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lundi 12 avril 2010

Rapport de l’inspecteur des bourgeons 3


J’ai pris une marche vers le Mont-Royal hier et j’ai photographié trois arbres et arbustes dont je suis le développement des bourgeons. À droite (toujours sans identité précise) un arbre rosacée, une viorne puis et un amélanchier. Ce n’est qu’à la floraison que je pourrais être sûr de l’identité de tous.





Le printemps est incomplet sans ces fleurs d’un bien mâle érable à Giguère (Acer negundo, sur la photo du centre). Le mal-aimé des érables qui nous rend bien des services néanmoins! Le moindre n’est pas de verdir les ruelles où il est bien plus toléré qu’ailleurs, les humains y laissant plus facilement tomber les préjugés en faveur des arbres "nobles" sur les rues. Le plus urbain des arbres mériterait un attention plus généreuse: il n’y en a jamais deux pareils! Sa valeur paysagère est grande et sa croissance rapide un atout. 





Il y avait aussi un couple de corneilles (Corvus brachyrhynchos), chassant des insectes en soulevant les feuilles. Mon royaume pour un téléphoto! J’ai aussi manqué un beau pic et je n’ai jamais que des photos médiocres des oiseaux!





Si les gingembres sauvages (Asarum canadense) ne sont pas encore en fleurs la sanguinaire (Sanguinaria canadensis) reçoit déjà la visite de ce diptère qui semble brouter le pollen (?). J’ai bien photographié et visité ces sanguinaires cent fois et c’est la première fois que je vois et photographie un insecte dessus. Faudrait que je recherche un peu la pollinisation de cette espèce si caractéristique du printemps sur la montagne.




mardi 13 octobre 2009

Écologie urbaine: les fourmis 1


comment la chélidoine grimpe-t-elle?


Les abeilles sont des infatigables pollinisatrices et sans leur service la flore et la biodiversité urbaines seraient radicalement altérées et réduites. D’autres insectes ont toutefois un rôle écologique important qui n’est toutefois pas aussi connu. C’est un travail de l’ombre que celui des fourmis. Celles-ci sont des Hyménoptères avec les guêpes et les abeilles. En fait les fourmis sont essentiellement des guêpes sans ailes. Sur la planète ce sont de 12 à 14,000 espèces de fourmis, et près de 100 espèces au Québec.

On ne remarque pas beaucoup les fourmis...mais à l’échelle de la planète elles représentent près de 20% de la biomasse animale totale...plus que celle des vertébrés...Et en plus ça travaille! Écologiquement les fourmis sont l’équivalent terrestre des abeilles. Si les infatigables butineuses sont responsables d’une part importante de la pollinisation des plantes, les marcheuses elles transportent ensuite les graines et disséminent ainsi de nombreuses espèces.



fruits, fleurs, feuilles


Le fait est connu chez les plantes de la forêt de feuillu de notre région. Il y a les cas bien documentés des trilles et sanguinaires: ce sont les fourmis qui en disséminent les graines. C’est ce qu’on appelle la myrmécochorie (myrmeco: fourmi, chorie: dispersion). Les fourmis ne vont pas très loin, ce qui produit des colonies de plantes assez denses. Mais c’est surtout qu’elles soustraient les graines aux autres animaux qui les consomment en les amenant sous terre. Quelques autres espèces de nos forêts adaptées aux fourmis: des espèces de Hepatica, Erythronium americanum, les espèces de Dicentra, Asarum canadense, Epigaea repens, de Corydalis, Viola pubescens, etc. Sans les fourmis les floraisons printanières seraient bien différentes!

De nombreuses espèces ont développé des excroissances sur leurs graines: c’est un petit bourrelet nutritif et attractif pour les fourmis. Ce “petit gras” à fourmi se nomme un éléosome (orthographe simplifié préférable à élaiosome). Les fourmis prendront ces graines et les apporteront dans le nid, c’est une nourriture pour les larves.



 contenu d’un fruit, graines et éléosomes
 

Le rôle écologique des fourmis pour la flore indigène et la “nature naturelle” a donc toute son importance. Mais pour cette “autre nature”, celle des milieux anthropisés, pour la flore urbaine spontanée? Retrouve-t-on des signes de cette complexité écologique chez ce mélange biogéographique déconsidéré, composé d'espèces étrangères et indigènes? J’ai trouvé ce spécimen de grande chélidoine poussant, pas très haut, sur un mur. Comment les graines (il a en fait trois plantes) se sont-elles trouvées à 40 cm du sol?

Chelidonium majus a justement des éléosomes sur ses graines. C’est une plante diplochore, c’est à dire qu’il y a deux étapes à sa dissémination: la première est autochore: les graines sont lâchées des fruits mûrs qui s’ouvrent et laissent tomber les graines autour de la plante-mère et la deuxième est myrmécochore, les fourmis s’en occupent... La grande chélidoine a une longue saison de floraison: une plante de taille moyenne produit 75,000 graines par année. Nous sommes le 13 octobre et elle est toujours en fleur...La chélidoine sait qu’elle peut compter sur les armées sous-terraines invisibles...

Une graine au sol et... les fourmis travaillent.



samedi 25 avril 2009

Signes du printemps 16

Sur le Mont Royal aujourd'hui.

Avec quelques autres plantes, la sanguinaire (Sanguinaria canadensis) est l’emblème du printemps sur la montagne. Comment a-t-on fait pour la nommer sanguinaire cette fleur blanche? Non ce n’est pas qu’elle soit saignée à blanc...c’est son latex qui est coloré. Elizabeth Báthory s’habillait aussi de blanc...

Le grand bombyle (Bombylius major) est un Diptère (une mouche). Il vole avec ses grandes pattes étroites qui pendent et il a une longue trompe qui lui donne l’allure d’un gros moustique poilu et dodu. C’est une mouche-abeille et ses larves consomment le miel et les larves des abeilles sauvages. L’adulte se nourrit de nectar tôt au printemps. Ici il est sur une fleur de Chionodoxa. Cette colonie a été introduite sur la montagne.

L’asaret (Asarum canadense) appellé aussi gingembre sauvage à cause du goût du rhizome. Pas de chance: j’ai vu quelque fois des gens le récolter sur la montagne. On s’inquiète avec raison des vélos de montagne qui font des ravages. On devrait aussi s’inquiéter des usages “softs” (médicinaux, culinaires) des espèces sur la montagne ...