mercredi 9 juin 2010

Coeur saignant et fuyant!


L’année dernière j’ai photographié ce coeur saignant dans une ruelle. Sa situation me laissait croire qu’il était spontané: qu’il n’avait pas été planté et qu’il était donc un échappé de jardin. Cela me laissait perplexe je n’avais jamais vu cette plante pousser en-dehors de la culture. Suis-je dans les Solanum tuberosum? (suis-je dans les patates? pour les québécois qui ne lisent pas le latin. Ou suis-je dans l’erreur? pour les autres) Peut-être me direz-vous qu’il est commun sous notre climat que cette plante s’échappe et survive?




Mais voilà qu’il y a quelques jours j’ai trouvé ces autres individus bien connus dans une plate-bande au trottoir (c’est sur la rue où j’habite). C’était seulement la deuxième fois que je voyais des fruits ce printemps. Cela me semblait inhabituel. Je ne savais pas que cette plante produisait des fruits chez nous. Bien sûr toutes les plantes à fleurs produisent des fruits mais si elle ne s’auto-pollinisent pas elles ont besoin d’un insecte ou de certaines autres conditions qui n’avaient jusqu’à maintenant pas fait le travail.

Recherchant le sujet un peu ce matin je me rend compte que la plante:

Dicentra spectabilis se nomme maintenant Lamprocapnos spectabilis... Mes notions des plantes des jardins sont assez limitées et voici qu’en fait la plante a changé de nom en 1997... un léger retard donc!



Comme je ne m’étais pas documenté sur le sujet (en général mon propos ne porte en effet pas sur les plantes cultivées) je ne savais pas que ses graines portent des eléosomes! Ce sont donc les fourmis qui s’occupent de la dissémination de la plante. Quel rapport y a-t-il donc entre nos printemps plus hâtifs récemment et les fourmis? Comment expliquer cette nouvelle plante de la flore spontanée de notre ville?

Voyez mes billets sur la myrmécochorie en cliquant ce libélé sur la liste à droite. Notez que la grande chélidoine est une Papavéracée qui sont eux des parents des Fumariacées (famille qui contient notre coeur saignant et le genre Corydalis entre autres) 

Voyez cet autre billet sur les membres de la famille


Et surtout le billet sur la grande chélidoine



lundi 7 juin 2010

In Laurentia: Iris et Orchis


En regardant au-dessus des iris, au-delà de l’étang: nous voici dans les Laurentides. Un étang entouré d’îlots de Carex, d’aulnes rugueux, de viornes et quenouilles.




La raison qui nous amène ici: de nombreux iris versicolores. Normalement ici (près du Mont Tremblant) en fleur à la Saint-Jean (24 juin). Récemment promu emblème floral du Québec on l’utilise néanmoins vulgairement en homéopathie pour traiter des conditions simples comme des brûlures d’estomac (utilisez-donc du bicarbonate de soude... et laissez les iris tranquilles!). Un usage encore plus douteux, il “préconisé dans le cas de migraines ophtalmiques accompagnées de vomissement”. Personnellement si j’avais ces symptômes je me rendrais d’urgence à l’hospi! Notez qu’il y a un relent de la Doctrine des Signatures ici: iris, oeil... mais je n’ai sûrement pas toute l’ouverture d’esprit pour apprécier ces pratiques “alternatives”... et médiévales!




Viburnum cassinoides qui aura de beaux fruits bleu-noirs à l’automne. Arbuste prolifique fournissant de la nourriture à nombres d’oiseaux et de petits mammifères. Résistant et accommodant il sera planté au Champ des Possibles.



Trophées floraux composés par Solo, Michèle et Béatrice.



Béatrice et Solo (Sophie) portant sourires et trophées: les vacances approchent!




Cornus canadensis, les fleurs minuscules sont réunies en faux capitule au centre des quatre grandes bractées blanches. Le quatre-temps est une plante commune et connue qui tapisse le sol de la forêt en bien des endroits. Moins connu est le phénomène des fleurs explosives: voyez ici et surtout ici des vidéos du phénomène. Le sabot de la vierge (Cypripedium acaule) est l’orchidée la plus commune de la forêt. Mais j’ai oublié de photographier la forme à fleur blanche, ce sera l’année prochaine peut-être! Et une Primulacée: Trientalis borealis (trientale boréale).



Il y avait tant de Carex (à gauche et à droite), de Juncus (jonc, au centre), de scirpes   et de graminées que j’aurais pu passer la journée à les photographier et deux semaines à identifier... une autre fois, d’accord?


Bonne semaine!



vendredi 4 juin 2010

Vendredi pour le samedi


Ma montagne ressemble-t-elle à la vôtre? Quel beau matin!

Je ne serai pas là demain, je m’en vais à mon camp avancé dans les Laurentides. Alors je vous laisse un billet fait le vendredi pour votre samedi. Billet pour lequel je n’ai pas le temps de compléter la recherche et surtout l’identification des espèces trouvées au Champ des Possibles. Mais ça sera pas la première fois que je bâcle un peu!




Urtica dioica sur le trottoir, broutée par les chenilles du papillon Vulcain

Depuis que Carl Boileau m’a fait connaître le papillon Vulcain je porte une attention spéciale à toute plante d’ortie que je croise. J’ai même ramené un plant et des chenilles chez moi dans l’espoir de faire une documentation photographique de la métamorphose. Souhaitez-moi bonne chance!

Voyez son billet: Le Vulcain: pour un insecte emblématique à Montréal

Hier, alors que je faisais une autre visite de ruelle avec les enfants du quartier, les quelques petites plantes d’orties aperçues lundi hébergeaient maintenant des chenilles. Au grand plaisir des enfants qui avaient été jusqu’à là assez difficiles à intéresser à quoique ce soit. Dans ce deuxième groupe encore pas mal d’enfants connaissaient l’ortie. Ils ajouteront maintenant à leurs notions botaniques une note écologique sur la relation avec le papillon vulcain.



Les trois “houblon-tipis” ou “hops-teepees” au Champ des Possibles

J’allais prendre des feuilles des différents peupliers au Champ des Possibles. Je veux élucider (si possible...) la question des différentes espèces ou hybrides qu’on semble y trouver. Mais en arrivant j’ai décidé plutôt d’aller voir la ruche d’abeilles et la nurserie d’arbres. Une autre fois pour les peupliers!




Futures plantations en état larvaire




La ruche qui donnera du Miel de Mile End

Le côté ouest du Champ est limité par les grands immeubles et l’ombre y est profonde tout l’après-midi. Au pied des immeubles il y a cette association entre l’antrisque des bois et la renoncule âcre. Depuis quelques années cette combinaison particulière se maintient et semble exclure assez efficacement les autres espèces. Comme un jardin qui se maintient selon un plan obscur ou inconnu en tout cas!




Le discret jardin sans jardinier. Comment conserver cette association singulière?



Comme la carotte, l’anthrisque (toutes deux de la famille des Apiacées) attire les diptères (les mouches). Mais pas les abeilles à miel!



Alleluyah! Allah! Ah! Mes sacrées barniques!

Quelle misère j’ai perdu mes lunettes dans le jardin d’anthrisque! À moins que ce soit quand j’ai photographié les coccinelles-taxi. Chercher ses lunettes sans lunettes! Merdre! À tâton, à quatre pattes... voilà mon budget qui fout le camp! Bon je me fais une raison, on peut en trouver pas cher à la pharmacie... je me fais à l’idée et j’abandonne la recherche. Alors je retourne à mon matériel... et sur le bord du sentier dans l'herbe courte... AH! Quel soulagement! Les voilà! Je vais aller me chercher une courroie...




Apis mellifera (abeille à miel),  Coccinella septempunctata (coccinelle à sept points) et un Bombus (bourdons)



Un couple de coccinelles-taxis (Propylea quatuordecimpunctata, espèce eurasienne ) un papillon du genre Celastrina? et une autre coccinelle non-identifiée.


Voilà! Le trèfle est en généreuse floraison et j'ai aperçu deux autres espèces de Bombus et un  grand papillon à queue que je ne connais pas. Une rapide tournée au Champ et quelques espèces supplémentaires à s'ajoutent à la liste déjà dressée. 

Bon weekend à tous!