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jeudi 10 mai 2012

Attrape-plantes, modèle 2012




Mon attrape-plante, cuvée 2012


Vous vous rappelez je suis allé à Lachute (dans les environs de Lachute…) lundi. J'étais curieux de voir l'endroit après 7 ans. Le pit de sable a bien changé : c'est dans sa nature. Personne n'y travaille plus et sa surface de sable dénudée autrefois se transforme maintenant en jeune forêt. Les plantes de plein soleil, qui se rarifient déjà, ne seront plus là dans deux ou trois ans. Ça pousse vite des peupliers...

Mon attrape-plante aussi a bien changé. Il y a toujours eu un peu de mousse. Puis un peu plus. Mais cette année c'est un vrai Saihō-ji. Ce qui me donne l'idée suivante : en faire un jardin de mousse (facile, c'est déjà fait…) et y introduire quelques plantes intéressantes. Je vais les cultiver là et vous les faire connaître.

Potentille et luzerne lupuline? C'est tellement 2011... Alors dehors les mauvaises herbes qui envahissent mon rêve moussu...



Gauche : botryche lunaire. Centre : spiranthe penchée. Droite : bermudienne


J'allais surtout à Lachute pour y chercher des spécimens de Liparis loeselii. Je m'ennuyais de cette petite orchidée que j'ai cultivé bien longtemps. Malgré mes efforts je n'ai pas trouvé mon orchidée adorée. Il y en avait beaucoup et maintenant? Rien! Nada! Bredouille!  

J'ai toutefois trouvé une plante fascinante de la famille des Ophioglossacées (des végétaux totalement pré-historiques), le botryche lunaire (Botrychium lunaria), mais je ne jure pas de l'espèce! De loin je l'avais d'abord confondu justement à une Liparis qui commence sa croissance… Les Botrychium étaient présent déjà ici il y a quelques années, en pleine lumière, atténuée il est vrai par un tapis d'herbe où ces dinosaures de plantes se cachaient.

Les deux spécimens de l'orchidée spiranthe penchée (Spiranthes cernua) devraient être de belles réussites. Facile à cultiver et vanillement parfumée… si aucun écureuil ne vient jouer dans mon jardin...

Il y a quelques années le hasard avait fait pousser une bermudienne dans mon attrape-plante. Elle est maintenant de retour. J'ai deux spécimens et j'espère les faire fleurir malgré que la transplantation n'est pas optimale : une inflorescence est déjà visible...






J'ai aussi pris quelques drosera à feuilles rondes (Drosera rotundifolia). Comme les Liparis et Spiranthes ce sont des plantes de sols pauvres et en plein soleil. Leur culture dans mon attrape-plante devraient réussir. Elle sont des compagnes ordinaires des spiranthes et liparis dans les sablières.






J'avoue que je n'ai pas réfléchi en prenant cette violette pâle (Viola macloskeyi subsp. pallens). Cette printanière minuscule pousse plutôt avec une minimum d'ombre... mais en plein soleil urbain... je suis pas certain de sa survie et pas content de mon choix impulsif!





En terminant quelques photos d'un des nombreux spécimens de Liparis loeselii que j'ai cultivé plus de dix ans dans la maison. Notez que ce sont trois générations réunies dans ce petit pot. Dans la photo du centre on voit bien un caractère intéressant de cette orchidée : la tige est triangulaire.

Peut-être aurais-je l'occasion d'aller chercher un nouveau spécimen de cette fée des sablières?


Je vous ferai des rapports sur le succès ou non de mon jardin de mousse amélioré.





lundi 9 mai 2011

Flore des trottoirs


La bien tardive capselle bourse-à-pasteur (Capselle bursa-pastoris, shepherd's-purse). Je l'ai déjà photographié en fleur un 5 mars... Cette année elle n'est en fleur que depuis quelques jours.


Je n'ai pas réussi à identifier cette espèce à capitule jaune. Comme on "dit":  ;)))



Les violettes elles sont très hâtives. Il faut paraît-il manger les premières fleurs que l'on aperçoit. C'est fait. Un porte-bonheur. Celle-là je ne connais pas son nom... 



samedi 22 mai 2010

Wind on Wisteria Lane


Déjà l'année dernière la floraison de cette glycine était un événement. Mais maintenant...avec nos saisons empressées c'est tout un phénomène! D'ailleurs je préviens la jardinière responsable de ce délit: Michèle-E. t'as pas le droit! T'as beau dire que tu n'as rien à voir avec ça, rends-toi à l'évidence: ta Wisteria est rendue sur le toit bordel! Trop c'est trop! Quoi, l'année prochaine elle grimpera sur le peuplier?



A bit of wind on the Wisteria Lane, nothing the gardener can't handle.



Deux autres sauvageones sur la même rue.



Et évidemment sur ma rue les épipactis, comme toutes les plantes, sont trois semaines plus tôt que l'habitude. L'orchidée-béton... pas l'image qu'on a habituellement de ces plantes, n'est-ce pas?


mardi 13 octobre 2009

Écologie urbaine: les fourmis 1


comment la chélidoine grimpe-t-elle?


Les abeilles sont des infatigables pollinisatrices et sans leur service la flore et la biodiversité urbaines seraient radicalement altérées et réduites. D’autres insectes ont toutefois un rôle écologique important qui n’est toutefois pas aussi connu. C’est un travail de l’ombre que celui des fourmis. Celles-ci sont des Hyménoptères avec les guêpes et les abeilles. En fait les fourmis sont essentiellement des guêpes sans ailes. Sur la planète ce sont de 12 à 14,000 espèces de fourmis, et près de 100 espèces au Québec.

On ne remarque pas beaucoup les fourmis...mais à l’échelle de la planète elles représentent près de 20% de la biomasse animale totale...plus que celle des vertébrés...Et en plus ça travaille! Écologiquement les fourmis sont l’équivalent terrestre des abeilles. Si les infatigables butineuses sont responsables d’une part importante de la pollinisation des plantes, les marcheuses elles transportent ensuite les graines et disséminent ainsi de nombreuses espèces.



fruits, fleurs, feuilles


Le fait est connu chez les plantes de la forêt de feuillu de notre région. Il y a les cas bien documentés des trilles et sanguinaires: ce sont les fourmis qui en disséminent les graines. C’est ce qu’on appelle la myrmécochorie (myrmeco: fourmi, chorie: dispersion). Les fourmis ne vont pas très loin, ce qui produit des colonies de plantes assez denses. Mais c’est surtout qu’elles soustraient les graines aux autres animaux qui les consomment en les amenant sous terre. Quelques autres espèces de nos forêts adaptées aux fourmis: des espèces de Hepatica, Erythronium americanum, les espèces de Dicentra, Asarum canadense, Epigaea repens, de Corydalis, Viola pubescens, etc. Sans les fourmis les floraisons printanières seraient bien différentes!

De nombreuses espèces ont développé des excroissances sur leurs graines: c’est un petit bourrelet nutritif et attractif pour les fourmis. Ce “petit gras” à fourmi se nomme un éléosome (orthographe simplifié préférable à élaiosome). Les fourmis prendront ces graines et les apporteront dans le nid, c’est une nourriture pour les larves.



 contenu d’un fruit, graines et éléosomes
 

Le rôle écologique des fourmis pour la flore indigène et la “nature naturelle” a donc toute son importance. Mais pour cette “autre nature”, celle des milieux anthropisés, pour la flore urbaine spontanée? Retrouve-t-on des signes de cette complexité écologique chez ce mélange biogéographique déconsidéré, composé d'espèces étrangères et indigènes? J’ai trouvé ce spécimen de grande chélidoine poussant, pas très haut, sur un mur. Comment les graines (il a en fait trois plantes) se sont-elles trouvées à 40 cm du sol?

Chelidonium majus a justement des éléosomes sur ses graines. C’est une plante diplochore, c’est à dire qu’il y a deux étapes à sa dissémination: la première est autochore: les graines sont lâchées des fruits mûrs qui s’ouvrent et laissent tomber les graines autour de la plante-mère et la deuxième est myrmécochore, les fourmis s’en occupent... La grande chélidoine a une longue saison de floraison: une plante de taille moyenne produit 75,000 graines par année. Nous sommes le 13 octobre et elle est toujours en fleur...La chélidoine sait qu’elle peut compter sur les armées sous-terraines invisibles...

Une graine au sol et... les fourmis travaillent.



jeudi 9 juillet 2009

Les yeux de la pensée

 
fleeting pansy


Elle apparait: Bwif! Bling!...ou Glingggg! Ce serait quoi l’onamatopée la plus juste pour une de ces apparitions, sous le radar, d’une pensée qui a fait le saut. Hors du jardin elle prend le large.

Pas toujours très loin, pas pour longtemps. Elle s’échappe et va faire l’espionne des trottoirs, comme un chat guettant les humains et leurs activités incessantes. Elle se maintient à l’occasion dans un “ex-jardin”. Les occupants humains qui la cultivaient ayant déménagé, les nouveaux n’ayant aucun intérêt à cet occupation. Elle se garde au frais.

Elle arrive aussi par ses graines “contaminant” un paillis, le milieu humide d’une plantation récente semblant toujours un habitat favorable à toutes sortes de curiosités botaniques.

Hors d’un jardin, sur les voies humaines, elle tourne autour en réflexion pour un an ou deux. La pensée curieuse étant prête à payer le prix de son aventure ex-hortus. Elle devient songe, rêve, mémoire.

Pensées furtives, étonnantes autant qu’étonnées, curiosité récompensée. Regard bleu.

Elle disparait: Paf! Zwifff...Pssshh !




mercredi 3 juin 2009

Truands de ruelles

au mur! les mains en l'air!


J’ai fait une tournée dans les ruelles où toute une flore illicite se cache. Les soins sont souvent relâchés ici, ce n’est pas la façade de la rue où l’apparence compte, c’est le côté décontracté et ludique des résidents.

À gauche un groupe de pensées, collé contre le mur et coincé entre celui-ci et une voiture dans un stationnement. Cela donnait vraiment l’impression d’un groupe de gamins faisant des mauvais coup dans la ruelle. Au centre une brassicacée, très commune cette année, à l’architecture rigoureuse en contraste avec des fleurs minuscules, de convenance me semble-t-il. (je reviendrai sur son identité)

À droite un liseron des champs (Convolvulus arvensis, field bindweed, p.185) en fleur bien tôt cette année me semble-t-il. L’espèce mériterait toute une série de messages, tellement elle est intéressante.

Qualifiée une des Dix Pires Plantes Envahissantes. Évidemment cela est vrai en contexte agricole (mais pas dans tous les cas...). Malheureusemnet cette réputation la suit même en milieu urbain. On la trouve partout sur la planète, sauf les régions tropicales. On dit: une cosmopolite. C’est une plante vivace au développement aérien prolifique. Une sans-gêne grimpeuse de clôture. Mais ce n’est rien comparé à son système racinaire encore plus grand qui atteint 7 mètres de profond. Si on arrache les parties aériennes elles produira de nouvelles tiges à partir des racines. Plutôt difficile de s’en débarrasser!

Alternativement, on peut aussi l’apprécier: s’il fait soleil elle est parfumée et les abeilles la visitent avec méthode. Elle est blanche, blanche et rose ou toute rose...

Et les graines demeurent viables au moins cinquante ans...Une récidiviste bien patiente!




mardi 12 mai 2009

Les fantômes du coteau de la Caserne 1


Je visite souvent le coteau de la Caserne. Le terrain vague temporaire (le temps des travaux de réfection de l’intersection) a été rayé de la carte avec toute la biodiversité qui s’y trouvait. On a nivelé ici, ou fait de belles ondulations du sol avec la grosse machinerie, on a déroulé le beau tapis vert (le gazon en rouleau) et on a corrigé la situation en plantant des arbres et arbustes indigènes. Une topographie de rêve vert.

Les mauvaises herbes, surtout les inintéressantes que sont les étrangères, sont éradiquées. En fait, une flore spontanée n’est plus tolérable. De grands projets doivent avoir une place nette et une flore indigène, nationale.

Ainsi je documente les plantes qui ont été introduites par inadvertance lors de ces plantations “rectificatrices”. Les cuvettes de paillis au pied des arbres sont un habitat singulièrement riche en “introduction”. Ici c’est une petite jolie, la violette ou pensée des champs (Viola arvensis).

Les mauvaise herbes du coteau de la Caserne ont été remplacée par un autre assemblage d’espèces tout aussi mauvaises. Ah! les mauvaises pensées! Elles reviennent toujours nous hanter.

Le coteau avait perdu son nom (temporaire) que je lui avait donné. Il a perdu l’assemblage particulier d’espèces qui s’y était installées. Maintenant je me rends compte qu’il semble revivre, différent mais toujours aussi volontaire.


vendredi 24 avril 2009

Ajout illicite de couleur


Une pensée pour la petite pensée sauvage et cultivée, la violette, johny-jump-up, heart’s-ease, sanshiki-sumire, etc. la plante aux nombreux visages et aux mille noms.

Mon livre arrive en librairie aujourd’hui. Il s’ajoute aux couleurs illicites du milieu urbain.


samedi 4 avril 2009

In memoriam, ko-tachitsubo-sumire



Une des premières curiosités qui me donna la piqûre de la flore urbaine est une petite violette au feuillage panaché. La plante n’avait plus de fleur mais un court pédoncule portait une capsule sèche et ouverte: les graines s’étaient disséminées. Trois étés de suite elle se trouvait là au pied d’un mur sur la rue Marie-Anne. J’y allais irrégulièrement sans jamais voir la fleur. Le dernier été, quelques semaines sans pluie eurent raison de la violette coréenne. Je m’en veut encore d’avoir hésité à intervenir et aller l’arroser! Quel curieux raisonnement j’avais alors: observer la nature interdirait d’intervenir!

On ne m’y prendra plus...Viola grypoceras var. exilis 'Sylettas' est un cultivar disponible par catalogue et à l’époque c’était une nouveauté horticole. Quel amateur de violette bien au courant s’était donc procuré des graines? Peut-être avait-il la plante sur son balcon ou à la fenêtre? La plante laissant ensuite tomber quelques graines sur le trottoir...puis elle réussit ensuite à se maintenir autour trois étés de suite. C’était pas mal et un peu d’appui de ma part aurait fait la différence.

Elle origine de l’Asie de l’Est: Chine, Corée et Japon. Dans l’archipel japonais elle est distribué depuis le Sud des Kouriles jusqu’aux îles Ryūkyū. Depuis des forêts tempérés de conifères jusqu’aux régions sub-tropicales. C’est dire qu’elle est adaptable. Elle s’échappe des jardins au Missouri où elle est en voie de naturalisation.

Pour ce que m’aurait coûté un litre d’eau et une marche de trois coins de rue...On ne m’y prendra plus!