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mardi 6 novembre 2012

Trichome et Dickcissel




 
 
Grossi 100 fois un poil urticant de la tige d'une ortie (malheureusement l'espèce n'est pas spécifiée). La photo est tirée d'un concours photo de Nikon. Ci-bas une autre vue de ces "poils" que l'on nomme en fait des trichomes.


 
 Photo: Jerome Prohaska, Wikipedia
 
 
 
 
  Photo Terry Sohl, South Dakota Birds.
 
 
Hier au boisé du Collège Jean-de-Brébeuf j'ai aperçu pour la première fois un Dickcissel D'amérique (Spiza americana). Il semblait blessé et marchait dans les feuilles au sol. J'ai réussi à l'attraper mais il s'est enfui avant que l'on puisse le photographier. Tout à coup il avait l'air en pleine forme! Bel oiseau quand même!
 
 
 
 
 
 
Et tôt ce matin j'ai été réveillé par un autre tremblement de terre. Vous pouvez suivre la chose en direct: visionneuse de sismogramme.
 

 

jeudi 14 juillet 2011

Le nouveau No Butterfly Park



 Une orgie de signalisation : les bagnoles d'abord.

L'été dernier j'ai passé pas mal de temps sur le cas du papillon Vanessa atalanta, le vulcain.

La plante-hôte qui reçoit ses oeufs puis qui nourrit ses chenilles est l'ortie (Urtica dioica). Et quelle chance pour le naturaliste pédestre que je suis il y avait pas très loin un parc minuscule, pas mal négligé. Dans un grand plantoir en béton on trouvait une colonie d'ortie. Et ce sont certainement des centaines de papillons vulcains qui s'y sont développés! Une véritable curiosité en milieu urbain. Bon d'accord ce n'est pas le Mexique et les papillons monarques. Ce n'est que le micro-parc Pierre-Boucher (comédien) et le vulcain… sur le Plateau des Plateaux, le Plateau-Mont-Royal.



L'an dernier : moins de signalisation, plus d'ortie...

On a tout refait le petit parc. C'est bien. On a planté des rosiers et des potentilles. C'est nouveau (?). Mis des tables de pique-nique. De l'ordre! C'est ben plusse meilleur asteure. Je suppose...

Et les orties? Les papillons? Petits détails… n'est-ce pas? Vous croyez qu'un jour on puisse espérer une imagination de conception qui accorderait, je sais pas moi, 2m carrés pour y planter de l'ortie? C'est une vivace qui n'exige pas grand soin… Ou des asclépiades. C'est beau pis ça a des fleurs pis c'est parfumé. Et de l'eau. Et, qui sait? on y retrouvera peut-être le vulcain? Ou des monarques...



C'est pas beau. On veut des fle-fleurs.


Un peu de surface, un peu de générosité, un peu de tolérance pour ces plantes qui ne sont pas pour nous (quoique dans le cas de l'ortie…). La petite famille ou les employés en pause qui seront à la table seraient aux premières loges d'un petit spectacle...

On voit le vulcain et on fait "Oh!". Alors? Ben maintenant on fera "Oh!" moins souvent...



C'est beau! Maintenant on veut des belles fle-fleurs, grosses, colorées...


Le grand ménage des lieux a probablement aussi fait disparaître la colonie de chélidoines à fleurs doubles. Mais, encore, qui s'intéresse à ces choses? Les fourmis et… mon moi.





On aurait pu avoir un Butterfly Park…

Who cares!



Pour les autres billets sur ce sujet : tapez "vulcain" dans le moteur de recherche à droite.



lundi 23 août 2010

Polistes dominula, insectes urbains 2


Poliste gaulois sur des inflorescences de l'ortie dioïque (Urtica dioica)

De la famille des Vespides, la guêpe Polistes dominula (Poliste gaulois, European Paper wasp) est maintenant commune en milieu urbain en Amérique du Nord. Originaire d’Europe méditerranéenne (où elle est en expansion vers le Nord), d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et d’Asie jusqu’en Chine elle est arrivée dans notre région à la fin des années 70, depuis la fin des années 90 à Montréal. On la trouve maintenant aussi en Australie et en Amérique du Sud.

Le Poliste gaulois construit ses nids de papier en forme de parapluie inversé, il n’est pas enveloppé d’un dôme de papier. Les nids sont fixés sur toutes sortes de structures naturelles et artificielles: troncs creux ou murs creux... C’est là aussi un avantage de son comportement généraliste: tout lui convient. Comparez ici son nid avec les autres nids de guêpes: Insectarium de Montréal.




photo: University of Alberta. Identification Atlas of the Vespidae.

Seules les reines fertilisées passent l’hiver puis au printemps ses oeufs produiront les autres individus (ouvrières). Il arrive que le même nid soit réutilisé: l’espèce gagne ici aussi un avantage sur les autres espèces, le démarrage de la colonie étant plus hâtif à un moment où il y a moins de compétitions des autres guêpes et moins d’oiseaux prédateurs. Son alimentation est aussi plus variée: chenilles et autres insectes qu’elle mastique pour nourrir les larves. Les espèces indigènes du genre Polistes ne consomment que des chenilles.

Les adultes eux se nourrissent de nectar sur les fleurs. Mais sur la première photoj e ne suis pas certain du comportement: la guêpe n’était pas pressée, ses antennes n’étaient pas agitées comme lors d’une chasse. Je doute que l’ortie offre du nectar. Bien que ce soit de trop petites proies peut-être y avait-il des pucerons? Pure spéculation: est-ce possible qu’elle se nourrissait du miellat des pucerons?


Comme la guêpe germanique Vespula germanica, elle est fréquemment à la recherche de nourriture dans les poubelles ou dans votre pique-nique: attention les piqûres de ces insectes sont douloureuses. Avec les guêpes réagissez toujours calmement en les repoussant du revers de la main. Leur agression dépend de votre comportement et elles n’attaquent pas sans raison. Sauf dans les cas accidentels: j’ai sans le savoir déjà mis le pied sur un gros nid d’une espèce terrestre. Il y a plus de trente ans maintenant... et s’est encore frais à ma mémoire... Ah! l’Okanagan! Que de beaux souvenirs!


vendredi 28 mai 2010

Le vulcain mange sa ville


à gauche: une feuille refermée abritant une chenille. Au centre: Le domicile après quelques jours (?) à droite: je ne sais comment se passe cette cohabitation avec une araignée

Contrairement aux autres papillons le vulcain femelle (Vanessa atalanta) pond ses oeufs isolément sur le dessus des feuilles. Les chenilles transformeront ensuite une feuille en la refermant et la maintenant ainsi avec un peu de fil de soie. À bien y penser c’est un travail herculéen: comment de si minuscules chenilles arrivent-elles avec leur mince fil et en tirant de leur force à refermer ces énormes feuilles? Les chenilles se font ainsi à la fois un abri et un garde-manger. Elles se nourrissent en toute sécurité jusqu’à ce que l’abri soit moins sécuritaire: les cloisons disparaissant rapidement! Les guêpes ne s’y trompent pas et semblent évidemment concentrer leur recherche sur les feuilles déjà bien garnies de “fenêtres”! Quand l’abri est trop consommé la chenille doit se trouver une autre feuille.




Polistes dominula, d’origine européenne est une guêpe prédatrice de chenilles et au centre une chenille en déménagement.


Il y a bien moins d’activité des chenilles cet après-midi. Je ne sais si cela est à mettre en rapport avec le contenu en vitamines des feuilles moins élevé qu’au matin? Les chenilles en profitant donc moins en se nourrissant passé midi. À moins que la population ne soit réduite à cause de la prédation de ces guêpes? J’avais remarqué avant-hier ces guêpes activement et sytématiquement à la recherche des chenilles. Elles y étaient encore hier fouillant avec appétit chaque feuille contenant des larves du vulcain. Faut dire que même à nos sens les maisons-garde-manger sont faciles à identifier. Mais les guêpes n’arrivent apparemment pas à saisir les chenilles bien au creux du “tunnel”. L’abri fonctionne.

Je persiste à ne pas vouloir utiliser de flash... ça ne rend pas la macro-photo facile avec ce petit vent!




jeudi 27 mai 2010

Honteuse tondeuse!


Ayant remarqué la semaine passée une colonie d’orties (Urtica dioica) dans un micro-parc j’y suis retourné pour voir s’il y avait pas de papillons vulcains (Vanessa atalanta). Déjà en approchant, les feuilles déformées et recroquevillées des orties me laissait entendre que j’avais vu juste. Des chenilles minuscules et bien plus actives que j’imaginais se nourrissaient et se construisaient des abris en enroulant et en refermant avec un peu de fil de soie les feuilles des plantes.

J’y retournerai cet après-midi dans l’espoir de trouver des oeufs non-éclos et faire de meilleures photos! Et, en passant, un peu de négligence dans ce parc habituellement oublié par les employés a favorisé les orties, qui à leur tour favoriseront les vulcains... tiens, tiens... la négligence d’un espace vert est bonne pour la biodiversité... Je crois qu’il y aura de l’ortie au Champ des Possibles!



Il y a beaucoup de pucerons dans les érables ce printemps. Sur le muret de ciment d’une école du quartier, sous des érables de Norvège (Acer platanoides) du trottoir, courraient des dizaines de larves de coccinelles. 



lundi 19 octobre 2009

Écologie urbaine: les fourmis 2


le mur des Carmélites en 2004, l’oxalide en fruit

Tout d’abord vous constatez la fréquence...différente...de mes messages. D’un côté les feuilles tombent...les plantes s’en vont dormir et les saisons se bousculent, et de l’autre j’ai quelques autres occupations...Mais je continuerai néanmoins mon ministère de la mauvaise herbe! D’une façon ou d’une autre donc, il y aura moins de messages sur Flora Urbana et je conseille fortement à ceux qui ne l’ont pas encore fait de prendre un abonnement RSS, vous serez ainsi automatiquement prévenu de tout nouveau message. Il y aura toujours un autre printemps!

Et maintenant, les fourmis...

Depuis 2004 j’ai documenté la flore qui s’installait sur le haut mur de pierre grise du cloître des Carmélites. J’utilise le passé...parce que la muraille a été entièrement refaite, restaurée, et ce travail s’est même mérité un prix. On a pourtant fait disparaître un habitat si intéressant! C’est aussi un sujet d’étude fascinant qu’on m’a ainsi retiré... Flora Urbana retire de facto le prix d’excellence de la pierraille remaçonnée! On a le bras long...

Les “vieux” murs de pierres sont assez rares à Montréal...on pourrait pas en laisser au moins un se ruiner lentement toute en verdure?



le diplotaxe est un vrai spécialiste des murs


Et maintenant, les fourmis...(!)

Regardant donc ces plantes installées jusqu’à 4 m de haut je me demandais comment expliquer cette escalade. Certaines plantes ont tout ce qu’il faut pour voler, pensez aux graines de toutes ces Astéracées (pissenlits et cie.) avec leurs déclinaisons du parachute. D’autres ont des graines assez petites pour être emportées par le vent, même si elles n’ont pas d’adaptations spécifiques sauf justement cette petite taille...Mais il y avait toujours quelques espèces dont l’explication de l’enracinement au-dessus du sol (hors-sol, extra-terrestre?) m’échappait.


L’oxalide (Oxalis stricta, european wood-sorrel, p.235) est une plante commune des trottoirs et elle a des fruits explosifs qui lancent les graines à plus d’un mètre. Peut-être a-t-elle avec cette balistique l’aptitude de s’installer sur le mur à partir du sol et de pouvoir s’y maintenir. D’année en année, d’explosions en explosions elle grimpe peut-être un peu plus haut? Elle s’y est maintenue en tout cas.



comme une ortie des murs

La pariétaire de Pennsylvanie (Parietaria pensylvanica, Pennsylvania pellitory, p.275) est tout à fait notre équivalent de la pariétaire officinale (Parietaria officinalis) que l’on trouve en Europe et autour de la Méditerranée. C’est une plante commune des grands murs qui entourent les couvents. Il est intéressant de rappeler son nom commun là-bas: l’herbe aux nonnes. Et voici que de ce côté de l’Atlantique, notre propre herbe aux nonnes s’est installée sur un de nos rares murs de pierres...chez les nonnes Carmélites. La plante est couverte de poils courbés, courts et rudes qui la rendent attachante: elle se colle en s’accrochant à la pierre. La tige, les pétioles et les fruits sont ainsi velus mais je ne pas vérifier ce caractère chez les graines. La plante peut donc très bien croître sur un mur: elle s’y fixe efficacement. Mais, à l’origine, comment les graines se sont-elles trouvées là? D’elle-même? Ou aidées par le vent? Probable que ce soient les fourmis.



les fourmis sèment le diplotaxe


Celle-ci est une autre spécialiste des murs de pierres: Diplotaxis muralis (diplotaxe des murs, annual wall-rocket, p.157) de la famille des Brassicacées (famille de la moutarde). C’est une plante européenne. Ici pas de fruit explosif, pas de poils qui l’aident à se fixer et se maintenir entre les pierres. J’essaierai de trouver ses graines: éléosomes ou pas c’est certainement une plante myrmécochorique.

Pour qu’une graine soit intéressante chaque espèce de fourmis a ses préférences et une échelle de grandeur est fixée: une graine trop petite n’est pas considérée comme nourriture et est délaissée. Au-delà d’une certaine dimension elle sont trop grandes et embarrassantes à déplacer. En ce qui regarde les éléosomes certaines fourmis ont même l’aptitude de faire des ratios optimisés! Si la proportion entre la dimension d’un eléosome et la graine qui l’a produit est trop basse ça ne les intéresse pas! Ce serait comme s'encombrer d’un boeuf entier pour ne consommer que la queue! Les fourmis travaillent mais elles travaillent toujours efficacement.



une poacée, l’herbe à chat et un silène enflé

Ces cas ne démontrent pas tous clairement la myrmécochorie. Mais il y a assez d’indications que ce soient les fourmis qui sont les responsables de ces jardins suspendus. Curieusement si on faisait un inventaire complet des plantes d’une muraille, des dimensions de leurs graines et de la présence ou non d’éléosomes ont pourrait avoir une très bonne idée de l’espèce (ou des espèces) responsables de ce jardin vertical. Patrick Blanc se réclame de droits d’auteur pour son invention du “mur végétal”. J’espère qu’il en verse un partie aux fourmis...

Un projet d’étude de l’écologie urbaine pour l’été prochain...si on arrête de tout restaurer! J'y reviens d'ici quelques jours.







dimanche 5 juillet 2009

Flore furtive...

 
une pariétaire temporaire


 
mes cicutaires sont disparues...


La flore sur les trottoirs (et autour...) est évidemment exposée aux comportements humains. Je suis passé il y trois jours et j'ai aperçu cette grimpeuse de muraille de pierre (Parietaria pensylvanica, p.275) elle grimpe aussi les structures de bois. Puis...un peu d'entretien...et zap!

La plante ci-haut n'est pas rare du tout mais il en va tout autrement de celle qui n'apparait pas sur la photo du bas. On a arraché mes quelques spécimens de cicutaires maculés! Je suis décu...

Voyez l'autre photo il y a deux semaines:


J'étais attaché à ce spécimen qui a servi à l'illustration de mon livre (Cicuta maculata, spotted water hemlock, p.94). La plante est vivace...alors elle reviendra!