où on trouve naturellement le Papillon du micocoulier et le Micocoulier occidental. Vous constater que dans la vallée du Saint-Laurent la coïncidence est évidente. Notez que l'on trouve plus au sud  une autre espèce de Micocoulier (Celtis tenuifolia, Dwarf hackberry) dont la répartition géographique s'ajoute à celle du Micocoulier occidental. Cet arbre est aussi l'hôte du Papillon du Micocoulier.


La chenille du Papillon du Micocoulier. Photo: Rita Songer

Si les pigeons peuvent favoriser la biodiversité, nous pouvons sûrement en faire autant!


Voyez au bas de ce billet ma note sur le pigeon qui mange les fruits du Micocoulier et distribue ainsi ses graines: ici.

Et cet autre billet sur les plantation au CDP: ici.



mardi 18 juin 2013

Plantation au Champ des Possibles!


Il y avait de l'action au Champ des Possibles (CDP) hier! On plante!
 


Il faut d'abord avoir accès à cet endroit afin de planter dans la continuité de la haie sur Henri-Julien (voir tout au bas...). Cela implique de déplacer ces gros blocs de béton.



Et d'en faire un mobilier urbain de la plus haute esthétique: no design! Aussitôt installé, ce mobilier a été expertement testé par Isabelle Lemaire du CA des Amis du Champ des Possibles. On devine une approbation complète!



Maintenant les mecs de l'arrondissement (Plateau-Mont-Royal) passe aux affaires sérieuses! Et hop! un Ostryer de Virginie (Ostrya virginiana, Ironwood) de planté! 



De gauche à droite:  Julie Boucher de l'Association des Architectes Paysagistes du Québec qui venait nous rencontrer, Lynda Genois et Isabelle Winter de l'arrondissement, Charlotte Gaudette et Marke Ambard des Amis du Champ des Possibles.




Maintenant c'est au tour d'un Charme de Caroline d'être planté (Carpinus caroliniana, Blue-beech) .



Il y avait du monde au Champ hier... ainsi ce groupe d'étudiants du Lycée Français de Bogota visitait. Un peu étonnant de constater que le Champ est connu aussi loin... 




Et voilà le deuxième Charme de Caroline est en terre.



Petite retouche. C'est terminé pour aujourd'hui.

Ces deux espèces d'arbres sont de la même famille (les Bétulacées, famille du bouleau) et constituent un net enrichissement de la diversité des lieux.



Il y a maintenant quelques années que je parle de l'idée de la haie urbaine en tant qu'élément du bocage urbain. Pour le CDP, voici dans l'illustration ci-haut comment je concevais la chose en 2009-2010. C'est le plan de plantation que je propose depuis: enrichir les haies spontanées qui se trouve sur les lieux.


Lisez par exemple ce billet: Champ des Possibles 2012

et ce billet: Le bocage urbain

Et je promettais un petit essai sur ce sujet... peut-être viendra-t-il un jour?





samedi 8 décembre 2012

Meadowbrook: parc nature urbaine et patrimonial 1



Précaution minimale: ce qui suit n'engage personne d'autre que moi. Ce ne sont que mes opinions de dilettante et elles ne sont pas sollicitées. Voilà!


Presque tout le monde est sur cette photo prise lors de la visite des lieux.

Samedi dernier trente-cinq personnes se sont réunies par les bons soins du Conseil Régional de l'Environnement de Montréal à la Maison du Développement Durable. Le bureau d'architectes Catalyse urbaine conduisait une démarche assez exceptionnelle. J'y étais invité à titre de membre des Amis du Champ Des Possibles et en tant que l'auteur de quelques billets portant sur cet espace vert de grande valeur. Vous trouverez tout en bas les liens vers ces billets.

Un peu de blanc sur ce vert.

Le but de la rencontre (une charrette) était de prendre le pouls de divers intervenants et politiciens et d'échanger les idées sur l'aménagement futur de Meadowbrook, un terrain de golf mais surtout un espace vert qui risque encore de passer dans la tendre moulinette du développement. Comble de l'ironie ce sont maintenant des projets de résidences totalement vertes qui veulent venir oblitérer ici la rare topographie d'un paysage historique et une biodiversité peu banale.


Un des ruisseaux sur le site (la Petite Rivière Saint-Pierre)

Les Amis de Meadowbrook méritent d'être salués pour cette détermination hors du commun: depuis 1989 ils sont là pour nous signaler toute la valeur de cet espace. Afin de comprendre les enjeux je vous rappelle ici leur mission:

"Empêcher le développement de Meadowbrook et le transformer en Parc Meadowbrook, un nouveau parc nature de 57 hectares, ouvert et accessible à tous les résidents de l'Île de Montréal et relié par une trame verte à un réseau de parcs dont, notamment, la falaise Saint-Jacques."

En 23 ans le projet a évidemment connu des modulations et des mises à jour. D'un projet de parc nature il s'agit maintenant de faire "un parc nature urbaine et patrimonial". Je suis curieux de voir ce qui sera maintenant absorbé suite à cette charrette, un terme des designers je le rappelle.



Un terrain de golf public privé...

Car il en va toujours ainsi: c'est autour d'architectes, d'architectes du paysage ou d'urbanistes que l'on organise les équipes qui devront produire en deux heures une proposition d'aménagement et un programme. Mon habituelle question est de demander comment il se fait que les équipes ne soient pas centrées sur des biologistes, des écologues, des historiens, des amateurs d'oiseaux ou des naturalistes (ma seule qualification après tout!).

Il est évidemment habituel que la réponse à ma question soit un sourire entendu… La sensibilité au vivant étant jugée une préoccupation mineure, ignorante des véritables et sérieux enjeux urbains et sociaux… Pourtant, s'agissant après tout d'un brassage d'idée sur le devenir d'un espace vert, je maintiens qu'un équilibrage différent serait profitable.


 Organisation des équipes de travail.


N'allez pas croire que je n'ai rien de positif à dire sur cette rencontre malgré tout stimulante. J'y reviendrai. Ce que je dis c'est que si vous voulez faire dans le design, invitez des designers… Si vous voulez faire un espace vert, écologique et fonctionnel, invitez d'abord des spécialistes de ces questions. Et de plus que ce soit eux qui mènent les équipes! Les urbanistes et autres auront alors tout le loisir de tracer les voies d'accès menant à cet espace vert, hors de cette espace… sans s'occuper de questions qui ne sont pas de leurs ressorts!

Malgré la mission des Amis de Meadowbrook et le programme de la journée (dessiner un parc nature urbaine et patrimonial) bien des propositions s'avéraient de véritables bulldozers... verts! Avec les meilleures (?) intentions du monde, sans grande considération même pour les ruisseaux présents…


Au travail maintenant!

La tendance à bouffer de l'espace des parcs publics pour le sport (depuis les années 50) par exemple est une histoire désolante… il ne manque pourtant pas de terrain pour ces activités partout autour de Meadowbrook. Cette pratique d'après guerre à Montréal est aujourd'hui remplacée par une pratique pourtant considérée "verte", je parle de l'actuelle obsession de l'agriculture urbaine. Retrancher de l'espace à Meadowbrook pour faire pousser de la salade? Quel ennui prévisible! Que ce soit la gourmandise d'espace de stationnement de bagnoles (imaginez je proposais de ne pas accorder un mètre carré au stationnement… c'est vraiment irresponsable!) ou l'espace des gourmands de crudité verte, le résultat est le même! Soustraire de l'espace à la biodiversité a toujours été le fait de l'agriculture. Rien de nouveau sous le soleil… le faire maintenant au nom du "vert" est assez assommant! Seraient-il verts et bios notre estomac et notre fine bouche doivent quand même arriver à accorder un peu de place (ou de lieu de représentation si vous êtes impertinent) à la biodiversité et sa rencontre.



Une autre équipe.

En fait les clients à Meadowbrook ce ne sont pas seulement les humains… ce sont aussi par exemple les oiseaux. Et les autres centaines d'espèces qui ont besoin des différents habitats et de voies migratoires ici. Avant d'apprendre à mieux se nourrir il faut d'une part apprendre à réduire, où c'est possible, l'empreinte de nos usages et de nos comportements de consommateurs. Et accorder de l'espace aux autres espèces...



 Les Amis de Meadowbrook.


Curieusement l'impact de l'agriculture urbaine serait une forme douce de green-washing… J'en arrive à croire que c'est non seulement du non-design qu'il faut mais aussi du non-vert…

L'occasion est belle, vu la topographie miraculeusement conservée des lieux, de (re)faire à peu de frais de nombreux habitats: prairies, haies et boisés, ruisseaux et autres milieux humides. Quelques chemins et sentiers. Quelques haltes. Et beaucoup de plantations faites avec tact, sensibilité, science et respect. Les usagers (humains et animaux) viendront...


 
  Et une autre équipe.


Que faire à Meadowbrook? Et si on s'adressait d'abord à la biodiversité et aux nombreux amateurs de nature? Ils sont aussi nombreux que les amateurs de design et de crudités. Ils viendront à pied, en TEC ou à vélo...

Le développement durable sera durable dans la mesure où il est le moins développé!
Eux, ce sont mon équipe.


Vous pensez que l'aménagement d'un espace vert d'abord dédié à la nature et à son expérience sensible est possible en milieu urbain?


J'interromps ici le billet et je vous reviendrai pour la suite avec quelques plans esquissés par les différentes équipes et mes réflexions simplistes. Une tendinite révoltante rend cette rédaction un peu difficile!


Voici les liens vers mes billets précédents sur Meadowbrook:


15 mars 2010

11 novembre 2010

Bon samedi!