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lundi 23 avril 2012

Petit paon : Maratus volans





Film de Jurgen Otto, en Australie.



Je crois que si j'étais entomologue je serais spécialiste : je serais un salticidologiste! Bon les arachnides (araignées, scorpions, etc.) ne sont pas des insectes mais le terme entomologue est aussi acceptable que celui de arachnologue… Et salticidologiste est, je crois bien, un autre épatant néologisme!




Quoiqu'il en soit les araignées de cette famille de plus de 5,000 espèces (saltiques ou salticides) m'ont toujours semblé des plus intéressantes avec leurs comportements complexes et leur curiosité qui donnent l'impression d'avoir une… intelligence? Les Peacock spider d'Australie (Maratus volans) sont des araignées sauteuses d'à peine 4 ou 5 mm. avec des parades amoureuses exceptionnelles. Et comme le nom l'indique c'est le mâle qui est l'artiste. Pour la nation...


Malgré leurs huit yeux qui leur donnent une vision à 360 degrés ils risquent toujours leur vie d'artiste. La performance de ces mâles, toute en pavane vibrante, est un exercice dangereux. Mortelle danse, charnelle tarentelle, fandango solo, la transe amoureuse comporte toujours quelque risque. La femelle appréciant tantôt la danse tantôt le danseur… un fanatisme extrême et cannibale!




Maratus splendens, photo : Jurgen Otto



La partie de jambes en l'air du mâle et comme la queue du paon, ses "ailes" abdominales qui se déploient ne sont qu'une partie du spectacle (j'y reviendrai sûrement). Quand tout se met en oeuvre il arrive qu'une femelle trouve la chose esthétiquement (et non gustative...) intéressante et permette au mâle une danse-contact.










samedi 28 janvier 2012

Macro/micro




Evarcha arcuata. Photo Dusan Beno.


De magnifiques séries de photos macro trouvées ce matin sur Google+

D'abord le Slovaque DUŠAN BEŇO et ses photos macro

Ses photos ici aussi



 Puceron (Aphidoidea). Photo Nadav Bagim.


L'Israélien Nadav Bagim fait dans la super-macro et s'intéresse de près aux pucerons "parce qu'il ne bouge pas trop".

Jetez un coup d'oeil sur ces pucerons ici.




 Chats, île de La Réunion. Photo Cyrille Marceau.



Et j'ai croisé Cyrille Marceau sur Google+ , ci-haut une photo de sa série Chats, île de La Réunion. Cyrille est marcheur je m'entendrais bien avec lui!




 
Le Xénique de Stephens (Xenicus lyalii)

 

Et maintenant je prends le micro(phone)...

Comme je l'ai déjà mentionné j'aurai un blog sur le Huffington Post Québec. Pour ce magazine web j'ai préparé une série de billets sur des sujets comme l'agriculture urbaine et les chats en milieu urbain. Voyez-vous le rapport avec l'illustration du petit oiseau? L'espace que j'y aurai sera limité (les textes auront 500-800 mots) et j'ai préparé plusieurs illustrations que je ne pourrai pas y publier.

 
Je me demandais comment articuler ces articles et mon blog Flora Urbana? Le plus simple est de publier mes textes ici aussi avec en prime plus de visuel (photos, illustrations, etc.). Ce sera aussi peut-être à l'occasion des textes plus longs avec du matériel supplémentaire (liens et références)? On verra!


Bon samedi!




jeudi 16 décembre 2010

Sympathiques saltimbanques


Macro-video d’un Phidippus apacheanus mâle (Apache Jumper). Thomas Shahan.

Avec sa version de “While my guitar gently weeps” comme trame sonore, Thomas Shahan nous donne ici un film extraordinaire de sensibilité. Pareille dédramatisation des araignées par un contact privilégié et attentionné est une oeuvre d’art peu commune: ce sont nos représentations des araignées qu’il nous invite à revoir. L’instrument le plus utile de cet homme-orchestre est sans aucun doute son approche horizontale de ces arthropodes, d’égal à égal. Sur ce clip nous avons même l’illusion (?) que l’araignée lui retourne cette curieuse sollicitude...

Avec près de 5000 espèces les Salticidae (salticidées, araignées sauteuses) forment la plus grande famille d’araignées. Les sympathiques sauteuses font (ou devraient...) exception dans la perception générale des araignées. Leur vivacité attirent notre attention sans l’habituelle répugnance ou la peur que suscitent les autres araignées. Hautes sur pattes, leur démarche n’est pas associée à ces autres espèces qui rampent le ventre au sol, “sournoisement”. Évidemment tout cela est affaire de nos perceptions et de leurs ancrages au plus profond de notre mémoire: nous avons une peur atavique des “insectes” et des serpents “en général”. Ces atavismes sont “génériques” et deviennent généralisateurs parce qu’ils sont en fait des ancrages génétiques dans notre éthologie. Peut-on revoir cette crainte des araignées avec discernement?



Femelle adulte de l'espèce Phidippus mystaceus, araignée sauteuse de l'Oklahoma. Photo Thomas Shahan.


Les sauteuses chassent à vue avec une merveilleuse adaptation: elles possèdent huit yeux, détectent les mouvements avec précision, distinguent bien les couleurs et voient même dans l’ultra-violet. Elles bondissent sur leurs proies mais leurs pattes n’ont pas de muscles. Il s’agit plutôt d’un véritable système hydrolique, produit par l’influx instantané de l’hémolymphe (leur sang incolore) sous pression dans leurs articulations qui produit la force du saut. Mais une salticide sautera après avoir fabriqué et fixé un fil de soie: l’agilité n’exclue pas la prudence!

Cette famille d’araignées provoque plus facilement la sympathie: elles sont vives et curieuses et si nous n’avons pas ici d’espèces aussi grosses ou colorées nous avons quand même la commune Salticus scenicus ou saltique harlequin.

Chassant au soleil sur les murs de béton ou de brique cette araignée sauteuse est familière à tous. Elle entre souvent dans les maisons où, quand elle est aperçue, elle est plus facilement tolérée. Par un étrange phénomène que remarque souvent les observateurs quand on l’approche elle nous regarde et s’approchera même de votre doigt. Une étrange curiosité toute domestique, une rencontre d’un autre type... Les autres araignées ignorent ou fuient les humains. Le saltique harlequin a toutefois un comportement de bon voisinage!


 
Le petit zèbre Salticus scenicus. Photo-Wiki: Adam Opioła

Une des 40 ou 50 espèces présentes au Québec, le saltique harlequin ou saltique chevronné (Salticus scenicus, zebra spider) est une espèce holartique, “tout-artique”, signifiant qu’on la trouve tout le tour de l’hémisphère Nord: Eurasie et Amérique du Nord. Cette espèce est partout associée aux milieux humains. Un saltimbanque urbain au soleil... tiens, ça me rappelle quelque chose...

Culturellement les humains se targuent d’un discernement en toute matière. S’ils sont urbains ils en remettent toujours plus là-dessus (encore plus s’ils sont urbains et fortunés...). L’accès et l’appréciation subtile des arts (et bien souvent les arts de l’estomac...) sont prétexte à cette démonstration de subtiles distinctions. La biodiversité et, bien sûr, la biodiversité urbaine, interpellent nos prétentions de finesse du regard. Devant les araignées sauteuses, ces animaux fascinants qui nous observent, il semble que ce soient nous les monstres au regard imprécis et sans discernement.

Une araignée avec un cerveau gros comme une tête d’épingle fait preuve de plus de discernement du danger de l’autre que nous prétentieux humains. Il faut dire qu’elle a huit yeux!

Les sauteuses nous invitent à sauter les barrières ataviques de notre éthologie. Elles sont craquantes et invitantes... Je saute!


Aller tout de suite voir sa galerie de photos Flickr de Thomas Shahan:
Jumping Spiders of Oklahoma

Et visitez son site web pour y voir des photos et des films.