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mercredi 12 juin 2013

Le Pin rigide



Vu d'ensemble à la Réserve: entrée interdite...
 

Nous avons quatre espèces indigènes de pin au Québec:

Le Pin rouge (Pinus resinosa, Red pine ), le Pin blanc (Pinus strobus, White pine), le Pin gris (Pinus banksiana, Jack pine) et le moins commun: le Pin rigide (Pinus rigida, Pitch pine).

Le Pin rigide


Il faut dire qu'on ne trouve ce dernier qu'en Montérégie, au sud de Châteauguay près de la frontière US, où il se trouve à la limite nord de sa distribution naturelle. Comme l'Orme liège (Ulmus thomasii, Rock elm, ici et ici) on ne compte que quelques milliers d'individus. On comprend que le Pin rigide soit une espèce désignée menacée depuis 2005.

 Au centre le Pin rigide et à droite le Pin gris
 
La plus forte concentration de cette espèce rare est devenue la Réserve écologique du Pin rigide à Saint-Antoine-Abbé. Notez qu'on trouve un peu (heureusement!) d'individus dans les alentours immédiats de la réserve. 
 



L'habitat est assez singulier: de grands affleurements de grès et un sol mince, souvent nu avec des mares peu profondes dans les micro-dénivellations. On passe d'un pavement de roc à des tourbières, c'est assez étonnant. Et on trouve des pins! Pas que le Pin rigide mais aussi les autres. Un bien curieux paysages qui nous donnent l'impression d'être en Caroline!





vendredi 24 mai 2013

Les arbres du Cimetière Mont-Royal



Un de magnifiques Chênes rouges (Quercus rubra, Red oak) du site.

Un des deux grands cimetières sur le mont Royal, le cimetière protestant Mont-Royal est en plus un très intéressant arboretum. Le lieu de sépulture a été aménagé en 1852 dans le style paysager alors en vogue. C'est tout comme un bout de campagne… Et il y avait justement des fermes ci-haut autrefois. Certains arbres plus que centenaires datent de cette époque agricole alors que d'autres remontent peut-être encore plus loin, du temps de la forêt d'origine du mont Royal. Ce sont donc d'intéressants vestiges.



 Jerry (tout à gauche) et un groupe de montagnards, mai 2011.

Marquez votre agenda: le 8 juin il y aura une visite commentée du site. Le guide sera Jerry Bull, spécialiste des arbres, avec qui j'ai eu le grand plaisir de donner une visite au Mont Royal. Nous remplacions Bronwyn Chester qui était malade à l'époque.

Évidemment bien des arbres ont été plantés depuis et la diversité est grande. Je ne parle même pas des oiseaux! Ne manquez pas le Métaséquoïa de Chine (Metasequoia glyptostroboides, Dawn redwood) de Ernest Henry Wilson. Et tant d'autres arbres remarquables.




Et, oui, même les arbres meurent au cimetière! Ci-haut lors d'une visite au cimetière avec Charles L'Heureux et des compagnons (octobre 2008) nous avons eu la chance de voir ce grand Micocoulier occidental (Celtis occidentalis, Hackberry, à gauche) champion des champions, aujourd'hui disparu.

Jerry vous fera voir par contre le beau Pin blanc (Pinus strobus, White pine) qui est lui, en pleine santé!


Pour votre agenda:

Visite guidée
Samedi, le 8 juin 2013  à 13 h
« Les arbres au printemps »
Commentée par Jerry Bull, guide expérimenté des arbres

Cimetière Mont-Royal
1297 Chemin de la Forêt
Outremont H2V 2P9
Tél: (514) 279-7358
www.mountroyalcem.com



samedi 19 mars 2011

La forêt rouge de Tchernobyl



Le tsunami frappe les pins de Natori (Pinus thunbergii, Kuromatsu, pin noir du Japon, Japanese black pine)


Le malheur vient toujours en équipe et après le tremblement de terre les Japonais ont affronté une pire catastrophe: le terrible tsunami. Et ce n'était pas encore assez… les centrales nucléaires laissent encore peser des menaces. On a beau ne pas douter de l'extraordinaire résilience des Nippons cela n'empêche pas de constater l'énormité de la tâche de reconstruction… Dire qu'à Montréal nous nous plaignons des inévitables nids de poules dans la chaussée! À gigantesque et assommante catastrophe, nos malheurs se doivent d'être humbles...


La forêt près de Tchernobyl. Photo chornobyl.in.ua


On peut assez bien se prémunir des tremblements de terre par des normes parasismiques de construction. Il est toutefois difficile de se protéger des tsunamis. Et on ne peut grand-chose contre les risques de contamination sur une grande surface par un réacteur nucléaire qui s'emballe… c'est alors l'évacuation et pour longtemps. La situation de la centrale de Fukushima me ramène à Tchernobyl, lieu du plus sérieux incident nucléaire en 1986. Voyez mon billet sur la ville voisine Pripyat ici.



Les pins rouges de Tchernobyl


Les humains ont évacué Tchernobyl et les environs de toute urgence. Une zone d'exclusion a été mise en place dans un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale. Et le reste du vivant? Les animaux, les arbres et les plantes? Ils n'ont pas tous notre mobilité ou un habitat alternatif. On connaît l'iris marcheur mais on a encore jamais vu de chêne vagabond ou de tremble rouleur... Qu'arrive-t-il aux arbres, enracinés à demeure dans une région irradiée?



Les pins ont pris une forme rabougrie


L'accident de Tchernobyl est survenu au printemps à la reprise de la croissance des végétaux. Cette période de grande activité est celle où les arbres sont les plus radiosensibles. C'est donc une forêt (une plantation, en fait) de 400 hectares de pins sylvestres (Pinus sylvestris) qui a été détruite. Les épines denses des conifères faisant de leurs cimes des filtres qui captaient efficacement les poussières radioactives. Les pins gardant leurs feuilles (et la poussière irradiée...) environ 3 ans, la quantité de la radiation absorbée est grande et des mesures d'urgence se sont imposées. 



Occupation: liquidateur... photo A.P. Yakubchik


Les conifères ont donc souffert plus que les feuillus. Les bouleaux (Betula pendula) et les peupliers trembles (Populus tremula) perdent leurs feuilles à l'automne et leur exposition à la radioactivité a été d'autant diminuée. Il a fallu tout couper ces pins roussis par la radiation.


La camaraderie radieuse... quel courage? photo A.P. Yakubchik



Le reste de l'histoire semble inspiré du film soviétique "Stalker" de Andreï Tarkovski. La plus grande partie de la forêt rouge a ensuite été enfouie dans des tranchées par des équipes de "Liquidators". La radiation contaminant ensuite la nappe phréatique… un tsunami diffus et invisible. Une terreur à retardement.


Le sort de ces hommes? Risques du métier, n'est-ce pas? Who cares...