dimanche 30 août 2009

Portulaca oleracea, le pourpier potager 4




 salade des trottoirs



La répartition géographique de l’espèce sur la terre est un sujet riche et complexe. Il serait probablement moins long de nommer les pays ou régions du monde où on ne trouve pas cette plante. On la trouve partout donc, surtout dans les régions tropicales et sub-tropicales, où on la cultive et se trouve à l’état spontané ainsi que dans les climats tempérés de nos latitudes.


J’ai lu et entendu à quelques reprises que la plante était d’origine asiatique. Cela me laissait perplexe parce que je savais que Champlain parle “du pourpié, qui vient en quantité parmi le blé d’Inde, dont ils ne font non plus d’état que de mauvaises herbes”. Le pourpier était donc présent dans les jardins Iroquoiens de la Nouvelle-Angleterre mais ceux-ci ne semblaient pas le consommer. La plante était alors largement cultivée et bien connue partout en Europe ainsi qu’autour de la Méditerranée. Elle venait de l’est de cette mer, de la Grèce jusqu’en Inde.



les variétés connues en 1557


En France on connaissait deux variétés: le pourpier vert, sous le nom d’alors Portulaca sativa viridis, et le pourpier doré, Portulaca sativa flava “qui eft plus tendre & plus eftimé”. Bien plus tard Vilmorin-Andrieux ajoutera la variété cultivée “pourpier doré à large feuille” aux feuilles deux fois plus grandes que les autres variétés. La plante est très variable et on a fait de la sélection pour le potager.


En 1618 Champlain décrit le jardin de Louis Hébert à Québec et déjà la plante s’y trouve. Comme ce jardin est un mélange de plante du Nouveau et de l’Ancien Monde il est difficile de connaître la provenance du pourpier. En 1632 le Jésuite Paul Le Jeune mentionne aussi la plante qu’on vient de semer dans le jardin de la mission à Québec.


Pierre Boucher (seigneur de Boucherville) énumère en 1663 quelques “herbes sauvages” les plus communes de la colonie, comparant celles-ci aux herbes qu’il connaît en France. “Le pourpier vient naturellement dans les terres désertées sans y estre semé: mais il n’est pas si beau que celuy que nous cultivons: il se trouve dans les prairies d’une herbe qu’on appelle Voisseron”. Je n’ai pas identifié ce “voisseron”. Je ne sais pas non plus ce qu’il entend par “terres désertées”: terres cultivées abandonnées par les colons ou les autochtones?



en direct de ma rue...




Présent en Nouvelle-Angleterre et en Nouvelle-France donc, dans les jardins des Amérindiens et des tout premiers colons, cultivé ou spontané, le pourpier est présent en Amérique du Nord au 17e siècle. De plus les arabes l’ayant introduit en Espagne, où la plante a été largement cultivé, elle a sans doute atteint les colonies espagnoles des Antilles, de l’Amérique du Sud et Centrale. Les hispano-arabes la nommaient “missita” (mélangée) “car elle est parfois maraîchère et parfois sauvage”. Décidemment la plante est partout remarquée pour sa capacité de s’échapper des jardins...et y revenir!


Mais ici, en Amérique, la plante serait-elle, avec le plantain et quelques autres, une des toutes premières mauvaises herbes anthropophytes? Ou était-elle déjà présente avant la colonisation?


Le pourpier est-il indigène ou fût-il introduit dans le Nouveau-Monde? Du côté des ouvrages de référence Flora of Missouri dit qu’il est indigène, mais Flora of North America dit que c’est une plante introduite. Asa Gray dit qu’il est naturalisé de l’Europe, Marie-Victorin dit qu’il est “naturalisé du sud-ouest de l’Amérique”.


Je continue sur cette succulente plante demain!





2 commentaires:

  1. Appréciable " cette constance du jardinier ", et bravo !

    G.B.

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  2. Merci, si jamais j'arrive à photographier la fleur...avant la froideur générale...ma constance sera vraiment récompensée!

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