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samedi 24 novembre 2012

Vacance à Hashima





L'île à la fin du dix-neuvième.
 

Pas loin de Nagasaki dans le sud-ouest du Japon l'île de Hashima était une mine de houille où habitaient les mineurs et leurs familles. Une île, une ville.





Les mineurs (qui on le sait ont la vie facile et de bons salaires) venaient faire des trous et creusaient sous l'île. On avait pas besoin de ce combustible mais tous les prétextes sont bons pour jouer au papa.



Images, courtoisie de Vicki Pédiat.
 

Il fallait constamment agrandir l'îlot qui devint une petite ville jusqu'à son éventuelle fermeture par épuisement en 1974. Hors on y a tourné des scènes du plus récent film (le 23e) de James Bond: Skyfall. Que venait faire ici James Bond? Mon enquête suggère que la famille de l'agent 007 serait en fait propriétaire du caillou charbonneux. Ce que révèle l'analyse héraldique et la devise du clan Bond. La devise de sa famille est Orbis Non Sufficit  (le monde ne suffit pas). On comprend mieux cette obsession d'agrandissement.



L'air salin vous gardera en santé. Tout est vert ici!


On peut journalistiquement affirmer qu'il semble clair que les obscures ancêtres de l'agent secret ont probablement fait fortune dans la houille et autre magouille. Occupé ces temps-ci à de pareilles enquêtes prenantes je n'ai pas vu le film et je ne sais si on traite de cette facette méconnue de ces Écossais de la Mer du Japon.

 

Hashima en 2010. Photo Wikipedia.
 

L'île est aujourd'hui une attraction touristique. Pâle reflet de son passé industrieux. Comme Montréal est justement à vendre, il ne serait pas étonnant que peut-être les Bond songeraient à acquérir un nouveau fief?




Alcatraz, une autre île d'évasion.


Montréal est, on le sait, une ville de cinéma...


Adieu, îles de rêve!






samedi 8 octobre 2011

Fordlandia, Brésil





Fordlandia était un échantilon des États-Unis posé sur la forêt brésilienne. Maisons, écoles et hôpital, boulangerie et dance-hall et hamburgers... c'est une ville pré-fabriquée qui s'est installée en 1928 dans la forêt vierge. Comme une Detroit expatriée, cette verte ville de l'automobile a eu un destin ruinesque.




Pourquoi Ford s'est-il installé ici? Pour fonder une méga-plantation d'hévéa (Hevea brasiliensis, l'arbre à caoutchouc) et le logement de toute la main-d'oeuvre nécessaire.

Ford construisait la moitié de toutes les automobiles au monde à l'époque. Dans un rêve d'une parfaite et totale intégration verticale de l'entreprise la production de caoutchouc était essentielle. Fini le monopole des Britanniques et de leurs plantations en Asie.





L'arbre est originaire du Brésil et endémique de la région. En nature il pousse toujours de façon dispersée, loin les uns des autres, ce qui pourrait être un moyen de défense contre le champignon parasite Microcyclus ulei. Ce champignon n'est pas présent en Asie.




Mais comme il est lui aussi endémique à la forêt brésilienne il est étonnant que l'on ai songé à faire une si dense plantation d'hévéas, parfaitement propice et favorable au champignon… rapidement la plantation entière était atteinte…

Ce fût la fin de ce fantasme de latex...




Ville rêvée...




À l'époque au milieu de nulle part...


 Cimetière. Photo dalbergaria


Ville veuve, ville morte...



 Photo :  Scott Chandler


Ne manquez surtout pas les photos de Scott Chandler


Je vous laisse sur ce joyeux film, chargé d'optimisme… suspendu!






jeudi 22 septembre 2011

Mr. Coyote à Chicago, etc.



Photo: d'après Katie Scully


Bonjour Mister Coyote! Voyez l'article The Coyotes Among Us



 Photo : Zoltan Balogh


Une destination vacance qui nous fait tous rêver. Photographies de Tchernobyl et de Pripyat par Zoltan Balogh.


Croquis de Edward Lear vers 1830


Un blog pour les amateurs  de livres d'histoire naturelle et autre curiosité :



Divertimento



 Acer saccharinum


Érable argenté qui fait un effort en prenant un peu de couleur. Eh! oui… nous y sommes… cirez vos raquettes, triquottez vos foulards, sortez vos long-johns des boules à mites…





 
Et en terminant : on fait beaucoup de ces rétrécissements de chaussée dans le quartier. C'est pour une régulation de la circulation automobile. On libère ainsi un peu de sol. Et on plante, dans un effort d'imagination hors du commun, des graminées en rang.


On peut ralentir les bagnoles mais on arrête pas le progrès. L'imagination est enfin au pouvoir!





samedi 15 janvier 2011

Ville verte: Pripyat



Photo Mark


Avantageusement situé sur une colline près de la rivière Pripyat on ne sert plus rien au Pripyat Café, plus de café, rien. Si on visite la ville on ne peut même pas y rester longtemps. On aime pas les étrangers? Pourquoi?



De sobres petits cottages sont toujours disponibles. Photo Cheyenne&Joshua 



Ce n'est pas un simple parc ou une gare de triage qui sont laissés au libre verdissement. C'est toute la ville qui s'est transformé en jeune forêt et pré fleuri. Pripyat, la ville-verte. Comment ont-ils fait?



Une véritable Cité-Jardin, fleurie! Photo Cheyenne&Joshua



Quel concept touristique! Il n'y a personne pour nous accueillir! Pripyat est une ville fondée en 1970 qui atteignait 50,000 habitants en 1986 au moment de sa désertion. Le 26 avril 1986 précisément. Il y aura bientôt 25 ans. Une Pompéi du 20e siècle, sans les cendres. 



Photo http://forum.ebaumsworld.com


Pas de cendre mais tellement d'autres choses à offrir! On y trouve des divertissements sécuritaires pour toute la famille. 





La seule ville sans voiture en Europe! Les stationnements sont maintenant verdis et occupés par les peupliers.



Au loin la voisine radieuse usine. Quelle vue!


Malgré tous ses charmes ordinaires la ville est totalement irradiée et inhabitable. Il y a les friches post-industrielles. Il y a aussi une ville post-nucléaire.




Et il y a toujours de la place à l'hôtel. Pripyat est voisine de Tchernobyl…


L'industrie touristique de l'Ukraine réserve d'autres trésors qui combleront les visiteurs pressés. Faites un tour d'hélico, par ici!




jeudi 13 janvier 2011

Berlin - Naturpark Südgelände

Photo HellMar62, Panoramio

Les grands changements économiques et industriels partout en occident ont laissé des installations ferroviaires en pâture à ruination... et à la nature. Que faire de ces espaces ensauvagés? Ce sont bien souvent des citoyens qui, s'étant attachés à ces espaces souvent dégradés et néanmoins verts, se feront les promoteurs d'une conservation devant le risque de "développement" ou de ré-assignation.



Photo: Michael Fielitz, Flickr.

À Berlin c'est le cas (entre autres il y a aussi le Gleisdreieck) de cet espace: Le Parc Naturel de Südgelände qui se trouve sur les lieux d'une gare de triage ferroviaire abandonnée depuis 50 ans. Outre les installations et artefacts historiques conservés sur place et l'ajout d'éléments d'art et d'architecture contemporains, le parc se divise en deux types d’espaces verts protégés. Une première zone est en fait une réserve naturelle de 3.2 hectares et la deuxième est une zone de conservation de paysage de 12.9 hectares.



Photo: HellMar62, Panoramio

Des passerelles en métal permettent de traverser la réserve naturelle. Ce sont des milieux naturels anthropiques qui sont ainsi protégés: prairies avec quelques espèces rares et boisés de bouleaux (Betula pendula), de robiniers (Robinia pseudoacacia) et de chênes. Une gestion des espaces assure que le boisé ne colonise pas tout l'espace des prairies ouvertes. La nature hybride de la biodiversité est une caractéristique des habitats urbains post-industriels. On considère ici que cela mérite une protection.



Photo: HellMar62, Panoramio

Surtout constituée de boisés, la zone de conservation du paysage peut tolérer une gamme plus étendue d'usages et une circulation plus intense. Les sentiers suivent néanmoins les anciennes voies ferrées. Dans les espaces résiduels les processus de colonisation, végétale et animale, sont invisibles et anonymes. Il n'y a pas de jardinier, pas d'architecte.  Ce qui n'empêche pas un résultat à traiter avec respect! Les villes ne peuvent plus se concevoir comme opposition à la nature. C'est avec les processus de la nature qu'il faut concevoir les villes aujourd'hui. Comment faire en sorte de réduire la signature culturelle/humaine au Champ des Possibles?


Sauerlandtom, Panoramio

Les plantations et aménagements que je propose pour le CDP sont initialement des artifices. À la différence des autres modes d'interventions (un design trop marqué de l'espace vert et une emphase sur les nécessités humaines, minéralisation, etc.) mes propositions ne sont toutefois pas des limitations aux processus de la biodiversité. Bien au contraire, elles sont pour elle des ressources. Plutôt qu'artifice elle sont une collaboration.


Gertrud K., Flickr

Si on analyse le projet dans le temps, ce qui paraît un savant jardinage, prend une toute autre allure. Le dynamisme inter-connecté des processus naturels permettra l'exportation des espèces introduites (plantées). L'artifice initial se dissolvant en quelques sorte dans les nouveaux paysages habitables en potentiel. Le biocorridor de la voie ferrée est en ce sens un élément essentiel. L'ensemble des RéBUs sera d'autant plus écologiquement fonctionnel que la voie ferrée recevra l'attention qu'elle mérite.


Photo Matrialis, Panoramio

Aménager des parcs et des espaces verts en milieu urbain, comme on le fait depuis si longtemps (et encore de nos jours...), conduit à cet intéressant paradoxe: c'est de l'étalement infra-urbain que nous faisons! L'étalement urbain, relayé ensuite par l'étalement péri-urbain (!) absorbent les paysages agricoles et naturels. 



Photo Architectes Odious


En plus de la disparition des habitats cela nous apporte bien des problèmes (transports et infrastructures). L'extravagante consommation des habitats est coûteuse. Pourquoi alors ne pas accorder la critique de l'étalement à l'espace "intra-muros", l'espace dans nos villes? Les espaces résiduels (terrains vagues, friches post-industrielles, etc.) réclamés en nouveaux espaces verts peuvent-ils se concevoir sur le modèle des parcs minimalistes du passé? Ce serait une monopolisation des espaces autrement disponibles à la biodiversité. Non? Les fiers citadins reprocheraient à la banlieue ce qu'ils s'autorisent sans hésitation?



Photo: Reinhard Schubert

Pourquoi ne pas aller virtuellement au Südgelände? Visitez cette page et voyez les nombreux panoramas 360 degrés: http://www.360cities.net/search/Südgelände.

Pour en savoir plus:

Consultez (en allemand) les pages de ce parc sur le site de Grün Berlin.

vendredi 26 novembre 2010

L’Académie de la Ruine


L’Académie occupe un immeuble abandonné de cinq étages à Taipei. On a retiré toutes les fenêtres pout faire pousser du bambou. Les planchers sont troués pour laisser passer la pluie.



On parle d’une ville de troisième génération, une ville post-industrielle. À Taiwan, à côté du nouvel Empire qui construit, lui...



Comme à Shanghai où on fait des ruines flambant neuves. “Sans ses ruines l’humain n’est qu’un singe ordinaire.”

"Design should not replace reality". Et la réalité est quelquefois pressée...


Architecte: Marco Casagrande, Ruin Academy.
Un article sur le sujet, chez Landezine.