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vendredi 23 novembre 2012

Raphanus raphanistrum




 
Raphanus raphanistrum à droite: planche tirée de Farm weeds of Canada, Ottawa, Dept. of Agriculture, 1923. À gauche la même espèce dans le livre Guide de la Flore Urbaine, 2009.


Hum... il est vraiment temps de publier un autre livre...





mercredi 7 septembre 2011

Bon-air prend l'air



Murmure au pied du mur


Rue Jean-Talon, Montréal, en sortant du métro, devant la Maison de l'Italie le terrain défait par des rénos (?). Une invasion biologique, à peine moins pernicieuse que la berce du Caucase (mettez un smiley ici…). La verveine de Buenos-Aires (Verbena bonariensis, purpletop vervain, p.279), sur un sol presque nu.



 Le bon air d'Italie pour la verveine de Buonos-Aires.


Marchant rapidement je n'ai pas confirmé que la brassicacée à fleur jaune est bien ce qui semble le diplotaxe des murs (Diplotaxis muralis, annual wall-rocket, p. 157). Un choix judicieux ce duo, tant pour les couleurs que les formes (mettez ici une envolée lyrico-descriptive de votre choix). Que fait ici cette verveine?



 Au milieu de la rue: bégonias, autres trucs, verveine et patate douce...


Le jardinier du léger chaos a encore frappé, installant à côté du trottoir ces deux espèces spontanées. Formellement "ça marche", comme disent les gens qui s'y connaissent. Pas plus que vous je ne sais ce que ça veut dire mais je suis d'accord. Je trouve que c'est mieux réussi que le terre-plein ci-haut, planté (à tous les ans le même) entre les voies de la rue Jean-Talon. La non-intention du couple diplotaxe/verveine a au moins une valeur biologique, fusse-t-elle d'origine chaotique.



Le milieu de la rue Jean-Talon. C'est pas Buonos-Aires mais la verveine vient de là néanmoins.


La verveine s'est échappée en se ressemant  depuis le milieu de la rue. Le diplotaxe est arrivé on ne sait jamais comment. Il affectionne les murs ou, ici, les pieds de murs. Complétons ce duo spontané toutefois. Un couvre-sol est nécessaire. Mais quoi?


"Hum, c'est bon ce nectar de Buenos-Aires" dit la mouche.


Comme sur cette rue passante, on plante beaucoup de ces ipomées (patates douces) au feuillage vert-vert-vert qui donne un pseudo-look de luxuriance. "C'est beau". On pourrait peut-être faire "c'est juste" en mettant quelques vignes indigènes vivaces… Ça retombe aussi… Économie et utilité biologique d'une plante qui résisterait au site ingras: la vigne des rivages, tiens…

Mais c'est moins vert… "C'est moins beau"… pourtant "Ça marche"… tout seul… Maintenant avec quoi remplacer ces affreux bégonias et autres jolies choses...

Isabelle Dupras a-elle des propositions?



samedi 9 juillet 2011

256 pouces carrés de biodiversité 1





Cette photo du 23 juin montre mon attrape-plante bien vert avec une assez nette domination de deux espèces : la potentille de Montpellier (Potentilla norvegica, rough cinquefoil, p. 255) et la luzerne lupuline (Medicago lupulina, black medick, p. 201). Du vert avec des fleurs jaunes. Le banal du banal, vous en conviendrez. Pourquoi vous en parlez?



La potentille (à gauche) et la lupuline (à droite).


La plupart des plantes de cet habitat lilliputien sont arrivées par le vent ou les oiseaux.* Les deux plantes qui nous occupent ont de petites graines mais on peut douter que ce soit le vent qui les ai porté jusqu'ici, sur mon balcon, deux étages au-dessus du rez-de-chaussée. Ce sont plutôt le produit de l'endozoochorie : des oiseaux ont mangé des graines, certaines sont passées intactes par le système digestif et le hasard balistique de la fiente d'un oiseau qui passait par là a fait le reste. Il ne s'agit pas de précision… les plantes sont très communes et les oiseaux qui en consomment les graines sont aussi communs. Statistiquement...




La pélopée maçonne (Sceliphron caementarium)


Ces temps-ci mon attrape-plante est constamment visité par des grandes guêpes et je me demande pourquoi. Ces deux guêpes sont des prédatrices redoutables, spécialistes des araignées ou de gros insectes. Alors que viennent-elles faire ici? Elles se posent sur le rebord du bac en plastique puis plonge dans la verdure en fouillant avec attention, repartent et reviennent quelques instants plus tard. L'inspection attentive de la surface des feuilles est faite à répétition et je me demande bien ce qu'elle cherchent.



Où on trouve la première on trouve la deuxième. 


Initialement je croyais que ces guêpes venaient peut-être chercher du matériel pour construire leurs nids. Je sais que la pélopée maçonne (Sceliphron caementarium) prend plutôt de la boue… l'autre, la guêpe maçonne (Chalybion californicum) prend en fait surtout de l'eau et retravaille la boue séchée des nids abandonnés de la première. 




La guêpe maçonne (Chalybion californicum)


Mais peut-être était-ce des débris ou de la mousse qu'elles prenaient pour compléter la construction des nids? Les chalybions, bien plus nombreuses et fréquentes, avaient le même manège : arrivée, plongée dans la verdure, fouille puis départ. Mais chez les deux espèces je n'arrivais jamais à distinguer quoique ce soit qui fût pris et transporté. Que viennent-elles faire?





Du revers de la main j'entrouve en balayant le feuillage, tout le long du bac. Rien de remarquable, aucun insecte n'est visible. Mais les feuilles sont collantes…


Suite bientôt...


*J'y ai mis aussi une espèce minuscule et rarrissime : la drave printannière (Draba verna, spring draba). Voyez ce billet: Ici


lundi 9 mai 2011

Flore des trottoirs


La bien tardive capselle bourse-à-pasteur (Capselle bursa-pastoris, shepherd's-purse). Je l'ai déjà photographié en fleur un 5 mars... Cette année elle n'est en fleur que depuis quelques jours.


Je n'ai pas réussi à identifier cette espèce à capitule jaune. Comme on "dit":  ;)))



Les violettes elles sont très hâtives. Il faut paraît-il manger les premières fleurs que l'on aperçoit. C'est fait. Un porte-bonheur. Celle-là je ne connais pas son nom... 



samedi 12 juin 2010

Le cupidon de Lamprocapnos spectabilis


coeur ouvert et disponible

Quel facteur(s) explique(nt) tous ces fruits produits par les coeurs saignants ce printemps? Les fleurs sont auto-fertiles mais je ne sais pas si elles s’auto-pollinisent ou si un insecte doit se charger de transférer du pollen depuis l’anthère sur le stigmate. Je devrais prendre une fleur et la disséquer pour essayer de comprendre un éventuel mécanisme. J’ai déjà disséqué de ces fleurs (je suis sûr que vous aussi) mais il y a bien longtemps...

Je ne sais pas quel est le pollinisateur de ces fleurs. J’ai déjà vu des abeilles affairées mais les traces laissées sur la fleur indiquaient un comportement de voleuses de nectar. Elles percent le sommet de la fleur pour boire le nectar, contournant ainsi l’accès “standard” qui permet la pollinisation. Les grosses abeilles Bombus, les bourdons, sont habituellement responsables de ce vol de nectar et les autres abeilles ou mêmes les fourmis profiteront de cet abreuvoir illicite. La fleur donne le nectar mais l’insecte ne rend pas le service!

Je n’ai pas eu le temps de vérifier les références mais les colibris sont attirés par notre plante et seraient pollinisateurs (Audubon International pour la Floride par exemple). Est-ce le cas en Chine, pays d’origine du coeur saignant? 





feuilles et fruits

Les lecteurs de ce blogue qui connaissent bien les plantes d’horticulture me diront peut-être si cette plante produit régulièrement des fruits ou s’échappe ordinairement des jardins? La banque de donnée de USDA indique qu’elle est spontanée dans quelques états limitrophes au sud et à l’est de chez nous: New York et Maine. J’ai trouvé une mention aussi pour la Lithuanie. Le coeur saignant n’est pas sans potentiel de “mauvaise herbe”, c’est réjouissant.





fruits: les éléosomes blanc-jaunâtre sur les graines noires sont bien visibles.

Comme chez les Brassicacées (famille de la moutarde) les fruits de la famille des Fumariacées s’appellent siliques: ils sont en deux parties qui s’ouvrent par la “suture”, la ligne bien visible sur le gros plan ci-haut. Deux placentas pariétaux donc et les graines sont en deux colonnes, chacune dans sa moitié de fruit.

Les fleurs de différentes espèces présentent différents modes de maturation des parties mâles et femelles. Si ce sont les anthères (mâles) qui sont mûres en premier la fleur est dite protandre, si c’est le stigmate qui est réceptif en premier on dit la fleur protogyne. Notre plante est adichogame: le stigmate et les anthères sont simultanément matures.

Ce sont là les informations de base dont je dispose pour juger de la possibilité que cette plante puisse un jour se naturaliser. Elle fleurit et produit des fruits (comment?) elle a aussi un mode de dispersion des graines (la mymécochorie). Ses graines germent et des plantes se développent et fleurissent.

Mais qui donc est le cupidon de ce coeur saignant?




mardi 11 mai 2010

Attrape-plante 2010


vue d’ensemble avec ruelle et enfant à vélo

Qu'en est-il du King des attrape-plantes? 2010 sera-t-elle un bon crû? Voici un rapport bien attendu par les lecteurs. Les courriels, pigeons messagers, signaux de fumée et appels de toutes sortes me forcent à rendre compte de la situation. Alors voilà:



domination des hivernantes

Le printemps est clairement dominé par la luzerne lupuline (Medicago lupulina, black medick, p.201) qui a gardé ses feuilles vertes durant tout l’hiver. Voir ce billet: N’attrape-plante. Elle partage toutefois l’habitat avec la potentille (elle aussi a gardé des feuilles hivernantes). Je n'oublie la mousse: première résidente du piège à végétaux et encore présente!




À gauche: le bident feuillu (Bidens frondosa, devil’s beggartick, p.108) toujours volontaire en grande quantité. Ses graines ont germé il y a longtemps et les premières vraies feuilles s’ajoutent aux cotylédons encore en place. Le laiteron rude (à droite) a quelques plantules aussi (Sonchus asper, spiny-leaf sow-thistle, p.131).




La surprise, si tôt au printemps, est cette graine cotonneuse (à gauche) d’une espèce de peuplier. Relevant la tête j’en ai aperçu quelques rares autres qui volaient au-dessus de la ruelle. Quelle espèce a déjà ses graines en exploration du territoire? Les fruits du peuplier deltoïde sont encore bien vert et n’ouvriront pas avant longtemps. Peut-être s’agit-il du peuplier faux-tremble? Et si je les reconnaît bien (à droite) il s’agit des cotylédons du plantain.

Qu’adviendra-t-il de Agalinis tenuifolia (gérardie à feuilles ténues, slenderleaf false foxglove), Centaurium erythraea (érythrée petite-centaurée, european centaury. J’y ai aussi ajouté les graines de la renoncule cymbalaire du terrain vague Turcot et la corydalis du coteau de la Caserne? Seront-elles au rendez-vous?

Majella Larochelle m’écrit ce matin sur Facebook qu’il a reçu les graines de Draba verna que je lui ai envoyé. Déjà semées! L’homme est à son affaire!

Maintenant que la curiosité planétaire est satisfaite... je dois faire un peu de boulot!



mercredi 14 avril 2010

Vous avez dit: printemps? Yahoo!


au pied de l’arbre: un habitat

Me rendant lundi soir au Mile End je suis tombé sur une petite plante, une brassicacée minuscule, que je ne connaissais pas. Je n’avais pas mon matériel à photo ou mon matériel à spécimen alors je pris une note mentale d’y retourner le lendemain à la bonne lumière. J’étais bien satisfait: je savais que c’était une nouveauté (pour moi...) et j’avais hâte de l’examiner, de l’identifier et de vous la présenter.



micro-paysage pour Gulliver

J’y suis donc retourné mardi et j’ai bien pris mon temps d’abord pour apprécier le plus micro des micro-paysages qui l’abritait. Je connais mal ces petites brassicacées mais une bonne clé pour les identifier est disponible à cette adresse: (...pardon il semble que le document ne soit plus disponible sur le site de FloraQuebeca...) Écrivez-moi si vous la voulez!



 une puce dans la mousse, un fruit (silicule) en formation

Alors au moment ou je vous écris (mardi 17:00h puis mercredi matin) je vais en temps réel (ben, plus ou moins...), consulter la dite clé et tenter la détermination. Bon c’est fait! (il est 17:10h, c’est pas pour dire que je suis champion, c’est la clé qui est bonne!) Et c’est very, very agréable de trouver une belle rareté! Voici le nom de cette brassicacée:


Draba verna, drave printanière (mais je préfère: mignonette), whitlow-grass

Quelques synonymes: Draba praecox, Erophila spathulata, Erophila verna, Erophila vulgaris, etc.



 feuilles poilues et les trichomes, Photo SEM, M. Ancev  & V. Goranova 

Une petite rosette de feuilles poilues à la base de l’inflorescence. Un caractère très distinctif: les pétales sont bifides, coupés en deux. La pubescence des feuilles est étoilée, ces petits poils nommés trichomes sont fourchus en “Y” avec deux mais quelquefois trois ou quatre branches. Elle est de la même famille que la capselle (Capsella bursa-pastoris) et partage cette floraison extraordinairement hâtive: les deux portent déjà des fruits! Les fleurs sont autogames, signifiant qu’elles produisent des fruits sans échange de pollens par les insectes.



le plus grand spécimen, grand comme un sou noir

La distribution naturelle de la plante serait l’Europe, l’Asie et l’Afrique du Nord. Elle est  toutefois présente partout en Amérique du Nord, sur les deux côtes (Est et Ouest) mais absente du centre du continent. Gray (1907) la dit naturalisée de l’Europe, et on la dit adventive en Ohio. Flora of Missouri la dit indigène et d’autres références Web indiquent qu’elle soit indigène sur la Côte Ouest, CalFlora (Californie) donne la variété Draba verna var. aestivalis, une indigène en Californie. Au Canada on la trouve ici et là comme exotique en Ontario, au sud d’Ottawa par exemple. La plante est naturalisée en Nouvelle-Zélande, c’est toute une voyageuse cette lilliputienne! Alors quel est son statut biogéographique? Je pousserai l’enquête.

Susannah, blogueure en Colombie Britannique et membre de Flora Urbana  a fait un billet sur la petite beauté: Draba verna, lichens, and a “what’s this” ?




 ajoutons un point rouge!

Je vous montre ici une carte de distribution de l’espèce le long du Saint-Laurent... plutôt rare, non... et dire que je l’ai trouvé sur le Boulevard Saint-Laurent dans une plate-bande d’une station-service. Quand je l’ai aperçu lundi je me rendais parler du projet du Champ des Possibles aux gens du Mile End. Le projet a été bien fort bien reçu et tout le comité était bien fier. J’aime penser que la petite drave printanière était le signe positif que tout se passerait bien. Elle fût aussi la récompense du bon travail qu’on a fait.

Je jubile avec ma petite chérie, la mignonette! Eh! oui!



jeudi 3 décembre 2009

Fleurs de décembre


un peu de soleil et hop! on ouvre des fleurs!

Le soleil est horizontal et ne fait plus d’effort pour monter plus haut. Enfin dans notre hémisphère! Ailleurs évidemment il commence à leur plomber un beau printemps! Mais ça ne me fait pas une belle jambe! (Les deux sont assez ordinaires en effet).



hors norme

Novembre a été exceptionnellement chaud et lumineux et hier encore plus! Alors j’ai fait un court circuit dans le quartier, question de constater ce qui fleurit encore. Ce sont toutes des plantes d’autres latitudes ou longitudes! Et elles n’ont aucun respect des règles de la saison du terroir!



chénopodium et la célèbre capselle

C’est tout un problème! La loi prévoit qu’au 15 décembre tout véhicule doit être muni de pneus d’hiver. Ce sera alors l’hiver! Et que fera la capselle? Elle s’amusera encore à fabriquer des petits coeurs de semences? Allo-o-o!




les briques chaudes sont des tropiques pour le galinsoga

Poilu il supporte bien le froid. (c’est pas mon cas...) Numériquement c’est sans doute l’espèce en fleur la plus importante si loin dans la saison. Bien des individus montrent des signes de gelures, mais en micro-habitat plus chaud tout va bien.




la descendance monte et s’envole

Les grands pissenlits (...) aussi n’ont rien compris...ils installent encore des parachutes sur leur graines...comme s’il n’y avait pas de lendemain...les tropiques et maintenant la Bohème!



doigt de dame au pied du mur

Ce Persicaria aussi est présent en grand nombre. Protégé “mécaniquement” des pas endormis des humains, au pied d’un mur chauffé par le soleil, il n’a toujours pas ses pneus à neige.



spécialiste des joints de pavé: une des “micro”-Caryophyllacées

Une de ces espèces dont j’espère avoir le temps de mieux étudier l’an prochain. Je crois qu’il y a trois espèces de ce groupe de petites Caryophyllacées, toutes curieusement spécialistes des joints de pavés. Toutes plus petites les unes que les autres et on les confond avec un indistinct “gazon” ou une ordinaire “mousse”.



le mouron du Lotus Bleu (un resto vietnamien)


Ça c’est de l’excès! Ça prolifère! En décembre...vraiment! Infraction double au Code de la Route (ou des trottoirs...): ça pousse alors que c’est le temps de se tirer! Et un alcootest s’impose: ça fleurit!


l’ivresse du mouron: le voilà en fleur

On est occupé à cirer nos raquettes, polir la motoneige, repasser nos tuques et le mouron rit et s’amuse! Vert comme le printemps. Ce doit être une espèce irlandaise. Quelles moeurs déplorables...




mercredi 25 novembre 2009

Course à rebours


fleurira dans la neige cette année?

Le mouron des oiseaux (Stellaria media, common chickweed, p.176) est je crois bien la dernière plante à fleurir. Comme je l’ai déjà indiqué il n’est pas rare de la voir encore en fleur alors qu’il y a de la neige. La colonie ci-haut s’est mis à germer et croître au mois d’octobre. Elle est installée dans un bac à fleur sur le trottoir et les propriétaires du resto ont des soins irréguliers: tantôt ils y mettent des fleurs, une autre année non. Des fois ils en plantent puis elles sont vandalisées et ils replantent. Mais toujours depuis plusieurs années le mouron y est présent...Ce hasard des soins expliquent la croissance tardive de cette nouvelle génération, la précédente ayant été “désherbée”. 24 novembre.



Sur cette autre photo prise ailleurs le 10 novembre on voit bien les poils en ligne sur un seul côté de la tige: c’est un caractère certain pour l’identification de la plante. Avec la maturation de la plante la tige s’allonge (comparez avec la photo plus haut).



Le galinsoga est partout en pleine floraison. Comme sur bien des trottoirs il est seul, il se remarque. Les spécimens ne sont pas tous aussi malingre que celui-ci trouvé dans le bac du resto plus haut. 24 novembre.



Le 10 novembre. À la voie ferrée le léontodon d’automne (à gauche) était encore bien présent. On le trouve souvent dans les platebandes et gazons où on le confond avec un pissenlit retardataire (il y en encore quelques-uns!)


Astéracée, diplotaxe des murs et persicaria, 11 novembre.


L'impatiente de Balfour. La plante semble un peu fragile, les fleurs certainement! Mais elle était encore en fleur il y dix jours dans des endroits protégés et ensoleillés. 12 novembre.




lundi 9 novembre 2009

Fleurs de novembre


lieu de démolition récente


L'immeuble était abandonné déjà depuis quelques années et se ruinait lentement. Un mur de brique s'était effondré et on dût fermer le trottoir. C'est le genre de situation qui perdure, apparemment sans solution...propriétaires absents, débat de légitimité, sécurité et risque d'incendie...



eupatoire rugueuse, bident feuillu et  vélar fausse-giroflée


La cour arrière de la propriété s'était déjà végétalisée avec générosité quand on entreprit la démolition. Puis se fût un trou qu'on vient tout juste de combler. C'est tout près de chez moi, j'ai déjà pas mal de photos et je me fais un devoir de suivre le destin végétal de l'endroit.


 

chou gras et laitue

Aujourd'hui 9 novembre qu'est-ce qui fleurit coin Laval et Duluth? En plus des espèces photographiées il y avait encore la dernière fleur de l'impatiente de Balfour et Galinsoga ciliata encore bien productif. Un espace vert se déploiera au printemps prochain devant nous, jusqu'à quand?



lundi 19 octobre 2009

Écologie urbaine: les fourmis 2


le mur des Carmélites en 2004, l’oxalide en fruit

Tout d’abord vous constatez la fréquence...différente...de mes messages. D’un côté les feuilles tombent...les plantes s’en vont dormir et les saisons se bousculent, et de l’autre j’ai quelques autres occupations...Mais je continuerai néanmoins mon ministère de la mauvaise herbe! D’une façon ou d’une autre donc, il y aura moins de messages sur Flora Urbana et je conseille fortement à ceux qui ne l’ont pas encore fait de prendre un abonnement RSS, vous serez ainsi automatiquement prévenu de tout nouveau message. Il y aura toujours un autre printemps!

Et maintenant, les fourmis...

Depuis 2004 j’ai documenté la flore qui s’installait sur le haut mur de pierre grise du cloître des Carmélites. J’utilise le passé...parce que la muraille a été entièrement refaite, restaurée, et ce travail s’est même mérité un prix. On a pourtant fait disparaître un habitat si intéressant! C’est aussi un sujet d’étude fascinant qu’on m’a ainsi retiré... Flora Urbana retire de facto le prix d’excellence de la pierraille remaçonnée! On a le bras long...

Les “vieux” murs de pierres sont assez rares à Montréal...on pourrait pas en laisser au moins un se ruiner lentement toute en verdure?



le diplotaxe est un vrai spécialiste des murs


Et maintenant, les fourmis...(!)

Regardant donc ces plantes installées jusqu’à 4 m de haut je me demandais comment expliquer cette escalade. Certaines plantes ont tout ce qu’il faut pour voler, pensez aux graines de toutes ces Astéracées (pissenlits et cie.) avec leurs déclinaisons du parachute. D’autres ont des graines assez petites pour être emportées par le vent, même si elles n’ont pas d’adaptations spécifiques sauf justement cette petite taille...Mais il y avait toujours quelques espèces dont l’explication de l’enracinement au-dessus du sol (hors-sol, extra-terrestre?) m’échappait.


L’oxalide (Oxalis stricta, european wood-sorrel, p.235) est une plante commune des trottoirs et elle a des fruits explosifs qui lancent les graines à plus d’un mètre. Peut-être a-t-elle avec cette balistique l’aptitude de s’installer sur le mur à partir du sol et de pouvoir s’y maintenir. D’année en année, d’explosions en explosions elle grimpe peut-être un peu plus haut? Elle s’y est maintenue en tout cas.



comme une ortie des murs

La pariétaire de Pennsylvanie (Parietaria pensylvanica, Pennsylvania pellitory, p.275) est tout à fait notre équivalent de la pariétaire officinale (Parietaria officinalis) que l’on trouve en Europe et autour de la Méditerranée. C’est une plante commune des grands murs qui entourent les couvents. Il est intéressant de rappeler son nom commun là-bas: l’herbe aux nonnes. Et voici que de ce côté de l’Atlantique, notre propre herbe aux nonnes s’est installée sur un de nos rares murs de pierres...chez les nonnes Carmélites. La plante est couverte de poils courbés, courts et rudes qui la rendent attachante: elle se colle en s’accrochant à la pierre. La tige, les pétioles et les fruits sont ainsi velus mais je ne pas vérifier ce caractère chez les graines. La plante peut donc très bien croître sur un mur: elle s’y fixe efficacement. Mais, à l’origine, comment les graines se sont-elles trouvées là? D’elle-même? Ou aidées par le vent? Probable que ce soient les fourmis.



les fourmis sèment le diplotaxe


Celle-ci est une autre spécialiste des murs de pierres: Diplotaxis muralis (diplotaxe des murs, annual wall-rocket, p.157) de la famille des Brassicacées (famille de la moutarde). C’est une plante européenne. Ici pas de fruit explosif, pas de poils qui l’aident à se fixer et se maintenir entre les pierres. J’essaierai de trouver ses graines: éléosomes ou pas c’est certainement une plante myrmécochorique.

Pour qu’une graine soit intéressante chaque espèce de fourmis a ses préférences et une échelle de grandeur est fixée: une graine trop petite n’est pas considérée comme nourriture et est délaissée. Au-delà d’une certaine dimension elle sont trop grandes et embarrassantes à déplacer. En ce qui regarde les éléosomes certaines fourmis ont même l’aptitude de faire des ratios optimisés! Si la proportion entre la dimension d’un eléosome et la graine qui l’a produit est trop basse ça ne les intéresse pas! Ce serait comme s'encombrer d’un boeuf entier pour ne consommer que la queue! Les fourmis travaillent mais elles travaillent toujours efficacement.



une poacée, l’herbe à chat et un silène enflé

Ces cas ne démontrent pas tous clairement la myrmécochorie. Mais il y a assez d’indications que ce soient les fourmis qui sont les responsables de ces jardins suspendus. Curieusement si on faisait un inventaire complet des plantes d’une muraille, des dimensions de leurs graines et de la présence ou non d’éléosomes ont pourrait avoir une très bonne idée de l’espèce (ou des espèces) responsables de ce jardin vertical. Patrick Blanc se réclame de droits d’auteur pour son invention du “mur végétal”. J’espère qu’il en verse un partie aux fourmis...

Un projet d’étude de l’écologie urbaine pour l’été prochain...si on arrête de tout restaurer! J'y reviens d'ici quelques jours.