dimanche 14 juin 2009

La luzerne: grand trèfle, erba medica, yerba de mula, alfafa...

 
la voie ferrée au canal Lachine (Marché Atwater)






Je savais peu de chose de la luzerne (alfafa). C’est une plante commune en milieu urbain et j’avais remarqué la variabilité de la couleur des fleurs et du port général de la plante. La plante est fourragère et beaucoup de cultivars existent. Un cultivar est une variété cultivée, un peu à la façon qu’une pomme Spartan ou Granny Smith sont deux cultivars. Pour la luzerne toutefois...c’est d’au moins une centaine de cultivars différents qu’il s’agit.

Samedi avec un groupe d’amis nous avons donc vu un peuplement de luzerne (avec du trèfle rouge, du mélilot jaune et du blanc). J’étais perplexe devant la variation inouïe de la couleur des fleurs et de bien d’autres caractères. Je n’avais pas vu encore de spécimen à fleur blanche...ni jaune...Je savais qu’il y avait deux sous-espèces présentes au Québec. Que la “mauve” était variable...mais c’était tout.

Alors je suis retourné dimanche matin afin de photographier et de prendre une série de spécimens. Puis j’ai fait une recherche...Comment dire...je pourrais faire un blog seulement sur cette plante!

En gros il y a ces deux sous-espèces:

Medicago sativa subsp. falcata luzerne en faux (la jaune)
Medicago sativa subsp. sativa luzerne cultivée (la mauve)

Chacune de ses deux luzernes est variable, connaît des mutations spontanées et s’hybride avec l’autre. Les humains ont sélectionné et faits encore des hybrides selon l’utilisation qu’on en fera. C’est qu’on fait du sur-mesure selon l’animal à nourrir (lapins, chèvres, vaches, chevaux, humains (!) etc.) et selon la région, le climat, le pluviométrie, etc.

Et toutes ces différentes luzernes s’échappent et colonisent les sols pauvres et continuent leurs jeux d’hybridations et de mutations...pas très simple! Mais pas mal intéressant! D’ailleurs par un pur hasard je mange de la luzerne ces temps-ci...(merci Yannick!)

Je vous assure j’y reviens dans quelques jours!


Lachine est à côté

 
modèle d'attrape-plante à l'épreuve de tout





Tandis que nous faisions une visite à caractère historique et ruisseaulogique dans pointe Saint-Charles au canal Lachine j’en ai profité pour vérifier l’état de ces très anciens attrape-plantes. Je crois bien que je peux affirmer qu’il sont en état parfait de fonctionnement. La solidité de nos modèles en fonte a fait ses preuves. Évidemment tout cet épais métal ne laisse que peu de place pour les plantes: c’est un modèle monoplace.

Image du haut. À gauche un chénopode blanc (Chenopodium album, lamb’s quarters, p. 178 ) puis au centre un échinochloa (barnyardgrass, p.241) et à droite, avec un soucis esthétique évident, Medicago lupulina (luzerne lupuline, black medick, p.201)’est installée.

Image du bas. Vue latérale de notre modèle garanti à vie avec sa fixation anti-vol. Au centre, deux Caryophyllacées (Stellaria graminea, p.174 et Cerastium fontanum, p.168) qui poussaient côte à côte. À droite: la plus grosse fleur de Potentilla stricta (potentille dressée, sulphur cinquefoil, p.256) que j’ai jamais vu. (pour l’échelle ce n’est pas pas mon petit doigt, c’est mon index...)

Allez voir sur le blogue de Charles L'Heureux pour les photos de l'excursion:

Ruisseaux Montréal



vendredi 12 juin 2009

Stabat Arbor 6






 Nicolas, la sentinelle du Champ des Possibles.


Je suis allé voir le Champ des Possibles. J’avais affaire à la voie ferrée (à Flora Urbana nous sommes constamment à mille projets...) et j’ai fait d’une pierre trois coups.


En m’y rendant je pensais à ce message et faisait dans ma tête une amorce de rédaction. Je pensais à Charles et Bronwyn qui utilisent tous deux le mot “sentinelle” pour certains arbres. Je déclinais: Garden Guardian, Sentinelle du Sentier, etc. Je me disais qu’après la vogue puis la re-vogue kitch des nains de jardin il était temps de lancer la vogue des Géants de Jardins.


Car le Champ des Possibles est bien un jardin. Et on y trouve des géants. Je n’ai pas de nouvelles de la jardinière en chef Emily Rose-Michaud, la géante gentille. Mais j’appuie néanmoins son projet sensé et sensible.



Différents point de vues: solitaire, sentinelle, sécurité



La politique de l’arbre de la ville de Montréal est un étrange bestiole. Étrange et tellement commune... Vous ne pouvez couper un arbre chez vous ou sur votre propriété, mais la ville n’est pas dans cette obligation... elle coupera tout ce qu’il convient. C’est sans doute en raison du bien commun... mais cela ressemble pas mal à la raison d’état. Ils sont pas mal affairés eux aussi!


Pour l’instant cette sentinelle au Champ des Possibles (un groupe de peupliers) est protégée. Elle est sur une propriété privée... Ces grands peupliers, et bien d’autres arbres de ce jardin sauvage, se sont installés là tout seul. Les peupliers sont justement parmi ces espèces utilisées pour la décontamination des sols. Alors notre grand peuplier, encore jeune, fait son travail... au noir...


Si on lui donnait un nom à ce peuplier, on oserait alors le couper? Le prénom du peintre russe Roerich était Nicolas. C’est une bonne idée? Les plans du projet de développement de l’endroit laissent croire qu’aucune considération n’a été faite pour conserver Nicolas et les autres résidents. Il font pourtant du travail gratuit à la semaine longue.


Les arbres, même avec un prénom, ne parlent pas (sauf à Charles!) mais nous, oui.


Vox Populus, Vox Populi?