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vendredi 22 juin 2012

Foins, Friches et autres nouvelles








Image prise sur la parcelle, © Minh-Xuan TRUONG, Vigie-Nature 
D'abord la friche... (texte d'après le site web)

"D'où viennent ces plantes "sauvages", et cette faune chassée de partout ailleurs par le béton, les pesticides, le désir d'ordre et de propreté d'une ville à jamais croissante ? Quelles sont leurs histoires ? Quels voyages ont fait les graines pour arriver ici, sur ce nowhere… ce wasteland. Quelles histoires renferment les murs au plâtre croulant, les troncs torsadés de vieux pêchés mourants, le sol tapissé de mousse et de lierre ? Et les voisins autour, enracinés, déracinés, de passage, flottants… quelles histoires et souvenirs emmènent-t-ils ? Et quelles connaissances sont en train de disparaitre…?" 

À Montreuil, la parcelle 343 est une friche protégée. Située dans la zone des murs à pêches, deux secteurs sont des "Espaces boisés classés" (EBC). Ce classement permet de protéger et conserver les boisements. Cela fait de cette friche urbaine un vivier pour la biodiversité. 






Des gens font la promotion du maintien de la friche, voyez leur blog :  parcelle343. Des visites et autres activités y ont eu lieu, dont celle-ci :  

L'ESPWAR EST UN TEMPS BOISÉ. C'est un projet de grand voisinage porté par Sarah Harper (au centre ci-haut) pour la compagnie Friches théâtre urbain.

La metteur en scène venue de Londres, est co-fondatrice de la compagnie avec Pascal Laurent, acteur. La compagnie exprime l'intérêt pour de nouveaux espaces, de nouvelles formes d’écriture, mêlant au jeu d’acteur les arts plastiques et la force expressive du mouvement.

"Poétique troublant, fantastique ou fantaisiste, déambule sur les terres citadines. Les rues, les places publiques, les terrains vagues et les lieux insolites de la ville se métamorphosent en scènes ouvertes et hybrides."

Voyez le site de la compagnie Friches théâtre urbain 



Briza maxima. Photo: liliane.pessotto


Et maintenant les foins (les graminées ou Poacées…)
Tela-Botanica et le Vote pour le Défi Images "Belles graminées", je vous présente quelques images. J'aime bien les espèces du genre Briza...



Briza maxima. Photo : francoisgery
Voyez toutes les images du concours ici : Défi Images "Belles graminées"







Houston? We have a problem!


Maintenant un peu de nouvelles domestiques :
Loplop le moineau est parti et s'est réfugié dans des arbres de la ruelle. Je l'entends chanter. Après quelques semaines en sa compagnie je connais bien sa voix…
J'ai entrepris une grande réorganisation des mes banques d'images et les différentes opérations ont été longues, frustrantes, complexes… Et un petit problème est survenu. Jugez la photo ci-haut, il semble que j'ai une corruption chaotique de mes images… J'essaierai de corriger la situation afin de publier le billet sur le parc De Salaberry visité la semaine dernière... 

Comme vous pouvez le constater l'interface Blogger qui me permet de mettre mes billets en forme est buggé ce matin! C'était un billet vite fait en remplacement de celui du parc que je ne peux faire à cause de la corruption des images... Quand tout va bien, tout va bien...


Et sans m'en rendre compte je suis maintenant rendu à mon 702e billet...




samedi 16 juillet 2011

Nouvelles espèces au CDP : l'éristale tenace et autres



L'éristale tenace sur la valériane officinale, la femelle à gauche et la mâle à droite. On les distingue par la dimension des yeux. Les yeux du mâle se touchent au sommet.


Les valérianes sont en fleur au Champ des Possibles. Et il y en a beaucoup et de grandes! Arrivé au champ avant-hier, deux insectes s'y trouvaient aussi en nombre : d'abord une bonne quarantaine d'hespéries des graminées (Thymelicus lineola, ci-bas) qui volaient en virevoltant en couple. La belle saison à l'évidence.






Pas aussi nombreuses mais très remarquables il y avait aussi des éristales tenaces (Eristalis tenax, la photo tout en haut), une mouche qui imite l'abeille à miel. C'est ma chance, la famille (les Syrphidées) à laquelle appartiennent ces mouches est facile à reconnaître. Elles imitent toutes des guêpes ou des abeilles et bénéficient ainsi d'une certaine protection. Mais l'éristale tenace ne se contente pas d'imiter l'apparence de l'abeille domestique. Si vous la dérangez elle prend un vol d'avertissement et vous tourne autour de la tête. Elle imite donc en plus le comportement de l'abeille. Mais elle ne pique pas...


Pour en savoir plus (mais attention aux âmes fragiles…) voyez cette excellente page de André Lequet : Eristalis tenax

En anglais voyez aussi celle-ci : University of Florida




Il y avait deux nouvelles plantes aussi : Hordeum jubatum, orge queue-d'écureuil et Campanula rapunculoides, campanule fausse-raiponce.
Je vous reviendrai dans quelques jours pour la suite de 256 pouces carrés de biodiversité.


Maintenant je dois me préparer au grand événement au Champ des Possibles:






samedi 2 octobre 2010

Millet blanc, minet noir


Tasse-toi millet, je photographie le minet!


Mille céréales cultivées s’appelle “mil” ou “millet”: Eleusine coracana (éleusine), Digitaria exilis et Digitaria iburua (mils africains), Setaria italica (millet des oiseaux), Echinochloa frumentacea (millet japonais), etc. Aujourd’hui je vous parle de ce millet: Panicum miliaceum, une céréale bien moins cultivée qu’autrefois. C’est souvent pour la nourriture des oiseaux qu’on la cultive aujourd’hui.





C'est une plante annuelle qui résiste le mieux à la sècheresse que les autres céréales. Elle est largement cultivée en Afrique. Je ne savais pas qu’à l’origine la polenta italienne était fait avec du millet. Ce n’est qu’avec l’introduction du maïs (16e siècle) que la polenta a pris la couleur jaune qu’on lui connaît.



Restes de table au sol.

En anglais on dit “broomcorn”, sa paille était utilisée pour faire des balais. Mes spécimens ont été trouvé au même endroit que l’orge dont j’ai parlé dans ce billet du 26 mai 2010:
L’orge du temps




Ce mélange de graines pour oiseau contenait aussi des graines de lin à l’évidence!



mercredi 26 mai 2010

L’orge du temps


de l'orge, bien en rang dans la fente du trottoir, toutes étamines au vent!

Que fait cette céréale sur le trottoir? Hordeum vulgare se reconnaît à ses épis à longue barbe. C’est de l’orge déjà en fleur, les étamines jaunes étant bien visibles. J’en vois à l’occasion mais la plante (de la famille des Poacées ou Graminées) ne se maintient pas longtemps et une nouvelle source de graines est nécessaire.




au pied du rang d’orge des grains de toutes sortes

Tombé de haut l’orge, de très haut, de la plus haute antiquité! Sa relation avec nous remonte au Néolithique, au moins 19000 ans d’après des restes archéologiques, les humains cueillant alors les grains de la forme sauvage. Les traces les plus anciennes de sa culture remontent elles à près de 10000 ans. On cultive l’orge pour son caryopse, le fruit des graminées, le “grain”. L'agriculture nous vient du Croissant fertile et cette céréale, supportant mieux la sécheresse que le blé, était probablement plus facile à cultiver.




grains d’orge, mais concassé, Astéracées et Polygonacées, etc.

C’était la céréale la plus largement cultivée et un aliment de base dans l’Antiquité. L’équation culture de l’orge et culture grecque s’incarnait dans la forme des galettes ou des bouillis qu’on en faisait. L’orge a traversé les millénaires et a longtemps gardé une importance culturelle, son grain est par exemple à la base du système anglais de pointure de soulier: trois grains d’orge au pouce. La grandeur maximale était 13 pouces (39 grains d’orge) puis on mesurait à reculon par tier de pouce (je viens de mesurer et j’arrive à 4.5 grains au pouce, mais il s’agit de grains perlés!). Les systèmes médiévaux de mesure du poids (avoirdupois, apothicaires) partagent l’unité “grain” et ce grain est celui de l’orge.




photo de gauche tout en haut au centre: une mangeoire, à droite au coin de brique un "semoir"

Du Néolithique à la première bière il y a 8000 ans, puis seule farine à pain en Europe médiévale jusqu’au 16e siècle, éventuellement l’orge fût remplacé par le blé dont la farine est plus facile à transformer en pain par exemple (et pour faire des pastas...). Maintenant l’orge est surtout utilisé en alimentation des animaux ou pour la bière et le Scotch. Je ne le savais pas mais il est maintenant aussi nourriture d’oiseau. Notre lien atavique à l’orge demeure toutefois et je crois qu’on ne peut s’en passer. La façon la plus élégante de le constater et un oiseau qui chante: c’est l’orge qui lui en donne la force et l’envie.



mercredi 4 novembre 2009

Écologie urbaine: les fourmis 3


une potentille dans le jardin suspendu des fourmis

Je reviens une dernière fois sur le cas intéressant de la florule (flore particulière d’un petit milieu) des murs de pierre. Comme je le mentionnais j’ai fréquemment visité ce haut mur des Carmélites. Presqu’à chaque fois j’y trouvais de nouvelles plantes. Certaines étaient d’abord arrivées au pied du mur puis l’année suivante je pouvais les voir à quelques décimètres du sol ou beaucoup plus haut. Au-delà de savoir comment les graines de ces plantes se retrouvent sur le mur par le vent (anémochorie) ou les fourmis (myrmécochorie) il y a la question de savoir comment les plantes s’y maintiennent jusqu’à la floraison. L’humidité dans l’épaisseur du mur est assurée par des infiltrations d’eau. C’est ce qui explique aussi la restauration complète de la muraille!

Si certaines plantes produisent des graines ailées ou assez petites pour être portées par le vent d’autres sont probablement plutôt transportées par les fourmis qui avaient des nids et des réserves (des greniers) dans la muraille. Les fourmis ne prennent pas seulement les graines pourvues de ce bourrelet nutritif et attractif qu’est l’éléosome mais de nombreuses autres graines. En autant que la graine soit de dimension adaptée à leurs mandibules et comestible, les fourmis s’en occuperont.




les tiges se collent au mur

Il n’est pas toujours facile d’expliquer ces semis escaladeurs. Le vent en est responsable dans beaucoup de cas chez les Poacées (Graminées) dont les petites graines sont adaptées à ce mode de dissémination. De nombreuses graminées ont des adaptations pour les escarpements: cette façon de pousser collé sur les pierres en est une. Les fourmis s’intéressent par ailleurs aux graines de ces plantes même si elles ne portent pas toujours d’éléosomes. Il y a des fourmis granivores. Les individus de cette famille étaient les plus nombreux sur le mur. Pas étonnant: ces plantes ont deux mode de dissémination à leur service, le vent et les fourmis.




ces Astéracées ont-elles des éléosomes?

Il en va probablement de même pour les Astéracées, la plupart s’installant sur les murs au hasard du vent qui les poussent. L’adaptation pour le vol est ici plus évidente (les “parachutes” comme chez le pissenlit) que chez les Poacées. En terme de diversité (le nombre d’espèces différentes) et de fréquence (le nombre d’individus) cette famillle vient après les Poacées. Certaines espèces d’Astéracées ont des éléosomes (les centaurées par exemple). Pour celles que j’ai trouvé la vérification attendra l’année prochaine.



de la famille du Poinsettia

Certaines familles de plantes sont connues pour avoir cette relation particulière avec les fourmis, la myrmécochorie. Les Euphorbiacées sont de celles-ci. La ricinelle rhomboïde (Acalypha virginica, Virginia threeseed mercury, p.193) n’a été aperçue qu’une fois sur le mur, mais il n’y en avait pas beaucoup aux alentours pour offrir des graines aux fourmis.



une autre euphorbe bien familière


L’euphorbe maculée (Chamaesyce maculata, hairy-fruited spurge, p.194) est peut-être moins étonnant: cette plante s’accomode des endroits xériques comme le ballast des chemins de fer. Euphorbia helioscopia est aussi une des plantes de la famille qui intéresse les fourmis: il m’est déjà arrivé de la voir sur des murs. Si la météo le permet j’irai chercher des graines de ces plantes afin de constater si elles ont justement des éléosomes.



herbe à chat des murailles


Ci-haut cette Nepeta cataria (herbe à chat, catnip, p.218) d’une famille (Lamiacées) aux nombreuses espèces myrmécochores. Ces graines sont minuscules mais il faudra ici aussi les observer de plus près. À quelques reprises j’ai aussi observé l’agastache fenouil poussant sur des murs.



la fougère aurait fait un beau micro-paysage, dommage!

La fougère ne produit pas de graines, elles ne produit que ces minuscules spores qui ne sont d’aucun intérêt pour les fourmis. C’est le vent ici qui est les semeur de fougères. La présence de la plante était une indication de l’état du mur: les infiltrations d’eau permettait à la fougère d’y vivre et annonçaient des travaux de réfection! Quel dommage: le mur commençait à murir...et c’était parfait pour la flore qui s’y installait en tout cas! À droite une Fabacée, la luzerne lupuline, une espèce d’une famille myrmécochore. Les graines de la vesce jargeau ont des éléosomes.



silène des enfants et des fourmis


Cette plante n’est en fait qu’à une quarantaine de centimètres du sol, mais je l’ai trouvé à quelques reprises bien plus haut. Ce n’est donc probablement pas un simple cas d’anémochorie et les fourmis en seraient les responsables. L’espèce colonise le pied du mur depuis bien longtemps et il est évident que les pigeons raffolent de ses graines minuscules.

J’aurai une attention particulière pour la myrmécochorie l’été prochain. La recherche de bons vieux murs bien murs et l’étude des plantes que j’y trouverai nous fera un peu mieux connaître cet aspect méconnu de l’écologie urbaine.



vendredi 23 octobre 2009

Biogéographie d’une confiture


Flora Urbana Gold Limited Edition

Tôt ce matin: des rôties et de la confiture de citrouilles et pommes. Je me suis fait de la confiture hier...tout simple, mais assez ardu de faire ces petits cubes avec ces dures citrouilles!

Il y a dans ces pots toute l’histoire humaine pour ainsi dire. Toute l’histoire des migrations de l’homme et de ses plantes. Ou de celles des autres...Toute l’histoire des voyages d’explorations et de conquêtes. De commerce et de métissage. De guerres et d’esclavage. De science et d’art. Acquérir du végétal, nous en mesurons toute la signification?

Dans ces pots de confiture il y a des ingrédients de toutes origines. Chacun des ingrédients, produit et sous-produit, de ces espèces végétales composant cette confiture s’est mérité des centaines de livres...et tant de sueur, de sang, d’art et de science...Je n’en ferai toutefois qu’un court paragraphe. Certains sont à la base de civilisations ou d’empire. Certains ont gonflé des voiles et poussé des voyages. D’autres sont à la source de pages sombres de l’histoire humaine...les ressources végétales et leur partage n’ont toujours pas trouvé un équilibre, ou un moindre déséquilibre, entre tous les humains.



 c’est quoi un marché?


Cucurbita pepo, la citrouille

Passons pour l’instant les détails obscurs de son identité exacte. C’est une plante d’origine tropicale en Amérique du Sud. Sa culture est lentement monté vers le nord, nos régions. Ces quatre ou cinq espèces apparentées sont cultivées depuis plus de 4,000 ans. Le premier producteur est maintenant la Chine. 




citron et pomme 


Malus pumila, la pomme

Notre pomme domestique descend d’un groupe d’espèces venant des Balkans et des montagnes de l’Altaï. L’est de la Turquie en est le centre de diversité. Peut-être l’arbre fruitier le plus anciennement cultivé. La sélection et l’hybridation a produit des milliers de variétés, cultivé partout dans les régions tempérées de la planète.


Citrus limonum, le citron

C’est un petit arbre de l’Himalaya en Inde en Birmanie et en Chine. Introduit en Perse, en Iraq et en Égypte puis partout autour de la Méditerranée. Christophe Colomb l’a ensuite introduit dans le Nouveau-Monde...y compris maintenant la Floride...



le précieux et... coûteux sucre


Saccharum officinarum, canne à sucre, cassonade

La plante sauvage elle-même n’existe plus. Elle originerait de la Nouvelle-Guinée. Aujourd’hui c’est un ensemble d’espèces apparentées, hybridées et sélectionnées (Saccharum barberi, Saccharum robustum, Saccharum sinense et Saccharum spontaneum) que l’on cultive. On cherche à améliorer son rendement sous différents climats...Dans les Antilles il n’y a pas si longtemps (peut-être encore aujourd’hui...) ce rendement était assuré par le plus terrible travail qui soit...



chanter la cannelle

Cinnamomum verum, la cannelle

C’est l’écorce interne de cet arbre originaire du Sri Lanka. Un présent pour les rois autrefois, le Cantique des Cantiques chante l’amante qui en est parfumée. Neil Young y fait peut-être référence avec sa chanson “Cinnamon Girl”...



le relais de la muscade


La noix de muscade est le fruit de cet arbre de certaines Îles Moluques en Indonésie. Ces îles furent essentiellement vidées de leurs habitants d’origine par les Portugais puis les Hollandais et les Anglais. L’ajout de la muscade et de la cannelle à toute préparation est un savoureux et bouleversant classique universel.


Tôt ce matin, dans mon pot de confiture, il y avait...

Oh! J’oubliais, il y avait aussi du café et du beurre d’arachide sur du pain de farine de blé...et il y a encore les graines de la citrouille...



vendredi 25 septembre 2009

Écologie urbaine/urbanisme écologique

 
je ne connais pas les carex, et vous?


Bonnet blanc/blanc bonnet? Oui et non... Je m’intéresse à la première et j’attends qu’elle soit admise par le second. La première est l’enrichissement de l’autre, une ouverture in urbi, en ville, aux autres ordres du vivant: la biodiversité urbaine. Sinon c’est de l’horticulture... un passe-temps vert. Sans l’écologie urbaine, l’urbanisme écologique n’est pas du tout écologique... c’est du green-washing.

J’ai assisté cet été à une démonstration d’appareil et de technique d’agriculture urbaine et sujets connexes et un animateur mentionnait quelques “bonnes” plantes pour un toit vert. Il mentionna le “carex” (outre qu’il y a près de 300 espèces de Carex au Québec... passons sur la précision...) et quelqu’un dans l’assistance lui posa la question “à quoi sert ce carex?”. Le démonstrateur fût embarrassé par une question à laquelle il ne lui venait aucune réponse, sauf: “ça ne sert à rien”.

Je ne me mèle en général pas trop de ces choses... et j’osais un timide: “ben... pour commencer je crois que les oiseaux mangent ces graines...”

 
quelques carex urbains


Une plante qui ne sert à rien? Un carex de surcroit? Des paysages entiers sont déterminés par ces plantes...tourbières et autres milieux humides, toundra... Sans les carex c’est comme les prairies sans graminées, la forêt sans les arbres... Trop d’habitats de trop nombreuses espèces dépendent de ces plantes, je ne sais par où commencer! Nourriture, abri, matériau de nidification, etc. Oiseaux, insectes...On voit bien avec cette anecdote le chemin que l’urbanisme écologique doit faire pour assimiler des notions de base d’écologie...

Tout “vert” a ma faveur. Le vert fait du bien aux humains... L’environnementalisme invite les humains à prendre connaissance des conséquences de nos actions sur les milieux et la biodiversité. Les effets négatifs s’entend...Je crois bien qu’il est temps de constater que nous pouvons aussi avoir un rôle positif...sinon ce serait une très belle occasion manquée, un rendez-vous avec la biodiversité urbaine auquel on répondrait: “absent”!

 
carex, graminées et joncs chez eux


Du vert c’est bien mais il semble que ne n’avons encore pas fait assez de chemin. Nous avons à peine réexaminé l’obsession de la pauvre et appauvrissante pelouse verte...Nous avons encore une appréciation rudimentaire du vert: tout juste avons-nous semé un peu de trèfle et appris à mettre du vert sur des surfaces plus variées: des murs, des toits...

Le carex ne sert à rien... sauf au carex! Et il se sert mieux en servant les oiseaux... Choisissons avec discernement et connaissance les plantes que nous utilisons pour tous nos projets de vert urbain. Des plantes variées, résistantes, adaptables, utiles à plusieurs. Elles pourraient bien intéresser aussi quelqu’un d’autre...

La biodiversité urbaine est à nos portes... ou sur notre toit! Ouvrons-nous... et nos livres...



mercredi 5 août 2009

Deux ou trois grands projets

 
un luxe d'espace et de lumière


C'est ma deuxième visite au site du futur Super-Hôpital McGill. L’ancienne gare de triage du CP, la cour Glen, a été complètement rasé il y trois ans, je crois, en préparation des grands travaux. Montréal a deux pharaons il faut donc deux Super-pyramides. Quant à l’utilité des pyramides...

 
en moins d'un an des quenouilles dans une flaque


Comme à ma première visite j’ai l’impression d’une expédition lunaire...sauf pour la végétation qui s’y installe. Certains travaux ont remaniés un peu l’endroit et une mare c’est empli d’eau. Déjà les quenouilles sont présentes avec des échinochloas toujours étonnants parce capable de vivre dans le sol nu le plus sec ou les racines dans l’eau. Adaptables vous dites?


Tristan m'accompagnait


Le choix du site de l’hôpital des Anglos est supérieur à celui des Francos qui ne prévoit malheureusement aucun rasage général...quel manque d’imagination! Le sens paysager des premiers fait vraiment toute la différence! Un magnifique désert urbain!

L’avancement des travaux m’impressionne, un véritable canyon a pris forme. Nous sommes vraiment dans l’Ouest...Cela constitue une surprise: aucun communiqué ou conférence de presse pour annoncer ce qui semble déjà une réussite remarquable: c’est un des plus grands terrains vagues fraîchement préparés que je connaisse.

Si ce Super-projet suit le cours normal des choses ici à Montréal, on aura le temps d’être témoin du déploiement de cette nature, en succession un peu chaotique, sur encore quelques années.



 
saponaire, olivier de Bohême (?) et matricaire camomille

Le projet permanent des végétaux est en marche. L’hésitation n’est pas ce qui les caractérise. Déjà l’année dernière j’étais surpris par les nombreuses saponaires officinales présentes ici. Les sols nus c’est habituellement pour des plantes des steppes et des prairies, graminées, les trèfles et autre de la famille des Fabacées.




L’asclépiade un peu malingre et l’achillée aussi me surprennent. Cette brassicacée est déjà en graine, son cycle de vie terminé au début d’août. Comme il ne s’agit que d’un petit bâton sec debout, sans feuilles, portant une masse de siliques chargés de graines et que je ne l’ai pas encore vu en fleur, je ne sais pas l’identifier!

Les jeunes arbres, érables à Giguère et peupliers sont en grand nombre et il y a aussi quelques robiniers faux-acacia et une Éléagnacée non identifiée (mais probablement l’olivier de Bohême). L’endroit sera magnifique dans vingt ans...

Pour l’instant le site est celui du Super-Terrain-Vague du futur Super-Hôpital McGill et une incomparable expérience de colonisation des végétaux. Carte-soleil ou pas, de bonnes chaussures, un chapeau et de l’eau seront nécessaire.

Un terrain vague se précise. Les végétaux sont impatients...

mercredi 22 juillet 2009

Deux Lilliputiennes pour le prix d’une



 
dans le coin du viseur...hors foyer...une couleur orange connue...


En compagnie du pisteur en chef des ruisseaux et mesureur principal des arbres Charles L’Heureux je suis allé explorer les grands terrains vagues au Nord de l’Aéroport Trudeau. On y trouve d’assez grands plans d’eau et toutes sortes de canaux. C’était jusqu’il y a une quarantaine d’années des terres agricoles. Il y donc en plus des champs en friche, des espaces colonisés par des trembles, peupliers, robiniers, etc. et ce qui semble un boisé plus vieux. Un ensemble varié d’habitats distincts donc.

Tout d’abord nous tombons sur une grande colonie de Centaurium erythraea (érythrée petite-centaurée, european centaury). C’est une grande surprise que nous fait cette petite plante. Je ne l’avais vu qu’une seule autre fois l’année passée sur le chemin Pullman à la Falaise Saint-Jacques. J’avais alors été pas mal étonné de voir cette petite, à fleurs roses et tige bien droite réussissant à vivre au pied d’un groupe de phragmites géants qui avançait massivement vers l’asphalte du chemin. Une souris au pied des éléphants...je me demandais combien de temps elle pouvait survivre là. On ne peut plus aller visiter l’endroit alors je n’ai pas la réponse.



 
les deux braves en plein soleil


Et ici elle croît en milieu assez sec (mais inondé au printemps) et en plein soleil dans une végétation clairsemée. Au loin...des phragmites...Comment une si fragile plante (en apparence...) réussit à se maintenir en milieu péri-urbain dans des conditions aussi temporaires est un mystère total.

Au sol, photographiant la petite-centaurée, du coin de l’oeil (dans le coin du viseur de mon Canon) je voyais une petite tache orangée hors-foyer...je sourie en la reconnaissant...je sais qu’il n’y qu’une seule fleur comme cela...Quelle chance, c’est un mouron rouge (Anagallis arvensis, mouron rouge, scarlet pimpernel, p.250) ! Eh! oui on la dit rouge mais elle est orange! Il n’y avait qu’une seule plante, bien plus petite que les petite-centaurées, à peine 3 centimètres de haut et portant une seule fleur!

D’une pierre deux raretés! L’excursion s’annonce bien! À suivre...

Voyez ici le rapport de Charles L’Heureux: Ruisseaux Montréal





vendredi 17 juillet 2009

Cuscute et cie

 
un aperçu du rivage à la marina de Lachine


 
calystegia, cuscute et sicyos


Charles L'Heureux et un peuplier de 3 hommes et quart de diamètre



Les berges de l’île de Montréal ont connu de lourdes modifications anthropiques: elles sont en fait presque partout des terrains vagues en pente, mouillés et ensoleillés. Malgré les campagnes de renaturalisation de certains secteurs des rives, avec extirpation des plantes étrangères et plantation d’indigènes, cette morphologie variée assure une étonnante biodiversité dans les zones “non-corrigées” laissées à elles-mêmes.

Avec le ruisseaulogue et inspecteur d’arbres Charles L’Heureux nous sommes allés visiter la marina de Lachine, le secteur tout juste en amont du canal. Sur la rive opposée du parking à bateau nous cherchions la cuscute de Gronovius. Il y en avait pas autant qu’il y a quelques années et en colonies moins importantes. Les fleurs n’étaient pas encore ouvertes.

De nouvelles espèces se sont installées ici et parmi celles-ci il y a le Sicyos angulatus (sicyos anguleux, oneseed bur cucumber). Je ne la connaissais que de nom et d’image mais pas en personne, c’était donc une surprise agréable. Il n’y a que trois membres de la famille du concombre que l’on trouve en mileu urbain (mis à part les éventuelles échappées de jardin, concombre, citrouille, etc, qui ne survivent pas longtemps).

De la même famille que la cuscute il y avait aussi des liserons des haies et des champs et tout un ruban d’asclépiades, d’anémones, millepertuis, etc, Un endroit à revisiter quoi! Je vous le recommande.

La rive qui n’est pas entretenue est donc bien végétalisée et de nombreux canards et carouges juvéniles s’y nourrissaient de graminées diverses et de rumex. Il serait certainement très intéressant de réserver une part importante de tous nos parcs pour de pareils espaces sauvages. On gagnerait en biodiversité urbaine et on ferait même des économies...

Négligeons un peu...gentiment...